Smith Wigglesworth, homme de foi

Une des premières prières que j’entendis des lèvres de Smith Wigglesworth, pionnier de « vérités pentecôtistes » fut : « Seigneur, donne moi un grand cœur ». En tant que garçon, je me souviens avoir regardé à cet homme serviable mais puissant, me demandant pourquoi il voulait un cœur plus grand que celui qu’il avait déjà. Puis comme les années passaient, je perçus en lui une profonde compassion, compassion qui lui fut envoyée du ciel. Tout son service était tendu vers les besoins du peuple, premièrement pour qu’il soit rempli de la puissance de Dieu ; et ensuite que les souffrances du malade soient allégées par la foi en Jésus-Christ. Beaucoup d’entre nous se souviendront, avec nostalgie, de son ministère qui était simple et direct, stimulant l’âme plus que l’esprit, le contraire des homélies d’aujourd’hui.

Beaucoup de ses contributions précoces à l’église pentecôtiste furent faites à Bradford dans le Yorkshire, et ce fut notre grand privilège en tant que « jeunes Wigglesworth » de rencontrer un grand nombre de pionniers, leaders et missionnaires, pentecôtistes robustes qui visitaient au 70 de la Victor Road, sa demeure, et Bowland Street Mission, son église. C’était une chose si naturelle de rappeler chaque jour la mort du Seigneur avec les emblèmes, dans son salon, ou d’entendre une courte méditation suivie de la prière. Cela était sans arrêt tout au long du jour, parce qu’il vivait très près du Seigneur, et il voulait pour tous la même expérience.

Fort peu de temps après, nous commençâmes à voir des images et des photographies d’immenses réunions tenues en Nouvelle Zélande, en Afrique du Sud, en Suisse, aux U.S.A., en Scandinavie, et partout le nom de Wigglesworth devint synonyme de foi et guérison divine. « Comme une foi précieuse » devint son grand message avec le cœur « Crois seulement », comme indicatif. Nous avons connu le salut, la guérison, de puissants baptêmes dans le Saint-Esprit, et c’est une joie, des années après son départ pour la Gloire, de rencontrer des croyants du monde entier qui témoignent avoir reçu une vie nouvelle au travers de son ministère.

Des gens ont parlé de ses manières bourrues quand il s’occupait des malades, mais je discernai dans son attitude, qu’il agissait ainsi à l’égard des puissances maléfiques plutôt qu’à l’égard des corps physiques. Il détestait le mal spirituel et l’attaquait dans le nom de Jésus avec toute la véhémence de sa grande foi. Ceux qui le connaissaient intimement avaient conscience de sa profonde compassion pour le souffrant et le nécessiteux.

Comme il prêchait « une foi sans cesse grandissante » avec bénédiction, ses pensées et ses sermons atteignaient inévitablement la page imprimée et maintenant, après son décès, ses écrits raniment les différentes dénominations de la façon la plus remarquable. La simple franchise de ses interprétations de foi étant mieux accueillie que les classiques les plus sérieux. Une foi de plus c’est le ministère de l’âme qui porte son fruit.

Smith Wigglesworth n’avait pas honte de l’évangile de Christ et témoignait de sa puissance salvatrice n’importe où. Ses expériences sur terre et sur mer sont écrites ailleurs mais l’une d’elle raconte une rencontre personnelle avec cet homme si rempli d’amour. Rendant compte d’une magnifique interprétation du « Messie » de Haendel, un journaliste parlait d’un homme qui était à ce point dominé par l’émotion qu’il fit tressaillir les deux mille auditeurs avec un bruyant « alléluia ». J’étais assis près de Smith Wigglesworth et je vis la réaction sur les visages de l’auditoire. Son propre visage était radieux !

En 1934, je quittai l’Angleterre pour commencer une œuvre en Afrique Centrale. Mon Grand-Père nous accompagna au bateau et alors que notre groupe de cinq nouveaux missionnaires voyait apparaître l’eau entre le quai et leur bateau, la terre reculant rapidement, ils entendirent le son rassurant des « alléluias » sortant des poumons de l’intrépide pionnier. Des centaines le long des docks virent la scène et entendirent le duo d’alléluias quand les novices répondirent au vétéran sur le quai. Cet incident vécu avec nous au travers des années puisque nous tînmes le dialogue jusqu’à ce que la mer en domine le son.

J’étais assis chez l’éditeur P.S Brewster quand Smith Wigglesworth mourut. Nous étions en train de contempler la fin d’un itinéraire missionnaire à cause de fortes neiges dans le Sud du Pays de Galles.

Apparemment, mon Grand-Père avait tenu à être présent aux funérailles du frère Richardson de Wakefield, et dans la sacristie de l’église, alors qu’il s’informait d’amis malades, un profond soupir de compassion s’échappa de sa poitrine, soupir qui s’acheva dans sa mort. De cette manière il partit pour être avec Christ ce qui est beaucoup mieux, mais nous pleurons, avec un de ces vieux prophète : « Où est le Dieu de Wigglesworth » ! Il est toujours le même mais « la foi de Wigglesworth » peut avoir quelque peu décru. Peut-être le récit de ces évènements nous poussera-t-il à faire de nouveaux exploits pour le Seigneur. Réveille ton œuvre ô Seigneur ! Amen.

Leslie Wigglesworth

Advertisements