Les débuts en France : Hélène Biolley

Les origines exactes du pentecôtisme français restent dans l’ombre, tout comme ces pionniers inconnus, mais consacrés à Dieu qui bravèrent les obstacles pour évangéliser le pays de Voltaire. Néanmoins…

Dans son Histoire générale du pentecôtisme, Donald Gee relate qu’en 1909, il y avait à Paris une petite salle où se tenaient des réunions « pour ceux qui cherchaient le baptême du Saint-Esprit ».

Leonhard Steiner, Historien suisse du pentecôtisme, déclare que depuis 1909, existaient en France de petits groupes de croyants pentecôtistes, comme ceux de Paris et du Havre. Le professeur Bloch-Noell fait remarquer que T. Barratt eut un disciple en France, en 1907, un Hollandais qui avait assisté aux réunions de Barratt en Norvège.

Frank Bartleman, évangéliste célèbre, fruit de la Mission de la rue Asuza à Los Angeles, relate que, pendant son séjour en France en 1912, il avait visité un certain « frère Michael Mast qui avait une petite mission de Pentecôte à Rosny-sous-Bois, à seize kilomètres environ de Paris ».

Quelle que soit l’importance, pour l’avenir du mouvement de Pentecôte, des quelques cellules pentecôtistes françaises isolées, il est certain que l’essor de ce mouvement avant 1930 est dû à deux facteurs principaux.

Le premier facteur fut l’existence, au Havre, d’un établissement qui allait devenir en son temps le centre de l’activité pentecôtiste française, l’hôtel-restaurant sans alcool de Mlle Hélène Biolley.

Quant au second facteur, ce fut un esprit de réveil qui, comparable à celui qui prévalait au même moment dans le pays de Galles, captivait les esprits d’un petit nombre de chrétiens français. Henri Bois, historien français du réveil du pays de Galles, déclare que beaucoup de Français cherchèrent Dieu avec ferveur pour qu’Il envoie « une effusion de Son Esprit sur la France ».

Ce fut à l’hôtel restaurant sans alcool d’Hélène Biolley que le mouvement de Pentecôte a pris son véritable essor. Cette dernière ouvrit le Ruban bleu en 1909. Née en Suisse, elle faisait partie des « Cœurs purs », un groupe qui mettait l’accent sur l’examen de conscience approfondi : « Mes pensées sont-elles pures ? Ai-je traité mon voisin avec justice ? Ai-je honoré Dieu par mes actes ? » Mademoiselle Biolley, très cultivée et linguiste distinguée, était venue en France vers 1908 pour travailler avec la Société française de la Croix Bleue et l’aider dans sa lutte contre l’alcoolisme. Sachant que la population cosmopolite du port du Havre lui fournirait les occasions de travailler dans les bas-fonds et de relever les rejetés de la société, en particulier les ivrognes, elle y installa le Ruban bleu qui devint à la fois un hôtel-restaurant sans alcool et un centre religieux.

Dès le début, le Ruban bleu devint un centre important fréquenté par de nombreux chrétiens étrangers ; des missionnaires anglais et suédois, en route pour le Congo, s’arrêtaient souvent au Ruban bleu. Nombre d’entre eux avaient entendu parler de la Pentecôte ou étaient eux-mêmes des pentecôtistes. Leurs conversations éveillèrent la curiosité de Mlle Biolley à propos de ce mouvement suscité par Dieu.

Mlle Biolley invita au Havre un évangéliste bien connu, Smith Wigglesworth, qui avait tenu en Suisse plusieurs missions couronnées de succès. Il arriva dans cette ville en 1920, accompagné du prédicateur hollandais R. G. Polmann. Ils donnèrent une série d’études Bibliques sur la guérison divine et sur le baptême du Saint-Esprit. Ces deux sujets étaient particulièrement chers au cœur de cette femme pieuse.

Le Ruban bleu servait aussi de lieu de réunion pour l’école du dimanche et de centre de prière. Mlle Biolley qui croyait fermement à la puissance dans la prière, tint pendant près de trente ans des réunions de prière pour dames dans son hôtel-restaurant. Le sujet prédominant de ces réunions était : « persévérer dans la prière pour que le réveil souffle sur la France ». Les réunions pour adultes faisaient partie du programme religieux hebdomadaire. Les missions d’évangélisation spéciales jouaient un grand rôle dans la vie du Ruban bleu.

Après une mission avec Wigglesworth en janvier 1921, cinq personnes furent baptisées d’eau dans l’estuaire de la Seine. « Une jeune fille atteinte d’une maladie de cœur fut guérie lors de son baptême. Plusieurs personnes reçurent le baptême du Saint-Esprit. »

Le Ruban bleu devint rapidement le centre du christianisme évangélique en Normandie. Au cours de la décennie suivante, la réputation de son établissement parvint aux oreilles de trois jeunes gens qui devaient jouer plus tard un rôle important dans le mouvement de Pentecôte en France : le français Félix Gallice, le roumain Christo Domoutchief et le danois Ove Falg.

Les débuts de la Pentecôte en France furent donc insignifiants. Les quelques réunions pentecôtistes disséminées ça et là et indépendantes les unes des autres, le travail accompli par l’Église apostolique britannique, ne constituaient que quelques gouttes d’eau dans l’océan du catholicisme. Bien que n’étant pas pentecôtiste, mais très intéressée par ce mouvement, Mlle Biolley et son hôtel le Ruban bleu servirent de point de départ au développement futur de la Pentecôte en France.

Elle qui avait rencontré Douglas Scott en 1927 et avait vu les fruits de son ministère, l’invita à revenir au Havre. L’arrivée de Douglas Scott en janvier 1930 va marquer le début d’une longue période d’évangélisation intensive et fructueuse dans toute la France…

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