Jérôme Savonarole, précurseur de la réforme

Il passait des nuits entières à prier et il reçut des révélations lors d’extase ou de visions. Ses livres sur l’humilité, la prière, l’amour, continuent à exercer une grande influence. On anéantit le corps de ce précurseur de la Grande Réforme, mais on ne put étouffer les vérités que Dieu, par son intermédiaire, avait gravées dans le cœur des hommes.

Le peuple italien affluait à Florence en nombre toujours plus grand. Le célèbre Dame ne pouvait contenir les multitudes innombrables. Le prédicateur Jérôme Savonarole brûlait du feu de l’Esprit Saint et pressentant l’imminence du jugement de Dieu, il tonnait contre le vice, le crime et la corruption effrénée dans l’Eglise. Le peuple délaissa alors la lecture des publications mondaines et ordinaires pour lire les sermons du fougueux prédicateur; il cessa de chanter les chansons des rues et se mit à chanter les hymnes de Dieu. A Florence, les enfants firent des processions pour recueillir les masques de carnaval, les livres obscènes et tous les objets superflus qui servaient la seule vanité. Avec tous ces objets, ils firent sur la place publique une pile de vingt mètres de haut et y mirent le feu. Pendant que cette pile brûlait, la foule chantait des hymnes et les cloches de la ville sonnaient pour annoncer la victoire.

Si la situation politique avait alors été ce qu’elle fut plus tard en Allemagne, l’intrépide et pieux Jérôme Savonarole aurait été sans aucun doute l’instrument utilisé pour lancer le mouvement de la Grande Réforme à la place de Martin Luther. Malgré tout, Savonarole devint l’un des hérauts audacieux et fidèles qui conduisirent le peuple vers la source pure et les vérités apostoliques des Saintes Ecritures.

Jérôme était le troisième des sept enfants de la famille Savonarole. Ses parents étaient cultivés et mondains et ils jouissaient d’une grande influence. Son grand-père paternel était un médecin célèbre de la cour du duc de Ferrare et les parents de Jérôme désiraient voir leur fils prendre la suite de son grand-père. Au collège, il se distingua par son application. Cependant, l’étude de la philosophie de Platon et d’Aristote ne fit que l’enorgueillir. Sans aucun doute, ce furent les œuvres du célèbre homme de Dieu, Thomas d’Aquin, qui eurent le plus d’influence sur lui, outre les Ecritures elles-mêmes, et qui l’amenèrent à consacrer son cœur et sa vie à Dieu. Encore enfant, il avait l’habitude de prier, et en grandissant, sa ferveur dans la prière et le jeûne augmenta. Il passait des heures d’affilée à prier. La décadence de l’Eglise, envahie par les vices et les péchés de toutes sortes, le luxe et l’ostentation des riches en face de l’immense misère des pauvres l’affligeaient. Il passait de longs moments seul dans la campagne et au bord du Pô, dans la méditation et la contemplation de la présence de Dieu, à chanter ou à pleurer selon les sentiments qui brûlaient en lui. Alors qu’il était encore très jeune, Dieu commença à lui parler par des visions. La prière était son meilleur réconfort; les marches de l’autel, où il restait prosterné des heures entières, étaient souvent mouillées de ses larmes.

Il arriva un jour où Jérôme tomba amoureux d’une jeune Florentine. Mais lorsque la jeune fille lui fit comprendre que son orgueilleuse famille ne consentirait jamais à une union avec un membre de la famille Savonarole, que les siens méprisaient, Jérôme abandonna complètement l’idée de se marier. Il se remit à prier avec une ferveur toujours plus grande. Plein de ressentiment envers le monde, désillusionné quant à ses propres désirs, sans personne qui puisse le conseiller et las des injustices et perversités qui l’entouraient et auxquelles il ne pouvait rien faire, il résolut de se tourner vers la vie monastique.

Lorsqu’il se présenta au couvent, il ne demanda pas l’honneur de se faire moine, mais seulement qu’on l’accepte afin de faire les travaux les plus humbles à la cuisine, dans le jardin et dans le monastère.Au couvent, Savonarole se consacra avec encore plus d’acharnement à la prière, au jeûne et à la contemplation en présence de Dieu. Il se distingua parmi les autres moines par son humilité, sa sincérité et son obéissance; c’est pourquoi il fut choisi pour enseigner la philosophie, poste qu’il occupa jusqu’à son départ du couvent.

Après avoir passé sept ans au monastère de Bologne, Frère Jérôme partit pour le couvent de Saint Marc à Florence. A son arrivée, sa désillusion fut très grande de voir qu’à Florence, les gens étaient aussi dépravés que partout ailleurs. Il n’avait toujours pas reconnu que seule la foi en Christ peut apporter le salut.

Sa première année au couvent de Saint Marc terminée, il fut nommé instructeur des novices et enfin, prédicateur du monastère. Bien qu’il eût à sa disposition une excellente bibliothèque, Savonarole fit de plus en plus appel à la Bible comme livre de texte.

Il ressentait de plus en plus la terreur et la vengeance du jour du Seigneur qui approchait et il se mettait parfois à tonner depuis la chaire contre l’impiété du peuple. Si peu de monde assistait à ses prédications que Savonarole décida de se consacrer entièrement à l’instruction des novices. Toutefois comme Moïse, il ne pouvait échapper à l’appel de Dieu.

Un jour, alors qu’il s’adressait à une religieuse, il vit subitement les cieux s’ouvrir et devant ses yeux, défilèrent toutes les calamités qui allaient arriver à l’Eglise. Alors il crut entendre une voix venant du ciel, qui lui ordonnait d’annoncer toutes ces choses.

Convaincu que la vision lui venait du Seigneur, il se remit à prêcher avec une voix de tonnerre. Avec une onction renouvelée du Saint-Esprit, les sermons dans lesquels il condamnait le péché étaient si véhéments que nombre de ceux qui l’entendaient en restaient un certain temps étourdis et sans le moindre désir de parler dans les rues. Il était courant, pendant ses sermons, d’entendre résonner les sanglots et les pleurs des gens dans l’église. En d’autres occasions, les hommes comme les femmes, de tous âges et de toutes classes sociales, éclataient en pleurs véhéments.

La ferveur de Savonarole dans la prière augmentait tous les jours et sa foi grandissait dans les mêmes proportions. Souvent, tandis qu’il priait, il tombait en extase. Une fois, alors qu’il était assis en chaire, il eut une vision qui le laissa immobile pendant cinq heures; et pendant tout ce temps son visage resplendissait et ceux qui étaient dans l’église le contemplaient.

Partout où Savonarole prêchait, ses sermons contre le péché suscitaient une profonde terreur. Les hommes cultivés commencèrent alors à venir écouter ses prédications à Florence; il devint nécessaire de tenir les cultes dans le Dome, la célèbre cathédrale, où il continua à prêcher pendant huit ans. Les gens se levaient en pleine nuit pour attendre dans la rue l’heure d’ouverture de la cathédrale.

Le régent corrompu de Florence, Laurent de Médicis, tenta par tous les moyens possibles, flatterie, pots-de-vin, menaces et prières, de convaincre Savonarole de cesser de prêcher contre le péché et en particulier contre la dépravation des Médicis. Finale. ment, se rendant compte que tout était inutile, il engagea le célèbre prédicateur Frère Mariano pour prêcher contre Savonarole. Frère Mariano prêcha, mais on ne prêta nulle attention à son éloquence ni à sa rouerie et il ne se hasarda plus à prêcher.

Ce fut à cette époque que Savonarole prophétisa que Laurent, le Pape et le roi de Naples allaient mourir dans l’année, ce qui fut effectivement le cas.

Après la mort de Laurent, Charles VIII, roi de France, envahit l’Italie et l’influence de Savonarole augmenta encore. On délaissait la littérature ordinaire et mondaine pour lire les sermons du célèbre prédicateur. Les riches secouraient les pauvres au lieu de les opprimer. Ce fut à cette époque que le peuple prépara un grand bûcher sur la  » piazza  » de Florence pour y brûler d’innombrables objets servant à inciter vices et vanités. La grande cathédrale du Dome ne pouvait plus contenir les foules immenses qui s’y pressaient.

Cependant, le succès de Savonarole fut de courte durée. Le prédicateur fut menacé, excommunié et enfin, en 1498, sur ordre du Pape, il fut pendu et son cadavre fut brûlé en place publique. C’est par ces mots:  » Le Seigneur a tant souffert pour moi!  » que s’acheva la vie terrestre de l’un des martyrs les plus grands et les plus dévoués de tous les temps.

Bien que jusqu’à l’heure de sa mort, il ait soutenu bon nombre des erreurs de l’Eglise catholique romaine, il enseignait que tous ceux dont la foi était réelle faisaient partie de la véritable Eglise. Il ne cessait de nourrir son âme de la Parole de Dieu. Les marges des pages de sa bible étaient pleines de notes écrites lors de ses méditations sur les Ecritures Il connaissait par cœur une grande partie de la Bible et pouvait ouvrir le livre et y trouver sur-le-champ n’importe quel texte. Il passait des nuits entières à prier et il reçut des révélations lors d’extase ou de visions. Ses livres sur l’humilité, la prière, l’amour, continuent à exercer une grande influence. On anéantit le corps de ce précurseur de la Grande Réforme, mais on ne put étouffer les vérités que Dieu, par son intermédiaire, avait gravées dans le cœur des hommes.

Références: Les Héros de la Foi, Orlando Boyer – Editions VIDA

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Guillaume Farel le grand réformateur

Or, en ce même jour, lorsque le soir fut venu, il leur dit : Passons de l’autre côté de l’eau. Et, laissant les troupes, ils l’emmenèrent avec eux, lui étant déjà dans la nacelle; et il y avait aussi d’autres petites nacelles avec lui. Et il se leva un si grand tourbillon de vent, que les vagues se jetaient dans la nacelle, de sorte qu’elle s’emplissait déjà. Or il était à la poupe, dormant sur un oreiller; et ils le réveillèrent et lui dirent : Maître ! ne te soucies-tu point que nous périssions ? Mais lui, étant réveillé, tança le vent, et dit à la mer : Tais-toi, sois tranquille. Et le vent cessa, et il se fit un grand calme. Puis il leur dit : Pourquoi êtes-vous ainsi craintifs ? Comment n’avez-vous point de foi ? Et ils furent saisis d’une grande crainte et ils se disaient l’un à l’autre : mais qui est celui-ci, que le vent même et la mer lui obéissent ? Marc, IV, 37-41

Le catholicisme, c’est l’homme substitué à Dieu.
Le protestantisme, c’est Dieu remis à la place usurpée par l’homme.

Et d’abord, le catholicisme substitue la parole de l’homme à la Parole divine. Ses autorités, ce sont les traditions des Pères de l’Eglise, les décrets des conciles et les décisions papales. C’est sous ce joug humain et faillible que le catholique fait plier sa conscience. Le protestantisme écoute avec respect ce que les chrétiens vénérable de tous les temps ont dit et pensé. Mais il n’attribue une autorité infaillible qu’à l’Ecriture Sainte.

Le catholicisme substitue, en second lieu, l’œuvre de l’homme à l’œuvre de Dieu. Ce qui nous sauve, selon lui, ce sont nos propres mérites acquis par les actes religieux de la confession et de la communion, par les pénitences imposées de la part de l’Eglise, par les Pater noster et les Ave Maria un certain nombre de fois récités, par l’achat des lettre d’indulgence, par la soumission aux ordonnances de l’Eglise, et enfin, si, malgré tout cela, il reste encore quelque chose à faire après cette vie, par les souffrances du purgatoire. Le protestant, au contraire, ne reconnaît de mérite que celui de Jésus-Christ seul, qu’Il a acquis par son obéissance sans tache et sa mort volontaire, et qu’Il fait rejaillir, dans son immense amour, sur quiconque accepte avec foi et humilié son œuvre de Sauveur.

Le catholicisme va plus loin encore. Il ose en plus d’un point substituer la personne de l’homme à celle de Dieu. Il pose le prêtre comme intermédiaire nécessaire entre le Seigneur et le fidèle, tellement que dans la grande affaire du salut, l’âme a beaucoup plutôt à s’adresser cette question : A quoi en suis-je avec mon prêtre, avec l’Eglise ? que celle-ci : A quoi en suis-je avec mon Seigneur, avec le Ciel ? Le saint béatifié, le patron du lieu, la vierge Marie, puis bientôt l’image matérielle, le tableau, la statue, la relique, l’os, le vêtement, sont également substitués au Dieu vivant et seul adorable, dans l’invocation populaire. Le protestantisme a horreur de tout ce qui tend à mettre une créature quelconque entre l’âme et son Sauveur, entre le sarment et son cep, et à reporter sur la créature l’honneur qui n’appartient qu’à Dieu. La subtile distinction catholique entre culte d’adoration et culte d’invocation ne tranquillise nullement la conscience. Son mot d’ordre est franchement et sur tous les points : Gloire à Dieu seul !

Cette chute profonde qu’a faite le catholicisme, ne trouve son pendant que dans celle du paganisme au sein de la première création. Au temps de la Réformation, elle n’échappait qu’aux regards de ceux qui fermaient les yeux pour ne point voir.

Aussi de toutes parts sentait-on le besoin d’une restauration religieuse et morale. Les peuples, les magistrats, les empereurs, trouvant tous dans la religion, telle qu’elle se pratiquait sous leurs yeux, moins de moralité que dans leur propre conscience, criaient d’une commune voix : Réforme ! De grands théologiens et ceux d’entre les évêques qui avaient encore le sentiment de la sainteté de leur charge, ne cessaient aussi de crier : Réforme !

Trois conciles, solennellement assemblés, s’étaient eux-mêmes associés à ce cri, dans le siècle qui précéda la Réformation, et avaient reconnu la nécessité d’une réforme dans l’Eglise, dans les chefs et dans les membres, dans la foi et dans les mœurs ! Le pape lui-même, enfin avait bien été obligé de se mettre à la remorque du sentiment universel et de répéter après tous les autres : Réforme ! Mais à chaque fois des obstacles, suscités par le mauvais vouloir et la perfidie de ceux qui ne se souciaient pas de réforme, précisément parce que c’était eux qui en avaient besoin, entravèrent la réalisation d’un vœu si juste et si général. Nous avons rappelé déjà, comme exemple, la conduite de Martin V, à Constance ! Et au milieu de cette tempête, dans laquelle menaçait de sombrer l’Eglise, Jésus semblait dormir ¨Les vagues de l’ignorance, de la superstition, de la corruption morale envahissaient la nacelle, la couvrirent de leur écume. Quelques nautoniers obscurs, connaissant seuls le vrai Rédempteur, l’appelaient avec angoisse, lui criant : Seigneur ! nous périssons ! sauve-nous ! Il paraissait sourd à ces appels. Dormait-Il réellement ? Non certes ! Dans la gloire où Il est entré, le Gardien d’Israël, le divin Chef de l’Eglise, ne sommeille ni ne s’endort. Il attendait seulement que la détresse fût au comble, afin qu’il fût bien constaté que nul que Lui ne pouvait aider. Et alors Il se leva ! Et quelle ne fut pas la majesté de ce lever !

On a discuté pour savoir si la Réformation prit proprement naissance en Allemagne, en Suisse ou en France. La vérité est que, lorsque Jésus se leva pour sauver son Eglise, ce ne fut, à proprement parler, ni à Erfurt dans la cellule où priait Luther, ni à Einsiedeln dans l’église où prêchait Zwingle, ni à Paris dans la salle académique où enseignait Lefèvre et où l’entendait Farel; ce fut dans tous ces lieux à la fois. Ce que le Seigneur a dit de sa dernière venue : Comme l’éclair brille et se fait voir en même temps depuis un bout du ciel jusqu’à l’autre, il en sera de même à l’avènement du Fils de l’homme, cette parole s’applique déjà en quelque manière au grand jour de la Réformation, prélude de l’avènement final du Seigneur.

En 1512, Lefèvre, professeur à l’Université de Paris, opposait à la justice des œuvres la vraie justice dont parle saint Paul quand il dit : Vous êtes sauvés par la grâce, par la foi; et il annonçait en termes non couverts le prochain renouvellement de l’Eglise.

En 1516, Zwingle, sans jamais avoir entendu prononcer le nom de Lefèvre, prêchait dans les églises d’Einsiedeln et de Glaris, au cœur de la Suisse, le pur évangile de la grâce de Dieu : « J’ai commencé, dit-il lui-même, à prêcher l’Evangile l’an de grâce 1516. »

En 1517, Luther, au nord de l’Allemagne, aux oreilles de qui n’avaient probablement jamais retenti les noms de Lefèvre et de Zwingle, affichait à la porte de l’église de Wittemberg ces 95 thèses qui parcoururent l’Allemagne et l’Europe avec une rapidité qui semble une anticipation de nos temps, et furent, pour le nouveau paganisme qui menaçait de submerger l’Eglise, le solennel : Tais-toi ! du Seigneur.

Cette simultanéité remarquable du mouvement réformateur sur des points aussi distants, montrerait à elle seule que cette œuvre ne fut pas l’œuvre d’un homme, mais celle de Dieu seul.

C’est ce que confirmera, j’espère, le tableau de cette œuvre elle-même.

La réformation de Neuchâtel a eu lieu en 1530, treize ans après le commencement du mouvement religieux en Allemagne (31 octobre 1517). Cinq ans auparavant, Zurich, le premier d’entre tous les cantons, avait aboli la messe et rétabli l’Evangile (12 avril 1525). Il ne s’était écoulé que deux ans depuis que Berne (février 1528), un an depuis que Bâle avaient accompli la même œuvre.
En vous faisant faire connaissance aujourd’hui avec l’homme qui fut le principal instrument de la réformation de l’Eglise dans notre pays, Farel, en poursuivant dès l’enfance le récit de cette vie si active et si agitée, nous nous trouverons en contact avec l’œuvre de la Réformation dans la plupart des endroits que nous venons de nommer, et nous aurons ainsi l’occasion de jeter un coup d’œil rapide sur cette œuvre hors de chez nous, aux différentes phases de son développement.

Au midi de la France, en Dauphiné, dans une contrée alpestre dont les vallons sont arrosés par les petites rivières qui, de leurs eaux écumeuses, grossissent la Durance, affluent du Rhône, dans le district dont les collines sont dominées par le Mont de l’Aiguille et le Col de Glaize, se trouvait, il y a plus de trois siècles et demi, et se trouve encore, un hameau entouré de gazons fleuris et caché à demi par les arbres qui l’entourent. Il s’appelle encore à cette heure : Les Farelles. (je tiens ce nom de M. Eward, ecclésiastique neuchâtelois, ancien pasteur à St-Laurent-du-Cros, à une lieue de ce hameau). Là se distinguait au-dessus des chaumières du hameau une maison de plus grande apparence, le château d’un noble de campagne, une gentilhommière, comme l’on disait, où vivait une famille qui faisait partie des serviteurs les plus dévoué de la papauté. Ce fut dans cette maison, dont l’emplacement et les ruines sont encore reconnaissables aujourd’hui, que naquit, en 1480, Guillaume Farel, le Réformateur de notre pays.

Il fut élevé dans les pratiques de la dévotion romaine la plus scrupuleuse. A l’âge de sept ou huit ans, son père et sa mère le conduisirent en pèlerinage sur une montagne qui dominait la Durance, et où se trouvait un endroit nommé la Sainte-Croix.

« La croix qui est en ce lieu, disait-on, est du propre bois en lequel Jésus-Christ a été crucifié, et le cuivre de la croix est du bassin dans lequel il lava les pieds de ses Apôtres. » Les crédules parents et l’enfant contemplèrent avec dévotion ces objets sacrés; ils ouvrirent de plus grands yeux encore quand le prêtre, leur faisant remarquer un petit crucifix suspendu à la croix, leur dit : « Voyez ce petit crucifix : Quand les diables font les grêles et les foudres, il se meut tellement qu’il semble se détacher de la croix comme voulant courir contre le diable, et il jette des étincelles de feu contre le mauvais temps. Si cela ne se faisait, il ne resterait rien sur la terre. »

D’un naturel ardent, d’une imagination vive, d’un cœur naïf et plein de droiture, le jeune enfant se jeta de toute son âme dans cette dévotion superstitieuse. Plus tard, quand la lumière de la Parole de Dieu l’eut tiré de ces ténèbres, il ne se rappelait pas sans amertume le temps ainsi employé.

« L’horreur me prend », écrit-il dans son livre intitulé : du vrai visage de la Croix, « vu les heures, les prières et les services divins que j’ai faits et fait faire à de semblables objets. »

Mais lors même qu’une si malsaine nourriture était offerte à cette avide, une vraie pitié ne s’en développait pas moins chez le jeune Farel. Les grandeurs de la création qui l’entouraient, les cimes couvertes de neiges éternelles qui dominaient son hameau, les rochers qu’il escaladait avec un indomptable courage élevaient son âme au-dessus de ses étroites superstitions vers ce Dieu qui n’habite pas dans des maisons faites de mains et qui n’a pas besoin d’être servi par les hommes, lui qui donne la vie et la respiration à toutes choses, et en qui nous avons la vie, le mouvement et l’être.

Une ardente soif de vie et de lumière se développait ainsi dans ce jeune cœur. Farel, pressé par ces besoins d’une nature plus relevée, demanda à son père la permission d’étudier. Celui-ci aurait préféré pour Guillaume la carrière des armes, qui, dans ce temps, était ordinairement celle des jeunes nobles; mais il ne s’opposa pas au désir de son fils. Farel, après avoir travaillé pendant plusieurs années en Dauphiné et étudié la langue latine sous des maîtres fort ineptes, comme il le dit lui-même, partit pour la capitale, Paris, dont l’université remplissait alors le monde chrétien de son éclat.

C’était l’an 1510, ou peu après. Farel avait 21 à 22 ans. Ni les plaisirs de la capitale, ni même l’entraînement de l’étude, ne le détournèrent un instant de la voie d’ardente dévotion dans laquelle il s’était jeté. Dans ses pieux pèlerinages, Farel se trouvait souvent auprès d’un homme âgé d’une soixantaine d’années, et remarquable par sa dévotion. C’étai ce Lefèbre dont je vous parlais tout à l’heure; il était né en 1455,. à Etaples en Picardie,. dans une condition fort pauvre; mais par son génie et sa science il s’était élevé au premier rang parmi les professeurs de l’université de Paris. Sa dévotion surpassait encore, si possible, sa science. Il demeurait longuement prosterné devant les images, disant dévotement ses heures « tellement, » dit Farel, « que jamais je n’avais vu chanteur de messe qui avec plus grande révérence le chantât. »

Un tel professeur était fait pour un tel disciple. Ils se connurent, s’aimèrent, et rien ne sépara dès lors ces deux cœurs. On les voyait ensemble orner de fleurs une statue de la Vierge et s’en aller tous deux loin du bruit de Paris pour murmurer de ferventes prières dans quelque chapelle.

Néanmoins, l’âme du jeune homme n’était pas en paix. Il avait beau s’abreuver auprès de Lefèvre aux sources de la science, se nourrir journellement avec lui des œuvres de la dévotion la plus fervente. Son âme n’était ni désaltérée ni rassasiée. Lefèvre, de son côté, travaillait à un grand ouvrage. Il voulait écrire la Vie des Saints selon l’ordre où il les trouvait rangés dans le calendrier. Déjà une soixantaine de vies, deux mois entiers de ce calendrier dévot, étaient imprimés. Mais comment faire ce travail sans être conduit à lire la Bible ? Plusieurs des saints du calendrier romain n’appartiennent-ils pas à l’histoire biblique ?

La Bible était déjà alors beaucoup plus répandue que dans les siècles précédents. L’imprimerie était découverte; le psautier avait été imprimé en 1457. C’est le premier livre qui ait été propagé par cet art. Puis on avait imprimé la Bible latine; la première édition date de 1462. Quand l’imprimeur Faust (ou Fust) vint la répandre à Paris, qu’il vendit l’exemplaire à 60 écus seulement, et que l’on remarqua que les exemplaires ne s’épuisaient pas et qu’ils étaient tous semblables les uns aux autres, comme des frères jumeaux, tout Paris s’émut; on crut à la sorcellerie; on prétendit que le titre en couleur rouge était du propre sang du vendeur, et que celui-ci avait fait un accord avec le diable. Faust n’échappa au bûcher qu’en dévoilant son secret devant le parlement de Paris.

A l’époque de la vie de Lefèvre où nous nous trouvons, la Bible était donc assez facilement accessible à tout homme qui savait le latin. Lefèvre étudia ce livre. A cette heure commença pour la France la Réformation.

Toutes les fables dont il s’était nourri jusqu’alors et dont il avait rempli l’esprit de ses jeunes disciples ne lui parurent (ce sont les expressions de Farel) que « comme du soufre propre à allumer le feu de l’idolâtrie. » Revenu des fables du bréviaire, il étudia avec ardeur les épîtres de Saint Paul, sur lesquelles il publia un commentaire dès l’an 1512. « Ce n’est pas l’homme qui se justifie par ses œuvres; c’est Dieu qui le justifie par sa grâce; il ne faut pour cela que la foi de la part de l’homme. La justice qui vient de l’homme est terrestre et passagère, mais celle qui vient de Dieu est céleste et éternelle » Ainsi parlait Lefèvre à ses auditeurs étonnés. Avec la parole divine, l’œuvre divine reprenait sa place dans la conscience de l’Eglise. D’autre part, la parole et l’œuvre humaines s’éclipsaient aussi à la fois. Jamais les salles de l’université n’avaient retenti de pareilles paroles. Ce qui est aujourd’hui pain quotidien pour nos plus jeunes enfants, était alors une découverte inouïe. C’était un trésor longtemps enfoui, qu’une main heureuse venait de retrouver. La rumeur était immense sur les bancs et dans les chaires de l’université de Paris.

Farel écoutait cet enseignement avec étonnement. La parole de Lefèvre, appuyée sur l’Ecriture qu’il lisait maintenant lui-même, le convainquait. Il était forcé de reconnaître avec lui « que sur terre tout était autrement en vie et doctrine qui ne porte la sainte Ecriture, et il en était fort ébahi. »

Mais, d’autre part, les préjugés dont l’avait imbu son éducation, tenaient bon. « Pour vrai, a-t-il écrit plus tard, « la papauté n’était et n’est pas tant papale que mon cœur l’a été. Il a fallu que petit à petit la papauté soit tombée de mon coeur; car par le premier ébranlement elle n’est venue bas. »

Enfin les écailles tombèrent. La Bible vainquit. Jésus, Jésus lui-même, apparut à son âme dans toute sa beauté et comme le seul être adorable. « Alors, dit-il, la papauté fut entièrement renversée; je commençai à la détester comme diabolique, et la Parole eut le premier lieu en mon cœur. »

La parole, l’œuvre et la personne du Seigneur furent glorifiées du même coup dans ce cœur si longtemps retenu au service de la parole, de l ‘œuvre et de la personne humaines. Toute sa vie fut transformée par cette glorieuse illumination : « Tout se présente à moi sous une face nouvelle; l’Ecriture est éclairée; les prophètes sont ouverts; les Apôtres jettent une grande lumière dans mon âme. Une voix jusqu’ici inconnue, la voix de Christ, mon berger, mon maître, mon docteur, ma parle avec puissance. Au lieu du cœur meurtrier d’un loup enragé, je m’en vais tranquille, comme un agneau, ayant le cœur entièrement retiré du pape, et adonné à Jésus-Christ. »

Oh ! Comme il soupire alors sur les erreurs de sa vie passée ! « Que j’ai horreur de moi et de mes fautes quand ‘y pense ! O Seigneur ! si je t’eusse prié et honoré comme j’ai mais tant plus mon cœur à la messe et à servir ce morceau enchanté, lui donnant tout honneur ! » Ainsi saint Augustin, arrivé à la connaissance de Jésus, s’écriait autrefois avec larmes : « Je t’ai connue trop tard, je t’ai aimée trop tard, Beauté suprême ! »

Trop tard ! Oui, en un sens; car il est toujours trop tard pour aimer et servir Jésus-Christ; mais non dans un autre sens : car Farel, comme saint Augustin, put encore consacrer de longues années au seul Maître digne d’être aimé et servi.

La lumière allumée par Lefèvre se répandait dans Paris. Le clergé, l’université s’émurent. Lefèvre fut accusé d’hérésie pour un écart insignifiant de la tradition reçue. Il avait prétendu que trois femmes bibliques, identifiées par la tradition, Marie, sœur de Lazare, Marie-Madelaine, et la pécheresse qui oignit les pieds de Jésus, n’étaient pas la même personne !

Fatigué des tracasseries de ses collègues de la Sorbonne, il quitta Paris et accepta l’asile que lui offrait un ami puissant, Briçonnet, évêque de Meaux, qui ne visait à rien moins qu’à réformer son diocèse, sans rompre toutefois avec l’Eglise, et qui voulait pour cela profiter des lumières de Lefèvre. Bientôt Lefèvre fut suivi de Farel et de quelques autres de ses disciples qui ne pouvaient plus lutter à Paris contre les persécutions dont l’Evangile commençait à être l’objet. C’était en 1521. Farel avait une trentaine d’années. Sous l’influence de ces hommes réunis autour de Briçonnet, et dont la devis était : « La Parole de Dieu suffit », un mouvement puissant se déclara dan le diocèse de Meaux. L’Evangile retentissait dans les chaires et dans les assemblées particulières; il était reçu avidement par les artisans, les cardeurs de laine, les peigneurs et les foulons dont cette ville était peuplée. Cet évêché semblait destiné à devenir le foyer d’un incendie qui allait se propager dans la France entière.

Le clergé et l’université de Paris le comprirent. Deux ans n’étaient pas écoulés, que Briçonnet, accusé par les moines et les curés de son propre diocèse, dont il avait travaillé à réprimer les vices, fut cité à comparaître comme hérétique, et ne se sauva qu’en sacrifiant ses amis. Lefèvre fut le seul qui, en raison de la considération générale dont il jouissait, et par la protection du roi François 1er, put rester à Meaux. Quant aux autres, Farel, Roussel, etc., Briçonnet leur retira lui-même la permission de prêcher, et ils furent obligés de chercher du travail ailleurs. C’était en 1523. Cette première faiblesse entraîna bientôt Briçonnet à une seconde, plus grave encore. Le mouvement réformateur continuait à Meaux sans lui, malgré lui. Briçonnet fut accusé à Paris, plus violemment encore que la première fois. Ne trouvant plus à la cour l’appui dont il avait joui précédemment, il vit les flammes du bûcher prêtes à s’allumer pour lui. Son cœur faiblit. Il renia de nouveau sa foi. Dans une formule qui n’a pas été connue, il rétracta comme hérésie la vérité qui lui avait donné la paix. Lefèvre, le dernier de ses amis qui fût encore avec lui, fut aussi obligé de s’enfuir; il se réfugia à Strasbourg, où nous le retrouverons. C’était à la fin de 1525. « Quand même moi, votre évêque, » avait dit Briçonnet à ses ouailles dans son beau temps, et comme dans le pressentiment de sa future apostasie, je changerais de discours et de doctrine, vous, gardez-vous alors de changer comme moi. » – Ce fut le moment pour les chrétiens de Meaux de se rappeler cet avis anticipé. Nous verrons plus tard avec quelle fidélité ils le mirent en pratique.

Chassé de Meaux, Farel, semblable au chasseur qui s’enhardit à attaquer le lion dans son antre, retourna d’abord à Paris et s’y éleva énergiquement contre les erreurs de Rome. Bientôt, se voyant traqué de toutes parts, il s’enfuit et s’en alla porter l’Evangile à sa famille, en Dauphiné. Là, ses trois frères sont les premiers trophées de son zèle. La ville de Gap et ses environs retentissent de l’Evangile. Farel est cité devant les tribunaux, maltraité, chassé de la ville. Le voilà parcourant les campagnes et les hameaux sur les bords de l’Isère et de la Durance, prêchant dans les maisons dispersées, dans les pâturages, n’ayant d’abri que celui qu’il trouve dans les bois et sur le bord des torrents. Mais « Dieu est mon père » dit-il. Le bruit des bûchers qui déjà s’allument à Meaux et à Paris pour les partisans de l’Evangile ne l’effraie pas; il convertit plusieurs hommes distingués qui plus tard rendirent de grands services à la Réforme. Puis, devenu l’objet de la haine et des investigations du pouvoir, et soupirant après une activité plus libre d’entraves, il prend le parti de quitter une patrie qui n’a plus que des échafauds à offrir aux prédicateurs de l’Evangile.

Suivant des routes détournées et se cachant dans les bois, il échappe, quoique avec peine, à la poursuite de ses ennemis, et arrive, au commencement de 1524, dans cette Suisse où il devait dépenser sa vie au service de Christ.

C’est à Bâle q’il paraît d’abord. La Réformation s’y préparait par les travaux d’Oecolompade, docteur aussi attrayant par sa douceur que Farel était entraînant par son impétuosité. Oecolompade reçoit Farel en vieil ami, lui donne chez lui une modeste chambre, une table frugale, et l’introduit auprès des amis du Seigneur et de l’Evangile. C’était le temps où se renouvelait l’application de ces belles paroles : Ils n’étaient qu’un cœur et qu’une âme; toutes choses étaient communes entre eux. Spirituellement aussi tout était commun entre ces hommes de Dieu. Farel fortifiait le doux Oecolampade; celui-ci modérait le zèle souvent trop impétueux de son ami. Ils s’engageaient mutuellement à s’étudier à l’humilité et à la douceur dans leurs conversations particulières. Ils firent même un pacte dans ce noble but. Puis tous deux soutinrent ensemble publiquement des thèses rédigées par Farel, dont la première était un hommage à la Parole de Dieu, comme règle unique et infaillible de la foi et de la vie chrétienne; la dernière, un hommage à la personne de Jésus lui-même : « Jésus-Christ est notre étoile polaire et le seul astre que nous devions suivre. » On disait à Bâle, après avoir entendu cette discussion (ou plutôt cette prédication; car il n’y eut pas de discussion, aucun des adversaires n’ayant osé prendre la parole, malgré les sommations réitérées de Farel) : « Le docteur français est assez fort pour perdre à lui seul toute la Sorbonne. »

A cette époque, la Réformation se répandait déjà avec puissance dans toute l’Allemagne. Le Montbéliard, soumis au duc de Wurtemberg, qui était partisan déclaré de la rénovation religieuse, réclamait un homme pour travailler à cette œuvre. Accablé par des malheurs terribles, le jeune duc s’était réfugié dans ce comté, sa seule de ses possessions qui lui restât.

Oecolampade engage Farel à s’y rendre. Il le consacre à ce ministère nouveau par l’invocation du nom de Dieu, et lui donne au départ ce conseil de père : « Autant tu es enclin à la violence, autant tu dois t’exercer à la douceur et briser, par la modestie de la colombe, le cœur élevé du lion. Les hommes veulent être conduits, non traînés. »

Farel sut pendant quelque temps se conformer à cet avertissement affectueux. Voici le grand moyen d’évangélisation qu’il employa. Le Nouveau Testament avait été traduit à Meaux, en français, par Lefèvre, pendant qu’il était chez Briçonnet, et avait été publié, les évangiles, le 15 octobre 1522, et les autres livres, quelques semaines plus tard; le tout avait paru en un volume en 1524, à Meaux, chez Collin. Farel se mit à répandre le Nouveau Testament dans le Montbéliard, avec d’autres livres religieux, tels que la traduction de l’explication de l’Oraison dominicale par Luther : « 4 deniers de Bâle l’exemplaire », écrivait l’imprimeur Vaugris, de Bâle, à Farel, en lui envoyant les caisses qui renfermaient ces livres si nouveaux pour ce temps, « ou en gros, les 200 exemplaires, à 2 florins. » On le voit, c’était déjà une société biblique et de livres religieux. Les presses de Vaugris, à Bâle, étaient constamment occupées à l’impression de ces livres français. On les faisait parvenir à Farel, qui, du Montbéliard, les introduisait en France avec une incessante activité.

La mission de Farel dans le Montbéliard prospérait donc, pour la France du moins. Mais les moines s’irritaient; le peuple hésitait, quand, par un excès de zèle, Farel lui-même compromit tout. Vers la fin de février, jour de la fête de Saint-Antoine, Farel marchait le long de la petite rivière qui traverse la ville, au pied du rocher élevé sur lequel est bâtie la citadelle, quand sur le pont il rencontre une procession qui chantait; deux prêtres en tête portaient l’image du saint. Son cœur bouillonne. Il ne se possède plus. Le cœur élevé du lion l’emporte en ce moment sur la modestie de la colombe. Il saisit des mains des prêtres la châsse qui renfermait le saint et la jette du pont dans la rivière, en criant au peuple : « Pauvres idolâtres, ne laisserez-vous jamais votre idolâtrie ? » Il allait périr victime de la hardiesse et suivre dans le torrent le saint qu’il avait osé y précipiter, quand le bruit se répand dans la foule qu’un gouffre vient de s’ouvrir dans la rivière et d’engloutir l’image sacrée. Une terreur panique dispersa la procession, et Farel put mettre ses jours en sûreté.

Peu après, en août 1525, Farel dut quitter le Montbéliard, où, malgré la protection du duc, il ne pouvait plus prêcher qu’en secret, tant était grande l’animosité des populations attachées au catholicisme. Mais la semence qu’il y avait répandue ne quitta point avec lui ce pays.

Farel se rendit à Strasbourg, où la Réformation était déjà fondée par les travaux de plusieurs hommes célèbres, Bucer, Capiton et d’autres, et où elle se répandait avec une grande force. Cette ville était libre et n’appartenait pas encore à la France.

A peine y était-il arrivé, qu’il y goûta l’une des plus grandes douceurs qui pût lui être réservée, celle de voir arriver son vieil ami Lefèvre, dont la persécution l’avait séparé depuis trois ans, et qui venait de quitter Meaux après la chute de Briçonnet. Avec quelle joie le jeune missionnaire serra la main de son vieil ami ! Ils demeuraient tous deux, avec d’autres exilés français dans la maison de Capiton, pasteur de l’église de Strasbourg. Car à cette époque les maisons de Capiton, d’Oecolampade, de Zwingli, de Luther, étaient comme des hôtelleries, ouvertes à tous les défenseurs de la vérité. Ils communiaient avec tous les frères à la Cène du Seigneur administrée conformément à l’institution de Jésus-Christ. Ils recevaient les marques les plus touchantes de respect et d’amour au sein de cette église nouvellement formée. Toute la ville, jusqu’aux enfants, saluaient avec vénération le vieux docteur français, le vétéran de la Réforme, lorsque, appuyé sur le bras de son jeune ami, il se rendait aux enseignements des illustres docteurs strasbourgeois. Farel rappelait alors à son maître que celui-ci lui avait dit autrefois à Paris : « Guillaume, Dieu renouvellera le monde et tu le verras. » Et le pieux vieillard, les yeux mouillés de larmes de joie, répondit : « Oui, Dieu renouvelle le monde ! O mon fils, continue à prêcher avec courage le saint Evangile de Jésus-Christ. »

Cependant Farel ne pouvait rester oisif. On prétend que pendant son séjour à Strasbourg, il jeta dans cette ville les fondements de l’Eglise française réformée qui y subsiste encore à cette heure.

Mais ce travail sans difficulté, sans danger, n’était pas ce qui convenait à un ouvrier de la trempe de Farel. Son œil d’aigle cherchait quelque proie plus difficile à ravir.

La France lui était fermée. L’Allemagne n’avait pas besoin de lui. La Réformation dirigée par Luther, Mélanchton et tant d’autres, y faisait glorieusement son chemin. D’ailleurs la connaissance de la langue lui manquait. La Suisse devait se présenter d’elle-même à sa pensée. Zurich venait d’abolir la messe. Berne était sur le point de suivre cet exemple. Bâle se débattait encore entre ses bourgeois qui demandaient à grands cris la Réforme, et le clergé, appuyé par l’université, qui résistait à tout. Mais la différence de la langue était pour Farel un obstacle à une mission dans ces contrées. Lucerne et les petit cantons s’étaient déjà déclarés ennemis irréconciliables de la Réforme. Une tentative sur ce point était donc plus impossible encore. Restait la Suisse française ou romande, comprenant les pays de Neuchâtel, Vaud et Genève, et de plus, le Jura bernois, une partie de Fribourg et le Bas Valais. Dans cette partie de la Suisse on parle la même langue qu’en France. Cette contrée, en effet, ne fut pas envahie autrefois, comme la Suisse orientale, par le peuple grossier et cruel des Allemands; elle tomba sous le joug des tribus plus douces et civilisées des Bourguignons qui, loin d’imposer leur langue germaine aux peuples conquis, adoptèrent plutôt celle des vaincus. Au temps de la Réformation, la Suisse française était l’une des plus solides forteresses du papisme en Europe.

Quatre évêques, celui de Bâle, celui de Lausanne, au diocèse duquel appartenait notre pays, celui de Genève et celui de Sion, maintenaient à main-forte cette petite contrée sous le joug papal. Au Val-de-Tavannes, à Neuchâtel, à Lausanne, à Genève, des chapitres de chanoines, formés des hommes les plus instruits et occupant, chez nous du moins, de hautes places dans l’Etat, appuyaient l’évêque. Le bon Guillaume remplissait le cœur du peuple neuchâtelois de ses miracles passés et présents et était plus Dieu à Neuchâtel que Dieu lui-même.

Tel était chez nous l’état des choses, quand un autre Guillaume, inconnu jusqu’alors à Neuchâtel, vint faire oublier l’ancien et renverser dans notre pays l’édifice papal. Guillaume Farel quitta Strasbourg en 1526. Il était à pied, accompagné d’un seul ami dont le nom nous est inconnu. Le premier soir de leur voyage, ils s’égarent. Des torrents d’eau tombent du ciel. La nuit survient. Désespérant de trouver leur chemin, ils s’assirent au milieu de la route.

« Ah ! dit Farel dans une lettre à ses amis de Strasbourg, Dieu en me montrant ainsi mon impuissance dans les petites choses, a voulu m’apprendre mon incapacité dans les plus grandes sans Jésus-Christ. » – Mais bientôt, fortifiés par la prière, les deux amis se relèvent, s’engagent dans un marais, nagent à travers les eaux, traversent des vignes, des champs, des forêts, et n’arrivent à leur but que mouillés jusqu’aux os et couverts de boue. Cette nuit, qu’il n’oublia jamais, servit à briser sa force propre, mais en même temps à lui communiquer une nouvelle vertu d’en haut.

Ce fut, à ce q’il paraît, à cette époque qu’il fit sa première apparition à Neuchâtel. Habillé en prêtre, il essaya d’y prêcher. Mais reconnu au moment où il allait monter en chaire, il fut expulsé de la ville. Ainsi raconte Ruchat.

Farel se rend à Berne pour s’entendre avec le pasteur Haller, qui était dans cette ville le principal promoteur de la Réformation. Celui-ci lui conseille d’aller s’établir à Aigle; ce bailliage, ainsi que tout le canton de Vaud, était alors soumis aux Bernois. L’usage de la langue française et la domination de Berne semblaient en effet désigner cette contrée, plutôt que tout autre dans la Suisse romande, à l’activité de Farel. C’était comme le côté faible de la forteresse. Ce fut par là que Farel commença l’attaque. Sous le nom de Maître Ursin, (nom qui rappelait sans doute à mot couvert le patronage de messeigneurs de Berne) et sous l’apparence d’un maître d’école, il s’établit à Aigle dans l’hiver de 1526-27. Le jour il enseigne à lire aux enfants pauvres; le soir, quittant ses abécédaires, il se plonge dans les Ecritures grecques et hébraïques, et médite les écrits de Luther et de Zwingli. Mais bientôt ce ne sont plus seulement les enfants, ce sont les pères de famille qui se réunissent pour entendre les leçons du maître Ursin.

Il leur explique l’Ecriture; à cette lumière c’en est bientôt fait dans ces cœurs du purgatoire et de l’invocation des saints. Un troupeau évangélique se forme autour du maître d’école. Le Conseil de Berne, apprenant ces succès, lui fait parvenir en mars 1527 des lettres-patentes par lesquelles il le nomme pasteur à Aigle, chargé d’expliquer les Ecritures au peuple de la contrée.

Et voici qu’un jour le maître d’école, quittant sa classe : « Je suis Guillaume Farel, » dit-il. Puis il monte en chaire et prêche ouvertement Jésus-Christ au peuple stupéfait. Au premier moment, les prêtres et les magistrats du lieu restent interdits. Puis ils se ravisent, et, entraînant dans leur parti le bailli, Jacques de Rovéréa, ils défendent à Farel de continuer ses prédications. Les Conseils de Berne apprenant cette résistance, font afficher aux portes de toutes les églises du bailliage une ordonnance en faveur de Farel. C’est le signal d’une révolte. « A bas Farel ! A bas messieurs de Berne ! » s’écrie-t-on dans toute la contrée. Un moment Farel et ses adhérents sont en péril. Enfin le Réformateur doit quitter la place et abandonner pour un temps cette contrée, non sans avoir reconnu que l’appui du pouvoir civil, en affaire religieuse, est souvent, pour celui qui s’y confie, une faiblesse plutôt qu’une force.

Peut-être était-ce sous le poids de cette expérience douloureuse que, le 10 mai 1527, Farel écrivait dans une lettre encore aujourd’hui conservée au milieu de nous : « Une charité fervente, voilà le « bélier puissant avec lequel nous pouvons abattre les orgueilleuses murailles de la papauté. »

Après une tentative infructueuse à Lausanne, Farel ne tarda pas à revenir à Aigle. Une lutte publique qu’il soutint là avec un moine mendiant qui l’avait injurié. Lutte qui est racontée en détail dans les chroniques du temps et qui tourna à la honte du défenseur de la papauté, fit faire un grand pas à la cause de la Réforme.

Enfin, selon l’usage du temps, on procéda à une votation générale dans tout le bailliage sur la question religieuse. Des quatre districts, trois, ceux d’Aigle, de Bex et d’Ollon, se déclarèrent pour l’abolition de la messe. Aux Ormonts, la majorité fut pour le maintien du catholicisme.

Malgré la votation qui assignait le district d’Ollon à la Réforme, Farel courut un grand danger dans les montagnes de cette contrée. Les paysans ne voulaient pas permettre qu’il vint consommer chez eux l’œuvre commencée. D’un autre côté, ils craignaient de s’attirer l’animadversion des Bernois, s’ils maltraitaient le Réformateur. Ils lâchèrent donc sur lui leurs femmes armées de battoirs de blanchisseuses. Farel n’échappa qu’avec peine à leur furie et à leurs coups. Son compagnon, Claude de Gloutinis, ayant essayé de prêcher dans le temple des Ormonts, on sonna tout à coup les cloches à pleine volée. C’était là un genre d’éloquence contre lequel les réformateurs se trouvaient sans armes. La réformation totale de la contrée ne fut accomplie qu’un peu plus tard.

Farel n’attendit pas ce résultat pour tenter l’assaut sur un nouveau point. L’étendard de l’Evangile flottait à Aigle. Il vint le planter à Morat. Les districts d’Orbe, Grandson et Morat étaient alors propriété commune de Berne et de Fribourg.

Lorsque le bailli était Fribourgeois, Berne envoyait les ordres; lorsque le bailli était Bernois, les ordres partaient de Fribourg. Sous la protection bernois Farel prêche à Morat, et les partisans de la Réforme ne tardent pas à y paraître assez nombreux pour que l’on puise procéder à une votation. C’était trop tôt. La majorité fut pour le maintien de la messe. Farel abandonna pour un temps ce champ de travail et retourna à Lausanne. Nouvel essai de prédication, mais aussi infructueux que les précédents. Les bons Lausannois aiment le plaisir. Sans doute ils s’indignent des orgies de leurs prêtres; mais quand ils rencontrent la figure austère du Réformateur, ils s’effrayent bien davantage; et, tout compté ils préfèrent encore la face réjouie de leurs chanoines.

De Lausanne, Farel se rendit à Berne pour y assister à la discussion solennelle qui décida de l’introduction de la Réformation dan ce canton. Elle dura du 7 au 25 janvier 1528. 350 ecclésiastiques suisses et étrangers y assistaient; une foule de laïques de tous rangs y étaient accourus : 4 présidents maintenaient l’ordre dans la discussion; 4 secrétaires tenaient le protocole. Toutes les questions en litige entre le papisme et la Réforme furent discutées à fond et avec une entière liberté pendant ces dix-huit jours. La science biblique et l’éloquence puissante de Zwingli, venu de Zürich, de Haller de Berne, et des autres théologiens protestants, au nombre desquels se trouvait Farel, firent pencher la balance du côté de la Réforme. L’Evangile l’emporta dans le canton de Berne sur les traditions humaines.

Après ce grand et solennel triomphe de la cause évangélique, Farel revint à Morat. Cette fois la vérité y fit de rapides progrès. De Payerne, d’Avenches et des contrées circonvoisines on accourait pour l’entendre. Aux jours de fête on disait gaiement dans les campagnes : « Allons à Morat entendre les prêcheurs. » Chemin faisant, la bande folâtre s’exhortait à ne pas se laisser prendre au moins dans les filets de l’hérésie. Le soir, en retournant dans ses demeures, elle ne plaisantait plus : on revenait sérieux. Une grande question, celle du salut, préoccupait les esprits. On discutait avec vivacité sur ce que l’on avait entendu, et parmi ces troupes, le matin si rieuses, se comptaient maintenant en grand nombre les candidats de la foi. Farel vit que le feu était allumé et qu’il pétillait déjà dans les gerbes. Cela lui suffit pour le moment. Il partit. Une nouvelle conquête occupait déjà les pensées de cet homme infatigable.

Par delà la sommité du Vully, son œil avait contemplé les cimes bleuâtres de notre Jura, et son cœur brûlait de tenter cette nouvelle conquête. Encore une fois il court à Aigle pour y travailler à la consommation de la Réformation. Il revient à Morat, s’en va prêcher à Bienne et dans les environs; visite pour la première fois la Neuveville, alors dépendante de l’évêque de Bâle, prince de Porrentruy. Celui-ci porte plainte à Berne contre Farel, qui ose venir prêcher dans son diocèse. Farel est obligé de quitter la Neuveville, et c’est en décembre 1529 qu’il met enfin le pied sur le sol neuchâtelois. Il n’ignore pas quelle lutte l’attend sur ce nouveau champ de bataille. mais que lui importe ? « Dieu est mon Père ! » Dès longtemps voilà sa devise.

On a appelé Farel « le premier et le plus grand missionnaire de la réformation française ». L’esquisse rapide que nous venons de tracer des travaux de cet homme de Dieu jusqu’au jour de son arrivée au milieu de nous, ne suffit-elle pas déjà pour justifier ce titre ? Sans doute, à voir ses allures impétueuses, on serait parfois tenté de se demander s’il ne confond pas la fougue avec le zèle, et de craindre que l’impatience de la chair ne domine chez lui l’impulsion de l’Esprit.

Un pareil soupçon sur le caractère de Farel et de son activité n’est possible qu’à la condition d’ignorer le zèle catholique de son enfance et de sa jeunesse, et les luttes violentes à travers lesquelles il était parvenu à la possession de la vérité évangélique, et l’illumination bienheureuse qui avait décidé de sa conversion, et le changement radial qui s’était opéré chez lui à cette époque de sa vie. Lorsqu’on a, comme nous venons de le faire, suivi Farel du hameau des Farelles à l’université de Paris, et de ses études à Paris à son arrivée à Neuchâtel, on sent bien que le feu qui l’anime est tout autre chose qu’un esprit d’opposition charnelle. L’on comprend que le mobile de cette puissante et incessante activité est celui-là même q’exprimaient les apôtres quand ils se justifiaient devant le sanhédrin en disant : Nous ne pouvons pas ne pas témoigner des choses que nous avons entendues et vues. On a dit de Farel « qu’un mot impie l’émouvait plus qu’un coup d’épée. » Le coup d’épée ne s’adressait qu’a sa personne; le mot impie attentait à l’honneur de Dieu. Il s’inquiétait à peine du premier; mais il foudroyait le second. Entendre le nom de Jésus blasphémé, ou voir seulement sa glorieuse figure éclipsée par les images de Marie et des saints, lui faisait le même effet qu’à un fils respectueux l’ouïe d’une insulte à la personne de son père et de sa mère. Gloire à Dieu, à Dieu seul ! Ce fut bien là l’âme de sa dévorante activité.

A ce premier sentiment s’en joignait un second : Farel, tout en étant avant tout l’homme de Dieu, était aussi l’homme du pauvre peuple. C’est un trait qui lui est commun avec le grand Réformateur de l’Allemagne, Luther. Voir le peuple retenu dans la superstition et dégradé par la religion qui devait l’éclairer et l’ennoblir, était pour lui un spectacle non moins intolérable que celui du nom de Dieu déshonoré.

Sans doute il a pu arriver que, comme à Montbéliard par exemple, la fougue de la chair ait fait irruption parfois dans son activité d’évangéliste. Farel n’était pas plus saint que l’Apôtre qui s’attira de la part de Jésus cette réprimande : Pierre, remets ton épée dans le fourreau. Le Maître seul a été sans tache. En lui seul une douceur accomplie se trouve unie à la plus indomptable fermeté et au zèle le plus ardent. Mais heureux le serviteur de Christ dont on peut dire qu’au milieu de tous ses défauts, la devise de sa vie fut néanmoins : Le zèle de ta maison m’a dévoré. Tel fut Farel ! Dieu veuille faire reposer toujours le manteau de cet Elie sur les épaules de quelqu’un de ses successeurs au milieu de nous !

La prudence de Lefèvre ne fera jamais défaut à l’Eglise neuchâteloise; mais le zèle de Farel…

Référence: Histoire de la Réformation dans le Pays de Neuchâtel, Frédéric Godet, 1859

Le péché non-confessé empêche le réveil

Jonathan Goforth identifiait clairement le péché non confessé parmi les chrétiens comme l’un des principaux obstacles empêchant à Dieu d’envoyer un réveil.

« Vous devez avancer à genoux », ce fut-là le conseil que Hudson Taylor prodigua à un jeune missionnaire canadien du nom de Jonathan Goforth. Jonathan Goforth s’appliqua fidèlement et avec ferveur à suivre ce conseil tout au long de son travail missionnaire en Chine. Cependant, après treize années de prière consacrée et de prédication fidèle, et après ce que la plupart qualifieraient de ministère réussi, Goforth en vint à un point d’insatisfaction où son âme ne trouvait point de repos. Ce fut à cette période qu’un parti inconnu en Angleterre commença à distribuer des tracts sur le réveil de 1904 au Pays de Galles. Goforth fut profondément interpellé alors qu’il lisait ces récits. « Une nouvelle idée, une nouvelle conception de Dieu le Saint-Esprit commença à faire jour dans son cœur. » Il se livra donc à davantage de prière et d’étude de la Bible. Goforth se vit conduit par une vision fraîche, la vision d’une puissante effusion du Saint-Esprit.

Peu de temps après, il commençait à se retrouver dans la journée avec d’autres missionnaires pour prier pour un réveil. Ces hommes firent le vœu devant Dieu et firent le serment l’un à l’autre de prier jusqu’à ce que le réveil vînt en Chine. En 1908, la prière et les rêves de Jonathan Goforth commencèrent à se réaliser. Goforth commença à aller dans différentes stations missionnaires où il amena ses amis missionnaires dans la prière. Alors de façon soudaine, la prière droite et sincère ouvrit la porte à la confession ouverte des péchés.

Ce fut à partir du moment où les chrétiens vinrent avec un cœur purifié, confessèrent et abandonnèrent leur péché secret que le Saint-Esprit souffla comme un vent puissant. Vraisemblablement, cette confession de péchés honnête et ouverte fut la caractéristique la plus frappante du réveil. Partout où allait Mr Goforth le réveil éclatait, et presque toujours de la même façon. Premièrement, la prière était encouragée parmi les chrétiens, ce qui conduisait spontanément à la confession des péchés avec un cœur déchiré et brisé. Et ensuite, comme un fleuve, les perdus étaient introduits dans le Royaume par milliers.  » Les hommes étaient pénétrés comme avec du feu.  » L’un après l’autre des croyants au cœur brisé se jetèrent eux-mêmes dans la confession de tout péché secret. Monsieur Goforth identifiait clairement le péché non confessé parmi les chrétiens comme l’un des principaux obstacles empêchant à Dieu d’envoyer un réveil.

Walter Phillips nous décrit l’une des réunions de réveil que tenait Mr Goforth : « Immédiatement après que l’on pénétra dans l’église, l’on prit conscience de quelque chose d’inhabituel. L’endroit était rempli jusqu’à la porte et l’on pouvait voir une expression de révérence tendue sur chaque visage. Les gens s’agenouillaient pour prier, au début en silence, mais rapidement, ici et là, ils prièrent à haute voix. Les voix s’élevèrent, gagnèrent en volume jusqu’à former une grande vague de supplication unie qui grossit jusqu’au point de devenir un rugissement. Là je pus comprendre pourquoi le sol était si humide – l’atmosphère même était électrique et d’étranges impulsions remuaient les corps. »

Quand Mr Goforth prêchait, « la croix s’enflammait comme un feu vivant dans le cœur de tous les auditeurs.  » C’était la personne de Jésus Christ qui était exaltée pendant tout ce réveil, et présentée comme le Roi et le Sauveur devant lequel tous devraient rendre compte. Au milieu de ce grand réveil, Jonathan Goforth prit conscience que toutes ses transpirations et ses grands efforts déployés dans le passé ne lui permirent de récolter que frustration. Il en vint à la ferme conviction que le réveil ne peut être engendré qu’au travers de l’humilité, la foi, la prière et la puissance du Saint-Esprit. Goforth écrit :

« Si le réveil est encore retenu, c’est parce que quelques idoles conservent encore leur trône; parce que nous plaçons encore notre confiance dans des schémas humains; parce que nous refusons toujours de nous confronter à la vérité inébranlable que ‘ce n’est pas par la puissance, mais par Mon Esprit.' »

James O. Fraser: la prière façonne l’histoire

Certains des serviteurs de Dieu les plus précieux ont passé la majeure partie de leur vie cachés et inaperçus. Oubliés et ignorés par les foules religieuses, ils réussissent dans l’obscurité et la solitude. Leurs vies humbles semblent chanter tout doucement ces paroles négligées d’un hymne de Charles Wesley : « Garde-nous petits et inconnus, précieux et aimés de Dieu seul. » William Jay, le prédicateur anglais écrivait : « Beaucoup de ceux qui sont grands aux yeux du Seigneur vivent actuellement dans des petites maisons de campagne et des taudis et sont rarement connus. »

James O. Fraser, de la Mission Intérieure Chinoise, était un de ces serviteurs de Dieu de choix qui éprouvaient de la satisfaction à faire son labeur dans une obscurité presque totale. Cet homme talentueux était prédicateur, linguiste, génie musical et ingénieur. Il arriva dans la province de Yunnan en Chine en 1910 avec un cœur soupirant après les âmes de la tribu oubliée des Lisu. Pendant tout le temps où Fraser se consacrait au travail missionnaire visant à atteindre les gens de la tribu des Lisu, il devint quelque peu oublié. Durant des années il vécut seul, caché derrière les vastes chaînes de montagnes de l’Ouest reculée de la Chine.

Peu de personnes connaissaient réellement James Fraser. Il y avait une atmosphère de mystère entourant cet homme talentueux qui avait choisi une vie primitive de pionniers au lieu des applaudissements d’une salle de concert en Angleterre. Certains disaient que c’était absolument déplacé que Fraser gaspillât et enterrât ses dons sur le champ missionnaire. Cependant, Monsieur Fraser fut admirablement utilisé par Dieu à travers la prière et un labeur rempli d’amour pour détourner des multitudes de Lisu de l’esclavage dû à l’adoration des démons, à la connaissance de Jésus-Christ. Après être parvenu à maîtriser la difficile langue Lisu, il développa sa propre « écriture Fraser » et traduisit les Ecritures en dialecte tribal.

Avant la fin de l’année 1916, il y eut une réelle visitation de l’Esprit parmi les Lisu, qui donna lieu à 6000 baptêmes en l’espace de seulement deux ans. L’Eglise Lisu continua à croître et devint en définitive l’un des plus grands corps tribals chrétiens du monde.

Le succès de J.O. Fraser n’était pas le résultat de ses talents impressionnants ou de son intellect gigantesque. Monsieur Fraser réussit là où d’autres échouent souvent, parce qu’il avait appris comment toucher Dieu à travers la prière. Isolé et caché aux yeux de tous derrière les montagnes, il fut contraint de chercher Dieu pour chacun de ses besoins. « Pour connaître le réel Fraser, on a besoin de l’entendre dans la prière. La prière était la respiration même de la vie pour lui, et dans la prière il semblait s’échapper du temps en direction de l’éternité. » Pour beaucoup d’entre nous, la prière n’est pas le premier choix, mais le dernier recours. Fraser avait appris, de par une absolue nécessité, à prier avec ferveur et continuellement.

« Fréquemment, les versants des montagnes étaient témoins des supplications importunées et pénétrantes de cet homme dont le temps de prière se comptait non en minutes mais en heures. » Fraser n’était pas un homme qui disait simplement des prières, mais qui ENFANTAIT dans la prière. Il connaissait la nécessité spirituelle de la lutte et de l’agonie dans la prière. Il écrit: « Combien de vos prières ont-elles la sorte de qualité que nous trouvons dans l’amertume de l’âme chez Anne, ‘lorsqu’elle pria le Seigneur ?’ Combien de fois avez-vous jamais ‘PLEURE AVEC DOULEUR’ devant le Seigneur ? Nous avons peut-être prié beaucoup, mais nos aspirations n’ont pas été profondes en comparaison des leurs. Nous avons passé beaucoup de temps sur nos genoux, c’est possible, sans que nos cœurs pénètrent dans l’agonie du désir. Mais la réelle supplication est fille du désir venant du cœur, et ne peut pas triompher sans ce dernier; un désir non de la terre ni issu de nos cœurs pécheurs, mais imprimé en nous par Dieu Lui-même. Oh, qu’il y ait de tels désirs ! Oh, qu’il y ait la sincérité d’Anne non seulement en moi-même mais en tous ceux qui se joignent dans la prière pour ces pauvres païens aborigènes. »

A notre honte, certaines des disciplines les plus élémentaires de nos pieux pères sont devenus étrangères et peu familières à beaucoup d’entre nous. L’une des armes les plus efficaces des saints priants d’autrefois était la discipline de la « prière jusqu’au bout ». « J. O. Fraser à la fois encourageait et pratiquait cette puissante réalité.

A ce sujet, Monsieur Fraser écrit : « Nous devons nous préparer à une sérieuse guerre, et ‘après avoir tout surmonté, tenir fermes’, nous devons combattre jusqu’au bout et ensuite nous tenir victorieux sur le champ de bataille. Ceci n’est-il pas un autre secret de nombreuses prières non exaucées, le fait que nous n’avons pas combattu jusqu’au bout? Si le résultat ne se voit pas aussi rapidement qu’espéré, les chrétiens sont aptes à se décourager, et s’il est encore plus retardé, à tout abandonner. Vous connaissez le nom qu’ils donnent aux lieux en Angleterre où le bâtiment (ou n’importe quelle chose d’autre) est abandonné, lorsqu’il n’a été achevé qu’à moitié – Cette chose-là est une « sottise ». Je me demande si quelques unes de nos prières ne méritent pas la même marque de disgrâce. Luc 14:28-30 s’applique aux prières ainsi qu’aux tours. Nous devons estimer le coût avant de prier la prière de la foi. Nous devons être prêts à payer le prix. Nous devons considérer les affaires. Nous devons nous apprêter à « voir les choses jusqu’au bout » (Ephésiens 6:18, « en toute persévérance »). » Lutter contre les esprits démoniaques est une réalité journalière de la survie spirituelle. Le combat spirituel ne s’apprend pas dans nos temps de loisir, mais il nous est asséné sur la tête lorsque nous commençons à menacer le royaume des ténèbres. En 1913-1914, James Fraser traversa une période de profonde oppression spirituelle qui le força à traiter des questions que beaucoup préféreraient ignorer. Alors que Fraser atteignit les Lisu spirituellement aveugles, il devint l’objet d’une intense attaque démoniaque. Il se trouva lui-même dans la situation où il glissait progressivement dans un état paralysant de dépression et de désespoir. Il commença bientôt à remettre en question les fondements même de sa foi en Dieu. « Les fondements furent profondément ébranlés dans ces jours et nuits de conflit, jusqu’à ce que Fraser réalisât que derrière tout cela, se cachaient des « puissances des ténèbres » qui cherchaient à l’écraser. Il avait osé envahir le royaume de Satan, que nul n’avait pas contesté depuis des siècles. Tout d’abord, la vengeance était tombée sur les personnes en recherche parmi les Lisu, c’étaient des proies faciles. Maintenant, il était lui-même attaqué, et c’était une guerre à mort, spirituellement parlant.

Fraser fut grandement aidé dans son combat spirituel par l’arrivée au temps propice d’un magazine produit par Jessie Penn-Lewis s’intitulant The Overcomer (Le Vainqueur). « Ce qu’il m’a montré, » écrit Fraser, « c’était que la délivrance de la puissance du malin vient à travers une résistance ferme sur la base de la Croix. Je suis ingénieur et je crois dans les choses qui marchent. Je veux les voir marcher. J’avais constaté que beaucoup d’enseignements spirituels que l’on entend ne semblent pas marcher. Mon appréhension, à quelque degré que ce fût, par rapport à d’autres aspects de la vérité avait été brisée. Le côté passif du fait de tout abandonner au Seigneur Jésus qui est notre vie, bien que vrai et plein de bénédiction, n’était pas tout ce dont j’avais besoin précisément alors même. Une ferme résistance sur la base de la Croix fut ce qui m’apporta la lumière. Car je vis que cela marchait. J’avais l’impression d’être un homme en train de périr de soif, sur lequel de l’eau froide, claire et belle avait commencé à couler.

Les gens vous diront, après une réunion utile peut-être, que telle ou telle vérité est le secret de la victoire. Non : nous avons besoin de vérités différentes à des moments différents. ‘Regardez au Seigneur’, vous diront certains. ‘Résistez au diable’ se trouve aussi dans les Ecritures (Jacques 4:7) et j’ai vérifié que cela marchait ! Ce nuage de dépression se dispersa. Je trouvai que je pouvais avoir la victoire dans le domaine spirituel toutes les fois que je le voulais. Le Seigneur Lui-même a résisté au diable en prononçant des paroles : « Arrière de moi, Satan ! » Dans mon humble dépendance à Lui, je fis la même chose. Je parlai à Satan à ce moment-là, utilisant les promesses de l’Ecriture comme des armes. Et elles marchèrent. Immédiatement après, la terrible oppression commença à s’en aller. »

Vers la fin de sa vie, James Fraser se trouva lui-même dans une autre sorte de conflit spirituel. Il commença à se sentir de plus en plus insatisfait avec ce que beaucoup considéraient comme un ministère réussi. Il reconnaissait comme jamais auparavant le grandiose besoin d’un véritable réveil sur le champ missionnaire et dans son pays. Son cœur aspirait maintenant à une puissante visitation de la gloire de Dieu. Lorsque Dieu crée en nous un tout nouveau désir, nous pouvons toujours avoir confiance qu’Il se prépare à agir.

Durant des congés, les aspirations de Fraser furent confirmées par l’opportunité qu’il eut d’entendre prêcher le missionnaire revivaliste Jonathan Goforth. Madame J. O. Fraser décrit cet événement important qui eut lieu dans la vie de Fraser. « Alors que le vieil homme de Dieu se levait pour prêcher, un sentiment écrasant de la présence de Dieu remplit la pièce, et alors qu’il parlait, nous n’étions rien d’autre que fondus sous la puissance de ses paroles, car Goforth avait été revêtu d’une onction divine venant de Dieu Lui-même, et c’était impossible de ne pas le remarquer. Fraser avait entendu parler auparavant des grands réveils dont Goforth avait été témoin dans son travail en Chine, mais de l’entendre parler fut quelque chose d’inoubliable et laissa sur son âme un profond fardeau. La grande question dans son esprit était de savoir si nous étions en train de travailler avec la puissance que Dieu nous avait promise. »

Une nouvelle fois, Madame Fraser écrit à propos du nouveau fardeau de son mari : « Il voyait les millions de Chinois non atteints qui grouillaient, et la minuscule poignée de missionnaires, mais aussi grande que fût le besoin d’avoir plus de missionnaires, il y avait un bien plus grand besoin, celui que ceux parmi nous qui étions là-bas fussent revêtus d’une bien plus grande puissance. Fraser était quelque peu sous le poids d’un fardeau parce que l’Eglise à la fois au pays et à l’étranger semblait avoir un impact réel si faible sur le monde. Il passait des heures dans la prière se demandant si nous devions retourner aux apôtres en tant qu’exemples pour nous et à la Pentecôte en tant que puissance qui nous était réservée.  »

Nous étions maintenant au début des années 1930, et Fraser n’était pas seul à désirer le réveil. Le cri de soupir après un réveil s’élevait maintenant des cœurs de nombreux missionnaires tout comme des chrétiens chinois. Soudainement, Dieu surgit, levant Ses instruments dissimulés pour propulser l’Eglise dans un puissant réveil dans le Nord de la Chine. Ce fut là que Fraser trouva quelques esprits de la même affinité que lui chez les ouvriers de réveil suivants : Andrew Gih et John Sung de l’équipe Bethel. Ils goûtèrent à de puissants moments de prière ensemble qui souvent durèrent jusqu’aux premières heures du matin. Monsieur Fraser décrit cette période comme sa plus heureuse expérience vécue en Chine. Ce furent les jours de gloire du réveil de Shantung avec Bertha Smith et Marie Monsen. Anna Christiansen de la C.I.M. et Watchman Nee du « Petit Troupeau » récoltèrent aussi le fruit du réveil à cette époque. Peu importe qui était le ministre, le message était essentiellement identique : la dénonciation du péché secret, un appel à la profonde repentance, le besoin de restitution et l’espoir de la victoire totale à travers le Sang et la puissance du Saint-Esprit.

« Le Royaume de Dieu est forcé et ce sont les violents qui s’en emparent. » – Matthieu 11:12. La vie de James Fraser fut une illustration vivante de ce verset. Comme Fraser, nous devons nous revêtir d’humilité alors que nous courons faire la guerre dans le combat de la foi. Nos prières doivent s’élever au-dessus de la simple rhétorique sentimentale et religieuse. Ce dont nous avons besoin, ce sont des gémissements et des pleurs violents de la prière d’enfantement ! Nous devons apprendre à être violents dans la prière avec Satan et avec notre propre ORGUEIL entaché de péché. Le Roi Jésus recherche un peuple qui Lui sera assujetti en toute sainteté et en toute humilité, et qui néanmoins tiendra ferme dans une foi audacieuse contre les puissances des ténèbres (Jacques 4:7). L’humilité en dehors de la foi courageuse devient du désespoir, et la foi en dehors de l’humilité dans un cœur brisé devient de la présomption. La vraie victoire de réveil viendra finalement lorsque les pauvres en esprit apprendront à marcher dans l’autorité et la puissance de l’Esprit. »

Source: The Watchword

Frank Bartleman, un homme de passion

Frank Bartleman fut un témoin oculaire de l’effusion du Saint-Esprit en 1907 à la rue Azusa, de Los Angeles. On a pu l’appeler « le reporter du Reveil Azusa Street ». Frank Bartleman était un homme de passion portant un lourd fardeau. Ses prières ouvraient le ciel, littéralement. Mais il était plus qu’un intercesseur. Il était un homme de vision – un prophète. Il perçut la signification profonde de ce que le Saint-Esprit désirait faire lors d’un réveil et il appela le peuple de Dieu à rechercher la plénitude de cette expérience.

Frank Bartleman, certainement plus qu’aucune autre personne, portait le fardeau de la prière pour l’œuvre profonde de l’Esprit de Dieu qui se manifesta en 1906. Il participa au labeur de son enfantement, le nourrissant avec tendresse et défendant courageusement ses premiers éclats de vie. Durant l’année 1905, alors que Frank Bartleman correspondait et priait avec Evan Roberts au pays de Galles, alors que lui-même et d’autres à Los Angeles répandaient le message du réveil du pays de Galles en encourageant les gens à prier ; et par-dessus tout, alors que le peuple de Dieu recevait la vision et « accouchait » dans la prière ; l’étincelle devint l’embrasement du réveil mondial de la Pentecôte dans l’Église de Jésus-Christ.

Charles Fox Parham le déçu du manque de puissance

En 1900, le pasteur Charles Fox Parham, était déçu du manque de puissance dans la vie chrétienne comparé à ce que les premiers chrétiens expérimentaient dans le Nouveau Testament.

Avec un groupe de 40 personnes venus étudier la Bible avec lui à Topeka dans le Kansas, ils vinrent à la conclusion que ce qui manquait était le baptême du Saint-Esprit et que le parler en langues en était le signe. Suite à la méditation et la prière en groupe, tous se mirent à partler en langues, on rapporta aussi plusieurs guérisons lors de leurs réunions.

George Jeffreys, un homme de Dieu

Évangéliste de renom, George Jeffreys fut un des grands leaders du mouvement de Pentecôte. Il se convertit pendant le réveil du Pays de Galles (1904-1905). Dès sa conversion, il est actif dans son groupe de jeunesse et participe régulièrement aux réunions d’appel en plein air où il rend son témoignage. En 1912, il est baptisé du Saint-Esprit quand son pasteur lui impose les mains lors d’une retraite en son église congrégationaliste de Maesteg.

En 1915, il est pasteur en Irlande. Reconnaissant en lui des dons d’évangéliste, ses collègues le lancent dans son extraordinaire carrière de revivaliste. Son message est simple. C’est celui du « Plein Evangile » ou de « L’Evangile aux quatre angles » : Jésus sauve ! Jésus guérit ! Jésus baptise du Saint-Esprit ! Jésus revient !

Le Principal Jeffreys, tout comme ses pères du Réveil, insiste sur le devoir du converti baptisé d’eau de rechercher le baptême dans le Saint-Esprit et « d’aspirer aux dons, aux charismes spirituels », comme aussi aux manifestations du « fruit de l’Esprit ». Il prêche avec sérieux et joie « le retour glorieux du Christ » et l’Evangile de son Règne qui vient.

Dieu honore la fidélité de vie et d’enseignement de ce serviteur auquel Il a accordé des dons remarquables. En 1915, il fonde la première Église de Pentecôte Elim en Irlande. Beaucoup d’autres églises seront implantées par la suite au Royaume-Unis.

Des foules de plus en plus nombreuses se rassemblent partout en Grande-Bretagne pour l’entendre et demander la prière. La presse nationale relate ces rencontres extraordinaires où des gens de toutes conditions se convertissent par centaines ; où des malades, des infirmes, des incurables sont guéris. En 1926, le très vaste et fameux Royal Albert-Hall de Londres est bondé de gens qui veulent participer à ces rencontres de foi, de joie, d’action spirituelle.

En 1962, Reinhard Bonnke, de passage à Londres, tombe « accidentellement » sur la maison de Jeffreys qui l’invite à boire le thé. Le vieil évangéliste lui impose les mains pour le ministère que Bonnke, 22 ans, s’apprête à démarrer en Afrique du Sud. Le 26 janvier 1962, George Jeffreys s’éteint chez lui.