Le péché non-confessé empêche le réveil

Jonathan Goforth identifiait clairement le péché non confessé parmi les chrétiens comme l’un des principaux obstacles empêchant à Dieu d’envoyer un réveil.

« Vous devez avancer à genoux », ce fut-là le conseil que Hudson Taylor prodigua à un jeune missionnaire canadien du nom de Jonathan Goforth. Jonathan Goforth s’appliqua fidèlement et avec ferveur à suivre ce conseil tout au long de son travail missionnaire en Chine. Cependant, après treize années de prière consacrée et de prédication fidèle, et après ce que la plupart qualifieraient de ministère réussi, Goforth en vint à un point d’insatisfaction où son âme ne trouvait point de repos. Ce fut à cette période qu’un parti inconnu en Angleterre commença à distribuer des tracts sur le réveil de 1904 au Pays de Galles. Goforth fut profondément interpellé alors qu’il lisait ces récits. « Une nouvelle idée, une nouvelle conception de Dieu le Saint-Esprit commença à faire jour dans son cœur. » Il se livra donc à davantage de prière et d’étude de la Bible. Goforth se vit conduit par une vision fraîche, la vision d’une puissante effusion du Saint-Esprit.

Peu de temps après, il commençait à se retrouver dans la journée avec d’autres missionnaires pour prier pour un réveil. Ces hommes firent le vœu devant Dieu et firent le serment l’un à l’autre de prier jusqu’à ce que le réveil vînt en Chine. En 1908, la prière et les rêves de Jonathan Goforth commencèrent à se réaliser. Goforth commença à aller dans différentes stations missionnaires où il amena ses amis missionnaires dans la prière. Alors de façon soudaine, la prière droite et sincère ouvrit la porte à la confession ouverte des péchés.

Ce fut à partir du moment où les chrétiens vinrent avec un cœur purifié, confessèrent et abandonnèrent leur péché secret que le Saint-Esprit souffla comme un vent puissant. Vraisemblablement, cette confession de péchés honnête et ouverte fut la caractéristique la plus frappante du réveil. Partout où allait Mr Goforth le réveil éclatait, et presque toujours de la même façon. Premièrement, la prière était encouragée parmi les chrétiens, ce qui conduisait spontanément à la confession des péchés avec un cœur déchiré et brisé. Et ensuite, comme un fleuve, les perdus étaient introduits dans le Royaume par milliers.  » Les hommes étaient pénétrés comme avec du feu.  » L’un après l’autre des croyants au cœur brisé se jetèrent eux-mêmes dans la confession de tout péché secret. Monsieur Goforth identifiait clairement le péché non confessé parmi les chrétiens comme l’un des principaux obstacles empêchant à Dieu d’envoyer un réveil.

Walter Phillips nous décrit l’une des réunions de réveil que tenait Mr Goforth : « Immédiatement après que l’on pénétra dans l’église, l’on prit conscience de quelque chose d’inhabituel. L’endroit était rempli jusqu’à la porte et l’on pouvait voir une expression de révérence tendue sur chaque visage. Les gens s’agenouillaient pour prier, au début en silence, mais rapidement, ici et là, ils prièrent à haute voix. Les voix s’élevèrent, gagnèrent en volume jusqu’à former une grande vague de supplication unie qui grossit jusqu’au point de devenir un rugissement. Là je pus comprendre pourquoi le sol était si humide – l’atmosphère même était électrique et d’étranges impulsions remuaient les corps. »

Quand Mr Goforth prêchait, « la croix s’enflammait comme un feu vivant dans le cœur de tous les auditeurs.  » C’était la personne de Jésus Christ qui était exaltée pendant tout ce réveil, et présentée comme le Roi et le Sauveur devant lequel tous devraient rendre compte. Au milieu de ce grand réveil, Jonathan Goforth prit conscience que toutes ses transpirations et ses grands efforts déployés dans le passé ne lui permirent de récolter que frustration. Il en vint à la ferme conviction que le réveil ne peut être engendré qu’au travers de l’humilité, la foi, la prière et la puissance du Saint-Esprit. Goforth écrit :

« Si le réveil est encore retenu, c’est parce que quelques idoles conservent encore leur trône; parce que nous plaçons encore notre confiance dans des schémas humains; parce que nous refusons toujours de nous confronter à la vérité inébranlable que ‘ce n’est pas par la puissance, mais par Mon Esprit.' »

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James O. Fraser: la prière façonne l’histoire

Certains des serviteurs de Dieu les plus précieux ont passé la majeure partie de leur vie cachés et inaperçus. Oubliés et ignorés par les foules religieuses, ils réussissent dans l’obscurité et la solitude. Leurs vies humbles semblent chanter tout doucement ces paroles négligées d’un hymne de Charles Wesley : « Garde-nous petits et inconnus, précieux et aimés de Dieu seul. » William Jay, le prédicateur anglais écrivait : « Beaucoup de ceux qui sont grands aux yeux du Seigneur vivent actuellement dans des petites maisons de campagne et des taudis et sont rarement connus. »

James O. Fraser, de la Mission Intérieure Chinoise, était un de ces serviteurs de Dieu de choix qui éprouvaient de la satisfaction à faire son labeur dans une obscurité presque totale. Cet homme talentueux était prédicateur, linguiste, génie musical et ingénieur. Il arriva dans la province de Yunnan en Chine en 1910 avec un cœur soupirant après les âmes de la tribu oubliée des Lisu. Pendant tout le temps où Fraser se consacrait au travail missionnaire visant à atteindre les gens de la tribu des Lisu, il devint quelque peu oublié. Durant des années il vécut seul, caché derrière les vastes chaînes de montagnes de l’Ouest reculée de la Chine.

Peu de personnes connaissaient réellement James Fraser. Il y avait une atmosphère de mystère entourant cet homme talentueux qui avait choisi une vie primitive de pionniers au lieu des applaudissements d’une salle de concert en Angleterre. Certains disaient que c’était absolument déplacé que Fraser gaspillât et enterrât ses dons sur le champ missionnaire. Cependant, Monsieur Fraser fut admirablement utilisé par Dieu à travers la prière et un labeur rempli d’amour pour détourner des multitudes de Lisu de l’esclavage dû à l’adoration des démons, à la connaissance de Jésus-Christ. Après être parvenu à maîtriser la difficile langue Lisu, il développa sa propre « écriture Fraser » et traduisit les Ecritures en dialecte tribal.

Avant la fin de l’année 1916, il y eut une réelle visitation de l’Esprit parmi les Lisu, qui donna lieu à 6000 baptêmes en l’espace de seulement deux ans. L’Eglise Lisu continua à croître et devint en définitive l’un des plus grands corps tribals chrétiens du monde.

Le succès de J.O. Fraser n’était pas le résultat de ses talents impressionnants ou de son intellect gigantesque. Monsieur Fraser réussit là où d’autres échouent souvent, parce qu’il avait appris comment toucher Dieu à travers la prière. Isolé et caché aux yeux de tous derrière les montagnes, il fut contraint de chercher Dieu pour chacun de ses besoins. « Pour connaître le réel Fraser, on a besoin de l’entendre dans la prière. La prière était la respiration même de la vie pour lui, et dans la prière il semblait s’échapper du temps en direction de l’éternité. » Pour beaucoup d’entre nous, la prière n’est pas le premier choix, mais le dernier recours. Fraser avait appris, de par une absolue nécessité, à prier avec ferveur et continuellement.

« Fréquemment, les versants des montagnes étaient témoins des supplications importunées et pénétrantes de cet homme dont le temps de prière se comptait non en minutes mais en heures. » Fraser n’était pas un homme qui disait simplement des prières, mais qui ENFANTAIT dans la prière. Il connaissait la nécessité spirituelle de la lutte et de l’agonie dans la prière. Il écrit: « Combien de vos prières ont-elles la sorte de qualité que nous trouvons dans l’amertume de l’âme chez Anne, ‘lorsqu’elle pria le Seigneur ?’ Combien de fois avez-vous jamais ‘PLEURE AVEC DOULEUR’ devant le Seigneur ? Nous avons peut-être prié beaucoup, mais nos aspirations n’ont pas été profondes en comparaison des leurs. Nous avons passé beaucoup de temps sur nos genoux, c’est possible, sans que nos cœurs pénètrent dans l’agonie du désir. Mais la réelle supplication est fille du désir venant du cœur, et ne peut pas triompher sans ce dernier; un désir non de la terre ni issu de nos cœurs pécheurs, mais imprimé en nous par Dieu Lui-même. Oh, qu’il y ait de tels désirs ! Oh, qu’il y ait la sincérité d’Anne non seulement en moi-même mais en tous ceux qui se joignent dans la prière pour ces pauvres païens aborigènes. »

A notre honte, certaines des disciplines les plus élémentaires de nos pieux pères sont devenus étrangères et peu familières à beaucoup d’entre nous. L’une des armes les plus efficaces des saints priants d’autrefois était la discipline de la « prière jusqu’au bout ». « J. O. Fraser à la fois encourageait et pratiquait cette puissante réalité.

A ce sujet, Monsieur Fraser écrit : « Nous devons nous préparer à une sérieuse guerre, et ‘après avoir tout surmonté, tenir fermes’, nous devons combattre jusqu’au bout et ensuite nous tenir victorieux sur le champ de bataille. Ceci n’est-il pas un autre secret de nombreuses prières non exaucées, le fait que nous n’avons pas combattu jusqu’au bout? Si le résultat ne se voit pas aussi rapidement qu’espéré, les chrétiens sont aptes à se décourager, et s’il est encore plus retardé, à tout abandonner. Vous connaissez le nom qu’ils donnent aux lieux en Angleterre où le bâtiment (ou n’importe quelle chose d’autre) est abandonné, lorsqu’il n’a été achevé qu’à moitié – Cette chose-là est une « sottise ». Je me demande si quelques unes de nos prières ne méritent pas la même marque de disgrâce. Luc 14:28-30 s’applique aux prières ainsi qu’aux tours. Nous devons estimer le coût avant de prier la prière de la foi. Nous devons être prêts à payer le prix. Nous devons considérer les affaires. Nous devons nous apprêter à « voir les choses jusqu’au bout » (Ephésiens 6:18, « en toute persévérance »). » Lutter contre les esprits démoniaques est une réalité journalière de la survie spirituelle. Le combat spirituel ne s’apprend pas dans nos temps de loisir, mais il nous est asséné sur la tête lorsque nous commençons à menacer le royaume des ténèbres. En 1913-1914, James Fraser traversa une période de profonde oppression spirituelle qui le força à traiter des questions que beaucoup préféreraient ignorer. Alors que Fraser atteignit les Lisu spirituellement aveugles, il devint l’objet d’une intense attaque démoniaque. Il se trouva lui-même dans la situation où il glissait progressivement dans un état paralysant de dépression et de désespoir. Il commença bientôt à remettre en question les fondements même de sa foi en Dieu. « Les fondements furent profondément ébranlés dans ces jours et nuits de conflit, jusqu’à ce que Fraser réalisât que derrière tout cela, se cachaient des « puissances des ténèbres » qui cherchaient à l’écraser. Il avait osé envahir le royaume de Satan, que nul n’avait pas contesté depuis des siècles. Tout d’abord, la vengeance était tombée sur les personnes en recherche parmi les Lisu, c’étaient des proies faciles. Maintenant, il était lui-même attaqué, et c’était une guerre à mort, spirituellement parlant.

Fraser fut grandement aidé dans son combat spirituel par l’arrivée au temps propice d’un magazine produit par Jessie Penn-Lewis s’intitulant The Overcomer (Le Vainqueur). « Ce qu’il m’a montré, » écrit Fraser, « c’était que la délivrance de la puissance du malin vient à travers une résistance ferme sur la base de la Croix. Je suis ingénieur et je crois dans les choses qui marchent. Je veux les voir marcher. J’avais constaté que beaucoup d’enseignements spirituels que l’on entend ne semblent pas marcher. Mon appréhension, à quelque degré que ce fût, par rapport à d’autres aspects de la vérité avait été brisée. Le côté passif du fait de tout abandonner au Seigneur Jésus qui est notre vie, bien que vrai et plein de bénédiction, n’était pas tout ce dont j’avais besoin précisément alors même. Une ferme résistance sur la base de la Croix fut ce qui m’apporta la lumière. Car je vis que cela marchait. J’avais l’impression d’être un homme en train de périr de soif, sur lequel de l’eau froide, claire et belle avait commencé à couler.

Les gens vous diront, après une réunion utile peut-être, que telle ou telle vérité est le secret de la victoire. Non : nous avons besoin de vérités différentes à des moments différents. ‘Regardez au Seigneur’, vous diront certains. ‘Résistez au diable’ se trouve aussi dans les Ecritures (Jacques 4:7) et j’ai vérifié que cela marchait ! Ce nuage de dépression se dispersa. Je trouvai que je pouvais avoir la victoire dans le domaine spirituel toutes les fois que je le voulais. Le Seigneur Lui-même a résisté au diable en prononçant des paroles : « Arrière de moi, Satan ! » Dans mon humble dépendance à Lui, je fis la même chose. Je parlai à Satan à ce moment-là, utilisant les promesses de l’Ecriture comme des armes. Et elles marchèrent. Immédiatement après, la terrible oppression commença à s’en aller. »

Vers la fin de sa vie, James Fraser se trouva lui-même dans une autre sorte de conflit spirituel. Il commença à se sentir de plus en plus insatisfait avec ce que beaucoup considéraient comme un ministère réussi. Il reconnaissait comme jamais auparavant le grandiose besoin d’un véritable réveil sur le champ missionnaire et dans son pays. Son cœur aspirait maintenant à une puissante visitation de la gloire de Dieu. Lorsque Dieu crée en nous un tout nouveau désir, nous pouvons toujours avoir confiance qu’Il se prépare à agir.

Durant des congés, les aspirations de Fraser furent confirmées par l’opportunité qu’il eut d’entendre prêcher le missionnaire revivaliste Jonathan Goforth. Madame J. O. Fraser décrit cet événement important qui eut lieu dans la vie de Fraser. « Alors que le vieil homme de Dieu se levait pour prêcher, un sentiment écrasant de la présence de Dieu remplit la pièce, et alors qu’il parlait, nous n’étions rien d’autre que fondus sous la puissance de ses paroles, car Goforth avait été revêtu d’une onction divine venant de Dieu Lui-même, et c’était impossible de ne pas le remarquer. Fraser avait entendu parler auparavant des grands réveils dont Goforth avait été témoin dans son travail en Chine, mais de l’entendre parler fut quelque chose d’inoubliable et laissa sur son âme un profond fardeau. La grande question dans son esprit était de savoir si nous étions en train de travailler avec la puissance que Dieu nous avait promise. »

Une nouvelle fois, Madame Fraser écrit à propos du nouveau fardeau de son mari : « Il voyait les millions de Chinois non atteints qui grouillaient, et la minuscule poignée de missionnaires, mais aussi grande que fût le besoin d’avoir plus de missionnaires, il y avait un bien plus grand besoin, celui que ceux parmi nous qui étions là-bas fussent revêtus d’une bien plus grande puissance. Fraser était quelque peu sous le poids d’un fardeau parce que l’Eglise à la fois au pays et à l’étranger semblait avoir un impact réel si faible sur le monde. Il passait des heures dans la prière se demandant si nous devions retourner aux apôtres en tant qu’exemples pour nous et à la Pentecôte en tant que puissance qui nous était réservée.  »

Nous étions maintenant au début des années 1930, et Fraser n’était pas seul à désirer le réveil. Le cri de soupir après un réveil s’élevait maintenant des cœurs de nombreux missionnaires tout comme des chrétiens chinois. Soudainement, Dieu surgit, levant Ses instruments dissimulés pour propulser l’Eglise dans un puissant réveil dans le Nord de la Chine. Ce fut là que Fraser trouva quelques esprits de la même affinité que lui chez les ouvriers de réveil suivants : Andrew Gih et John Sung de l’équipe Bethel. Ils goûtèrent à de puissants moments de prière ensemble qui souvent durèrent jusqu’aux premières heures du matin. Monsieur Fraser décrit cette période comme sa plus heureuse expérience vécue en Chine. Ce furent les jours de gloire du réveil de Shantung avec Bertha Smith et Marie Monsen. Anna Christiansen de la C.I.M. et Watchman Nee du « Petit Troupeau » récoltèrent aussi le fruit du réveil à cette époque. Peu importe qui était le ministre, le message était essentiellement identique : la dénonciation du péché secret, un appel à la profonde repentance, le besoin de restitution et l’espoir de la victoire totale à travers le Sang et la puissance du Saint-Esprit.

« Le Royaume de Dieu est forcé et ce sont les violents qui s’en emparent. » – Matthieu 11:12. La vie de James Fraser fut une illustration vivante de ce verset. Comme Fraser, nous devons nous revêtir d’humilité alors que nous courons faire la guerre dans le combat de la foi. Nos prières doivent s’élever au-dessus de la simple rhétorique sentimentale et religieuse. Ce dont nous avons besoin, ce sont des gémissements et des pleurs violents de la prière d’enfantement ! Nous devons apprendre à être violents dans la prière avec Satan et avec notre propre ORGUEIL entaché de péché. Le Roi Jésus recherche un peuple qui Lui sera assujetti en toute sainteté et en toute humilité, et qui néanmoins tiendra ferme dans une foi audacieuse contre les puissances des ténèbres (Jacques 4:7). L’humilité en dehors de la foi courageuse devient du désespoir, et la foi en dehors de l’humilité dans un cœur brisé devient de la présomption. La vraie victoire de réveil viendra finalement lorsque les pauvres en esprit apprendront à marcher dans l’autorité et la puissance de l’Esprit. »

Source: The Watchword

John Sung  » le Briseur de Glace  » le prophète oublié du réveil chinois

L’Eglise moderne, tout comme l’Israël d’autrefois, ne s’est jamais sentie à l’aise avec les prophètes de Dieu. Dans toutes les églises d’aujourd’hui, vous pouvez trouvez des personnes qui se font l’écho des paroles bornées du roi Ahab : « Est-ce toi (Elie) qui trouble Israël ? » (1 Rois 18:17). Généralement, quand quelque chose présente un goût désagréable à nos yeux, nous nous efforçons d’y ajouter quelque chose d’autre pour l’adoucir. Parce que la chrétienté contemporaine est si mal à l’aise avec la voix prophétique de la repentance, certains essaient de redéfinir le rôle du prophète comme confiné uniquement à encourager l’Eglise par rapport aux événements futurs. Les prophètes ne sont pas placés au milieu de nous pour nous chanter de douces berceuses, ce sont des systèmes d’alarme pour la Maison de Dieu ! Leonard Ravenhill a décrit le rôle du prophète de la manière suivante : « Les prophètes sont des hommes de Dieu de l’urgence destinés aux heures de crise. Ils réussissent dans la perplexité, surmontent l’adversité, font échouer la calamité, apportent le vin nouveau du Royaume pour faire éclater les outres flétries de l’orthodoxie, et enfantent le réveil. »

Un des hommes prophétiques parmi les plus uniques du 20e siècle fut John sung. Il exerça un véritable ministère apostolique d’évangéliste, avec d’innombrables signes et miracles accompagnant son ministère. Contrairement à quantité d’autres saints modernes dont j’ai eu l’occasion d’étudier la vie, John sung fait la synthèse de cette rare combinaison de pureté et de puissance néotestamentaire. Sa vie et son ministère furent puissamment marqués par une véritable onction prophétique. Il fut l’incarnation d’un zèle enflammé, d’une passion inextinguible et d’une hardiesse inexorable. Certains l’appelaient le  » John Wesley de la Chine « , tandis que d’autres,  » le Briseur de Glace  » ou  » l’Apôtre du Réveil « . Pratiquement tous ceux qui ont été témoins de son ministère ou l’ont étudié, le considèrent comme l’un des plus grands évangélistes de notre siècle. Pourtant, à notre grande honte et à notre grande perte, il a été pitoyablement oublié et négligé par la majorité de l’Eglise occidentale. Il fut le prophète oublié du réveil chinois oublié de 1927-1937.

John sung naquit le 27 septembre 1901 à Hinghwa dans la province de Fukien, dans le Sud de la Chine. Il était le fils d’un ministre méthodiste respecté et se convertit à l’âge de 9 ans alors qu’il était jeune garçon. En 1920, John sung, à l’âge de 19 ans, partit pour l’Amérique pour étudier à l’Université Wesleyenne d’Ohio. Il alla plus tard étudier à l’Université d’Etat d’Ohio et à l’institut biblique Union Theological Seminary. Cinq ans et deux mois après son entrée à l’université, il obtint trois diplômes académiques : une licence de science, une maîtrise de science et un doctorat, tout cela en faisant parallèlement un travail de domestique à plein temps. Cependant, ces hauts diplômes ne furent pas sans créer de grands dommages dans sa vie spirituelle. Après quelques années passées en Amérique, nourri au régime régulier de la philosophie mondaine et de la théologie libérale, John Sung finit par devenir rétrograde et douter de tout ce que son père lui avait enseigné.

Le 10 février 1927, à peu près au même moment où le réveil commençait à éclater en Chine, John sung reconsacra sa vie au Seigneur Jésus-Christ. Ce fut juste le commencement d’un travail plus profond. Après s’être repenti de ses péchés, il fut soudainement rempli d’une joie inexprimable. Il commença immédiatement à prêcher à tous ses collègues d’université et professeurs. Ce changement radical dans le comportement de John sung amena certains à croire qu’il était devenu déséquilibré. Très vite, les autorités de l’institut biblique l’envoyèrent dans une maison de déments. On ne l’autorisa à prendre avec lui que sa Bible et un stylo à encre. Plus tard, il se réfèrera à cet asile psychiatrique comme sa véritable école biblique. John Sung fut incarcéré pendant 193 jours, un petit peu moins que six mois. Pendant ce temps, il lut sa Bible du début jusqu’à la fin 40 fois. Il consacrait presque chaque fois une heure à son réveil à lire la Bible et à prier. A travers ces mois de solitude silencieuse, le Saint-Esprit était en train de poser les fondements du ministère de réveil de John sung. Il était en état de préparation pour participer à l’un des plus puissants réveils du 20e siècle.

Après avoir été finalement relâché, John s’embarqua pour Shanghai le 4 octobre 1927. « Il avait été 7 ans et demi aux Etats-Unis. Il était maintenant un homme d’une érudition stochastique éminente, et sans aucun doute, n’importe quelle université nationale de Chine aurait accueilli ses services… » En dépit de toutes les opportunités possibles que sa formation aurait pu lui offrir, John sung était déterminé à rentrer chez lui pour prêcher à ses compatriotes. Il réalisait que ce dont la Chine avait le plus besoin ce n’était pas plus d’enseignants de science mais des prédicateurs de l’Evangile. Un jour, comme le bateau s’approchait de sa destination, il rassembla tous ses diplômes, décorations et ses lettres de recommandations de la part de ses paires, et les jeta par dessus bord dans l’océan. Seul son diplôme de docteur y échappa ; il le garda pour le bien de son père. Comme Paul, John sung pourrait dire : « Ces choses qui étaient pou moi un gain, je les ai regardées comme une perte pour Christ. » (Philippiens 3:7).

Après son retour en Chine, John sung se maria peu de temps après et rejoignit ensuite l’école biblique Bethel Bible School à Shangaï. En peu de temps, il devint l’évangéliste attitré de l’école. Il s’allia avec Andrew Gih et d’autres diplômés de l’école pour former le  » Groupe d’Evangélisation de Béthel « . Dieu utilisa cette équipe apostolique puissamment pour répandre les feux du réveil dans toute la Chine alors qu’ils partaient prêcher et chanter l’Evangile. Quand John Sung n’était pas en chaire, il était réservé et avait même une apparence faible. Toutefois, quand il prêchait, c’était un homme plein de ferveur et d’intenses émotions. Souvent il reculait et avançait sur la plate-forme ou quelquefois sautait par-dessus la balustrade de l’autel de communion. A d’autres moments, il parcourait les allées dans un sens et dans l’autre, pour pointer son doigt sur une personne de l’audience, et ensuite retourner au devant de l’église et enfin se tenir sur la balustrade de la communion pour terminer son sermon.

Il insistait toujours sur la repentance et le besoin d’un restitution complète chaque fois que cela était possible. Il dénonçait sans crainte tout péché et toute hypocrisie là où il en trouvait, particulièrement parmi les ministères endurcis. Et pourtant, il pouvait aussi émouvoir ses auditeurs avec le message du tendre amour sans fin de Christ, comme peu savaient le faire. Les réunions du Dr Sung étaient toujours accompagnées d’une mesure terrible de conviction et de brisement sur le péché. Ce n’était pas chose inhabituelle de voir des centaines de personnes ayant des larmes coulant sur le visage et criant pour obtenir miséricorde. Les personnes convaincues de péché se précipitaient fréquemment vers le devant pour confesser ouvertement leurs péchés devant l’assemblée entière.  » Souvent, au cours de ses prédications, le Dr Sung recevait le don de prophétie.  » A plusieurs occasions, il fit remarquer les péchés de quelque pasteur rétrograde avec une précision incroyable et effrayante. Leslie T. Lyall écrit : « Quelquefois, il choisissait un individu, un pasteur ou une personne en fonction dans l’église pour lui dire : « Il y a du péché dans ton cœur ! » et il touchait juste. »

Lorsque John Sung ne prêchait pas activement ou n’organisait pas une nouvelle équipe d’évangélisation, on pouvait habituellement le trouver en train d’écrire dans son journal ou de rajouter des sujets dans sa liste de prière déjà bien longue. Il priait avec soin pour les besoins des gens répertoriés sur une liste étendue qui comprenait plusieurs douzaines de petites photographies. John Sung était un fidèle intercesseur qui demandait toujours de petites photographies de ceux qui désiraient la prière, afin de l’aider à intercéder avec un plus profond fardeau. Où qu’il fût, il pressait les gens à s’adonner à la prière.  » Le fait que l’Eglise chinoise soit aujourd’hui une Eglise qui prie, peut être attribué en partie à l’influence et à l’exemple de cet homme qui priait.  » Rien ne pouvait entraver son temps de prière. John Sung se fit une habitude régulière de se lever chaque matin à 5 heures pour prier pendant deux ou trois heures.  » La prière pour John Sung était comme une bataille. Il priait jusqu’à ce que la transpiration suinte sur son visage.  » A certains moments, il s’effondrait littéralement sur son lit et pleurait et sanglotait de façon incontrôlable sous le fardeau de la prière d’enfantement. John Sung croyait que la prière était le travail le plus important du croyant. Il définissait la foi comme le fait de regarder Dieu à l’œuvre tout en étant à genoux. Monsieur Boon Mark dit de John sung :  » Il parlait le moins possible, prêchait beaucoup, et priait la plupart du temps. « 

Parce qu’il était évident que John Sung était un homme possédant une grande puissance dans la prière, les malades et les estropiés venaient de plus en plus à lui pour recevoir la prière pour la guérison de leurs corps. John Sung accordait toujours du temps pour prier tendrement pour leurs besoins.  » Dr Sung avait généralement une réunion dans chaque campagne à laquelle il parlait de la guérison et de la nécessité d’une repentance sincère avant d’inviter les malades à s’avancer. « Des centaines étaient instantanément guéris de toutes sortes d’affections et de maladies. Les aveugles recouvraient la vue; les boiteux marchaient, et les sourds et les muets étaient miraculeusement guéris pendant que John sung criait à Jésus dans la prière. Parfois, il imposait personnellement les mains aux malades et priait pour toutes les personnes, fussent-elles 500 ou 600 en une seule fois . En dépit de tant de merveilleuses guérisons accompagnant son ministère, il souffrit pendant des années de tuberculose intestinale. Par voie de conséquence, cette maladie le tourmentait au moyen de douloureux ulcères sanglants qui s’infectaient. Néanmoins, il continuait encore à prêcher avec ferveur, quelquefois dans une position à genoux pour alléger la terrible douleur. Finalement, après des années de souffrance due à cette affliction, il mourut à l’âge de 43 ans seulement, le 18 août 1944. John Sung fut un vrai pionnier du réveil. Il conduisit une quantité démultipliée de Chinois et d’asiatiques du Sud-Est, par milliers, à de nouvelles dimensions de réalité et de puissance spirituelles.

L’appel au réveil, c’est un appel à être pionnier ! Si nous sommes sérieux par rapport au réveil, nous devons être prêts à aller dans des sentiers où l’Eglise moderne n’a jamais été ou qu’elle a oubliés. Par conséquent, nous devons arrêter de regarder au christianisme contemporain pour trouver les étapes à la réalisation de nos rêves et visions de réveil. Nous ne pouvons pas nous permettre de laisser la faiblesse et l’échec actuels de l’Eglise dérober notre espoir et notre foi dans un futur réveil. Dieu ne nous appelle pas à imiter les choses faibles autour de nous. Il nous invite à avoir foi en Lui en vue de voir la puissance et la pureté de l’Eglise telle qu’elle est dans le Nouveau Testament ! Nos soixante-dix années sont terminées, et il est temps pour nous d’arrêter d’écouter Sanballat et Tobija pour nous occuper de la reconstruction de la Maison de Prière (Daniel 9:1-3, Esdras 1:1-5).