Les débuts du mouvement de Pentecôte en France

Rapporté par André Nicolle et publié dans le journal Viens et Vois, voici le récit de Douglas Scott concernant les début du mouvement de Pentecôte en France.

Plusieurs frères m’ayant demandé de donner le récit du commencement du Réveil de Pentecôte depuis la Normandie jusqu’au Midi de la France et en Algérie, après beaucoup d’hésitations et de prières, j’arrive enfin à prendre ma plume pour le faire. Nous rendons grâces à Dieu pour tout ce qui a été fait parce que c’est l’Esprit-Saint qui a tout accompli.
Notre appel

Notre appel fut vraiment un appel surnaturel. Nous avions devant nous deux portes qui semblaient être ouvertes : la France et l’Afrique. L’appel pour la France est venu parce que M. BURTON, missionnaire-pionnier du Congo, me dit d’aller au Havre en 1927, pour me perfectionner dans la langue française. C’est là que je rencontrai l’œuvre évangélique en France pour la première fois.

Mademoiselle BIOLLEY, chrétienne ardente et convaincue, m’avait proposé de venir passer quelques temps au Havre avant de partir plus tard pour l’Afrique. Nous priâmes donc en demandant au Seigneur de nous montrer clairement notre chemin et acquîmes la conviction que c’était vers la France que Dieu nous dirigeait. Mais Dieu, dans sa bonté, confirma son appel par un message en langue, interprété par M. HOWARD CARTER qui était, en ce temps, le Principal de l’Ecole Biblique des Assemblées de Dieu à Londres. L’Esprit-Saint nous disait : « Passer par la porte qui est devant vous et, plus tard, je vous ouvrirai la seconde porte ». Nous remercions le Seigneur pour cette confirmation scripturaire et biblique.

Mais voilà qu’un Professeur de l’Université de Cambridge se leva de la salle pour donner une deuxième confirmation : « je viens d’entendre un jeune homme (c’était moi) qui a parlé en arabe littéraire, j’ai contrôlé l’interprétation, qui ne fut pas une traduction mot à mot, mais une interprétation de la pensée qui était exprimée dans le parler en langue ». Forts de cette confirmation de la part du Seigneur, nous débarquions au Havre le 1er janvier 1930.

Dieu avait déjà préparé le terrain par la prière ardente de chrétiens qui avaient demandé un réveil spirituel pour la Normandie et la Bretagne depuis bien des années. A la toute première réunion, Dieu guérit un gazé de guerre. Au fond de la salle, se trouvait un cheminot qui, ayant vu le miracle, alla en parler au dépôt de chemin de fer. Un deuxième miracle, également instantané, fut signalé, celui d’une femme percluse qui reçut immédiatement la délivrance de l’usage de tous ses membres. Elle put rentrer à pieds chez elle.

Nous n’avons jamais fait de propagande par prospectus dans la ville du Havre, car la manifestation de la puissance de Dieu pour guérir les malades était tellement grande que les guérisseurs perdaient tous leurs clients. Nous ne connaissions que très peu la langue française, mais l’Esprit-Saint faisait son œuvre et bientôt nous eûmes la joie de voir des conversions sincères, des personnes se préparer au baptême d’eau, et aussitôt après, recevoir le don du Saint Esprit.

Il y eut des guérisons remarquables, telle que la délivrance d’une jeune fille possédée d’un esprit de surdité, mutisme, folie et épilepsie. Une autre, qui avait jusqu’à 28 crises par jour, fut également libérée de ce démon par le Seigneur.

Que dirons-nous des sourds, des paralytiques, et bien d’autres infirmes qui trouvèrent auprès du Seigneur la délivrance totale ? Des cancers, des tumeurs et des excroissances de chair de toutes espèces ont été détruites devant nos yeux. Une dame mourant d’un cancer en 1930 était toujours en vie en 1960 lors de notre dernière visite au Havre. Que Dieu en soit béni !

C’est pendant ce réveil que notre frère M. GALLICE, reçut un puissant baptême du Saint-Esprit avec des dons spirituels nécessaires pour son futur ministère et ce fut entre ses mains que nous confiâmes cette nouvelle œuvre lors de notre départ vers la fin de l’année.

En mission en Picardie

Après avoir remis l’œuvre du Havre entre les mains de notre frère M.GALLICE, Dieu nous dirigea vers la Picardie où nous eûmes une première mission dans l’Assemblée baptiste de Chauny où Dieu bénit richement malgré l’opposition très forte de jeunes gens envoyés pour déranger les réunions. Seule une chute de neige à la fin de la dernière réunion nous évita une vraie bagarre.

De là, certainement dirigés par l’Esprit-Saint, nous allâmes vers la ville de Fère ou notre frère Pierre NICOLLE était pasteur. Les débuts furent durs car on avait prévenu notre frère contre la Pentecôte (comme il l’a dit dans son livre) et ce fut une grâce que le Seigneur accorda à notre sœur, Mme NICOLLE, le baptême du Saint Esprit. Cela nous donna le courage de continuer la mission.

Quand nous avons vu sur le bureau de notre frère, M. NICOLLE, sa Bible toujours ouverte aux chapitres 12,13 et 14 de la première épître de Paul aux Corinthiens, le sachant vraiment attaché à la Parole, nous avons remercié le Seigneur pour une victoire que nous sentions venir. C’est dans cette petite mission que Dieu a mis sa main sur toute la famille NICOLLE, André et Marc reçurent, de la part du Seigneur, le baptême du Saint-Esprit et, en même temps, les dons des langues, d’interprétation et de prophétie. Dans la même mission, Dieu toucha la famille GUILLAUME qui, plus tard, nous ouvrit la porte pour la ville de Liévin, première assemblée dans le bassin minier du Nord.

Quelques temps plus tard, nous fûmes invités à faire une courte mission à Saint-Quentin. Gloire à Dieu dans cette période, le frère Pierre NICOLLE fut baptisé du Saint-Esprit. Ce fut à ce moment-là que Dieu choisit l’homme qui devait être le pilier de son œuvre en Normandie. Sa connaissance de la Parole de Dieu, son esprit organisateur et sa pensée toujours claire et lucide ont permis l’affermissement de la petite œuvre de Rouen qui est devenue, sous sa direction, le centre du réveil pour la Normandie.
En Normandie

Lorsque, plus tard, je fis part aux amis du Havre de mon désir d’aller évangéliser la ville de Rouen, ils me firent comprendre toutes les difficultés que nous allions rencontrer dans cette ville aux « cent clochers ».

Nous avions distribué 2000 prospectus dans les rues de la ville et seulement quelques personnes vinrent aux premières réunions. Mais le Seigneur, en guérissant les malades, en délivrant les possédés, nous permit de voir la petite salle, rue Saint-Nicolas, se remplir. Nous avions au moins 5 évangélistes pour nous aider. Nous portâmes nos efforts dans le centre, à Dernétal et à Sotteville, avec André NICOLLE, Arthur MARET, Ove FALG, Mme SCOTT et moi-même. C’est grâce à la foi et à la bonté d’un foyer chrétien qui nous avons pu tenir avec nos ressources excessivement limitées. Elle nous a nourris pour une somme très modique et Dieu a richement béni matériellement notre sœur et son mari après ce grand acte de foi.

Nous avions des appels pressants de Suisse, de Privas et de Nîmes, et c’est vraiment dans le plan de Dieu que nous avons fait appel à notre frère, Monsieur Pierre NICOLLE, pour prendre en main ce petit commencement de réveil. Mais Dieu n’a-t-il pas dit : « Ne méprisez pas les petits commencements », et c’est grâce aux réussites de nos missions à Privas et dans le Midi de la France que nous avons pu aider matériellement cette œuvre – aide qui nous a été remboursée complètement quelques temps plus tard. D’autres plumes plus capables que la mienne ont déjà parlé de ce beau réveil des années 1932, 1933 et 1934 dans la région rouennaise.

Dieu nous permit d’y retourner et, grâce au pasteur anglican de la ville qui, après un entretien assez amical, accepta de mettre à notre disposition l’église anglicane pour une mission, nous pûmes vraiment prendre pied dans la ville, car on ne nous considérait plus comme des aventuriers, mais comme un Mouvement Religieux avec des appuis solides.

Dans le Nord de la France

Entre temps, nous avions eu une mission dans la ville de Liévin. Durant cette mission, il y eut des signes, des prodiges et des miracles. C’est de là que notre frère Arthur MARET partit pour Calais poser les jalons de l’assemblée de Dieu dans cette ville et, un peu plus tard, dans la ville de Lille où il resta assez longtemps.

De ses combats, de ses difficultés, de ses victoires, nous ne pouvons pas vous parler avec une grande connaissance, mais, certes, l’appui moral du pasteur Nick de Lille, bien connu pour sa haute spiritualité et sa générosité, a été pour nous une grande aide pour l’établissement de notre œuvre.

Avant ce temps, nous eûmes une petite mission dans la ville de Roubaix qui nous permit de prendre contact avec la Belgique qui reçut le message de la Pentecôte. Huit frères et sœurs chrétiens, appartenant à l’Eglise missionnaire belge, vinrent à Roubaix. Tous furent guéris et, lorsque plus tard, le pasteur de Jemmappes nous invita pour une réunion d’évangélisation, Dieu bénit si richement le réveil de Pâturages, que le Borinage tout entier fut préparé et plus tard réalisé par une puissance exceptionnelle et une manifestation de l’Esprit Saint.
Dans les églises réformées

Le Frère DELATTRE, de Privas, nous invita pour une mission de longue durée (3 semaines). Tout le monde lui disait : « Après quatre jours, il n’y aura plus personne ». Ces gens ne connaissaient pas le mouvement du Saint-Esprit. Après deux semaines de réunions, la foule au dehors était plus nombreuse que l’assistance dans la petite chapelle. Avec le consentement du Consistoire, le grand temple fut ouvert et c’est là, avec le temple plein à craquer, que la mission se termina.

Dans cette mission, plusieurs pasteurs de l’Eglise Réformée furent baptisés du Saint-Esprit, avec le sceau du parler en langues. Et ce fut dans ce presbytère du temple du village de Saint-Albon, d’Ardèche, que nous avons pu mettre au point et mettre en vente le premier numéro de « Viens et Vois ». Des pasteurs réformés firent les corrections de notre texte et c’est Mme SCOTT qui tapa à la machine le premier numéro – travail bien long mais combien utile.

M. DELATTRE nous donna le nom de son imprimeur auquel il nous présenta et c’est ainsi que notre journal a vu le jour. Nous fûmes bien heureux de trouver un rédacteur et un administrateur en la personne d’un frère de France.

Lorsque nous descendîmes vers la capitale protestante de Nîmes, il y eut une forte opposition, bien que nous fûmes introduits par le pasteur Bernard DE PERROT avec l’appui d’un chrétien bien connu dans la ville, M. Louis FOUCHAUD.

Le journal « Le Matin vient » fit paraître un article à notre attention appelé « casse-cou », où nous étions présentés comme une « vague infernale », mais les Nîmois vinrent voir. Nous étions si nombreux que le 1er mai 1932, le grand temple était pris d’assaut par les gens venus de près e de loin pour voir ce que Dieu faisait. Pendant cette mission, nous eûmes le privilège de nous entretenir avec le corps pastoral du Midi, ce qui nous aida beaucoup dans nos contacts avec l’Eglise protestante durant tout notre ministère.

En Suisse

Peut-être faut-il parler en même temps de la mission La Chaux-de-Fonds, en Suisse, qui commença dans le théâtre et qui se termina dans le plus grand temple de la ville, archi-comble. C’est dans cette mission que nous avons pris contact avec le frère M. THOMAS-BRES et sa compagne, et ce fut certainement dans le plan de Dieu, car plus tard, il vint en France du ministère que Dieu lui accorda, celui de docteur.

Lorsque je vis un pasteur, au fond de la salle Croix-Bleue, contrôler dans sa Bible tous les textes que je citais pour le baptême du Saint-Esprit, je compris que Dieu avait son homme et, plus tard, lorsque le frère M.THOMAS-BRES – car c’était lui – fut visité par le Seigneur, ainsi que sa compagne, par un puissant baptême de l’Esprit-Saint, nous bénissions le Seigneur à l’avance pour la colonne que Dieu allait ajouter à son Eglise en France.

Dans le Midi

Les frères nous ont demandé de donner quelques détails du commencement du Réveil dans le Midi de la France, qui a débuté dans la ville de Marseille. Nous n’avions aucun soutien financier. Nous distribuâmes 100 000 prospectus et 25 personnes vinrent à la première réunion. Il fallut beaucoup de courage pour tenir. Mais, bientôt, Dieu nous donna une salle en plein centre de la ville et il y eut des guérisons miraculeuses. Parmi tant d’autres, Mme BASSOT, guérie d’un cancer, Mlle GIBERTI (plus tard Mme ALLIONE), guérie de cavernes dans les deux poumons, de plusieurs paralytiques, des sourds, voire même des aveugles ont été délivrés.

Lorsqu’une sœur, habitant la ville, bien connue dans les milieux religieux, nous dit : « Mon pauvre Monsieur, qu’est ce que vous allez faire avec ces trente personnes dans vos réunions ? », par la foi, je lui répondis : « Dans quelques temps, il y en aura trois cents ». Ce fut une parole prophétique.

Le jour de la Pentecôte, en 1930, dans une journée de prière et de jeûne, au Havre, Dieu nous avait dit : « Dans toutes les villes de ce pays où vous annoncerez le plein Evangile, je confirmerai ma Parole non seulement avec des guérisons mais aussi avec des miracles ». C’est comme cela que je puis affirmer ce qui devint une réalité peu de temps après. C’est cette même sœur qui s’est portée garant lorsque nous sommes allés demander la location de la salle, rue Louis-Astruc. On n’aurait jamais donné une salle si importante et bien placée à un pauvre évangéliste anglais itinérant. Le jour de Pâques 1935, Dieu nous donna de voir 45 frères et sœurs prendre le baptême dans cette salle, et à travers les années, ces colonnes que Dieu nous a données ont été les colonnes dans cette Assemblée de Marseille qui a été si souvent secouée par de rudes tempêtes.

La plupart de ces 45 ont reçu tout de suite le baptême du Saint-Esprit et, comme dans le ville d’Ephèse, ont été de solides fondements dans l’œuvre.

A un certain moment, nous étions 6 à travailler dans l’œuvre de Marseille qui est devenue, pour le Midi, le centre du réveil de la Pentecôte. De là, nous avons pu évangéliser et ouvrir, de Marseille, avec l’aide de plusieurs évangélistes, les villes de Nîmes, Alès, Cavaillon, Salon-de-Provence, Aix-en-Provence, Avignon et Toulon, nous appuyant toujours sur le Seigneur qui confirmait sa Parole selon la promesse énoncée dans le chapitre 16 de l’Evangile de Marc : « En mon Nom, ils chasseront les démons, ils imposeront les mains aux malades et les malades seront guéris ».

Nous voyons, dans les Actes des Apôtres, comment l’Evangile intégral a été annoncé dans presque toutes les grandes villes de l’Asie Mineure, la Grèce et finalement Rome, et aussi comment le Saint-Esprit a donné à l’apôtre Paul, non seulement les dons spirituels pour son œuvre de pionnier et missionnaire, mais aussi comment Il l’a conduit dans l’établissement des Assemblées, surtout dans les grandes villes et le long des grandes lignes de communication : Antioche, Ephèse, Corinthe, Salonique, etc. Le Saint-Esprit nous a conduits dans cette méthode de travail.

En 1931, par la grâce de Dieu, nous avions déjà établi une œuvre dans la ville de Lyon que nous avons commencée dans un cinéma appelé « Eden », derrière la gare, dans le cours Suchet. Un journaliste, dans un tout petit article, ironisa sur nos efforts de planter un nouvel Eden dans les cœurs dans un pareil endroit. Mais, après un certain temps, une petite assemblée, que nous pûmes laisser entre les mains du frère Oscar GUILLAUME, était formée. Pendant que nous étions à Marseille, nous avons pu parler à deux pasteurs différents de la ville de Nice, tous les deux ayant en charge d’une Eglise réformée dans cette ville. Le pasteur PERRET-MAGNUS nous a affirmé que ce serait impossible de faire une œuvre dans cette ville presque entièrement consacrée aux plaisirs. Mais le pasteur DELATTRE avait prié depuis longtemps pour que soit établie une œuvre évangélique et il nous a accompagnés dans les quelques-unes de nos premières réunions. Lorsqu’il a vu la foule venir, les uns guéris, les autres délivrés et beaucoup convertis, dans sa prière, il dit au Seigneur : « Tu peux maintenant laisser ton serviteur partir en paix, car mes yeux ont vu Ton Salut ». J’attribue le succès presque immédiat à l’œuvre de Pentecôte dans cette ville aux prières de ce fidèle serviteur de Dieu.

En même temps, nous avons pu ouvrir les villes de Fréjus, Grasse, Antibes et Menton. Malgré les difficultés survenues par la déclaration de la 2ème guerre mondiale, ces œuvres ont tenu par le ministère des frères.

Puisqu’on nous demande seulement de donner le compte rendu du commencement de l’œuvre de Pentecôte en France, nous ne parlerons pas de la chaîne des assemblées que Dieu a permis que nous ouvrions depuis Montpellier jusqu’à Bordeaux en passant par Sète, Béziers, Narbonne, Carcassonne, Montauban et Agen. Avec le grand mouvement du Saint-Esprit dans la ville de Perpignan, la partie sud-ouest de la France a été vraiment touchée par le Saint-Esprit.

Sous la conduite du frère Marcel ROUX, l’œuvre de Toulouse est devenue une des plus grandes œuvres de Pentecôte dans toute la France.

Si nous sommes venus en France en 1930, conduits par une révélation surnaturelle du Saint-Esprit, nous sommes aussi partis par une révélation semblable. Dans la deuxième révélation, ce que Dieu a dit dans la première a été confirmé et réalisé. C’était dans l’assemblée de Cannes, au culte du dimanche matin. Dieu a donné à une sœur une prophétie nous concernant. Ce fût en mars 1939 et là, Dieu nous disait de partir de suite pour le pays dont il nous avait parlé car si nous restions, notre liberté de mouvement serait limitée et arrêtée par un événement qui devait bientôt arriver. C’est grâce à cette révélation que nous sommes partis pour le Congo où Dieu nous a donné de voir 7 années de mission vraiment bénies et presque apostoliques.

En Afrique du Nord

Dieu nous avait déjà permis d’évangéliser quelques villes en Algérie en 1933 et en 1934, et nous avions pu voir, par une mission dans la ville de Relizane, quoique dans le temple protestant, les immenses possibilités d’un ministère de délivrance dans l’Afrique du Nord. Dans cette mission, nous avions prié pour environ 160 personnes dans les 4 jours, nous avions pu constater 39 guérisons presque instantanées parmi lesquelles un jeune garçon paralytique et un autre sourd-muet ainsi qu’une femme aveugle.

Nous avions alors promis à Dieu d’y retourner plus tard pour établir une œuvre de Pentecôte.

Ce fut lors de la mission de Perpignan que Mlle CARLIER, qui nous a ouvert sa maison à Alger, nous a remis en mémoire cette question de l’Afrique du Nord. Quelques temps après, Mme SCOTT a eu en vision la confirmation de l’appel lorsqu’elle a vu devant ses yeux une banderole avec ces paroles écrites : « Les assemblées de Dieu en Afrique du Nord ».

Notre frère GAILLARD avait réussi un appel pour l’Algérie, et devant Dieu, nous avons décidé d’y aller ensemble. Mais il était libre de son œuvre à Grenoble avant que je ne fus de la mienne à Bordeaux. Lorsque nous sommes arrivés quelques temps après lui, nous avons trouvé de petits groupes réunis dans quelques salles de café de la ville d’Alger. C’est donc lui qui a fait la première brèche dans la ville blanche. Une fois de plus, la bonne nouvelle a été confirmée par des guérisons et de vrais miracles qui ont conduit des conversions profondes souvent instantanées et véritables. Il y avait une femme arabe dont la délivrance a provoqué le premier mouvement dans le quartier de la Casbah. Elle était malade depuis 30 ans et avait vu tous les médecins, les spécialistes d’Alger dont les facultés de médecine étaient renommées, et aussi les spécialistes de Paris. Malgré ses atroces souffrances, ils n’ont pas pu vraiment discerner la racine de ses maux.

Comme beaucoup de musulmans, elle est allée consulter une voyante et celle-ci, comme la pythonisse du chapitre 16 des Actes des Apôtres, lui a dit pour une fois la vérité. Ce fut deux ans avant notre arrivée, la voyante lui a dit : « Tu seras guérie ; un vieux monsieur et sa femme viendront, ils imposeront les mains aux malades et tu seras parmi ceux qui recevront la guérison ». Cette femme se trouva donc dans une de nos réunions et le vieux monsieur et sa femme y étaient aussi. Lorsque nous sommes allés vers elle pour prier, Dieu nous a donné de discerner un esprit de maladie que nous avons chassé et le démon, en partant, a poussé un si grand cri, presque un hurlement, que la réunion en a été quelque peu déroutée. Mais la délivrance était là et bien des musulmans ont été touchés par ce témoignage.

Avec le frère GAILLARD, nous avons travaillé pendant plusieurs mois. Après cela, il est parti vers l’ouest, à Oran, et nous sommes partis vers l’est à Constantine. A Oran, il a trouvé un terrain comme celui du Havre, préparé par les prières des chrétiens pendant 20 et lorsqu’un terrain est préparé ainsi, les sillons sont là et la semence n’a qu’à tomber et produire des fruits. Nous nous sommes réjouis avec lui de cet immense travail que d’autres ont continué par la suite.

En ce qui concerne l’Afrique du Nord, nous sommes censés reconnaître dans sa pré-connaissance, a vu le moment de l’exode de presque tous les européens de là-bas et Il leur a donné une occasion de salut pendant qu’il faisait encore jour. La nuit est venue, l’œuvre n’est guère possible. Mais nos assemblées en France ont été enrichies par les âmes que Dieu a touchées pendant les 10 ans de mission en terre africaine.

Par la grâce de Dieu, nous avons pu faire l’œuvre de pionniers dans les villes missionnaires et le Seigneur a suscité des vocations pour continuer. Dans notre mouvement, nous avons maintenant bien des pasteurs qualifiés, quelques évangélistes, quelques docteurs.

En ce qui nous concerne, en 1955, Dieu nous a révélé ce qui allait arriver en Afrique du Nord et nous avons laissé ce champ à d’autres pour retourner en France où Dieu nous a encore bénis.

D. et C. SCOTT.

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Les Églises Évangéliques de Réveil

Le mouvement des Églises Évangéliques de Réveil est né dans la deuxième moitié des années 1930 à la suite des campagnes de réveil de l’évangéliste gallois George Jeffreys, fondateur en Grande Bretagne de l’Église évangélique Elim au début des années vingt. Sa prédication de l’évangiles aux quatre angles (Jésus sauve, Jésus baptise, Jésus guérit, Jésus revient) eut un tel retentissement que 12’000 personnes se sont converties en Suisse durant l’année 1935 ; en 1936, il y eut 2’000 conversions supplémentaires en deux semaines seulement. Le “Principal” George Jeffreys ne travaillait pas seul. Douglas Scott (1900-1967), qui avait reçu le baptême dans le Saint Esprit par l’imposition des mains de George Jeffreys, a mené des campagnes d’évangélisation qui ont introduit le pentecôtisme en France (donnant naissance aux Assemblées de Dieu), en Belgique et en Suisse.

Un soir de 1930, au Mont Pèlerin, Douglas Scott pointa le doigt vers un jeune homme de 19 ans, Arthur Maret, qui assistait à la réunion. Arthur Maret avait fait un apprentissage de mécanicien chez Allegro, fabriquant de vélos et de motos. Passionné par le vélo et la compétition, il avait gagné plusieurs courses, jusqu’à un grave accident dont il s’était relevé sans une égratignure, alors que son vélo était entièrement détruit. Ce miracle lui avait donné beaucoup à réfléchir à la possibilité d’un Dieu qui l’aimait.

Ce soir-là, au Mont Pèlerin, après la réunion, Douglas Scott lui dit :

– Jeune homme, vous avez reçu le baptême dans le Saint-Esprit, je le vois. Maintenant, qu’allez-vous faire ?
– J’ai la conviction que Dieu m’appelle en France, mais je ne sais où, ni comment, ni quand.
– Eh bien, venez avec moi !

Arthur Maret, qui allait devenir l’un des fondateurs des EER, commença ainsi sa formation aux côtés deDouglas Scott, en méditant ses prédications, en priant et en imposant les mains avec lui pour de nombreux malades. Il voyagea ensuite principalement en Belgique et dans le nord de la France. Des choses étonnantes se produisaient sur son passage : des guérisons, des délivrances et des miracles spectaculaires accompagnaient sa prédication de l’évangile aux quatre angles. En 1933, à Calais, Arthur Maret épouse Henriette Chiron, fille d’un coutelier de la ville ; c’est à Calais également qu’il retrouve aussi son ami Ernest Lorenz. Deux ans plus tard, il seconde Adolphe Hunziker à Lille ; tous trois participent à la fondation des Assemblées de Dieu en France. Début 1936, Arthur Maret rejoint Adolphe Hunziker à Genève, où venaient de se produire des événements importants.

Création de la première Église de Réveil à Genève en 1935

C’est à cette époque en effet que fut créée l’EER à Genève, suite à deux missions de George Jeffreys. Les responsables de la campagne avaient le désir de créer une Église de Réveil dans leur ville pour y accueillir en toute liberté ceux et celles qui avaient été touchés par l’Évangile. Mais cette idée ne rencontra pas l’unanimité au sein de l’Union pour le Réveil qui espérait vraiment que le “ réveil charismatique ” pénètre l’Église officielle. Malgré l’opposition générale, le pasteur Hunziker, entouré d’une demi-douzaine de personnes, pensa qu’il fallait “ des outres neuves pour recevoir le vin nouveau ”. Et c’est ainsi que, par voie de presse, ces amis de George Jeffreys annoncèrent la première réunion de Réveil d’une église naissante, qui eut lieu au troisième étage du Bâtiment de la Réformation, le mercredi 20 novembre 1935.

Ce 20 novembre, une trentaine de personnes étaient là, un peu curieuses de connaître cette Église de Réveil naissante. On y proclamait le “ Plein Évangile ” et l’on imposait les mains aux malades. Peu à peu, malgré de fortes oppositions, l’auditoire grandit. Quel était donc le message du pasteur Hunziker et de son cher ami Maret qui le rejoignit en février 1936 ? C’était exactement le même que celui du Principal George Jeffreys  » l’évangile aux quatre angles ».

Par le ministère du Pasteur Arthur Maret se formèrent des communautés à Yverdon et dans le Nord vaudois. A La Chaux-de-Fonds, l’Eglise Baptiste, visitée par le message du Réveil, se joignit bientôt aux E.E.R. naissantes sous le ministère du Pasteur Ernest Lorenz.

Marseille : Des témoignages vivants qui touchent bien des cœurs !

Nous remercions Dieu pour le travail qu’il accomplit parmi nous, même au milieu de la saison dite « morte » car vraiment par son Saint-Esprit il fait une belle œuvre.

Nos réunions d’évangélisation vont toujours grandissant et les témoignages vivants de salut et de guérison touchent bien des cœurs. Le chœur qui vient de naître donne la preuve du talent musical, et cet hiver il aidera sensiblement dans les réunions publiques.

Nos réunions de prière, limitées aux seuls baptisés du Saint-Esprit sont très vivantes ; Il y a une grande liberté et une grande puissance. La semaine passée, un frère qui y assistait a reçu une bénédictin particulière : en se levant le lendemain, il a vu que l’infirmité qui le tenait courbé depuis sa jeunesse avait disparu, il était redressé !

Notre jeunesse qui se prépare pour le service du Seigneur par l’étude de la Parole de Dieu, la prière et les réunions en plein air touche maintenant la vingtaine, tous sont baptisés du Saint-Esprit, et nous les comptons parmi les soixante-quinze qui ont reçu cette grâce divine. Nous comptons avoir, Dieu voulant, une autre cérémonie de baptême le 22 septembre, où une vingtaine de nouveaux convertis vont s’ajouter aux cent vingt qui ont déjà suivi leur Maître dans cet acte d’obéissance et de foi.

Hier matin au culte, un frère malade, que seule une opération pouvait guérir, a eu la joie de recevoir la guérison après la prière. C’est ainsi que le Seigneur rend hommage à la vérité de sa Parole, et nous bénissons son saint nom.

Vous m’excuserez de donner des chiffres si froids, mais ils parlent des âmes qui palpitent  de la joie que donne l’assurance du salut et qui sont heureuses de témoigner en plein air de cette foi, devant un monde incrédule. Priez avec nous et pour nous, afin que Dieu nous donne de voir le Réveil s’étendre cet hiver dans les autres villes du Midi.

Douglas R. Scott (Viens et Vois octobre 1935)

Mission de Perpignan, 1950

En prenant la plume pour donner aux lecteurs de « Viens et Vois » quelques impressions de la Mission de Perpignan, je désire, par la grâce de Dieu, encourager les chrétiens de Pentecôte isolés à prier afin que le Réveil de leur contrée se manifeste. Les Réveils de Limoges, Grenoble, Dijon, Carcassonne et maintenant Perpignan peuvent être directement attribués aux exaucements accordés aux chrétiens isolés qui ont arrosé le terrain de leurs prières et préparé ainsi le Réveil.

Débordés par la foule

A Perpignan, nous pouvons dire que nous avons été débordés par la foule attirée par la guérison et qui a pu entendre, par cette occasion, pendant plusieurs semaines le message du plein Evangile. Les première réunions comptaient une soixantaine d’auditeurs ; mais lorsqu’il  plut au Seigneur de confirmer sa Parole par des guérisons, la salle se remplit rapidement et nous fûmes obligés de faire quatre réunions par jour pour répondre aux nécessités du moment. Il a été répandu près de sept cents Nouveaux Testaments et la Parolede Dieu portera ses fruits. Quelques témoignages de guérison donné de vive voix dans les réunions ont été accueillis par des applaudissements ; puis lorsque j’ai affirmé qu’il faut confesser à Dieu seul par Jésus-Christ, le seul Médiateur, et non pas à des hommes pécheurs comme nous le sommes nous-mêmes, les applaudissements ont crépité partout dans la salle.

Nombreuses guérisons

Nous avons recueilli plus de soixante-dix témoignages de guérison écrits mais d’autres, comme les neuf lépreux, sont partis sans témoigner, cependant bien guéris par la grâce et la miséricorde de Dieu. En quelques jours, nous avons prié pour plus de mille deux cents personnes ; maintenant les auditoires se stabilisent à environ un millier de personnes chaque jour. Le Seigneur a confirmé sa Parole en guérissant les rhumatisants, des sourds, des arthritiques, et des vieillards dont la santé a été rétablie. Prions tous afin que cet automne il y ait une grande moisson d’âmes prêtes pour le glorieux retour de notre bien-aimé Sauveur.

Douglas et Clarisse Scott (Viens et Vois, août 1950)

Les débuts en France : Hélène Biolley

Les origines exactes du pentecôtisme français restent dans l’ombre, tout comme ces pionniers inconnus, mais consacrés à Dieu qui bravèrent les obstacles pour évangéliser le pays de Voltaire. Néanmoins…

Dans son Histoire générale du pentecôtisme, Donald Gee relate qu’en 1909, il y avait à Paris une petite salle où se tenaient des réunions « pour ceux qui cherchaient le baptême du Saint-Esprit ».

Leonhard Steiner, Historien suisse du pentecôtisme, déclare que depuis 1909, existaient en France de petits groupes de croyants pentecôtistes, comme ceux de Paris et du Havre. Le professeur Bloch-Noell fait remarquer que T. Barratt eut un disciple en France, en 1907, un Hollandais qui avait assisté aux réunions de Barratt en Norvège.

Frank Bartleman, évangéliste célèbre, fruit de la Mission de la rue Asuza à Los Angeles, relate que, pendant son séjour en France en 1912, il avait visité un certain « frère Michael Mast qui avait une petite mission de Pentecôte à Rosny-sous-Bois, à seize kilomètres environ de Paris ».

Quelle que soit l’importance, pour l’avenir du mouvement de Pentecôte, des quelques cellules pentecôtistes françaises isolées, il est certain que l’essor de ce mouvement avant 1930 est dû à deux facteurs principaux.

Le premier facteur fut l’existence, au Havre, d’un établissement qui allait devenir en son temps le centre de l’activité pentecôtiste française, l’hôtel-restaurant sans alcool de Mlle Hélène Biolley.

Quant au second facteur, ce fut un esprit de réveil qui, comparable à celui qui prévalait au même moment dans le pays de Galles, captivait les esprits d’un petit nombre de chrétiens français. Henri Bois, historien français du réveil du pays de Galles, déclare que beaucoup de Français cherchèrent Dieu avec ferveur pour qu’Il envoie « une effusion de Son Esprit sur la France ».

Ce fut à l’hôtel restaurant sans alcool d’Hélène Biolley que le mouvement de Pentecôte a pris son véritable essor. Cette dernière ouvrit le Ruban bleu en 1909. Née en Suisse, elle faisait partie des « Cœurs purs », un groupe qui mettait l’accent sur l’examen de conscience approfondi : « Mes pensées sont-elles pures ? Ai-je traité mon voisin avec justice ? Ai-je honoré Dieu par mes actes ? » Mademoiselle Biolley, très cultivée et linguiste distinguée, était venue en France vers 1908 pour travailler avec la Société française de la Croix Bleue et l’aider dans sa lutte contre l’alcoolisme. Sachant que la population cosmopolite du port du Havre lui fournirait les occasions de travailler dans les bas-fonds et de relever les rejetés de la société, en particulier les ivrognes, elle y installa le Ruban bleu qui devint à la fois un hôtel-restaurant sans alcool et un centre religieux.

Dès le début, le Ruban bleu devint un centre important fréquenté par de nombreux chrétiens étrangers ; des missionnaires anglais et suédois, en route pour le Congo, s’arrêtaient souvent au Ruban bleu. Nombre d’entre eux avaient entendu parler de la Pentecôte ou étaient eux-mêmes des pentecôtistes. Leurs conversations éveillèrent la curiosité de Mlle Biolley à propos de ce mouvement suscité par Dieu.

Mlle Biolley invita au Havre un évangéliste bien connu, Smith Wigglesworth, qui avait tenu en Suisse plusieurs missions couronnées de succès. Il arriva dans cette ville en 1920, accompagné du prédicateur hollandais R. G. Polmann. Ils donnèrent une série d’études Bibliques sur la guérison divine et sur le baptême du Saint-Esprit. Ces deux sujets étaient particulièrement chers au cœur de cette femme pieuse.

Le Ruban bleu servait aussi de lieu de réunion pour l’école du dimanche et de centre de prière. Mlle Biolley qui croyait fermement à la puissance dans la prière, tint pendant près de trente ans des réunions de prière pour dames dans son hôtel-restaurant. Le sujet prédominant de ces réunions était : « persévérer dans la prière pour que le réveil souffle sur la France ». Les réunions pour adultes faisaient partie du programme religieux hebdomadaire. Les missions d’évangélisation spéciales jouaient un grand rôle dans la vie du Ruban bleu.

Après une mission avec Wigglesworth en janvier 1921, cinq personnes furent baptisées d’eau dans l’estuaire de la Seine. « Une jeune fille atteinte d’une maladie de cœur fut guérie lors de son baptême. Plusieurs personnes reçurent le baptême du Saint-Esprit. »

Le Ruban bleu devint rapidement le centre du christianisme évangélique en Normandie. Au cours de la décennie suivante, la réputation de son établissement parvint aux oreilles de trois jeunes gens qui devaient jouer plus tard un rôle important dans le mouvement de Pentecôte en France : le français Félix Gallice, le roumain Christo Domoutchief et le danois Ove Falg.

Les débuts de la Pentecôte en France furent donc insignifiants. Les quelques réunions pentecôtistes disséminées ça et là et indépendantes les unes des autres, le travail accompli par l’Église apostolique britannique, ne constituaient que quelques gouttes d’eau dans l’océan du catholicisme. Bien que n’étant pas pentecôtiste, mais très intéressée par ce mouvement, Mlle Biolley et son hôtel le Ruban bleu servirent de point de départ au développement futur de la Pentecôte en France.

Elle qui avait rencontré Douglas Scott en 1927 et avait vu les fruits de son ministère, l’invita à revenir au Havre. L’arrivée de Douglas Scott en janvier 1930 va marquer le début d’une longue période d’évangélisation intensive et fructueuse dans toute la France…

Clément Le Cossec, l’apôtre des Gitans

Clément Le Cossec né le 20 février 1921 à Treffiagat et mort le 22 juillet 2001 est un pasteur pentecôtiste des Assemblées de Dieu (ADD) et missionnaire évangéliste. Il est le précurseur du réveil évangélique parmi le peuple Roms (Tsiganes,gitans, manouches..) en Europe, en Inde et en Amérique du Nord et du

Clement Le Cossec

Sud. Il est le fondateur de la Mission Évangélique Tsigane (MET) en 1952, connue sous le nom de « Vie et Lumière ».
On estime qu’il serait à l’origine de la conversion de plus de 500 000 Tsiganes en Europe dont 100 000 en France. Ses partisans diront d’ailleurs de lui qu’il est « l’apôtre des Gitans ».

Biographie

Il est originaire d’une famille bretonne catholique et très pauvre. Son père était marin-pêcheur, mutilé de la guerre 1914-1918. Son père muté en Normandie, Clément Le Cossec connait, en plus de la misère et de la maladie, le rejet, le mépris, en tant que Breton. Cette situation lui permettra par la suite de mieux comprendre la souffrance d’un peuple mis à l’écart. Il se convertit à l’âge de 14 ans, au Havre, avec toute sa famille. Dans une réunion évangélique au Théâtre du Havre, son père aurait été guéri instantanément de son problème cardiaque, de ses rhumatismes et de son eczéma. De là nait sa vocation de s’occuper des pauvres et des rejetés en leur annonçant l’Évangile. Après des études secondaires, une formation commerciale et technique, il suivra une formation biblique par correspondance, avec l’école Biblique des ADD britanniques à Londres.
À 25 ans, en 1946, il est pasteur protestant dans une église à Lille. Plusieurs évènements l’amèneront à s’occuper de familles tsiganes dans le besoin. Arrivé en Bretagne en 1950, il entreprend la fondation de l’Église Évangélique de Rennes, avec le concours de l’évangéliste anglais Douglas Scott, promoteur du Mouvement de Pentecôte en France. Mais c’est à Brest en 1952, que commence son ministère en faveur des Gitans, quand des Tsiganes convertis, viennent lui dire qu’aucun pasteur ne souhaite les baptiser. Voyant le besoin de ces gens illettrés et sans enseignant, il pratiquera des centaines de baptêmes en mer, puis il décidera de laisser son église de Rennes entre les mains d’un jeune pasteur, en 1958 pour s’occuper des trois mille Tsiganes nouvellement convertis.
Clément Le Cossec se retrouve alors sans aucun soutien financier. C’est alors qu’il décide de mettre sa revue Lumière du monde crée en 1947 pour la jeunesse, au service des Tsiganes. Elle deviendra Vie et Lumière en 1960 et lui permettra le soutien d’un salaire équivalent au SMIC.
Deux mille Tsiganes venus de toute l’Europe se sont rendus au cimetière-sud du Mans, aux obsèques de leur « apôtre » mort d’un cancer à l’âge de 80 ans.

Le début de son ministère: l’église roulante

Elle commença à Rennes en 1958, où il décida de partir à l’aventure avec le peuple tsigane, sur les routes en France d’abord, puis en Belgique, en Hollande en Allemagne, mais aussi en Espagne, au Portugal en Italie. Par la suite il voyagea dans plus de 40 pays au Canada, aux États-Unis, au Mexique, en Argentine ou dans les pays de l’Est.
Très tôt, dès 1950 comme à Saint-Jacques, près de Rennes, des rassemblements évangéliques, sous forme de conventions sont organisés. Aujourd’hui, ils rassemblent 5000 caravanes, soit l’équivalent de vingt à trente mille Tsiganes. Leurs réunions ont lieu dans des bâtiments loués ou sous d’immenses chapiteaux dressés à l’occasion. Elles sont tout public, au vu des affiches et des nombreux tracts distribués sur leurs lieux de passage. Même les autorités locales (maire, police, préfets) sont invités.

Le grand Réveil

Le réveil spirituel s’est accompagné dira-t-il, pour ce peuple par de nombreuses guérisons.
Il participa aussi étroitement à l’éducation de Roms convertis, en leur apprenant à lire et à écrire, puis en leur apportant un enseignement biblique, afin d’établir des pasteurs tsiganes dans ces églises naissantes. Car dira t-il, un « réveil n’est durable que dans la mesure où il y a des cadres spirituels ».
Clément Le Cossec veut prendre modèle sur l’apôtre Paul dans la Bible, qui demande à son compagnon Timothée, de confier ce qu’il a entendu par sa bouche « à des hommes capables de l’enseigner aussi à d’autres ».
C’est dans une humble caravane, avec une poignée d’élèves que le « pasteur des Gitans » commença les premiers cours bibliques itinérants. Puis, à cause des demandes d’inscriptions toujours plus nombreuses, il sera très vite secondé par un jeune pasteur tsigane : Denis Théom, surnommé Payon. Il s’adjoindra aussi Georges Meyer, qui succédera plus tard à Clément Le Cossec à la présidence de La Mission Tzigane Évangélique, en 1973.
Confronté à des vocations encore plus nombreuses, il achètera en 1967, une première propriété dans le Loiret près de Gien (le château à Les Choux) pour accueillir les futurs prédicateurs. Loin de n’accueillir que des Gitans, ce centre de formation permettra aussi la formation biblique de quelques « sédentaires » à l’image du pasteur Michel Genton. D’une trentaine d’étudiants, ils passeront à plus de 200 en 1996. D’autres Tsiganes devenus pasteurs viendront grossir l’enseignement de l’École biblique française, parmi les plus connus : Charles Welty (Tarzan) et Wasso Ferret (Balo) .
D’autres écoles Bibliques naîtront dans plusieurs pays d’Europe et en Inde.

Action sociale

La mission évangélique tsigane, représentée dans 40 pays finance des lieux de cultes, des orphelinats, rémunère des médecins et infirmières pour aller soigner les enfants et membres de la communauté tsigane. Clément le Cossec fit construire, en faveur des pauvres et des déshérités tsiganes de l’Inde, 18 pensionnats accueillant 900 enfants.
Face à la pauvreté de certains Tsiganes, il n’hésitera pas à acheter des costumes à ses élèves prédicateurs, avec l’argent issu d’offrandes. Comme ce fut le cas pour les évangélistes Mandz et Pinar au début de leur mission.

Témoignage de Douglas Scott

Douglas SCOTT : « En rendant ce témoignage, mon désir est de glorifier mon Sauveur et de le remercier de la manière dont il a posé sa main bénie sur moi, avant et après ma conversion. »

Dès ma tendre enfance, j’assistais au Culte. où j’avais été baptisé par aspersion comme enfant, mais lorsqu’à un moment on introduisit des cérémonies que ma mère ne pouvait pas comprendre, elle décida d’aller là où elle pouvait comprendre afin de profiter du Culte.

C’est ainsi que je me suis trouvé dans une école du dimanche où j’appris l’histoire Sainte et chaque année, dans les examens portant sur les Saintes Écritures, que je possédais dans ma mémoire, je réussissais à gagner un prix.

Dans cette école du Dimanche, personne ne s’est donné la peine de me montrer où je devais commencer la vie chrétienne, personne ne m a conduit à la croix du Sauveur. Un peu plus tard, j’ai quitté l’Ecole du Dimanche pour fréquenter « la Fraternité », et là j’ai entendu les orateurs les plus brillants, mais personne d’entre eux ne m’a donné la clé de la connaissance de Jésus-Christ.

Après ceci la guerre est venue et vers la fin je me suis trouvé en « Kaki  » avec un équipement moral excellent mais sans pouvoir le garder, et il va sans dire que je suivis le chemin que suivent tous les soldats, le chemin du péché, parce que je ne pouvais pas résister à la tentation.

Après la guerre, je cherchais la lumière dans une autre Église, mais il n’y en avait point. On prêchait aux gens comme si tout le monde était chrétien, et par conséquent on n’expliquait pas le chemin du salut. J’étais encore dans les ténèbres sur la question capitale : le salut de mon âme. Le monde était maintenant complètement entré dans mon cœur Je travaillais dans un bureau pendant la journée, et le soir, je jouais du violon, soit pour le bal, soit pour le cinéma et je remplissais ce qui restait de ma vie, avec le football et la course à pied.

Satan rendait mon chemin très facile et tout ce que j’entreprenais réussissait, surtout la course à pied. Chaque semaine je rapportais un prix chez moi. Le dieu de ce monde a voulu m’aveugler afin que je ne visse pas la réalité de l’éternité, de manière qu’étant atteint d’un empoisonnement du sang et du tétanos je pensais que c’était la fin. Mais même à ce moment je ne pensais pas à l’éternité.

La soirée que je pensais être la dernière, je l’ai passée, en m’amusant avec quelques amis, toute la nuit avec la pensée qu’au moins je jouirai de ceci : ma dernière nuit sur la terre.

Dieu fut bon envers moi. Je recouvrais la santé. Il commença à traiter avec moi; gloire à son Saint nom ! Il m’appela en trois occasions différentes, et à la troisième je me donnai à lui, esprit, âme et corps. J’ai trouvé en lui ce que le monde ne pouvait pas me donner la satisfaction complète.

La première fois, j’attendais une jeune femme, quand un jeune homme s’approcha de moi et me fit cette question :  » Êtes-vous sauvé « ? Je lui expliquais toutes les choses que je faisais dans la religion, mais pas celles que je faisais dans le monde. Il me laissa un prospectus et j’entendis la voix de Dieu retentir à sa question.

Ensuite, il vint dans notre ville, une mission à laquelle toutes les Églises prirent part, et le dernier soir je me trouvais à la réunion Il n’y avait pas d’appel direct à la conversion, autrement j’aurais répondu, car le Saint-Esprit commençait à me travailler. D’abord, ceux qui étaient sauvés se levèrent en réponse au désir du prédicateur. Les uns se levèrent tout de suite, les autres ne savaient pas s’ils devaient se lever ou rester assis; finalement ils se levèrent aussi. Je vous laisse à juger s’ils étaient sauvés ou pas.

Pour moi je restais assis ainsi qu’une personne à ma droite. La réunion se termina sans que personne vint me parler de mon âme. J’avais cependant soif de Dieu, et Dieu me conduisit merveilleusement, gloire à son nom!

Un jour, je me trouvais dans une rue de Londres, quand la mélodie d’un chant parvint à mes oreilles. Je m’approchais et je trouvais plusieurs jeunes gens qui prêchaient la Parole de la Vérité. Un de ces jeunes gens s’appelait Mr. BERHOLZ (il a été président des Assemblées de Dieu en Pologne) prêchait sur la croix et sur les souffrances de Christ. Son message, quoique dit dans un anglais très imparfait, fit ce que plusieurs prédications en bon anglais n’avaient jamais fait. Et c’est ainsi que je fus amené aux pieds de Jésus.

Je me livrais complètement à celui qui était mort au calvaire et les rues de Londres me paraissaient comme pavées d’or quand je rentrais à mon bureau.

Alors Dieu commença à faire une oeuvre de sanctification dans ma vie. Le Saint-Esprit me montra ce qui devait changer. J’avais plusieurs engagements pour aller jouer du violon en divers lieux, mais celui que j’avais pris envers Jésus me suffisait. Mon violon comprit que son Maître était devenu une nouvelle créature en Jésus-Christ et qu’il ne devait plus jouer de ces mélodies profanes.

Je quittais aussi la course à pied, mais je continuais à jouer au football le samedi et pas le dimanche. Mais Dieu me voulait entièrement. Dans sa grâce Dieu me donna trois avertissements. Deux fois j’eus des accidents à un genou ; or je n’en avais jamais eu auparavant au cours de plusieurs années pendant lesquelles je pratiquais le football. Finalement, pendant que je jouais, un voleur prit tout ce qu’il y avait dans mes poches, mon argent et même une montre en or que j’avais gagnée sur la piste. Je décidais de quitter pour toujours le football.

Définitivement sauvé je cherchais un  » home » spirituel, car je ne désirais pas retourner au « vin vieux » du formalisme. Je priais Dieu continuellement, lui demandant de me conduire dans un foyer vraiment spirituel. Chaque dimanche je sortais pour le trouver et finalement le Seigneur me conduisit dans une rue où il y avait quatre Églises : l’Armée du Salut, les Frères dits ouverts  » (là dedans j’aurais reçu assez pour faire une belle mort « ), mais j’avais besoin de quelque chose de plus ; quelque chose avec quoi je pourrai vivre à la Gloire de Dieu et entrer dans son service). Il y avait aussi une Église Spirite et une autre sans étiquette, mais avec du « vin nouveau » au-dedans.

Quand j’entendis chanter ce fut assez pour moi. C’était le même chant que j’avais entendu à Whitecross, le chant dit sous l’onction de l’Esprit. Ce qui me décida à appartenir à cette Église ce fut la manière chrétienne dont on me reçut. Dans nos Assemblées nous devons veiller à bien accueillir nos visiteurs, car cette première prise de contact est d’une grande importance. Dans plusieurs endroits, on les laisse trouver une place, un cantique, sans leur réserver une chaleureuse réception. Cette première réunion à laquelle j’assistai était un service de Sainte Cène. J’entendis parler en langue avec interprétation, mais cela ne me troubla pas du tout. J’étais seulement curieux d’en connaître davantage sur cette manifestation. J’avais trouvé un lieu de repos spirituel et le dimanche suivant, je me suis mis tout à fait au premier rang pour entendre ces langues nouvelles

J’assistai le mercredi à la réunion consacrée aux jeunes. Ce qui me remplit d’admiration ce fut d’entendre ces jeunes gens expliquer les Écritures d’une façon magistrale.

Pendant que je fréquentais ces réunions j’entendis parler plusieurs fois d’une puissance qu’on devait recevoir. Plus tard – le Seigneur en soit béni – je fut revêtu de cette puissance. C’était le baptême dans le Saint-Esprit.

Georges JEFFREYS vint pour une mission dans notre Assemblée et je m’approchai pour être guéri. Quand il m’imposa les mains au nom de Jésus, je sentis la puissance de Dieu qui traversa tout mon être.

Le frère Georges JEFFREYS demanda si je cherchais le Saint-Esprit. Sur ma réponse affirmative il pria pour moi. Dieu exauça sa prière. Un dimanche matin, pendant que je méditais sur cette parole :  » Au-dessous sont les bras de l’Eternel!

Je me sentis élevé dans l’infini de Dieu. Sa puissance traversa à nouveau tout mon être me baptisant dans le Saint-Esprit. Je magnifiai Dieu en des langues nouvelles. Les paroles humaines ne peuvent exprimer cette bénédiction. Dieu me montra ce que cette puissance était pour son service et il me conduisit à Whitecross street, à l’endroit où il m’avait sauvé, pour que je témoigne de son amour et de sa grâce ?

Là, pendant deux ans, une demi-heure chaque jour,

Il me fut donné de prêcher la croix de Jésus et nombreux sont ceux qui ont trouvé le salut pendant ces jours bénis.

Les réunions en plein air le dimanche et le samedi furent mon École Biblique, surtout quand il fallait répondre aux questions que posaient souvent les athées et les libres penseurs. Au cours d’une distribution de traités, de maison en maison, j’arrivai à comprendre la nature humaine et son besoin de l’évangile. Mais ce ne fut que lorsque, sous une tente, nous commençâmes à prêcher la Guérison Divine aussi bien que le Salut, que nous trouvâmes le chemin des cœurs. Nous avons vu que parfois, lorsqu’un malade incurable est guéri par Jésus, toute sa famille acceptait l’évangile du salut.

Ce fut avec une sainte crainte, que selon le commandement de Jésus (Marc 16-18) pour la première fois, nous posâmes nos mains sur une sœur afin qu’elle soit guérie. A la réunion suivante elle témoigna avoir reçu du Seigneur une guérison complète. Dès lors nous trouvâmes facile d’imposer les mains aux malades.

Je suis arrivé à connaître la Parole de Dieu en posant des questions à tous les pasteurs avec lesquels j’étais en contact et c est ainsi que le pasteur WHITTLE fut vraiment entre les mains de Dieu l’instrument d’une grande bénédiction pour mon âme.

Nous fondâmes l’Assemblée de LAINDON et là nous travaillâmes fidèlement pendant deux ans avant de la laisser entre les mains de Mr. COLEMAN.

Je ne veux pas oublier de raconter comment étant fiancé à une femme mondaine, Dieu me parla et me montra la triste fin de Salomon. Il me fit comprendre qu’il fallait rompre mes fiançailles et le suivre complètement.

Je rencontrai là de grandes difficultés, étant mal compris même par les chrétiens, mais plus tard Dieu m’a donné une compagne qui m’a aidé dans les luttes spirituelles que j’ai eu à soutenir dans mon ministère.

Avant de terminer, laissez-moi vous raconter comment Dieu m’a conduit pour travailler pour lui en France.

Le missionnaire BURTON de la Mission évangélique du Congo, me conseilla d’aller au HAVRE pour me perfectionner dans la connaissance de la langue française. Là Mlle BIOLLEY, me fit promettre de revenir au HAVRE avant d’aller en mission. Nous ne savions exactement que faire, mais avec foi nous remîmes tout entre les mains de notre Père céleste, ayant l’assurance qu’il nous conduirait selon ses promesses. Nous connûmes bientôt que c’était la volonté de Dieu. Cependant comme Gédéon nous demandâmes un signe surnaturel au Seigneur.

Un vendredi soir. à son Collège, Dieu me donna un message en langue arabe qui fut compris par une personne comprenant cette langue. Le président de la réunion l’interpréta et l’interprétation fut reconnue exacte par la personne en question.

Cela nous montre que la « glossolalie  » Si méprisée par certains dans notre temps est semblable aux langues que les apôtres parlèrent le jour de la Pentecôte.

Pour nous, le message fut plus que tout cela. Ce fut une confirmation divine à notre appel, une réponse directe à notre prière. Alléluia

Dieu nous dît:  » Je t’ai montré le premier pas, je te conduirai pas a pas, car avec ton Seigneur, c’est un pas à la fois « . Depuis ce moment, il nous conduit un pas à la fois. Nous ne demandons pas à voir au loin. Un pas à la fois c’est assez, pourvu que Dieu nous conduise.

Seigneur, bénis ce témoignage pour tous ceux qui sont appelés à ton service. QUE DIEU EN SOIT BENI !