Smith Wigglesworth en quelques dates

  • 1859 Né à Menston, Yorkshire, Angleterre, le 10 juin. Baptisé dans une église anglicane le 4 décembre.
  • 1865 Travaille dans les champs dès l’âge de six ans, ramassant et nettoyant des navets
  • 1866 À l’âge de sept ans, il commence à travailler dans une fabrique de laine, douze heures par jour. Pas de temps pour l’école.
  • 1867 Se convertit à l’Eglise méthodiste de Menston où John Wesley a prêché.
  • 1867 Reçoit la confirmation à l’Eglise anglicane le 5 septembre à l’âge de treize ans. Déménage à Bradfort.
  • 1875 S’associe avec l’Armée du Salut et les Frères de Plymouth
  • 1876 Est baptisé par immersion à l’âge de dix-sept ans.
  • 1879 Travaille avec les enfants pauvres de Liverpool par l’intermédiaire de réunions d’évangélisation et de programmes alimentaires. Subvient à ses besoins financiers en exerçant le métier de plombier.
  • 1882 se marie à Mary Jane « Polly » Featherson. Leurs cinq enfants furent Alice, Seth, Harold, Ernest et George.
  • Débuts 1900 Polly et lui fondèrent Bowland Street Mission, à Bradfort. Ils placent un drapeau à l’extérieur qui déclare « Christ est mort pour nos péchés » d’un côté et « Je suis le Seigneur qui t’a guéri » de l’autre.
  • 1907 Baptisé dans le Saint-Esprit le 28 octobre 1907 à Sunderland après avoir reçu l’imposition des mains. Commença à prêcher tout en continuant son travail de plombier pour les rentées d’argent.
  • 1912 Le Daily Echo de Sunderland du 31 mai, parle de sa réunion pour la guérison à l’Eglise All Saint.
  • 1913 Le Daily Mirror de Londres publie un article en première page avec quatre photos d’un service de baptêmes au bord de la mer conduit par Wigglesworth.
  • 1913 Polly meurt. Le mari en deuil demande à Dieu une double portion de l’Esprit
  • 1914 Voyage aux Etats-Unis via le Canada. Parle à Stone Church à Chicago pendant le mois de juni. Deux mois plus tard, il prêche pour George et Carrie Judd Montgomery à Cazadero, dans le pays des séquoias à une centaine de kilomètres au nord de San Fransisco. Wigglesworth reçoit l’ordination par Messieurs Pinson et Robert Craig, le 1er août. La première Guerre mondiale débute en Europe, ce qui entrava ses voyages.
  • 1915 De retour en Angleterre pour une convention de Pâques ? Prêche à Londres pour la première réunion pentecôtiste, le Lundi de Pentecôte. Son fils George meurt.
  • 1920 Poursuit son ministère en Europe pendants six mois : France, Suisse, pays scandinaves. Est mis en prison en Suisse, à deux reprises.
  • 1921 Conduit les réunions à Stockholm à la demande de Lewis Pethrus, en avril. Est arrêté pour avoir imposé les mains aux malades. Les accusations sont abandonnées avec l’ordre de ne plus imposer les mains dans les réunions de masse le Lundi de Pentecôte.
  • 1922 Voyage en Australie et en Nouvelle-Zélande via le Sri Lanka. Arrive au Nord de Melbourne, Australie, le 16 février 1922, avec une réunion cette même nuit. Prêche à Wellington public, Nouvelle-Zélande, en mai. Le Dominion de Wellington publie un long reportage sous les titres : Guérisons de foi. Scènes extraordinaires à la salle de la mairie. Le sourd devenu entendant. Le Sun de Christchurch a été très critique vis-à-vis des réunions conduites à l’invitation de la Mission de Sydenham. Va à Dunedin. Le Evening Star de Dunedin couvre les rencontres dans son édition de 15 juin 1922. Reste à Dunedin jusqu’à la fin juin. Retourne à Wellington, où il commence des réunions en juillet. Les journalistes de Dominion recherchent des déclarations par écrit et sous serment de guérisons. Commence le 2 octobre des réunions à San Diego, Californie. « Osez croire Dieu » fut son thème pour les réunions de l’union pentecôtiste à Chicago, du 29 octobre au 12 novembre.
  • 1923 Retourne en Nouvelle-Zélande en octobre. Tient des réunions à Auckland, au Nord de Palmerton, Blendheim et continue avec Wellington le 16 décembre. Assiste à une convention pentecôtiste du 23 au 30 décembre.
  • 1923 Retourne aux Etats-Unis pour une tournée de prédications, qui inclut des arrêts à Berkeley, Californie et à Springfield, dans le Missouri.
  • 1924 Reçoit les pièces justificatives d’identité ministérielle des Assemblées de Dieu des Etats-Unis, à l’âge de soixante-cinq ans. Sous la rubrique « appel spécifique », il marque « professeur-évangéliste. La maison d’éditions Gospel Publishing House publie Une foi toujours plus grande.
  • 1925 Voyage en Afrique du Sud pendant l’année. Commence des réunions à Phoenix avec H.L Faulkner, au temple apostolique, le 8 février ; prêcha au Maria Woodworth-Etter Tabernacle, à Indianapolis, le 14 février. Tient des réunions en réunions en Angleterre et en Suisse. Prêche au Brethel Temple à Los Angeles.
  • 1927 Retourne en Australie et en Nouvelle-Zélande. Va au Richmond Temple de Melbourne, pendant le printemps. Des témoignages de guérisons sont donnés, concernant des réunions qui ont lieu en 1922.
  • 1927 Conduit des réunions au Angelus Temple d’Aimee Semple McPherson, pendant l’automne, ainsi que dans d’autres églises de la Californie de Sud. Prêche au Glad Tidings Temple de Sans Fransisco, du 26 octobre au 6 novembre ; et également, aux réunions de lundi, de Carrie Judd Mongomery, le 31 octobre.

    1928 Va en Suisse pendant le printemps, puis retourne en Angleterre, pour la Convention du lundi de Pâques. Dresse une tente à Londres, pour œuvrer avec l’Eglise anglicane.

  • 1930 Poursuit son ministère aux Etats-Unis, incluant des réunions avec Robert et Marie Brown, à New York. Reprend le bateau pour l’Angleterre, le 19 avril.
  • 1930 – 1933 Souffre de calculs biliaires. Refuse l’aide médicale.
  • 1932 Demande au Seigneur quinze ans de plus à vivre. Tient des réunions à Eureka Springs, dans l’Arkansas, du 29 août au 12 septembre.
  • 1933 Est guéri des calculs biliaires le 4 octobre.
  • 1934 Retourne aux Etats-Unis à l’automne.
  • 1935 Wigglesworth – maintenant âgé de 76 ans – et les Salters poursuivent leur ministère au Glad Tidings Temple de San Frasisco, du 29 janvier au 10 février.
  • 1936 Voyage en Afrique du Sud. Donne la prophétie concernant Du Plessis.
  • 1935 La Gospel Publishing House publie Une foi qui domine
  • 1943 – 1947 Ministère confiné à l’Angleterre, dû à la Deuxième Guerre mondiale et à son âge avancé.
  • 1943 – 1948 Smith Wigglesworth meurt le 12 mars 1947, au Glad Tiding Hall, à Wakefield dans le Yorkshire. Les funérailles se tiennent à Elim Church de Bradford, le 17 mars. Aurait aux quatre-vingt-huit ans, en juin. Les pasteurs décédés et contemporains de Wigglesworth sont : Stephen Jeffrey et A.J Tomlinson en 1943 ; Aimee Semple McPherson en 1944 ; Carrie Judd Montgomery en 1946 ; Charles Price en 1947 ; E.W. Kenyon et Robert Brown en 1948.
  • 1947 – 1950 D’autres évangélistes commencèrent un ministère de salut et guérisons : Kathryn Kulhman, Oral Roberts, William Branham, Jack Coe, et A.A Allen

Source : Enseignemoi.com

Publicités

Témoignage d’Hélène Biolley

Monsieur Rollhaus, homme âgé fort estimé au Havre, demandait instamment à Dieu de lui désigner une compagne pour sa fille, âgée de 17 ans, qui avait perdu sa mère de fort bonne heure. Le Seigneur le conduisit vers elle à Couvet. Dès l’instant où ils se présentèrent sous la galerie ensoleillée de notre maison chacun de nous sut qu’il était exaucé.

Ce fut le 10 Septembre 1880 que j’arrivai avec eux au Havre et que je passai seize années d’un bonheur sans mélange. J’étais comme la fille aînée de cet homme de Dieu et la sœur chérie de son enfant.

Vers 1885 nous découvrîmes des réunions méthodistes qui se tenaient dans les bas-fonds. Mademoiselle Rollhaus et moi prîmes des groupes dans l’école du Jeudi du pasteur Gray, et nous y mettions tout notre cœur.

En 1887 Monsieur Gray nous fit faire la connaissance d’un colporteur breton, Monsieur Le Quéré, venu au Havre pour quelques semaines pour visiter ses compatriotes. Nous l’invitâmes à dîner. Il se présenta avec son chapeau rond et ses sabots et nous intéressa vivement par le récit de sa conversion et des persécutions qu’il subissait comme colporteur de la Parole de Dieu dans la campagne bretonne.

Après le dîner nous lui demandâmes pourquoi il retournait en Bretagne, puisque les Bretons reçoivent l’Evangile avec plus de facilité hors de chez eux et de la persécution. -« C’est une affaire d’argent », répondit-il. -« Si Dieu vous envoyait l’argent, resteriez-vous ? » -« Oui ». -Alors nous nous agenouillâmes, demandant au Seigneur l’argent nécessaire pour son serviteur. Le soir même Monsieur Rollhaus nous donnait 500 Francs pour lui. Ainsi commença la Mission Bretonne du Havre qui m’a prise tout entière jusqu’à ce jour.

Monsieur Le Quéré se fixa en ville où Lady Beauchamp lui offrit une salle dans sa maison des Marins et où Miss Bonnycastle, une chère enfant de Dieu lui aidait à tenir les premières réunions. Ce fut la consécration de cette précieuse chrétienne qui m’incita à donner ma bouche au Seigneur ; je l’ouvris en son Nom et Il n’a pas cessé de la remplir depuis lors.

Peu de temps après, Monsieur Gray me présenta à une amie de sa femme, Miss Jones qui, disait-il avait des idées extraordinaires. Elle croyait à la sanctification et à la guérison divine. Je me dis que Si Dieu est tout-puissant et puisqu’Il a promis ces choses dans sa Parole, je ne pouvais faire mieux, que de me confier en Lui pour cela.

Miss Jones m’invita à Londres chez des amis qui vivaient par la foi ; sous l’influence de leur exemple et la force du Saint-Esprit je résolus de chercher premièrement le Royaume de Dieu et sa justice et Lui abandonner tout le reste en regardant toujours les hirondelles. Dieu n’a-t-il pas dit « Regardez les oiseaux de l’air, ils ne sèment ni ne moissonnent et n’amassent rien dans des greniers et cependant votre Père céleste les nourrit. N’êtes-vous pas plus excellents qu’eux ? » (Matthieu 6:26)

J’étais seule un jour à Londres en méditation lorsque les versets suivants semblèrent sortir de la Bible et m’apparaître dans toute leur vérité : « Vos pères ont mangé la manne dans le désert et ils sont morts, et c’est ici le Pain qui est descendu du ciel afin qu’on en mange et qu’on ne meurt point » (Jean 6: 49 et 50)… « En vérité, en vérité, je vous dis que celui qui garde ma Parole ne mourra jamais ! » (Jean 8:51)… « Je suis la Résurrection et la Vie, celui qui croit en moi vivra quand même il serait mort et celui qui vit et croit en moi ne mourra jamais… Crois-tu cela ? » (Jean 11:25 et 26) -Oui Seigneur aide-moi à croire et à obéir jusqu’au bout ! Depuis lors il est entré dans ma vie un ressort qui ne s’est jamais détendu.

Revenue au Havre, je dis à mes chers amis que je ne pouvais plus être salariée, que je voulais vivre par la foi. Ils eurent la grandeur d’âme de me donner toute liberté et je commençais à faire des expériences merveilleuses des exaucements de Dieu. Oui ! Il pourvoit en réalité comme Il pourvoit pour les oiseaux du ciel.

La Mission s’épanouissait depuis deux ans. Jusqu’alors j’avais fait des collectes pour couvrir les frais de la salle de bal que nous louions dans un quartier excentrique où demeuraient un nombre considérable de Bretons.

Je dis au Seigneur : « Si tu veux que je marche par la foi pour les besoins de la Mission, envoie-moi une bonne somme sans que je la demande à personne ». Trois jours après arrivaient 300 Francs dont je fus longtemps à ignorer la provenance. La chose fut conclue avec le Seigneur et pendant plus de quarante ans Il a toujours pourvu directement à tout comme pour les oiseaux de l’air, béni soit son Nom, en Voici quelques exemples :

Je revenais d’Angleterre un jour de l’An n’ayant plus même dix Centimes pour prendre le tramway. Désirant aller souhaiter la bonne année à Miss Bonnycastle, alors au Havre, je sortis demandant à Dieu de ne pas rencontrer Madame Gerken, propriétaire du lieu de réunion qui avait succédé à la salle de bal et dont le loyer était de 112,50 Francs par terme. Entrant chez Miss Bonnycastle qui vois-je ?… Madame Gerken Comment Dieu, le Dieu des petits oiseaux allait-Il faire ? -Ces dames parlaient de certains déficits d’œuvres religieuses et, se tournant vers moi « Qu’en dites-vous ? » -« Je dis que ceux qui se confient en Dieu ne doivent pas avoir de dettes I » -« A ce propos dit Miss Bonnycastle, j’ai mis 100 Francs de côté pour vous, les voici ! » -Je les tendis à Madame Gerken qui ajouta : « Et moi, j’ai été tellement bénie dans ces fêtes que je vous abandonne les 12,50 Francs. » J’étais sortie sans argent, je rentrais, ayant payé le loyer, heureuse comme les petits oiseaux des cieux !

Une autre fois je reçus au dernier moment et sans en avoir parlé à personne 20 Francs d’un côté, 75 de l’autre et 50 d’un troisième, lesquels ajoutés à 17 Francs que je possédais forment exactement 112,50 Francs.

Un jour Monsieur Le Quéré arrive le premier du mois chercher 125 Francs. Je n’en possédais que 25. Une dame sonne, remet 100 Francs et disparaît.

Une autre fois, invitée à dîner chez Monsieur Le Quéré je n’avais aussi que 25 Francs à lui remettre. Il était midi, je mettais mon chapeau, on frappe, le facteur me remet une petite boîte carrée. Que contient-elle ? Une pièce d’or de 100 Francs

« Sans banque et sans argent les oiselets des cieux sont nourris par sa main et chantent tout heureux et moi, son racheté, plus qu’eux je suis joyeux plus qu’eux je lui suis précieux ! »

Outre la salle de 112 Francs par terme, nous dûmes en louer une autre dans la rue Dauphine pour succéder à celle que Lady Beauchamp nous avait généreusement prêtée jusqu’alors. Le loyer de cette nouvelle salle était de 106 Francs par terme : c’était une autre responsabilité à remettre à Celui qui m’avait dit : « Je pourvoirai à tous tes besoins selon les richesses de ma grâce » (Philippiens 4:19).

Une fois, cependant, une grande tentation se présenta. Le terme de Juin était passé depuis 25 jours et… point d’argent ! Que faire ? Ne voulant point avoir de dettes, je m’en fus trouver la propriétaire pour lui remettre la salle malgré les protestations de Monsieur Le Quéré : « Une salle qui marchait Si bien, toujours bondée d’auditeurs ! Donnez-moi une heure et je vous rapporte 106 Francs ! » -« Cher ami, comment pourrions-nous nous tenir sur l’estrade et prêcher que Dieu exauce Si nous recourions aux hommes ? » La salle fut remise, mais le lendemain j’allais la reprendre avec 100 Francs venus d’un côté et de l’autre. -« Attends-toi à l’Eternel et demeure ferme, attends-toi  » dis-je « à l’Eternel- »

La guérison par la foi marche de pair avec le salut, car il est dit : « C’est Lui qui pardonne toutes tes iniquités et qui guérit toutes tes infirmités » (Psaume 103:3) et très nombreuses furent et sont toujours les accomplissements de ses promesses.

Descendant un matin pour l’Ecole du Dimanche, je rencontrai mon petit élève Ernest Hamon fort triste à cause de l’état grave de sa petite-nièce Suzanne atteinte de méningite. J’allai prier pour elle, elle fut instantanément guérie et lorsque j’allai prendre de ses nouvelles le surlendemain, il n’y avait personne chez eux, tout le monde était à une noce

Il en fut de même pour un petit pied condamné à être coupé, pour des naissances miraculeuses, des pneumonies purulentes, cancers et beaucoup d’autres cas merveilleusement traités par le Grand Médecin. Oui ! Il a pris nos langueurs et s’est chargé de nos maladies

Le départ de mon protecteur spirituel et de sa fille, lors de son mariage aurait été un vide trop grand à combler si Dieu ne m’eût confié, en 1896, la fondation de sa maison du Ruban Bleu.

Touchée par le nombre des ouvriers qui étaient rétribués en jetons et forcés de les changer dans les cabarets je leur demandai s’ils désiraient l’ouverture d’un restaurant de tempérance et s’ils y viendraient ? . Sur leur affirmative je me mis à chercher un local. Une amie, Madame Masson m’offrit les trois premières années de loyer.

Depuis longtemps, revenant des réunions de la rue Dauphine, je traversais la place de l’Arsenal et voyais un ancien café fermé et sur lequel était encore l’enseigne : Eden Concert. « Ah Si j’avais assez de foi je demanderais à Dieu cette maison ! »

Forte des propositions de Madame Masson je louais l’Eden Concert qui, sans appel d’argent a été converti en Maison du Seigneur sous le nom de Ruban Bleu. Là aussi les exaucements se sont succédés en grand nombre.

Nos auditeurs de la rue Dauphine me donnèrent qui les premières cuillères, qui le premier litre de lait, la première livre de sucre, des chaises défoncées que l’un d’eux rempailla et une grande amie me tendit une enveloppe dans laquelle étaient deux billets de 1000 Francs ! Cela permit d’acheter fourneau, batterie de cuisine, vaisselle et quelques tables de marbre. On distribua des prospectus : potage 10 Centimes, viande 30 Centimes, légumes, desserts variés, thé, café, chocolat 10 Centimes et, après l’inauguration à Pâques 1896 se fit l’ouverture. Mais… viendrait-il des clients ? Dès le premier jour il entra un jeune Suisse qui nous amena le lendemain trois clients mécontents de leur restaurant. Pendant des mois, les gérants, une mère et son fils faisaient environ 5 Francs de recette par jour, argent qui servait aux dépenses du lendemain, tout le reste arrivait en réponse à la foi.

L’automne arrive, puis les premiers froids, le vent d’Est s’engouffre dans le restaurant. Un jour que je descendais y faire une visite : « Ah ! Mademoiselle, me dit la gérante, nos quelques clients ont dit qu’ils s’en iront ni nous ne mettions pas un calorifère*. » -« Je n’ai pas d’argent, mais nous ferons comme toujours, nous le dirons à Dieu ». Ce Nom béni était encore sur ma bouche qu’une dame entre : « Mademoiselle, j’apprends que vous ouvrez un restaurant de tempérance et je viens voir ce que je puis faire pour vous aider » -« Ah ! Madame il nous faudrait un calorifère ! » -« Je vous le donne ! » Et le beau calorifère arriva… Mais il fallait dix mètres de tuyaux ! … Il arriva, oui ! Et en même temps les dix mètres de tuyaux nécessaires.

« Regardez les oiseaux de l’air, ils ne sèment ni ne moissonnent mais votre Père céleste les nourrit ». Vers la fin de la première année Dieu m’envoya des gérants entendus en Monsieur Senn et sa femme et sous leurs bons soins le petit Ruban Bleu fleurit et pouvait après trois ans payer son propre loyer. Au bout de quelques années Monsieur Senn fonda un autre hôtel et je dus venir moi-même habiter le Ruban Bleu pour lui conserver son caractère de Maison du Seigneur.

Mon cher et vénéré compagnon de bataille, Monsieur Le Quéré me quitta pour finir ses jours en Bretagne, auprès de ses enfants, mais Dieu ne me laissa pas seule, Il m’envoya un de ses enfants Monsieur Félix Gallice, un aide précieux dans la Maison du Seigneur et dans la Mission, ainsi que le cher et vénéré Monsieur Chaumet. Au fond de la salle de la rue Dauphine étaient ces mots : « Eglise Universelle de Jésus-Christ ». Cela effaçait tout sectarisme et permettait au Saint-Esprit de nous diriger en pleine liberté, c’est ainsi que nous fûmes puissamment aidés et réjouis par de fréquentes visites d’hommes et de femmes remplis du Saint-Esprit. Madame Polman d’Amsterdam surnommée l’oiseau du Paradis par Monsieur Le Quéré, Monsieur Wigglesworth, Madame Wight, Monsieur et Madame Karlsson de Suède et beaucoup d’autres, puis un jeune homme qui vint au Ruban Bleu pour perfectionner sa connaissance du français, Monsieur Douglas Scott. Il était plein de foi et d’entrain. A ce moment la salle Dauphine fut déménagée au 45 du quai Vidcoq, dédiée à la grâce de Dieu. Une somme énorme fut réclamée pour ce changement et le jour venu, la grande amie des temps héroïques de la Mission fut choisie par notre Père pour nous donner une liasse de billets de banque. Regardez les oiseaux du ciel

De grandes bénédictions accompagnèrent ce changement et pourtant ce n’était pas encore le réveil demandé. Il fallait persévérer, persévérer dans la prière et nous persévérâmes à quelques-uns. Le terrain était labouré, la dynamite divine préparée, il ne manquait qu’une allumette et le Seigneur de nouveau pourvut.

En Février 1930 Monsieur Douglas Scott qui venait de se marier et qui avait fait de riches expériences m’écrivit pour m’offrir une visite. « Venez » répondis-je avec joie. Dès la première réunion, la puissance du Saint-Esprit se fit sentir, des guérisons s’opérèrent et l’auditoire alla en augmentant, tellement qu’il fallut songer à chercher une plus grande salle. Un jeune ami qui avait voulu créer une société de Gens Heureux pour laquelle, disait-il, il fallait une grande salle avec une spacieuse entrée en avait découvert une rue André Caplet et m’y avait conduite. C’est dans cette salle que se déversa le trop plein du quai Vidcoq et là qu’après le départ de Monsieur Douglas Scott le Seigneur a employé son serviteur Monsieur Félix Gallice en opérant des transformations complètes de caractères et des guérisons et a formé une véritable Société de Gens Heureux qui a nécessité dans sa croissance rapide le transfert dans une quatrième salle beaucoup plus grande, à la rue Franklin.

SI TU CROIS, TU VERRAS LA GLOIRE DE DIEU (Jean 11:40)

Depuis lors le feu s’est étendu dans beaucoup de villes en Normandie, en France et en Belgique.

« Lecteur, prie pour le monde ! »

Hélène BIOLLEY – Octobre 1936

Charles Fox Parham le déçu du manque de puissance

En 1900, le pasteur Charles Fox Parham, était déçu du manque de puissance dans la vie chrétienne comparé à ce que les premiers chrétiens expérimentaient dans le Nouveau Testament.

Avec un groupe de 40 personnes venus étudier la Bible avec lui à Topeka dans le Kansas, ils vinrent à la conclusion que ce qui manquait était le baptême du Saint-Esprit et que le parler en langues en était le signe. Suite à la méditation et la prière en groupe, tous se mirent à partler en langues, on rapporta aussi plusieurs guérisons lors de leurs réunions.

Feu de la Pentecôte à Los Angeles

On pourrait faire commencer l’histoire à la fin du XVIII° siècle avec John Wesley, pasteur méthodiste. Pendant tout le XIX° siècle, les Mouvements de Sanctification américains réfléchissent et prêchent sur la nécessité d’une expérience de sanctification qui ne peut venir que de l’Esprit-Saint.

En 1904 se déroule le grand réveil gallois qui fait une impression très profonde sur le monde chrétien. Dans un esprit d’attente et de foi en vue de plus grande choses encore, des chrétiens réveillés intercèdent alors pour que ce réveil se prolonge dans leurs pays respectifs.

Cette attente spirituelle manifestée par une partie du courant évangélique anglo-saxon envers une expérience marquante de sainteté, que certains appelaient «seconde expérience», puis «baptême de feu» et enfin «baptême du Saint-Esprit» a conduit au Réveil de Pentecôte. Ce Mouvement fut appelé «Pentecôtiste» en référence au récit des Actes des Apôtres, car il était question d’une redécouverte du baptême du Saint-Esprit et des charismes.

Dans l’histoire, on retrouve le parler en langue – phénomène particulier associé à la pentecôte – dans les réveils chrétiens de touts les temps. En divers lieux, plusieurs ont témoigné qu’ils avaient fait une expérience spirituelle accompagnée du parler en langues avant les débuts officiellement reconnus du Mouvement de Pentecôte, mais dans de nombreux cas, ce n’est que longtemps après qu’ils comprirent ce qui leur était réellement arrivé, en le rattachant aux expériences décrites dans le Nouveau Testament. En général, quand ils essaient de décrire cette expérience, ils disent qu’ils se sont sentis remplis par l’Esprit, et que cette plénitude était accompagnée par des «soupirs inexprimables» du cœur dans la louange et la prière.

Historiquement, la naissance du pentecôtisme est associée avec les évènements de Topeka en 1900 et le réveil de la Rue d’Asuza, à Los Angeles en 1906. Sûrement parce que c’est ce qui se passa là qui attira pour la première fois l’attention du public et des journalistes.

L’école Biblique de Topeka, 1900

Après s’être rendu dans de nombreuses réunions du mouvement de sanctification, le pasteur Charles Parham pressent « qu’une grande effusion de l’Esprit de puissance pour les chrétiens » va se produire avant la seconde venue du Christ. Il ouvre l’école Biblique de Topeka (Kensas) en octobre 1900. Au programme, un seul cours et un seul livre : La Bible ; deux objectifs : « sonder les Écritures et obéir à chaque commandement de Jésus »

Après avoir étudié le chapitre 2 des Actes des Apôtres, Parham et un groupe d’étudiant arrive à la conclusion qu’il leur manque le baptême du Saint-Esprit et que le parler en langues en est le signe. La nuit du 31 décembre 1900, les étudiants la passent avec Parham dans la prière et la méditation. Une certaine Miss Agnes N. Ozman demande qu’on lui impose les mains comme il est dit dans la Parole. Après quelques hésitations Parham y consent et Miss Ozman se met à parler dans une autre langue, identifiée plus tard comme du chinois. La nouvelle se répand et 12 pasteurs venant d’autres dénominations seront remplis de l’Esprit à leur tour.

Asuza Street, 1906

Un homme de couleur du nom de William Seymour, ancien étudiant de Parham, va être un moyen de Dieu à Los Angeles.

Il était venu des réunions de réveil de Houston mais lorsqu’il avait témoigné tout simplement de ce qui se passait là-bas, on lui avait claqué la porte au nez et les membres de l’Assemblée qui appartenait au Mouvement de Sainteté avaient appelé leur président pour qu’il vienne à Los Angeles, enseigner une bonne fois pour toutes que le baptême dans le Saint-Esprit se réduisait à une simple expérience de sanctification. Mais quand ce brave homme entend Seyrnour parler du Baptême de l’Esprit selon le Livre des Actes accompagné du parler en langues, il veut, lui aussi, l’expérimenter. Il est remarquable de constater que Seymour n’avait pas encore reçu ce baptême à cette époque.

Les réunions sont transférées dans une maison particulière, au 214 rue Bonnie Brae, et alors qu’un groupe de croyants jeûnent et prient pour recevoir le baptême dans le Saint-Esprit, le 9 avril 1906, « le feu tombe ». Le frère Seymour reçoit sa Pentecôte personnelle le 12 avril. De plus en plus de gens viennent aux réunions, et c’est ainsi qu’on en arrive à acheter les locaux du 312 rue d’Asuza pour pouvoir accueillir tout le monde.

Dans le réveil à Los Angeles, des évêques blancs et des ouvriers noirs, des hommes et des femmes, des Asiatiques et des Mexicains, des professeurs blancs et des indigènes noirs sont tous égaux. Il n’est pas dès lors étonnant que la presse religieuse et la presse séculière rapporte en détail ces événements extraordinaires. Des articles à sensation, dans des quotidiens, bien que publiés avec un tout autre motif, contribuent à répandre la nouvelle. Bien sûr, les journalistes insistent particulièrement sur le parler en langues et sur tout ce qui peut se produire de spectaculaire. Ils s’intéressent bien peu au travail en profondeur qui se fait, aux moments extraordinaires où les croyants sondent leur cœur et se vident de leur « moi » devant le Seigneur.

Des visiteurs commencent alors à arriver de divers coins de l’Amérique du Nord et finalement de plus loin encore. Ils viennent d’horizons différents, de confessions religieuses différentes. Des chrétiens servant le Seigneur, des pasteurs, des évangélistes, des missionnaires et d’autres viennent pour voir, par eux-mêmes. Beaucoup avaient soif de Dieu et restent pour rechercher et recevoir leur « Pentecôte » personnelle. Ils seront ensuite des « canaux » pour bien des « Pentecôtes » locales.

Parmi eux, le pasteur méthodiste norvégien T.B. Barratt se rend en Amérique en 1906 et découvre la pentecôte. C’est ainsi que démarre un grand mouvement Pentecôtiste en Norvège. En 1907, il introduit le mouvement en Angleterre et sera considéré comme l’apôtre du pentecôtisme en Europe.

Le réveil pentecôtiste dans différentes parties du monde

Les manifestations de Topeka et de Los Angeles ne sont pas les premières mais plutôt quelque uns des plus beaux épisodes.

Ainsi, dès 1830, dans les milieux évangéliques de Russie, en particulier en Arménie à Kara-Kala, se produisirent de nombreuses manifestations surnaturelles : parler en langue, prophéties, miracles… Entre 1900 et 1910, le réveil pentecôtiste se manifesta dans différentes parties du monde sans qu’il y eu de contact entre les foyers.

Les dons spirituels se sont manifestés dans toutes les Églises au cours des siècles. La naissance du pentecôtisme est due au fait que des chrétiens évangéliques ont relié l’expérience du parler en langues avec la notion de baptême du Saint-Esprit. Cela créait une rupture d’avec la théologie traditionnelle : le Saint-Esprit n’était pas donné au croyant lors de sa conversion, de son baptême d’eau ou de sa confirmation, mais lors d’une expérience distincte, totalement en dehors de la volonté humaine (Charles Parham lui-même ne fit pas cette expérience !) et en dehors de tout cadre liturgique. Ainsi on pouvait être chrétien de longue date mais ne pas avoir reçu ce baptême du Saint-Esprit.

En étudiant l’histoire du pentecôtisme, on remarque qu’il n’y a pas de fondateur. Ses leaders les plus connus ont justement été connus parce qu’ils sont entrés dans cette mouvance, non parce qu’ils l’ont créée. Les premiers pentecôtistes ne voulaient pas à l’origine former une nouvelle confession chrétienne. Ils se pensaient comme ferment de renouveau au sein de leurs Églises et avaient devant eux la vision d’un réveil qui atteindrait et inspirerait toutes les fractions de l’Église chrétienne. Les années ont passé et la formation d’Églises pentecôtistes distinctes a amené une évolution inévitable : une organisation grandissante et un Mouvement qui est maintenant reconnu comme une confession religieuse de plus.

Marseille : Des témoignages vivants qui touchent bien des cœurs !

Nous remercions Dieu pour le travail qu’il accomplit parmi nous, même au milieu de la saison dite « morte » car vraiment par son Saint-Esprit il fait une belle œuvre.

Nos réunions d’évangélisation vont toujours grandissant et les témoignages vivants de salut et de guérison touchent bien des cœurs. Le chœur qui vient de naître donne la preuve du talent musical, et cet hiver il aidera sensiblement dans les réunions publiques.

Nos réunions de prière, limitées aux seuls baptisés du Saint-Esprit sont très vivantes ; Il y a une grande liberté et une grande puissance. La semaine passée, un frère qui y assistait a reçu une bénédictin particulière : en se levant le lendemain, il a vu que l’infirmité qui le tenait courbé depuis sa jeunesse avait disparu, il était redressé !

Notre jeunesse qui se prépare pour le service du Seigneur par l’étude de la Parole de Dieu, la prière et les réunions en plein air touche maintenant la vingtaine, tous sont baptisés du Saint-Esprit, et nous les comptons parmi les soixante-quinze qui ont reçu cette grâce divine. Nous comptons avoir, Dieu voulant, une autre cérémonie de baptême le 22 septembre, où une vingtaine de nouveaux convertis vont s’ajouter aux cent vingt qui ont déjà suivi leur Maître dans cet acte d’obéissance et de foi.

Hier matin au culte, un frère malade, que seule une opération pouvait guérir, a eu la joie de recevoir la guérison après la prière. C’est ainsi que le Seigneur rend hommage à la vérité de sa Parole, et nous bénissons son saint nom.

Vous m’excuserez de donner des chiffres si froids, mais ils parlent des âmes qui palpitent  de la joie que donne l’assurance du salut et qui sont heureuses de témoigner en plein air de cette foi, devant un monde incrédule. Priez avec nous et pour nous, afin que Dieu nous donne de voir le Réveil s’étendre cet hiver dans les autres villes du Midi.

Douglas R. Scott (Viens et Vois octobre 1935)

Mission de Perpignan, 1950

En prenant la plume pour donner aux lecteurs de « Viens et Vois » quelques impressions de la Mission de Perpignan, je désire, par la grâce de Dieu, encourager les chrétiens de Pentecôte isolés à prier afin que le Réveil de leur contrée se manifeste. Les Réveils de Limoges, Grenoble, Dijon, Carcassonne et maintenant Perpignan peuvent être directement attribués aux exaucements accordés aux chrétiens isolés qui ont arrosé le terrain de leurs prières et préparé ainsi le Réveil.

Débordés par la foule

A Perpignan, nous pouvons dire que nous avons été débordés par la foule attirée par la guérison et qui a pu entendre, par cette occasion, pendant plusieurs semaines le message du plein Evangile. Les première réunions comptaient une soixantaine d’auditeurs ; mais lorsqu’il  plut au Seigneur de confirmer sa Parole par des guérisons, la salle se remplit rapidement et nous fûmes obligés de faire quatre réunions par jour pour répondre aux nécessités du moment. Il a été répandu près de sept cents Nouveaux Testaments et la Parolede Dieu portera ses fruits. Quelques témoignages de guérison donné de vive voix dans les réunions ont été accueillis par des applaudissements ; puis lorsque j’ai affirmé qu’il faut confesser à Dieu seul par Jésus-Christ, le seul Médiateur, et non pas à des hommes pécheurs comme nous le sommes nous-mêmes, les applaudissements ont crépité partout dans la salle.

Nombreuses guérisons

Nous avons recueilli plus de soixante-dix témoignages de guérison écrits mais d’autres, comme les neuf lépreux, sont partis sans témoigner, cependant bien guéris par la grâce et la miséricorde de Dieu. En quelques jours, nous avons prié pour plus de mille deux cents personnes ; maintenant les auditoires se stabilisent à environ un millier de personnes chaque jour. Le Seigneur a confirmé sa Parole en guérissant les rhumatisants, des sourds, des arthritiques, et des vieillards dont la santé a été rétablie. Prions tous afin que cet automne il y ait une grande moisson d’âmes prêtes pour le glorieux retour de notre bien-aimé Sauveur.

Douglas et Clarisse Scott (Viens et Vois, août 1950)

Azusa Street, la grande Pentecôte qui préfigure le dernier réveil à venir!

William J. Seymour et Frank Bartlemen sont les deux noms qui sont le plus souvent associés aux instruments qui ont été utilisés pour déclencher le Réveil d’Azuza Street. A bien des égards, ils étaient différents l’un de l’autre mais tous les deux étaient des jeunes hommes qui avaient un désir peu commun de connaître le Seigneur et de voir Sa puissance restaurée dans l’Eglise.

Seymour était incontestablement le conducteur du réveil, et c’est lui qui détenait l’autorité sur terre, mais Bartlemen était l’intercesseur qui détenait l’autorité avec Dieu.

En 1904-1905, Bartlemen commença à désirer ardemment plus de puissance. Il reçut le lourd fardeau de voir le même genre de réveil que celui dont il avait entendu parler au Pays de Galles, qui changea non seulement des individus, mais aussi des villes entières. Plus il travaillait, plus il combattait dans la prière dans le but de voir une telle visitation de Dieu.

A Los Angeles, ainsi que dans de nombreux endroits à travers le AFM_on_azusa_streetmonde entier, les cœurs étaient préparés tout comme l’était Bartlemen. Au temps voulu de Dieu, ils allaient plus tard venir ensemble dans la petite mission fermée d’Azuza Street. Là, ils allaient former ensemble une étincelle qui allait un jour enflammer les nations.

Ceci était un des éléments uniques du réveil d’Azuza Street: il n’était pas uniquement centré sur un seul homme. De même que Paul n’aurait pas pu être libéré dans son appel d’apôtre si Barnabas n’était pas venu le rejoindre, nos propres destinées dépendent souvent de notre humilité à chercher ceux auxquels nous avons besoin d’être joints en vue d’accomplir Ses desseins. Même Jésus se soumit au ministère de Jean-Baptiste avant de rentrer dans Son propre appel. Le Seigneur a conçu ainsi Ses plans afin que nous ayons tous besoin les uns des autres. Plus nous sommes capables de nous humilier pour nous associer à d’autres, plus nous porterons du fruit en définitive.

Le 1er mai 1904, un semblant de réveil éclata dans l’église épiscopale méthodiste de Lake Avenue à Pasadena. Des intercesseurs avaient prié pour qu’un réveil survînt à Pasadena et le Seigneur exauça leurs prières. Bartlemen visita l’église et fut profondément touché. Le fait que l’autel se remplissait d’âmes en recherche l’encourageait à se déterminer à voir le Seigneur agir de la même manière à Los Angeles.

Cette même nuit, il rédigea des remarques prophétiques dans son journal. Il commença à énumérer les futurs dangers qui certainement allaient talonner de près le grand réveil à venir dont il pensait qu’il était proche. Il écrivit que: « Beaucoup d’églises passeraient à côté du réveil parce qu’elles seraient restées dans l’auto-satisfaction. »

Leur succès ou leur échec en définitive, écrivait-il, dépendrait du fait qu’elles resteraient ou non suffisamment humbles pour rechercher la grâce de Dieu. Il ressentait que si ceux qui seraient utilisés dans le réveil se laissaient emporter par le sentiment de leur propre importance, cette grande opportunité serait perdue.

Bartlemen écrivit que: « Dieu a toujours recherché un peuple humble. Il ne peut pas utiliser autre chose…. La préparation du cœur dans l’humilité et la séparation sont toujours grandement nécessaires avant que Dieu ne puisse venir par la suite. La profondeur de n’importe quel réveil sera déterminée exactement par l’esprit de repentance qui est atteint. En fait, il s’agit là de la clé de tout réveil véritable né de Dieu. »

Bartlemen lut ensuite le livre de S.B. Shaw, « The Great Revival in Wales » (Le Grand Réveil au Pays de Galles), et le feu allumé dans son cœur ne pouvait plus se contenir. Délaissant sa profession séculière afin de se consacrer à plein temps au ministère, il en était arrivé à un stade où il devait soit périr, soit voir le réveil. Il en était si affamé qu’il perdait même son appétit. « L’homme ne vivra pas de pain seulement », déclarait-il à ceux qui se faisaient du souci pour lui.

Dans son cœur, Bartlemen avait résolu qu’il était préférable pour lui de mourir que de manquer l’opportunité d’obtenir une grande visitation de Dieu. Il s’était abandonné si complètement au Seigneur qu’il n’avait rien d’autre sur quoi il pourrait se rabattre si Dieu n’agissait pas. Depuis qu’au commencement Jésus a appelé Ses disciples, ainsi a été la nature des piliers sur lesquels Il a bâti Son Eglise.

A longueur de journée, Bartlemen rendait visite aux gens, leur donnant la brochure de G. Campbell Morgan sur le réveil du Pays de Galles. La brochure toucha profondément plusieurs autres personnes. Bartlemen fut en mesure d’inscrire certaines d’entre elles sur une liste pour qu’elles prient en faveur d’une puissante effusion de l’Esprit sur la ville. Son attention se fixait si intensément sur la chose qu’il commençait à se réveiller au milieu de la nuit en élevant des louanges à Dieu.

« J’y allais maintenant jour et nuit, m’exhortant moi-même à avoir foi en Dieu pour voir des choses puissantes », écrivait Bartlemen dans son journal. « L’esprit du réveil me consumait. L’esprit de prophétie venait sur moi avec force aussi. Il me semblait avoir reçu un don bien spécifique de foi pour le réveil. Nous étions à l’évidence au commencement de jours merveilleux à venir, et je prophétisais continuellement qu’une puissante effusion allait survenir. »

« Les réunions n’avaient pas seulement lieu jour et nuit, mais souvent toute la nuit. Les gens avaient une passion presque incontrôlable pour le Seigneur, et cela continuait de se répandre. Un autre pasteur de Los Angeles (Joseph Smale) commençait aussi à prophétiser des choses merveilleuses à venir, dont « le retour rapide des dons apostoliques dans l’Eglise. » Les gens commençaient à avoir le sentiment que Los Angeles serait comme un type de Jérusalem, où l’Esprit était venu pour la première fois habiter dans les hommes. » Peu avant juin 1905, les prières étaient passées de la prière en faveur d’un autre réveil tel que celui du Pays de Galles à la prière en faveur d’une autre Pentecôte.’  »

Le 3 juillet 1905, Bartlemen et son partenaire de prière Boehmer priaient dans une salle à Pasadena lorsque le fardeau devint presque insupportable. Ils crièrent comme des femmes sur le point d’accoucher. Lorsque le fardeau se fut apaisé, ils s’assirent juste un moment, appréciant le calme qui les enveloppait. Soudain, le Seigneur Jésus Se révéla à eux, Se tenant debout entre eux deux. Ils n’osèrent pas bouger. L’amour les transperça et ils sentirent comme un feu brûlant les pénétrer. Bartlemen écrirait plus tard:

« … Mon être entier semblait s’écouler devant Lui, comme de la cire en présence du feu. Je perdis toute conscience du temps et de l’espace, n’étant conscient que de Sa merveilleuse présence. Je L’adorais à Ses pieds. Cela me semblait être une véritable Montagne de la Transfiguration. Je me perdis dans l’Esprit pur. Le Seigneur ne nous avait rien dit, mais Il avait seulement envahi nos esprits de Sa présence. Il était venu nous fortifier et nous assurer de Son soutien. Nous savions maintenant que nous étions ouvriers avec Lui, des canaux intimes de Ses souffrances, dans le ministère d’enfantement des âmes. Un réel enfantement de l’âme est tout aussi réel dans l’esprit que les douleurs humaines de l’enfantement naturel. La similitude est presque parfaite dans sa similarité. Aucune âme n’a jamais été enfantée sans cela. Tous les véritables réveils du salut viennent de cette manière. »

A partir de ce moment-là, le fardeau d’intercession possédait à tel point Bartlemen qu’il jeûnait et priait si fréquemment que sa femme commença à nourrir des craintes au sujet de sa vie. En dépit de cela, il ne pouvait pas se laisser persuader de s’arrêter. Il avait l’impression d’être à Gethsémané avec le Seigneur. L’enfantement de son âme était si intense qu’il pensait qu’il risquait de mourir avant de voir l’exaucement de ses prières. Mais il poursuivit encore ses efforts malgré cela.

Certains commençaient à croire que Bartlemen était en train de perdre la tête. Peu pouvaient comprendre ce qu’il traversait. Toutefois, ceci était l’intercession apostolique qui avait contraint Paul à risquer sa vie; à jeûner, prier et se consacrer à des « veilles » (des nuits entières de prière); à être exposé aux coups, aux lapidations ou toutes les autres choses requises pour l’avancement de l’Evangile. Paul expliquait à tous ceux qui se préoccupaient de toutes les épreuves qu’il endurait: « Et ce qui manque aux souffrances de Christ, je l’achève en ma chair pour Son corps, qui est l’Eglise » (Colossiens 1:24). Ces paroles revenaient à l’esprit de Bartlemen ravivées de façon croissante.

Aux yeux de « l’homme neutre », une telle consécration radicale semble pure folie, mais elle est fondée sur les « choses de l’Esprit » qu’une telle personne ne peut pas comprendre. Néanmoins, Bartlemen était profondément saisi par les paroles provocantes suivantes de Jésus: « Quiconque voudra sauver sa vie la perdra » (Matthieu 16:25). Et « à moins que le grain de blé ne tombe en terre et ne meure, il reste seul; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit » (Jean 12:24). Cela lui importait peu de devoir mourir, il voulait à l’heure même un réveil plus qu’il ne désirait vivre.

Bartlemen rédigea ensuite un autre article qui allait produire encore plus de ferveur. Il le concluait avec une prophétie qui allait bientôt s’accomplir: « Des héros vont se lever de la poussière des circonstances obscures et méprisées, et leurs noms seront placés sur les blasons de la page éternelle de la renommée. L’Esprit est en train de couver de nouveau notre pays comme à l’aube de la création, et le décret de Dieu est proclamé: « Que la lumière soit! » Frères et sœurs, si nous croyions tous Dieu, pourrions-nous réaliser ce qui pourrait arriver? Beaucoup parmi nous ne vivent pour rien d’autre. Une quantité de prières de la foi monte jusqu’au trône de Dieu jour et nuit. Los Angeles, la Californie du Sud, et tout le continent vont sûrement se trouver dans peu de temps en plein dans un puissant réveil, par l’Esprit et la puissance de Dieu. » (Way of Faith, 16 novembre 1905)

Après un culte à l’église New Testament Church (avec le pasteur Smale) en février 1906, Bartlemen et quelques autres furent conduits à prier pour que le Seigneur répande Son Esprit rapidement, avec des signes qui accompagnent l’effusion. Ils n’avaient pas à l’esprit les langues, et plus tard déclareraient qu’à ce moment là ils n’avaient même pas entendu parler d’une telle chose ni encore moins pensé à elle.

Quand le feu tombe … Le réveil d’Azusa Street

Le dimanche matin du 15 avril 1906, une sœur noire fréquentant les réunions de Seymour sur le porche frontal, assista à un culte à l’église New Testament Church du pasteur Smale et parla en langues. Ceci produisit un grand émoi. Presque comme pour la première effusion de l’Esprit à la Pentecôte, les gens se rassemblèrent en petits groupes sur les allées après le culte, cherchant à savoir ce que cela pouvait bien signifier. Le petit groupe du porche frontal avait réclamé avec ferveur une effusion du Saint-Esprit. Le 9 avril, l’Esprit était venu aux réunions du porche frontal d’une façon très similaire au jour originel de la Pentecôte.

Quand Bartlemen en entendit parler ce dimanche matin là, il se rendit immédiatement à ces réunions, où il trouva le Dieu Tout Puissant à l’œuvre. Plus tard, il écrirait à propos de ce jour-là:

« Nous avions prié pendant de nombreux mois afin d’obtenir la victoire. Jésus maintenant « montrait de nouveau qu’Il est vivant » à un grand nombre. Les pionniers avaient effectué une percée permettant à la multitude de suivre. »

« Il y avait un esprit général d’humilité manifesté lors de la réunion. Ils étaient transportés avec Dieu. A l’évidence, le Seigneur avait trouvé la petite compagnie enfin, en dehors comme toujours, à travers laquelle Il pouvait faire Son chemin. Dieu n’avait pas établi une mission instituée où ceci aurait pu être accompli. Ils étaient entre les mains des hommes, l’Esprit ne pouvait pas œuvrer. D’autres bien plus prétentieux avaient échoué. Ce que l’homme estime avait été une fois de plus contourné et l’Esprit enfanté de nouveau dans une humble « étable » en dehors des établissements ecclésiastiques. »

Comme pour la plupart des grands mouvements de Dieu dans l’histoire, quand le réveil de Pentecôte démarra, très peu comprirent la véritable signification de ce qui se passait, peu même parmi ceux qui avaient été utilisés pour prophétiser sa venue. Il ne commença pas comme un mouvement de foule, mais comme une petite réunion de prière.

Ceci indique une partie de l’émerveillement et de la grandeur du fait d’être chrétien. Lorsque vous êtes en relation avec le Dieu Tout Puissant, Celui qui a créé le monde par une parole, tout ce qu’Il décide de toucher par Son souffle peut avoir des conséquences bien au-delà de la compréhension humaine. Parce qu’Il est Dieu, Il peut prendre en main la réunion de prière la plus humble et l’utiliser pour remuer le monde entier. Parce qu’Il Se plaît à utiliser les humbles, les faibles et même les fous, la plus humble réunion de prière peut avoir des conséquences historiques.

Néanmoins, le Seigneur accomplit généralement de telles choses uniquement après une période de préparation. Lors du réveil d’Azuza Street, Il utilisa des hommes et des femmes qui, comme Frank Bartlemen, avaient une telle passion pour le Seigneur et Ses desseins qu’ils la communiquaient aux autres. Quand le feu fut finalement allumé, il enjamba rapidement toutes les barrières imposées par les hommes et se déplaça par delà du contrôle humain.

Tout pionnier qui a été utilisé par Dieu pour engendrer de grandes avancées spirituelles est, du moins au début, apparu imprudent et dangereux pour l’Eglise dans laquelle il avait été envoyé pour la réveiller. Bartlemen et Seymour n’étaient pas des exceptions à la règle. Tout ce qu’ils désiraient, c’était simplement Dieu et ils le voulaient si ardemment qu’ils ne se souciaient pas de ce que personne pouvait penser à ce sujet. Ils ne pouvaient pas vivre à l’intérieur des limites de leur temps, et c’est ainsi qu’ils furent utilisés pour repousser ces limites. Leur abandon spirituel servit au bénéfice de millions démultipliés de gens qui allaient suivre.

La petite réunion de prière de Seymour dut déménager du porche frontal de Bonnie Brae Street pour s’installer au 312, Azuza Street à cause du nombre croissant de visiteurs. Là, ils avaient loué un vieux bâtiment qui avait été autrefois une église méthodiste située au centre de la ville, mais devenue alors depuis longtemps inutilisable pour des réunions. Il était devenu un réceptacle de bois de charpente, de plâtre, etc.. Ils avaient fait suffisamment de place sur la poussière et les débris environnants pour pouvoir poser quelques planches au-dessus de tonneaux vides à clous, avec assez de sièges pour asseoir 30 personnes. Ceux-ci étaient disposés sur une surface carrée face à face l’un de l’autre.

Le bruit courut « comme un feu dans du bois sec » à propos de ce qui était arrivé au petit groupe de prière de Seymour. Ceci fut probablement causé par le remarquable ministère de Frank Bartlemen qui avait écrit une flopée d’articles et de tracts et qui s’était constamment déplacé dans les environs de la ville pour exhorter les églises et les groupes de prière à rechercher le Seigneur en vue d’un réveil. Ils aspirait à voir le Seigneur accomplir à Los Angeles ce qu’Il avait récemment fait au Pays de Galles. Au bout d’un moment, Bartlemen commençait à ressentir que ce qui allait survenir à Los Angeles serait différent de ce qui avait eu lieu au Pays de Galles, et il commença à prophétiser la venue d’une « autre Pentecôte ».

Le zèle de Bartlemen pour le Seigneur à ce moment-là était si grand que sa femme et ses amis commencèrent à éprouver une certaine crainte qu’il ne meure. Il manquait tant d’heures de sommeil et un si grand nombre de repas dans le but de prier qu’ils ne pensaient pas qu’il pourrait tenir beaucoup plus longtemps. Sa réponse à leurs supplications à se modérer était qu’il préférait mourir plutôt que de ne pas voir le réveil.

Là où est l’Esprit, là est la liberté

Il y a un autre aspect du remarquable leadership de Seymour à Azuza. C’était sa capacité à discerner et à faire confiance au leadership du Saint-Esprit, et à Lui donner la liberté qu’Il réclame, si nous voulons connaître Sa plénitude. En dépit de pressions pratiquement constantes de la part de responsables d’église internationalement réputés, qui venaient du monde entier pour imposer ce qu’ils percevaient comme devant être l’ordre nécessaire et la direction du réveil, pendant plus de deux ans, Seymour tint fermement le cap et permit au Saint-Esprit d’agir dans Ses propres et souvent mystérieuses voies. Comme Evan Roberts qui, au même moment était à la tête du Grand Réveil Gallois, la plus grande qualité de Seymour dans le leadership était sa capacité à suivre le Saint-Esprit.

Seymour et Roberts croyaient que le Saint-Esprit avaient besoin de liberté pour agir dans toute personne de Son choix, et non seulement parmi l’équipe dirigeante. Ils se résolurent tous les deux à permettre à n’importe qui d’être utilisé par le Seigneur, y compris même les plus humbles croyants. Ceci amenait quelquefois l’embarras, mais le plus souvent, cela permettait au Saint-Esprit d’accomplir des choses merveilleuses parmi eux. Si nous désirons réellement le Saint-Esprit au milieu de nous, nous devons Lui permettre d’être le conducteur. Il est, après tout, Dieu.

Les dirigeants du réveil d’Azuza

« Le frère Seymour était reconnu comme le conducteur nominal en charge. Mais nous n’avions ni pape, ni hiérarchie. Nous étions « frères ». Nous n’avions aucun programme humain. Le Seigneur Lui-même dirigeait. Nous n’avions pas de classe de prêtres, ni de prêtres de profession. Ces choses sont rentrées plus tard, avec l’apostasie du mouvement. »

« Nous n’avions même pas de plate-forme, ni de chaire au début. Tous étaient au même niveau. Ces ministères étaient des serviteurs, d’après la véritable signification du terme. Nous n’honorions pas les hommes pour leurs avantages, que ce soit en termes de moyens ou d’instruction, mais plutôt pour leurs « dons » accordés par Dieu… »

« Le frère Seymour s’asseyait généralement derrière deux boîtes de chaussures vides, l’une placée au dessus de l’autre. Il gardait habituellement la tête à l’intérieur de la boîte de dessus pendant la réunion de prière. Il n’y avait pas la moindre trace d’orgueil là-bas. »

Les réunions

Nous citions Frank Bartlemen:

« Au début du réveil, nous n’avions pas d’instruments musicaux. En fait, nous n’en ressentions pas le besoin. Il n’y avait aucune place pour eux dans notre adoration. Tout était spontané. Nous ne chantions même pas à partir de recueils d’hymnes. Tous les anciens hymnes bien connus étaient chantés de mémoire, ravivés par l’Esprit de Dieu. « Le Consolateur est venu » était probablement l’un des plus fréquemment chantés.

Nous le chantions à partir d’une fraîche et puissante expérience du cœur. Oh, comme la puissance de Dieu nous remplissait et nous faisait trembler.

« Les chants relatifs au « sang » étaient alors très populaires. « La vie est dans le sang », le Sinaï, le Calvaire et la Pentecôte, tous étaient à leur bonne place dans l’œuvre d’Azuza. Mais le « cantique nouveau » était tout à fait différent, et n’était pas de composition humaine. Il ne pouvait pas être contrefait. La couronne ne peut pas imiter la colombe…

« L’esprit des chants donnés par Dieu au début d’Azuza etaient comme la harpe aéolienne dans sa spontanéité et sa douceur. En fait, c’était le souffle même de Dieu qui jouait sur les cordes du cœur humain, ou les cordes vocales humaines. Les notes étaient magnifiques en douceur, volume et durée. En fait, elles étaient résolument humainement impossibles. C’était « des chants de l’Esprit ».

C’était un don de Dieu de qualité supérieure et il apparut parmi nous après le début de l’œuvre d’Azuza. Personne ne l’avait prêché. Le Seigneur nous l’avait souverainement accordé avec l’effusion du « résidu d’huile », le baptême du Saint-Esprit de la pluie de l’arrière-saison. Il était exercé, lorsque le Saint-Esprit touchait ceux qui possédaient ce don, soit en mode solo, soit collectivement. Il était quelquefois sans paroles, d’autres fois en « langues ». L’effet était merveilleux sur les gens. Il amenait une atmosphère céleste, comme si les anges eux-mêmes étaient présents et se joignaient à nous. Et il est possible qu’ils fussent présents. Quelqu’un a dit que chaque réveil fraîchement suscité amène sa propre hymnologie. Ce fut certainement le cas pour celui-ci.

« Les réunions se succédaient presque en continu. Des âmes en recherche pouvaient se trouver sous la puissance pratiquement à toute heure, nuit et jour. Le lieu n’était jamais ni fermé, ni vide. Les gens venaient rencontrer Dieu. Il était toujours là. D’où les réunions en continu. La réunion ne dépendait pas du conducteur humain. La présence de Dieu devenait de plus en plus merveilleuse. Dans ce vieux bâtiment avec ses chevrons et ses sols nus, Dieu mettait des hommes et des femmes forts en pièces et les reconstruisait ensemble pour Sa gloire. C’était un formidable processus de révision. L’orgueil et la présomption, l’importance de l’ego et l’estime de soi ne pouvaient pas survivre là-bas. L’ego religieux proclamait son propre enterrement.

« Aucun sujet ou sermon n’était annoncé à l’avance, et on ne prévoyait pas à l’avance les orateurs pour une telle heure. Personne ne savait ce qui pourrait venir, ce que Dieu ferait. Tout était spontané, selon l’ordre de l’Esprit. Nous voulions entendre Dieu parler, quelle que fût la personne qu’Il utilisait pour parler.

« Nous étions délivrés immédiatement là-bas du hiérarchisme et de l’abus ecclésiastiques. Nous désirions Dieu. Quand nous atteignions la première fois la réunion, nous évitions autant que possible les salutations et les contacts humains. Nous désirions rencontrer Dieu en premier. Nous mettions la tête sous un banc quelconque situé dans un coin et nous nous plongions dans la prière, et rencontrions les hommes uniquement par l’Esprit.

« Les réunions commençaient d’elles-mêmes, spontanément, par des témoignages, la louange et l’adoration. Les témoignages n’étaient jamais soutirés précipitamment par des appels comme pour un moment de distraction. Nous n’avions aucun programme préétabli qu’il fallait à tout prix suivre dans un temps imparti. Notre temps était celui du Seigneur. Nous avions des témoignages réels, provenant d’expériences du cœur toutes fraîches. Sinon, plus courts étaient les témoignages, mieux c’était. Il était possible qu’une douzaine de personnes se tiennent d’un coup sur leurs pieds, tremblant sous la grandiose puissance de Dieu. Nous n’avions pas à attendre un signal venant d’un certain responsable pour intervenir. Et nous étions libres de l’iniquité. Nous étions exclusivement concentrés sur Dieu dans la prière lors des réunions, nos pensées étaient centrées sur Lui… Le Seigneur pouvait se saisir de n’importe qui. Nous priions pour cela continuellement. Quelqu’un se levait alors oint pour donner le message. Tous semblaient reconnaître ce fait et lui laisser libre cours.

Cela pouvait être un enfant, une femme ou un homme. Cela pouvait venir du siège du fond de la pièce, ou de l’avant. Il n’y avait aucune différence. Nous nous réjouissions de ce que Dieu était à l’œuvre. Personne ne voulait paraître. Nous pensions uniquement à obéir à Dieu. En fait, il y avait une atmosphère divine là-bas qui empêchait quiconque hormis un fou de tenter de se mettre en avant sans la réelle onction.

Et ceci ne dura pas bien longtemps! Les réunions étaient contrôlées par l’Esprit, depuis le trône…

« Quelqu’un était peut-être en train de parler. Soudainement l’Esprit descendait sur l’assemblée. Dieu Lui-même appelait à venir à l’autel. Les hommes tombaient partout dans la maison, comme les morts dans une bataille, ou accouraient vers l’autel en foule, pour chercher Dieu. La scène ressemblait souvent à une forêt peuplée d’arbres arrachés. Une telle scène ne peut pas être imitée. Dans ces premiers jours, je n’ai jamais vu d’appel donné à venir à l’autel. A cette époque, l’appel venait de Dieu Lui-même.

« Et le prédicateur savait quand il lui fallait terminer. Quand il parlait, nous obéissions tous. Cela semblait être quelque chose d’effroyable que d’entraver ou d’attrister l’Esprit. Le lieu entier était rempli de prières. Dieu était dans Son saint temple. C’était l’homme qui devait garder silence. La gloire shékina reposait dans ce lieu. En fait, certains affirment avoir vu la gloire pendant la nuit au-dessus du bâtiment. Je n’en doute pas. Je me suis plus d’une fois arrêté entre deux immeubles du lieu pour prier afin d’être fortifié avant d’oser continuer mon chemin. La présence de Dieu était si réelle.

« Nous avons vu un certain nombre de choses magnifiques en ces jours-là. Même des hommes très bons en venaient à s’abhorrer dans la lumière plus claire de Dieu. Les prédicateurs mouraient les plus radicalement. Ils avaient tant de choses auxquelles il leur fallait mourir. Tant de réputation et de bonnes œuvres. Mais quand Dieu venait à bout d’eux, ils tournaient allègrement une nouvelle page et un nouveau chapitre. Il y avait une raison qui expliquait qu’ils luttaient de façon si acharnée. La mort n’est pas du tout une expérience agréable. Tous les hommes forts mouraient radicalement. » (fin de la citation)

Ansel Post (un prédicateur baptiste), lors d’une réunion à Azuza, écrivait à propos de cette expérience de Pentecôte:

« Aussi soudainement qu’au jour de la Pentecôte, alors que j’étais assis à environ 3 mètres et demi, juste devant l’orateur, le Saint-Esprit descendit sur moi et me remplit littéralement. Il me semblait être surélevé, car j’étais en l’air un moment, criant: « Loué soit Dieu », et instantanément je commençai à parler dans une autre langue. Je n’aurais pas pu être plus surpris que si au même moment quelqu’un m’avait tendu un million de dollars. »

Opposition

Bartlemen écrivait le 1er août 1906:

« La Pentecôte est venue à Los Angeles, la Jérusalem des Etats-Unis. On peut trouver à Los Angeles toutes les sectes, tous les credos et toutes les doctrines qui existent sous le ciel, ainsi que toutes les nations représentées. De nombreuses fois, j’ai été tenté de me demander si mes forces tiendraient jusqu’au bout pour la voir. Le fardeau de prière a été très lourd… Les hommes ont maintenant l’âme troublée partout, et le réveil avec ses phénomènes inhabituels est le thème de conversation à l’ordre du jour. Il se manifeste ainsi une terrible opposition. Les journaux locaux s’enveniment et sont particulièrement injustes et partiaux dans leurs affirmations. Les pseudo-systèmes religieux nous livrent une bataille féroce également. Mais « la grêle emportera le refuge des mensonges ».

Un flot purificateur est en train de couler à travers la ville. La Parole de Dieu prévaut. La persécution est forte. Déjà la police a été appelée pour mettre fin aux réunions. L’œuvre a été grandement entravée par les esprits fanatiques qui remplissent en trop grand nombre la ville… Les réunions brassent les foules. Il y a une grande excitation parmi les gens non-spirituels et les perdus.

Les démons sont chassés, les malades guéris, beaucoup sont sauvés avec de grandes bénédictions, restaurés et baptisés du Saint-Esprit et de puissance.

Les héros se développent, les faibles deviennent forts dans le Seigneur. Les cœurs des hommes sont sondés… c’est un temps terrible où chacun passe au tamis, non seulement au niveau des actions mais aussi au niveau des motivations intérieures et secrètes. Personne ne peut échapper au regard tout pénétrant de Dieu. Jésus est élevé, le « sang » mis à l’honneur et le Saint-Esprit honoré une fois de plus. Une grande puissance se manifeste, étendant les gens à terre comme morts.

Et c’est là la principale cause de résistance de la part de ceux qui refusent d’obéir. C’est toute une affaire en réalité… Des hommes forts sont allongés par terre pendant des heures sous la forte puissance de Dieu, fauchés comme l’herbe. Le réveil sera un réveil mondial, il n’en fait aucun doute. » (fin de la citation)

Quelqu’un écrivit dans ces jours là: « Tant que le feu de Dieu est en train de tomber, tant que la voix de Dieu appelle, frères, saisissez-vous de la flamme! »

Bartlemen écrivit:

« Des milliers sont ici venant de toute l’Union et de nombreuses parties du monde. Ceux-ci vont répandre le feu jusqu’aux extrémités de la terre. Le zèle missionnaire est dans sa blanche chaleur. Les « dons » de l’Esprit sont donnés. Certainement que nous sommes dans les jours de la restauration, « les derniers jours », des jours merveilleux, des jours glorieux… »

Nous nous rappelons l’appel que lança Spurgeon sur son lit de mort:

« La présence de Dieu dans l’Eglise mettra un terme à l’infidélité. Les hommes ne douteront pas de Sa Parole quand ils sentiront Son Esprit. Pour des milliers de raisons, nous avons besoin que Yahvé rentre dans le camp, comme autrefois Il a visité et délivré Son peuple de l’esclavage en Egypte. »

A mesure que le réveil progressait, le centre des phénomènes du réveil se déplaçait de lieu en lieu, d’église en église, et fut de nombreuses fois à plus d’un endroit en même temps. Voici ce qui arriva à Bartlemen lorsqu’il conduisait le réveil dans la mission Little Alley Mission à Pasadena:

« A cette époque, je me rendis un soir à la mission Little Alley Mission à Pasadena. J’eus un très lourd fardeau de prière pendant la réunion. Il y avait une jeune femme, un ancien officier volontaire, là, qui avait été rétrograde pendant plusieurs années. Dieu déposa dans mon cœur un lourd fardeau à son sujet et je sentais qu’elle devait être sauvée cette nuit même. La réunion était sur le point de s’achever mais elle restait toujours insensible. Il était 23 heures passées. J’allai lui parler et l’avertis que ce pourrait être sa dernière chance. Elle était toujours assise dans l’indifférence. Alors je commençai à la supplier. Les gens exprimèrent leur désapprobation alors que je la pressais de prendre une décision. Ils pensaient que j’allais trop loin. Mais une agonie de prière était sur moi concernant son âme. Je dus résister à l’opposition de la plupart des autres ouvriers, ainsi que de l’ennemi. Durant une heure complète, je combattis ainsi pratiquement seul. A certains moments, j’étais repoussé par le conflit inégal et fus même tenté de penser que je devais m’être trompé en ce qui concernait la pensée de Dieu. Finalement, je tombai au sol sous le poids d’un réel enfantement de l’âme en sa faveur. Ce fut la crise. Ma vie semblait presque sortir de moi, en faisant éclater ma poitrine… Cette sorte de prière coûte. Alors immédiatement, le fardeau me quitta, il tomba sur elle.

La conviction la saisit. Elle tomba au sol comme si on avait tiré un coup sur elle et elle commença à pleurer dans une agonie de l’âme. Et ainsi pendant presque trois heures, elle lutta et fit son chemin en pleurant, avec un cœur brisé, jusqu’au calvaire et la restauration. Il était environ trois heures du matin quand elle se releva, avec le rayonnement même d’un ange sur son visage, dans une parfaite victoire. Cela avait payé de se cramponner à Dieu et d’obéir à mes convictions, d’être obéissant à l’Esprit. Cette sœur plus tard reçut un ministère d’intercession, et fut utilisée par Dieu d’une façon merveilleuse dans son âme et dans le travail d’enfantement durant les réunions. »

Une nuit, il ne restait après la réunion que deux dames avec Bartlemen. L’une d’elle était la dame de l’incident mentionné plus haut. Tout le monde avait quitté le bâtiment excepté ces trois. Ils ressentaient tous un esprit de prière les saisir et ils intercédèrent pour les perdus. Alors qu’ils intercédaient ainsi, un gang d’hommes durs entra dans le bâtiment et se retourna presque de façon démoniaque contre eux. L’Esprit avertit Bartlemen trois fois que sa vie était en danger. Le gang était dirigé par « un Allemand, un athée très méchant ».

Le gang commença à attaquer physiquement le groupe des trois: « Finalement, l’un d’entre eux plus audacieux que le reste me saisit par l’épaule et me commanda de me lever et d’arrêter de prier. Je ne lui opposai aucune résistance mais levai les mains et invoquai Dieu. L’esprit du martyre était sur moi. Je ne ressentais aucune crainte. L’instant d’après, à ma surprise, mon assaillant s’immobilisa après quelques pas, se jeta à genoux et commença à me supplier de prier pour lui. Il était allé trop loin. Dieu l’avait frappé. »

Malheureusement, l’attaquant et le reste du gang se débrouillèrent pour repousser la conviction et ensuite « deux d’entre eux se saisirent de l’une des sœurs. Elle leva les mains et cria victoire. La puissance de Dieu tomba sur elle. La crainte tomba de nouveau sur le gang et ils la laissèrent… »

Mais de nouveau, ils se remirent du sentiment de crainte et poursuivirent les trois chrétiens de leurs assauts. Finalement Bartlemen réussit à emmener à l’extérieur la bande d’émeutiers, les faisant traverser tout le bâtiment, et referma les portes derrière eux quand ils furent tous à l’extérieur. Et même, il « serra la main des deux premiers caïds qu’il rencontra, s’échappa du leader, et passa au milieu d’eux sans une égratignure, par la miséricorde de Dieu. Ils ne pouvaient pas me toucher. Le gang s’était moqué de nos larmes et de nos prières pour eux cette nuit-là. Mais ce n’était pas de nous qu’ils s’étaient moqué mais de Christ. Je n’avais jamais vu auparavant une telle audace, et j’avais le sentiment qu’il se pourrait bien qu’ils paient pour cela… Certains avaient des parents chrétiens également, et savaient mieux…

« Quelque temps à peine après cela, plusieurs de ces mêmes jeunes hommes expérimentèrent une mort soudaine, non naturelle et horrible; l’un deux eut la tête coupée par un train, alors qu’il était en mobylette. Un autre fut brûlé jusqu’aux cendres… par un fil électrique. Un troisième se brûla à mort avec de l’essence. »

Source: Global Revival News, Crown House, Borough Road, Sunderland, SR1, 1HW, Angleterre