Feu de la Pentecôte à Los Angeles

On pourrait faire commencer l’histoire à la fin du XVIII° siècle avec John Wesley, pasteur méthodiste. Pendant tout le XIX° siècle, les Mouvements de Sanctification américains réfléchissent et prêchent sur la nécessité d’une expérience de sanctification qui ne peut venir que de l’Esprit-Saint.

En 1904 se déroule le grand réveil gallois qui fait une impression très profonde sur le monde chrétien. Dans un esprit d’attente et de foi en vue de plus grande choses encore, des chrétiens réveillés intercèdent alors pour que ce réveil se prolonge dans leurs pays respectifs.

Cette attente spirituelle manifestée par une partie du courant évangélique anglo-saxon envers une expérience marquante de sainteté, que certains appelaient «seconde expérience», puis «baptême de feu» et enfin «baptême du Saint-Esprit» a conduit au Réveil de Pentecôte. Ce Mouvement fut appelé «Pentecôtiste» en référence au récit des Actes des Apôtres, car il était question d’une redécouverte du baptême du Saint-Esprit et des charismes.

Dans l’histoire, on retrouve le parler en langue – phénomène particulier associé à la pentecôte – dans les réveils chrétiens de touts les temps. En divers lieux, plusieurs ont témoigné qu’ils avaient fait une expérience spirituelle accompagnée du parler en langues avant les débuts officiellement reconnus du Mouvement de Pentecôte, mais dans de nombreux cas, ce n’est que longtemps après qu’ils comprirent ce qui leur était réellement arrivé, en le rattachant aux expériences décrites dans le Nouveau Testament. En général, quand ils essaient de décrire cette expérience, ils disent qu’ils se sont sentis remplis par l’Esprit, et que cette plénitude était accompagnée par des «soupirs inexprimables» du cœur dans la louange et la prière.

Historiquement, la naissance du pentecôtisme est associée avec les évènements de Topeka en 1900 et le réveil de la Rue d’Asuza, à Los Angeles en 1906. Sûrement parce que c’est ce qui se passa là qui attira pour la première fois l’attention du public et des journalistes.

L’école Biblique de Topeka, 1900

Après s’être rendu dans de nombreuses réunions du mouvement de sanctification, le pasteur Charles Parham pressent « qu’une grande effusion de l’Esprit de puissance pour les chrétiens » va se produire avant la seconde venue du Christ. Il ouvre l’école Biblique de Topeka (Kensas) en octobre 1900. Au programme, un seul cours et un seul livre : La Bible ; deux objectifs : « sonder les Écritures et obéir à chaque commandement de Jésus »

Après avoir étudié le chapitre 2 des Actes des Apôtres, Parham et un groupe d’étudiant arrive à la conclusion qu’il leur manque le baptême du Saint-Esprit et que le parler en langues en est le signe. La nuit du 31 décembre 1900, les étudiants la passent avec Parham dans la prière et la méditation. Une certaine Miss Agnes N. Ozman demande qu’on lui impose les mains comme il est dit dans la Parole. Après quelques hésitations Parham y consent et Miss Ozman se met à parler dans une autre langue, identifiée plus tard comme du chinois. La nouvelle se répand et 12 pasteurs venant d’autres dénominations seront remplis de l’Esprit à leur tour.

Asuza Street, 1906

Un homme de couleur du nom de William Seymour, ancien étudiant de Parham, va être un moyen de Dieu à Los Angeles.

Il était venu des réunions de réveil de Houston mais lorsqu’il avait témoigné tout simplement de ce qui se passait là-bas, on lui avait claqué la porte au nez et les membres de l’Assemblée qui appartenait au Mouvement de Sainteté avaient appelé leur président pour qu’il vienne à Los Angeles, enseigner une bonne fois pour toutes que le baptême dans le Saint-Esprit se réduisait à une simple expérience de sanctification. Mais quand ce brave homme entend Seyrnour parler du Baptême de l’Esprit selon le Livre des Actes accompagné du parler en langues, il veut, lui aussi, l’expérimenter. Il est remarquable de constater que Seymour n’avait pas encore reçu ce baptême à cette époque.

Les réunions sont transférées dans une maison particulière, au 214 rue Bonnie Brae, et alors qu’un groupe de croyants jeûnent et prient pour recevoir le baptême dans le Saint-Esprit, le 9 avril 1906, « le feu tombe ». Le frère Seymour reçoit sa Pentecôte personnelle le 12 avril. De plus en plus de gens viennent aux réunions, et c’est ainsi qu’on en arrive à acheter les locaux du 312 rue d’Asuza pour pouvoir accueillir tout le monde.

Dans le réveil à Los Angeles, des évêques blancs et des ouvriers noirs, des hommes et des femmes, des Asiatiques et des Mexicains, des professeurs blancs et des indigènes noirs sont tous égaux. Il n’est pas dès lors étonnant que la presse religieuse et la presse séculière rapporte en détail ces événements extraordinaires. Des articles à sensation, dans des quotidiens, bien que publiés avec un tout autre motif, contribuent à répandre la nouvelle. Bien sûr, les journalistes insistent particulièrement sur le parler en langues et sur tout ce qui peut se produire de spectaculaire. Ils s’intéressent bien peu au travail en profondeur qui se fait, aux moments extraordinaires où les croyants sondent leur cœur et se vident de leur « moi » devant le Seigneur.

Des visiteurs commencent alors à arriver de divers coins de l’Amérique du Nord et finalement de plus loin encore. Ils viennent d’horizons différents, de confessions religieuses différentes. Des chrétiens servant le Seigneur, des pasteurs, des évangélistes, des missionnaires et d’autres viennent pour voir, par eux-mêmes. Beaucoup avaient soif de Dieu et restent pour rechercher et recevoir leur « Pentecôte » personnelle. Ils seront ensuite des « canaux » pour bien des « Pentecôtes » locales.

Parmi eux, le pasteur méthodiste norvégien T.B. Barratt se rend en Amérique en 1906 et découvre la pentecôte. C’est ainsi que démarre un grand mouvement Pentecôtiste en Norvège. En 1907, il introduit le mouvement en Angleterre et sera considéré comme l’apôtre du pentecôtisme en Europe.

Le réveil pentecôtiste dans différentes parties du monde

Les manifestations de Topeka et de Los Angeles ne sont pas les premières mais plutôt quelque uns des plus beaux épisodes.

Ainsi, dès 1830, dans les milieux évangéliques de Russie, en particulier en Arménie à Kara-Kala, se produisirent de nombreuses manifestations surnaturelles : parler en langue, prophéties, miracles… Entre 1900 et 1910, le réveil pentecôtiste se manifesta dans différentes parties du monde sans qu’il y eu de contact entre les foyers.

Les dons spirituels se sont manifestés dans toutes les Églises au cours des siècles. La naissance du pentecôtisme est due au fait que des chrétiens évangéliques ont relié l’expérience du parler en langues avec la notion de baptême du Saint-Esprit. Cela créait une rupture d’avec la théologie traditionnelle : le Saint-Esprit n’était pas donné au croyant lors de sa conversion, de son baptême d’eau ou de sa confirmation, mais lors d’une expérience distincte, totalement en dehors de la volonté humaine (Charles Parham lui-même ne fit pas cette expérience !) et en dehors de tout cadre liturgique. Ainsi on pouvait être chrétien de longue date mais ne pas avoir reçu ce baptême du Saint-Esprit.

En étudiant l’histoire du pentecôtisme, on remarque qu’il n’y a pas de fondateur. Ses leaders les plus connus ont justement été connus parce qu’ils sont entrés dans cette mouvance, non parce qu’ils l’ont créée. Les premiers pentecôtistes ne voulaient pas à l’origine former une nouvelle confession chrétienne. Ils se pensaient comme ferment de renouveau au sein de leurs Églises et avaient devant eux la vision d’un réveil qui atteindrait et inspirerait toutes les fractions de l’Église chrétienne. Les années ont passé et la formation d’Églises pentecôtistes distinctes a amené une évolution inévitable : une organisation grandissante et un Mouvement qui est maintenant reconnu comme une confession religieuse de plus.

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Smith Wigglesworth le « phénomène pentecôtiste »

Smith Wigglesworth fut sans doute l’un des hommes les plus oints de Dieu qui ait vécu à une époque récente. Il fut connu sous le nom d’Apôtre de la Foi, et si quelqu’un méritait d’être décrit comme étant « rempli de foi et du Saint-Esprit », c’était bien lui. Il vécut et marcha continuellement dans le présence de Dieu. Et les miracles qui accompagnaient son ministère étaient du genre de ceux que l’on a vus rarement depuis les jours des apôtres. Des gens nés aveugles et sourds, des estropiés – tordus et déformés par la maladie, d’autres au seuil de la mort rongés par le cancer ou toutes sortes de maladie- tous furent guéris par la puissance formidable de Dieu. Même des morts furent ressuscités.

Né en 1859 dans la pauvreté, Smith Wigglesworth fut converti par les Méthodistes à l’âge de huit ans. Dès cette époque, il désirait ardemment Dieu et avait la passion des âmes. Il était dans le chœur de l’église Épiscopale locale. « Quand la plupart des garçons dans le chœur avaient douze ans, ils durent recevoir la confirmation par l’évêque. Je n’avais pas douze ans, mais entre neuf et dix ans, quand l’évêque mit ses mains sur moi. Je me rappelle que lorsqu’il m’imposa les mains, j’eus une expérience semblable à celle que j’allais avoir quarante années plus tard quand je fus baptisé du Saint-Esprit. Mon corps entier fut rempli de la conscience de la présence de Dieu, une conscience qui resta en moi pendant des jours. Après la cérémonie de confirmation, tous les autres garçons juraient et se disputaient et je me suis demandé ce qui avait fait la différence entre eux et moi. » (Stanley Frodsham, Smith Wigglesworth, Apôtre de la Foi, page 13 – la plupart des citations suivantes sont aussi extraites de cet excellent livre).

Plus tard, Wigglesworth fut entièrement immergé dans l’eau par les Baptistes. Mais veuillez noter que toutes ses premières années de ministère et sa recherche de Dieu sont venues bien avant le réveil d’ ‘Azusa Street’ et le premier mouvement Pentecôtiste. Smith avait une faim de Dieu et il expérimenta beaucoup de percées dans de nouveaux niveaux d’onction bien avant même qu’il eut expérimenté le Baptême du Saint-Esprit et parlé en langues. Il était déjà renommé pour son ministère de guérison et avait vu Dieu agir puissamment, bien avant même que l’on parle de la nouvelle expérience de la Pentecôte. À la différence de nous aujourd’hui, qui commençons essentiellement par le Baptême dans l’Esprit comme notre première réelle onction, pour Smith, c’était le point culminant de longues années de recherche et de faim de Dieu, et ainsi c’était beaucoup plus proche d’un réel « revêtement de puissance d’en-haut » du Nouveau Testament.

Smith Wigglesworth déclara : « J’ai eu l’enseignement biblique de base parmi les Frères du Plymouth. J’ai marché au pas sous le sang et la bannière de feu de l’Armée du Salut, apprenant à gagner des âmes en plein air. J’ai reçu la deuxième bénédiction de sanctification et un cœur purifié dans l’enseignement de Reader Harris et la Ligue Pentecôtiste. J’ai réclamé le don de l’Esprit Saint par la foi en attendant dix jours devant le seigneur. Mais c’est à Sunderland-, en 1907, que je me suis mis à genoux devant Dieu et ai expérimenté Actes 2:4 … » (Page 119). Il décrivit cette expérience comme suit :  » Elle [Madame Boddy, la femme d’un ministre] a mis ses mains sur moi et a ensuite dû sortir de la pièce. Le feu est tombé. Cela a été un temps merveilleux alors que j’étais là seul avec Dieu. Il m’a baigné dans la puissance. J’ai eu la conscience d’être purifié par le sang précieux et je me suis écrié : ‘Propre! Propre! Propre! ‘ J’ai été rempli de la joie de la conscience de la purification. J’ai reçu une vision dans laquelle j’ai vu le seigneur Jésus-Christ. J’ai contemplé la croix vide et je L’ai vu glorifié à la droite de Dieu le Père. Je ne pouvais plus parler en anglais, mais j’ai commencé à Le louer dans d’autres langues selon que l’Esprit de Dieu m’inspirait les mots. J’ai su alors, bien que j’aie reçu des onctions précédemment, que maintenant, enfin, j’avais reçu le réel Baptême dans le Saint-Esprit comme ils l’ont reçu le jour de la Pentecôte. « (Page 44).

Après cette expérience, rien ne pouvait arrêter Smith Wigglesworth. Il était une flamme pour Dieu et le feu tombait partout où il allait. Il dit : « Je crois que les ministres de Dieu doivent être les flammes de feu. Rien de moins que des flammes. Rien de moins que des instruments puissants, avec des messages ardents, avec des cœurs pleins d’amour. Ils doivent avoir une PROFONDEUR DE CONSÉCRATION, dans laquelle Dieu a pris la pleine charge du corps et il existe seulement dans le but de manifester la Gloire de Dieu. Un Baptême dans la mort dans laquelle la personne est purifiée et stimulée… » Il posséda certainement une audace, une hardiesse dont l’équivalent a rarement été vu dans la Chrétienté des temps modernes. Ce n’était pas rare pour lui d’annoncer à ses réunions : « Chaque sermon que Christ a prêché était introduit par un miracle spécifique. Nous allons suivre Son exemple. La première personne dans ce grand auditoire qui se lèvera, quelle que soit sa maladie, je prierai pour cette dernière et Dieu le ou la délivrera. » Et la première personne à se lever, même si c’était l’estropié le plus déformé, était guérie!

A une autre occasion typique, un homme s’avança pour la prière à cause d’une douleur à l’estomac et, en commandant à la douleur de partir, Wigglesworth donna un coup de poing à l’homme dans l’estomac si fort qu’il fut envoyé au milieu de la pièce (complètement guéri)! Ce genre de choses arriva plus d’une fois. Wigglesworth croyait qu’il fallait COMMANDER au malade d’être guéri au nom de Jésus. Sa foi était une foi sainte et agressive. C’était un homme « violent », prenant position contre le diable par la force. Et pourtant c’était aussi un homme de grande compassion -, ainsi que de grande autorité. Le diable le savait certainement quand Smith Wigglesworth arriva en ville!

Un certain nombre de gens furent aussi littéralement ressuscités des morts sous le ministère de Smith. Voici son propre compte-rendu d’une de ces occasions : « Mon ami a dit: ‘Elle est morte.’ Il était effrayé. Je n’ai jamais vu un homme aussi effrayé dans ma vie. ‘Que ferai-je?’ a-t-il demandé. Il se peut que vous pensiez que ce que j’ai fait était absurde, mais je me suis étendu sur le lit et l’en ai retirée. Je l’ai portée à travers la chambre, l’ai mise debout contre le mur en la tenant, alors qu’elle était absolument morte. J’ai examiné son visage et j’ai dit: ‘ Au nom de Jésus je chasse cette mort. ‘ Du haut de sa tête jusqu’à ses pieds, son corps tout entier a commencé à trembler. ‘ Au nom de Jésus, je commande que vous marchiez, ‘ ai-je dit. J’ai répété: ‘ Au nom de Jésus, au nom de Jésus, marchez! ‘ Et elle a marché. » (Page 59). Non seulement cette femme a t-elle été ressuscitée des morts, mais elle a été immédiatement guérie d’une maladie épouvantable aussi. Elle a commencé à témoigner aux gens de son expérience de mort et de sa restauration. Il a été enregistré que Smith Wigglesworth a ressuscité des morts 23 personnes en tout, au cours des années de son ministère.

Une fois, alors que Smith attendait à un arrêt d’autobus, une femme avait des difficultés à obtenir de son petit chien, qui la suivait, qu’il aille à la maison. D’abord elle essaya de le flagorner et de lui demander gentiment de rentrer à la maison. Mais après avoir essayé cela en vain, la femme tapa soudainement des pieds et dit sévèrement : Rentre à la maison immédiatement! ‘ Le chien partit immédiatement à la maison, en prenant les jambes à son cou. ‘C’est ainsi que vous devez traiter le diable ‘, dit Wigglesworth, assez fort pour que tous ceux qui attendaient à l’arrêt d’autobus pussent entendre. Et c’était son attitude envers le diable, à chaque moment de chaque jour nouveau. Il voyagea littéralement à travers le monde entier dans les années 1920 et 1930 et des milliers furent sauvés et guéris partout où il allait. Souvent il arrivait dans un endroit presqu’inconnu sans s’être annoncé, mais en quelques jours il y avait des milliers qui se pressaient pour l’entendre, la puissance de Dieu qui se manifestait à ses réunions était si forte. Dieu était vraiment glorifié partout il allait.

C’était un homme qui marcha et vécut dans la présence même de Dieu. Et pourtant, par beaucoup d’aspects, c’était un homme très naturel, terre-à-terre. Et il n’avait pas peur non plus de déclarer des réprimandes sévères et imponctues. Son but était d’être dans une communion constante et intacte avec le Père. Il avait passé des heures et des jours à chercher ardemment Dieu dans ses premières années, mais plus tard, « Bien que sa vie ait été une combinaison de prière incessante et de louange, et chacun de ses mots et son œuvre, un acte d’adoration, il ne lui fut pas donné d’être dans des périodes prolongées de jeûne et prière. » (Page 122). Au lieu de cela, il avait appris le secret d’être dans la communion continue et intime avec Dieu (parfois en se réfugiant calmement en lui-même à cette fin), même quand il se trouvait noyé parmi une foule de gens. Il marchait par la foi et était « dans l’Esprit » à tout moment. Ce fut le secret essentiel de son succès. Il dit : « Il y a deux aspects à ce Baptême : le premier est que vous possédez l’Esprit; le deuxième est que l’Esprit vous possède. » (Voir ‘The Life of Smith Wigglesworth’ (la Vie de Smith Wigglesworth) par Jack Hywel-Davies). Il avait évalué le coût et tout était à Dieu. C’était un homme qui comprit vraiment l’AUTORITÉ DANS LA PIETE et Y MARCHA par la foi. Il dit :  » ‘Être rempli de l’Esprit,’ c’est-à-dire, être FOURRÉ de l’Esprit, si rempli qu’il ne restera aucune place pour autre chose. » Ce fut de cette façon qu’il vécut. Plein d’audace, plein de hardiesse, « rempli de foi et du Saint-Esprit. »

A une occasion, il se rappela : « Je voyageais à Cardiff au Sud du Pays de galles. J’avais passé beaucoup de temps dans la prière durant le voyage. Le compartiment était rempli de gens que je savais non sauvés, mais comme il y avait tant de discussions et de plaisanteries, je ne pus pas placer un seul mot pour mon Maître. Comme le train s’approchait de la station, je pensai que je me laverais les mains … et comme je retournais dans le compartiment, un homme bondit et dit : ‘Monsieur, vous me convainquez de péché’ et il se jeta à genoux séance tenante. Bientôt dans le compartiment entier, les gens s’écrièrent de la même façon. Ils dirent :’Qui êtes-vous ? Qu’est-ce que vous êtes? Vous nous convainquez tous de péché ‘… » (Stanley Frodsham, ‘Smith Wigglesworth – Apôtre de la Foi ‘, page 80). Cet épisode me rappelle beaucoup un autre évangéliste plein d’audace, direct et oint – Charles G. Finney, qui s’était trouvé dans une occasion où, après un puissant Baptême du Saint-Esprit quelques années plus tôt, même des commentaires qu’il fit au passage, percèrent les gens au cœur de la conviction de péché. Il allait devenir un des plus grands Revivalistes de tous les temps (il mourut en 1875).

Smith Wigglesworth insistait grandement sur la pureté et la sainteté, comme tous les vrais Revivalistes. Il disait : « Vous devez chaque jour élever le niveau. Vous devez renoncer à vous-mêmes pour faire des progrès avec Dieu. Vous devez refuser toute chose qui n’est pas pure et sainte. Dieu vous veut purs de cœur. Il veut que vous ayez un désir intense de sainteté… Deux choses vous feront sauter dans les promesses de Dieu aujourd’hui. L’une est la pureté et l’autre est la FOI, qui est embrasée de plus en plus PAR LA PURETÉ. » (Page 125). Cette déclaration contient ce qui est probablement la clé du succès remarquable de Smith Wigglesworth en Dieu. Et c’est évidemment une clé dont il vaut bien la peine de se souvenir pour nous-mêmes aussi. Un autre point à se rappeler consiste en ce que Smith était très conscient des dangers de l’argent et se gardait soigneusement de la possibilité de l’avidité qui pouvait pénétrer dans son cœur. Il fut vraiment au-dessus de tout reproche dans ce domaine également.

C’est ma conviction que Smith Wigglesworth a été une sorte « de signe avant-coureur » direct du genre de ministères qui sont sur le point de surgir à notre époque. Je crois que les ministères apostoliques à venir, qui seront les porteurs du vrai réveil des derniers temps, combineront la foi audacieuse, accompliront les miracles de Smith Wigglesworth avec la prédication de Charles Finney produisant de profondes convictions de péché. Et ils agiront sous une puissante onction qui combinera le meilleur de ces deux types de ministères. Combien glorieux ces jours seront! Smith Wigglesworth lui-même mourut en 1946 à l’âge très avancé de 87 ans, restant une flamme de Dieu jusqu’à la fin. Qu’il soit un exemple pour nous tous.

Témoignage de Douglas Scott

Douglas SCOTT : « En rendant ce témoignage, mon désir est de glorifier mon Sauveur et de le remercier de la manière dont il a posé sa main bénie sur moi, avant et après ma conversion. »

Dès ma tendre enfance, j’assistais au Culte. où j’avais été baptisé par aspersion comme enfant, mais lorsqu’à un moment on introduisit des cérémonies que ma mère ne pouvait pas comprendre, elle décida d’aller là où elle pouvait comprendre afin de profiter du Culte.

C’est ainsi que je me suis trouvé dans une école du dimanche où j’appris l’histoire Sainte et chaque année, dans les examens portant sur les Saintes Écritures, que je possédais dans ma mémoire, je réussissais à gagner un prix.

Dans cette école du Dimanche, personne ne s’est donné la peine de me montrer où je devais commencer la vie chrétienne, personne ne m a conduit à la croix du Sauveur. Un peu plus tard, j’ai quitté l’Ecole du Dimanche pour fréquenter « la Fraternité », et là j’ai entendu les orateurs les plus brillants, mais personne d’entre eux ne m’a donné la clé de la connaissance de Jésus-Christ.

Après ceci la guerre est venue et vers la fin je me suis trouvé en « Kaki  » avec un équipement moral excellent mais sans pouvoir le garder, et il va sans dire que je suivis le chemin que suivent tous les soldats, le chemin du péché, parce que je ne pouvais pas résister à la tentation.

Après la guerre, je cherchais la lumière dans une autre Église, mais il n’y en avait point. On prêchait aux gens comme si tout le monde était chrétien, et par conséquent on n’expliquait pas le chemin du salut. J’étais encore dans les ténèbres sur la question capitale : le salut de mon âme. Le monde était maintenant complètement entré dans mon cœur Je travaillais dans un bureau pendant la journée, et le soir, je jouais du violon, soit pour le bal, soit pour le cinéma et je remplissais ce qui restait de ma vie, avec le football et la course à pied.

Satan rendait mon chemin très facile et tout ce que j’entreprenais réussissait, surtout la course à pied. Chaque semaine je rapportais un prix chez moi. Le dieu de ce monde a voulu m’aveugler afin que je ne visse pas la réalité de l’éternité, de manière qu’étant atteint d’un empoisonnement du sang et du tétanos je pensais que c’était la fin. Mais même à ce moment je ne pensais pas à l’éternité.

La soirée que je pensais être la dernière, je l’ai passée, en m’amusant avec quelques amis, toute la nuit avec la pensée qu’au moins je jouirai de ceci : ma dernière nuit sur la terre.

Dieu fut bon envers moi. Je recouvrais la santé. Il commença à traiter avec moi; gloire à son Saint nom ! Il m’appela en trois occasions différentes, et à la troisième je me donnai à lui, esprit, âme et corps. J’ai trouvé en lui ce que le monde ne pouvait pas me donner la satisfaction complète.

La première fois, j’attendais une jeune femme, quand un jeune homme s’approcha de moi et me fit cette question :  » Êtes-vous sauvé « ? Je lui expliquais toutes les choses que je faisais dans la religion, mais pas celles que je faisais dans le monde. Il me laissa un prospectus et j’entendis la voix de Dieu retentir à sa question.

Ensuite, il vint dans notre ville, une mission à laquelle toutes les Églises prirent part, et le dernier soir je me trouvais à la réunion Il n’y avait pas d’appel direct à la conversion, autrement j’aurais répondu, car le Saint-Esprit commençait à me travailler. D’abord, ceux qui étaient sauvés se levèrent en réponse au désir du prédicateur. Les uns se levèrent tout de suite, les autres ne savaient pas s’ils devaient se lever ou rester assis; finalement ils se levèrent aussi. Je vous laisse à juger s’ils étaient sauvés ou pas.

Pour moi je restais assis ainsi qu’une personne à ma droite. La réunion se termina sans que personne vint me parler de mon âme. J’avais cependant soif de Dieu, et Dieu me conduisit merveilleusement, gloire à son nom!

Un jour, je me trouvais dans une rue de Londres, quand la mélodie d’un chant parvint à mes oreilles. Je m’approchais et je trouvais plusieurs jeunes gens qui prêchaient la Parole de la Vérité. Un de ces jeunes gens s’appelait Mr. BERHOLZ (il a été président des Assemblées de Dieu en Pologne) prêchait sur la croix et sur les souffrances de Christ. Son message, quoique dit dans un anglais très imparfait, fit ce que plusieurs prédications en bon anglais n’avaient jamais fait. Et c’est ainsi que je fus amené aux pieds de Jésus.

Je me livrais complètement à celui qui était mort au calvaire et les rues de Londres me paraissaient comme pavées d’or quand je rentrais à mon bureau.

Alors Dieu commença à faire une oeuvre de sanctification dans ma vie. Le Saint-Esprit me montra ce qui devait changer. J’avais plusieurs engagements pour aller jouer du violon en divers lieux, mais celui que j’avais pris envers Jésus me suffisait. Mon violon comprit que son Maître était devenu une nouvelle créature en Jésus-Christ et qu’il ne devait plus jouer de ces mélodies profanes.

Je quittais aussi la course à pied, mais je continuais à jouer au football le samedi et pas le dimanche. Mais Dieu me voulait entièrement. Dans sa grâce Dieu me donna trois avertissements. Deux fois j’eus des accidents à un genou ; or je n’en avais jamais eu auparavant au cours de plusieurs années pendant lesquelles je pratiquais le football. Finalement, pendant que je jouais, un voleur prit tout ce qu’il y avait dans mes poches, mon argent et même une montre en or que j’avais gagnée sur la piste. Je décidais de quitter pour toujours le football.

Définitivement sauvé je cherchais un  » home » spirituel, car je ne désirais pas retourner au « vin vieux » du formalisme. Je priais Dieu continuellement, lui demandant de me conduire dans un foyer vraiment spirituel. Chaque dimanche je sortais pour le trouver et finalement le Seigneur me conduisit dans une rue où il y avait quatre Églises : l’Armée du Salut, les Frères dits ouverts  » (là dedans j’aurais reçu assez pour faire une belle mort « ), mais j’avais besoin de quelque chose de plus ; quelque chose avec quoi je pourrai vivre à la Gloire de Dieu et entrer dans son service). Il y avait aussi une Église Spirite et une autre sans étiquette, mais avec du « vin nouveau » au-dedans.

Quand j’entendis chanter ce fut assez pour moi. C’était le même chant que j’avais entendu à Whitecross, le chant dit sous l’onction de l’Esprit. Ce qui me décida à appartenir à cette Église ce fut la manière chrétienne dont on me reçut. Dans nos Assemblées nous devons veiller à bien accueillir nos visiteurs, car cette première prise de contact est d’une grande importance. Dans plusieurs endroits, on les laisse trouver une place, un cantique, sans leur réserver une chaleureuse réception. Cette première réunion à laquelle j’assistai était un service de Sainte Cène. J’entendis parler en langue avec interprétation, mais cela ne me troubla pas du tout. J’étais seulement curieux d’en connaître davantage sur cette manifestation. J’avais trouvé un lieu de repos spirituel et le dimanche suivant, je me suis mis tout à fait au premier rang pour entendre ces langues nouvelles

J’assistai le mercredi à la réunion consacrée aux jeunes. Ce qui me remplit d’admiration ce fut d’entendre ces jeunes gens expliquer les Écritures d’une façon magistrale.

Pendant que je fréquentais ces réunions j’entendis parler plusieurs fois d’une puissance qu’on devait recevoir. Plus tard – le Seigneur en soit béni – je fut revêtu de cette puissance. C’était le baptême dans le Saint-Esprit.

Georges JEFFREYS vint pour une mission dans notre Assemblée et je m’approchai pour être guéri. Quand il m’imposa les mains au nom de Jésus, je sentis la puissance de Dieu qui traversa tout mon être.

Le frère Georges JEFFREYS demanda si je cherchais le Saint-Esprit. Sur ma réponse affirmative il pria pour moi. Dieu exauça sa prière. Un dimanche matin, pendant que je méditais sur cette parole :  » Au-dessous sont les bras de l’Eternel!

Je me sentis élevé dans l’infini de Dieu. Sa puissance traversa à nouveau tout mon être me baptisant dans le Saint-Esprit. Je magnifiai Dieu en des langues nouvelles. Les paroles humaines ne peuvent exprimer cette bénédiction. Dieu me montra ce que cette puissance était pour son service et il me conduisit à Whitecross street, à l’endroit où il m’avait sauvé, pour que je témoigne de son amour et de sa grâce ?

Là, pendant deux ans, une demi-heure chaque jour,

Il me fut donné de prêcher la croix de Jésus et nombreux sont ceux qui ont trouvé le salut pendant ces jours bénis.

Les réunions en plein air le dimanche et le samedi furent mon École Biblique, surtout quand il fallait répondre aux questions que posaient souvent les athées et les libres penseurs. Au cours d’une distribution de traités, de maison en maison, j’arrivai à comprendre la nature humaine et son besoin de l’évangile. Mais ce ne fut que lorsque, sous une tente, nous commençâmes à prêcher la Guérison Divine aussi bien que le Salut, que nous trouvâmes le chemin des cœurs. Nous avons vu que parfois, lorsqu’un malade incurable est guéri par Jésus, toute sa famille acceptait l’évangile du salut.

Ce fut avec une sainte crainte, que selon le commandement de Jésus (Marc 16-18) pour la première fois, nous posâmes nos mains sur une sœur afin qu’elle soit guérie. A la réunion suivante elle témoigna avoir reçu du Seigneur une guérison complète. Dès lors nous trouvâmes facile d’imposer les mains aux malades.

Je suis arrivé à connaître la Parole de Dieu en posant des questions à tous les pasteurs avec lesquels j’étais en contact et c est ainsi que le pasteur WHITTLE fut vraiment entre les mains de Dieu l’instrument d’une grande bénédiction pour mon âme.

Nous fondâmes l’Assemblée de LAINDON et là nous travaillâmes fidèlement pendant deux ans avant de la laisser entre les mains de Mr. COLEMAN.

Je ne veux pas oublier de raconter comment étant fiancé à une femme mondaine, Dieu me parla et me montra la triste fin de Salomon. Il me fit comprendre qu’il fallait rompre mes fiançailles et le suivre complètement.

Je rencontrai là de grandes difficultés, étant mal compris même par les chrétiens, mais plus tard Dieu m’a donné une compagne qui m’a aidé dans les luttes spirituelles que j’ai eu à soutenir dans mon ministère.

Avant de terminer, laissez-moi vous raconter comment Dieu m’a conduit pour travailler pour lui en France.

Le missionnaire BURTON de la Mission évangélique du Congo, me conseilla d’aller au HAVRE pour me perfectionner dans la connaissance de la langue française. Là Mlle BIOLLEY, me fit promettre de revenir au HAVRE avant d’aller en mission. Nous ne savions exactement que faire, mais avec foi nous remîmes tout entre les mains de notre Père céleste, ayant l’assurance qu’il nous conduirait selon ses promesses. Nous connûmes bientôt que c’était la volonté de Dieu. Cependant comme Gédéon nous demandâmes un signe surnaturel au Seigneur.

Un vendredi soir. à son Collège, Dieu me donna un message en langue arabe qui fut compris par une personne comprenant cette langue. Le président de la réunion l’interpréta et l’interprétation fut reconnue exacte par la personne en question.

Cela nous montre que la « glossolalie  » Si méprisée par certains dans notre temps est semblable aux langues que les apôtres parlèrent le jour de la Pentecôte.

Pour nous, le message fut plus que tout cela. Ce fut une confirmation divine à notre appel, une réponse directe à notre prière. Alléluia

Dieu nous dît:  » Je t’ai montré le premier pas, je te conduirai pas a pas, car avec ton Seigneur, c’est un pas à la fois « . Depuis ce moment, il nous conduit un pas à la fois. Nous ne demandons pas à voir au loin. Un pas à la fois c’est assez, pourvu que Dieu nous conduise.

Seigneur, bénis ce témoignage pour tous ceux qui sont appelés à ton service. QUE DIEU EN SOIT BENI !

Smith Wigglesworth, homme de foi

Une des premières prières que j’entendis des lèvres de Smith Wigglesworth, pionnier de « vérités pentecôtistes » fut : « Seigneur, donne moi un grand cœur ». En tant que garçon, je me souviens avoir regardé à cet homme serviable mais puissant, me demandant pourquoi il voulait un cœur plus grand que celui qu’il avait déjà. Puis comme les années passaient, je perçus en lui une profonde compassion, compassion qui lui fut envoyée du ciel. Tout son service était tendu vers les besoins du peuple, premièrement pour qu’il soit rempli de la puissance de Dieu ; et ensuite que les souffrances du malade soient allégées par la foi en Jésus-Christ. Beaucoup d’entre nous se souviendront, avec nostalgie, de son ministère qui était simple et direct, stimulant l’âme plus que l’esprit, le contraire des homélies d’aujourd’hui.

Beaucoup de ses contributions précoces à l’église pentecôtiste furent faites à Bradford dans le Yorkshire, et ce fut notre grand privilège en tant que « jeunes Wigglesworth » de rencontrer un grand nombre de pionniers, leaders et missionnaires, pentecôtistes robustes qui visitaient au 70 de la Victor Road, sa demeure, et Bowland Street Mission, son église. C’était une chose si naturelle de rappeler chaque jour la mort du Seigneur avec les emblèmes, dans son salon, ou d’entendre une courte méditation suivie de la prière. Cela était sans arrêt tout au long du jour, parce qu’il vivait très près du Seigneur, et il voulait pour tous la même expérience.

Fort peu de temps après, nous commençâmes à voir des images et des photographies d’immenses réunions tenues en Nouvelle Zélande, en Afrique du Sud, en Suisse, aux U.S.A., en Scandinavie, et partout le nom de Wigglesworth devint synonyme de foi et guérison divine. « Comme une foi précieuse » devint son grand message avec le cœur « Crois seulement », comme indicatif. Nous avons connu le salut, la guérison, de puissants baptêmes dans le Saint-Esprit, et c’est une joie, des années après son départ pour la Gloire, de rencontrer des croyants du monde entier qui témoignent avoir reçu une vie nouvelle au travers de son ministère.

Des gens ont parlé de ses manières bourrues quand il s’occupait des malades, mais je discernai dans son attitude, qu’il agissait ainsi à l’égard des puissances maléfiques plutôt qu’à l’égard des corps physiques. Il détestait le mal spirituel et l’attaquait dans le nom de Jésus avec toute la véhémence de sa grande foi. Ceux qui le connaissaient intimement avaient conscience de sa profonde compassion pour le souffrant et le nécessiteux.

Comme il prêchait « une foi sans cesse grandissante » avec bénédiction, ses pensées et ses sermons atteignaient inévitablement la page imprimée et maintenant, après son décès, ses écrits raniment les différentes dénominations de la façon la plus remarquable. La simple franchise de ses interprétations de foi étant mieux accueillie que les classiques les plus sérieux. Une foi de plus c’est le ministère de l’âme qui porte son fruit.

Smith Wigglesworth n’avait pas honte de l’évangile de Christ et témoignait de sa puissance salvatrice n’importe où. Ses expériences sur terre et sur mer sont écrites ailleurs mais l’une d’elle raconte une rencontre personnelle avec cet homme si rempli d’amour. Rendant compte d’une magnifique interprétation du « Messie » de Haendel, un journaliste parlait d’un homme qui était à ce point dominé par l’émotion qu’il fit tressaillir les deux mille auditeurs avec un bruyant « alléluia ». J’étais assis près de Smith Wigglesworth et je vis la réaction sur les visages de l’auditoire. Son propre visage était radieux !

En 1934, je quittai l’Angleterre pour commencer une œuvre en Afrique Centrale. Mon Grand-Père nous accompagna au bateau et alors que notre groupe de cinq nouveaux missionnaires voyait apparaître l’eau entre le quai et leur bateau, la terre reculant rapidement, ils entendirent le son rassurant des « alléluias » sortant des poumons de l’intrépide pionnier. Des centaines le long des docks virent la scène et entendirent le duo d’alléluias quand les novices répondirent au vétéran sur le quai. Cet incident vécu avec nous au travers des années puisque nous tînmes le dialogue jusqu’à ce que la mer en domine le son.

J’étais assis chez l’éditeur P.S Brewster quand Smith Wigglesworth mourut. Nous étions en train de contempler la fin d’un itinéraire missionnaire à cause de fortes neiges dans le Sud du Pays de Galles.

Apparemment, mon Grand-Père avait tenu à être présent aux funérailles du frère Richardson de Wakefield, et dans la sacristie de l’église, alors qu’il s’informait d’amis malades, un profond soupir de compassion s’échappa de sa poitrine, soupir qui s’acheva dans sa mort. De cette manière il partit pour être avec Christ ce qui est beaucoup mieux, mais nous pleurons, avec un de ces vieux prophète : « Où est le Dieu de Wigglesworth » ! Il est toujours le même mais « la foi de Wigglesworth » peut avoir quelque peu décru. Peut-être le récit de ces évènements nous poussera-t-il à faire de nouveaux exploits pour le Seigneur. Réveille ton œuvre ô Seigneur ! Amen.

Leslie Wigglesworth

Smith Wigglesworth, l’apôtre de la foi

Ses parents ne se disaient pas chrétiens mail ils élevèrent leurs wigglesworthenfants à respecter Dieu. Ils étaient pauvres et ils travaillaient durs pour gagner leur pain. C’est pour cette raison que Smith commença à travailler à six ans chez un fermier. Il n’eut donc pas le privilège d’aller à l’école. La grand-mère paternelle de Smith était méthodiste et elle l’amenait à la chapelle. A l’âge de huit ans, alors qu’il chantait un cantique se rapportant au sang de l’agneau, Smith fut saisi par l’œuvre expiatrice de Christ à la croix et il se convertit. Avec le temps ses connaissances bibliques et ses réflexions spirituelles s’approfondirent mais il trouvait difficilement les mots pour exprimer ses pensées à cause de son manque d’éducation. Plus tard il inventera même des mots pour se faire comprendre.

Une des particularités du méthodisme de cette époque était les « class meeting » ou réunions de groupe. Ces réunions avaient été instaurées par Wesley pour que chacun puisse partager ses victoires, ses appréhensions et son témoignage afin de se fortifier au milieu de l’opposition. Quelques fois le jeune Smith essayait de parler dans ces réunions mais il cherchait tellement ses mots qu’il finissait par être confus et terminait en pleurant. Après un de ces essais infructueux, trois hommes du groupe décidèrent d’imposer les mains et de prier pour lui. Quoi qu’il eut encore de la difficulté à parler en public, les prières de ces hommes produisirent un effet déterminant dans sa vie. A partir de ce jour il eut un cœur de gagneur d’âmes et il était capable de parler aux gens de un à un. La première personne qu’il conduisit à Christ fut sa mère.

Le père de Smith demanda à ses enfants de participer aux réunions de l’église anglicane et bientôt il fut confirmer. Au moment où l’évêque lui imposa les mains il expérimenta la présence de Dieu. Cette sensation lui resta pendant plusieurs jours. Dès la sortie de l’église les autres garçons blasphémèrent et se querellèrent mais Smith sentait une différence et il se demandait pourquoi les autres étaient différents de lui.

A 17 ans sa famille déménagea et il chercha une église où il pourrait donner libre cours à son zèle d’évangéliste. Il se joignit donc aux méthodistes. Déjà à ce moment on pouvait remarquer deux traits distinctifs chez Smith. Premièrement, il portait toujours sur lui un Nouveau Testament même s’il ne pouvait pas encore lire. Deuxièmement, il n’était pas réputé pour sa courtoisie, particulièrement envers ceux qu’il considérait comme des pharisiens.

Un chrétien lui enseigna le métier de plombier et à dix-huit ans il débuta dans ce métier. Éventuellement il débuta son entreprise de plomberie à Liverpool et il prospéra dans ce domaine. Il aimait aider les pauvres et leur prêché l’Évangile, c’est pourquoi il se joignit à l’Armée du Salut. Ils reconnurent rapidement son zèle et son talent d’évangéliste. Son attention fut attirée par une jeune femme, Mary Jane Featherstone, que tous appelaient Polly. Polly avait un caractère semblable à Smith. Elle était douce mais très déterminée. Elle avait la parole facile et devint officier dans l’Armée du Salut. Elle prêchait sur les places publiques et on la ridiculisait. Elle se faisait même attaquer et lancer des objets. Polly revenait souvent chez elle meurtrie ou blessée mais elle persévérait. Ce n’était pas un entêtement charnel qui la poussait à continuer mais une foi inébranlable. Par exemple, un jour elle priait dans une maison avec une femme dont le mari était très violent. Pendant la prière celui-ci arriva et se mit dans une terrible colère. Il menaça Polly de la jeter en bas des escaliers si elle ne partait pas, mais elle continua à prier. Cet homme la souleva de terre et la transporta jusqu’en bas des escaliers tout en l’injuriant et en criant. Polly priait pour lui à voix haute et à chaque pas elle demandait à Dieu de le sauver. Rendu à la dernière marche, il déposa Polly et fondit en larmes. Il se convertit à cet instant.

Smith et Polly se marièrent et elle lui enseigna à lire et à écrire. Smith disait: « Tout ce que je suis aujourd’hui, je le dois à Dieu et à ma précieuse épouse. Elle est toujours une inspiration vers la sainteté ». Smith continua comme plombier et Polly comme évangéliste. Il vit plusieurs secteurs de la ville où il n’y avait pas d’église et Polly l’encouragea à trouver un bâtiment pour débuter une nouvelle œuvre. Smith fondait toujours en larmes lorsqu’il essayait de prêcher et il finissait par céder sa place à un autre. Polly persévéra dans ses encouragements mais c’est elle qui prêchait et Smith parlait aux individus qui s’approchaient pour se repentir. Polly lançait le filet et Smith ramassait les poissons.

Au début tout allait bien. Ils priaient ensemble pour tout. Ils eurent cinq enfants qui furent baignés dans la prière. Smith s’occupait des enfants pour que Polly puisse évangéliser. La renommée de Polly grandissait et bientôt elle visita d’autres églises à l’extérieur. Smith se dévoua à son travail de plus en plus et il finit par délaisser l’œuvre de Dieu. Son tempérament brusque devint explosif à tous égards. Sa quête de l’argent et du succès le conduisait vers la ruine émotionnelle. Polly redoublait d’amour pour lui et elle l’exhortait gentiment. Cette attitude dura deux ans. Finalement il craqua sous la pression de l’amour et de la prière et il se repentit. Il chercha la face de Dieu pendant dix jours et Christ le revêtit de son manteau d’humilité. Il resta brusque et expéditif toute sa vie mais sa transformation fut évidente pour tous. Alors qu’avant il critiquait toujours la nourriture de Polly, maintenant rien ne semblait l’agacer.

Sa ferveur d’évangéliste augmenta mais Dieu le mit à l’épreuve. Un jour où il se trouvait au centre-ville, il se sentit poussé à parler de Jésus à quelqu’un. Il demande donc à Dieu de le diriger vers la personne qu’Il voulait. Il y avait beaucoup de circulation, mais il attendait d’être guidé par Dieu. Après une heure et demie d’attente, il s’impatienta et il dit à Dieu de se dépêcher car il n’avait pas toute la journée. A ce moment il nota un homme seul dans un char tiré par des chevaux. Il sut que c’était son homme. Sans hésitation, il coupa au travers la circulation , sauta sur le char et s’assit près de l’homme. Sans préambule, il lui exposa le plan du salut. L’homme s’indigna et Smith demanda à Dieu s’il ne s’était pas trompé. Recevant l’assurance de continuer, il persévéra. Bientôt l’homme se mit à pleurer. Sachant que Dieu avait touché son cœur, Smith le quitta. Trois semaines plus tard, on lui dit qu’un homme malade s’était converti la dernière journée où il était sorti à l’extérieur car il se sentait bien. Cette journée-là, un homme s’était brusquement assis près de lui alors qu’il conduisait et lui avait parlé de Jésus. Il mourut de sa maladie quelques jours plus tard.

Pendant ses voyages d’affaires, il rencontra un groupe de chrétiens qui priaient pour les malades et certains étaient guéris. Smith fut convaincu par la Parole que c’était bon il amena plusieurs malades de sa ville dans ces réunions. Polly y alla aussi et elle fut guérie. Un jour que les dirigeants durent partir, on demanda à Smith de prier pour les gens. Il accepta et en fut grandement récompensé. Un des hommes pour qui il pria marchait avec des béquilles. Après la prière il lança ses béquilles et sauta d’excitation. Ceci fut le début d’un ministère de guérison unique en son genre.

Il débuta des réunions de guérison dans son église et douze personnes furent guéries instantanément la première soirée. Smith apprit bientôt la nécessité d’une foi ferme. Un pasteur baptiste lui dit que sa femme se mourrait à la maison. Il amena un chrétien qui aimait prier avec lui pour aller visiter cette femme. Il demanda à ce chrétien de prier, et celui-ci s’exécuta en priant pour la consolation du mari après la mort de la femme. Smith demanda alors au mari de prier et celui-ci pria tristement que sa femme ne souffre pas trop. Totalement exaspéré, il pria à son tour en faisant l’onction d’huile. C’était la première fois et il versa toute la bouteille sur la femme. Elle fut instantanément guérie. Tous n’étaient pas guéris mais plusieurs l’étaient à chaque réunion et de façon dramatique quelques fois. Il y eut même quatorze résurrections suite à ses prières.

Smith souffrait lui-même d’hémorroïdes et il prenait des sels pour se soigner. Sans connaître la situation, un prédicateur de la guérison divine lui dit que quelqu’un qui priait pour la guérison des autres sans être lui-même guéri ne mettait pas toute sa confiance en Dieu. Il avoua à ce prédicateur que c’était son cas et ils prièrent ensemble. Smith fut complètement guéri. A partir de ce moment il décida avec son épouse de ne plus jamais prendre de médicaments et de ne jamais consulter de docteur. Il n’imposa jamais cette décision sur les autres. Il considérait que c’était un choix personnel.

Après plusieurs années de ministère, Smith entendu parler d’une certaine église où l’on parlait en langues. Comme pour la guérison, il fut convaincu par la Parole. Après quatre jours à rechercher la face de Dieu, la femme du pasteur pria pour lui chez elle et il tomba sous la puissance et parla en langues. Il retourna à l’église et interrompit le pasteur en lui demandant de parler. Le pasteur surpris l’invita. Dès cet instant, sa confusion face au public disparut et il prêcha comme Pierre à la Pentecôte.

Son onction pour recevoir les langues était la même que pour la guérison. La plupart des gens pour qui il priait parlaient en langues. De retour à son église, il raconta son témoignage. Un homme se leva pour dire que lui aussi désirait ce don. En essayant de s’asseoir il manqua le banc, tomba sur le sol et parla en langues. Douze autres personnes firent la même déclaration avec le même résultat, dont son fils aîné. Par la suite son ministère d’évangéliste et de guérison l’amena dans tous les coins du monde avec toujours les mêmes résultats: saluts, guérisons et baptêmes du Saint-Esprit.

Son audace et sa foi étaient exemplaires, même par ceux qui étaient reconnus eux aussi pour leur foi. Dans une réunion il déclara en commençant que la première personne qui se lèverait debout serait guérie par Dieu comme un signe pour les autres chrétiens. Même ceux qui le connaissait furent étonnés et ils espérèrent que ce serait un cas mineur. La personne qui se leva était gravement malade et difforme. Cette personne fut immédiatement guérie au soulagement de tous. Pour Smith Wigglesworth, le doute ne l’avait même pas effleuré.

Il reconnaissait qu’il n’avait pas toute la foi possible et qu’il ne possédait pas la foi pour les finances comme d’autres l’avaient. Cependant il portait de lunettes pour lire et un jour il expliqua en pleurant qu’il était affligé de ce problème car il s’était moqué d’un chrétien qui portait des lunettes en disant qu’il n’avait pas assez de foi. A partir de ce jour, sa vue diminua. Smith mourut paisiblement dans son sommeil alors qu’il se reposait dans un fauteuil avant de prêcher dans une réunion pour l’unité des croyants.

Le Grand Réveil

Il est impossible de fixer une origine unique au « pentecôtisme » moderne. La premières Église qui reçut le Réveil par l’expérience de la Pentecôte furent celle de l’Arménie, en 1880 dans le plus ancien état chrétien du Monde, mais aussi et de manière plus sporadique celle des Indes, de Chine et du Chili. Les autres Réveils marquants furent celui du Pays de Galles (en 1904) puis celui d’Asuza Street dans le centre-ville de Los Angeles (en 1906) qui attira des observateurs du monde entier qui sortirent la chrétienté évangélique de sa torpeur bien que ceux-ci ne puissent être considérés comme les seules sources historiques contemporaines du mouvement de Pentecôte.
Ce mouvement se caractérise par la redécouverte de la dimension charismatique, c’est-à-dire du baptême dans le Saint-Esprit et des dons spirituels (Première épître aux Corinthiens 12:9-11), comme au jour de la Pentecôte, selon le récit du Nouveau Testament (Actes 2).
De fait, en plus des textes des Actes des Apôtres, de l’épitre aux Corinthiens, plusieurs pères de l’église parlaient eux aussi de dons spirituels et de glossolalie dans leurs écrits ou lettres tels que:
– Tertullien, « Contre Marcion », III, 239.
– Clément de Rome, Épître aux Corinthiens.
– Irénée de Lyon, Contre les Hérétiques, I, 409.
– Jean Chrysostome, Homélie sur l’Épître de Paul aux Corinthiens.

Parmi tous les différents réveils cités ci-dessus, le réveil du pays de Galles, les réveils de Topeka, Azusa Street ont contribué au véritable développement du mouvement de pentecôte.
Ces deux derniers réveils sont généralement attribués à un camp de prière organisé sous la direction de Charles Parham (pasteur méthodiste), à Bethel Bible College à Topeka, au Kansas, aux États-Unis, le 1er janvier 1901. Il s’est rapidement étendu au Missouri, au Texas, à la Californie et ailleurs. En 1906, un camp de réveil, sous la direction de William Seymour, eut lieu à la Mission d’Azusa Street à Los Angeles et a attiré des croyants du monde entier. Les aspects du réveil de la Pentecôte n’ont pas été bien accueillis par les Églises établies, et les associés au mouvement se trouvèrent bientôt forcés de quitter leurs Églises d’origine. Ces croyants ont cherché à établir leurs propres lieux de culte et fondèrent des centaines d’églises spécifiquement pentecôtistes.
En 1914, de nombreux ministres et laïcs ont commencé à réaliser combien l’implantation du réveil pentecôtiste était profond. Les dirigeants ont senti le besoin de protéger et de préserver les résultats du réveil en unissant le mouvement en une Communauté unie. En avril 1914, environ 300 pasteurs et laïcs ont été invités venant de 20 pays pour assister à une Assemblée Générale à Hot Springs, Arkansas, États-Unis, pour discuter et prendre des mesures sur ces questions et d’autres besoins pressants.
La communauté restante qui a émergé de la réunion a constitué la Conférence Générale des Assemblées de Dieu aux États-Unis (General Council of the Assemblies of God in the United States of America).
Avec le temps, des mouvements autonomes auto-financés et indépendants de la Conférence Générale ont été formés dans plusieurs pays à travers le monde, provenant soit de mouvements pentecôtistes locaux soit comme conséquence directe du travail des missions de la Conférence Générale.
Ainsi, les Assemblées de Dieu de France sont autonomes et indépendantes des Assemblées de Dieu de Finlande, d’Italie ou de Grande-Bretagne. Les Assemblées de Dieu sont l’une des plus anciennes et des plus importantes familles du mouvement de Pentecôte.
Par ailleurs, il convient de souligner que les Assemblées de Dieu de France n’ont pas été fondées par des Américains (contrairement à ce que certains aiment à penser) mais se sont développées à partir d’une église baptiste indépendante (créée en 1890) et du Ruban Bleu (avec Mlle Biolley et M. Gallice) avec le concours d’un missionnaire anglais d’origine anglicane (Douglas Scott arrivé en 1930), d’un prédicateur baptiste français (Felix Gallice), d’un Danois d’origine luthérienne (Ove Falg) et d’un prédicateur roumain d’origine orthodoxe (Cristo Doumoutchiev). Le premier président des assemblées de Dieu de France sera aussi un pasteur français d’origine baptiste (Pierre Nicolle).
Tous ces hommes ont donc été convaincus et ont expérimenté le message des Évangiles et des Actes des Apôtres et sont devenus de véritables prédicateurs de l’Évangile. Ils furent parmi les tout premiers pasteurs pentecôtistes en France. (cf http://www.add-lehavre.fr/historique-le-havre.php?lehavre)
Ces pasteurs se sont caractérisés et distingués par un message à quatre angles principaux (qui n’occulte pas les autres vérités de la confession de foi des ADD4):
– « Jésus sauve » : un accent central sur Jésus-Christ le Fils de Dieu comme moyen parfait de salut. La mort, la résurrection, l’ascension de Jésus-Christ sont pour le salut de ceux qui croient au pardon de leur péchés pour la vie éternelle. Ce salut est gratuit et ne provient pas des mérites mais s’acquiert par la repentance (changement d’attitude vis-à-vis de Dieu par Jésus).
« Car Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son fils unique afin que quiconque croit ne périsse pas mais qu’il ait la vie éternelle » (Jean 3v16, extrait des Évangiles). « Car c’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi, et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu. Ce n’est point par les œuvres afin que personne ne se glorifie. » (Épître aux Éphésiens 2:8-10).
– Jésus guérit: La guérison divine d’après les multiples récits des Évangiles et les Actes des Apôtres (Marc 16v17…) et de l’ancien testament (Isaïe 53) est encore possible aujourd’hui.
– Jésus baptise de l’Esprit: conformément à la déclaration de l’apôtre Pierre : Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus Christ, pour le pardon de vos péchés; et vous recevrez le don du Saint-Esprit. Car la promesse est pour vous, pour vos enfants, et pour tous ceux qui sont au loin, en aussi grand nombre que le Seigneur notre Dieu les appellera (Actes 2v 38 et 39).
– Jésus revient chercher son Église.
Et, lorsque je m’en serai allé, et que je vous aurai préparé une place, je reviendrai, et je vous prendrai avec moi, afin que là où je suis vous y soyez aussi. » (Évangile selon Jean 14:3) « Car le Fils de l’homme doit venir dans la gloire de son Père, avec ses anges ; et alors il rendra à chacun selon ses œuvres. » (Matthieu 16:27)
Le but de Douglas Scott n’était pas de fonder une nouvelle dénomination mais d’encourager les Églises protestantes (réformées et évangéliques) à vivre comme l’enseignaient Jésus et les apôtres et redécouvrir l’appel de Jésus à recevoir le baptême du Saint-Esprit caractérisé par la glossolalie et les dons spirituels. (Évangile selon Luc 11:5-13, Actes 1 v5-v13 à 15, Actes 2 v1-4, Actes 10 v44-47, Actes 8 v14-18, Actes 8 v17, Actes 10 v44-47, Actes 19 v5-6, 1 Corinthiens 12 et 14…).
Douglas Scott a donc été accueilli par de nombreuses Églises réformées, baptistes et évangéliques libres en France, en Belgique et en Suisse. Certaines Églises ont bien collaboré (Églises baptistes franco-belges aujourd’hui FEEBF, certains pasteurs réformés à Marseille, à Montpellier…) alors que d’autres ont fermé leur porte (Églises baptistes franco-suisses) d’où la nécessité bien souvent de créer de nouvelles Églises (Assemblées de Dieu).
D’après G. Stotts, les Assemblées de Dieu ont été choisies par les pasteurs pour le fonctionnement non centralisé et collégial (d’autres Églises évangéliques ont la même déclaration de foi que les ADD mais sont organisées quelque peu différemment). La décentralisation était ce qui semblait convenir de mieux aux premiers pasteurs français (cf G. Stotts). Toutefois, il existe une forte communion entre les Églises, un Institut de Théologie Biblique (ITB à Bordeaux) sur place ou par correspondance, et toute une formation bien structurée qui se caractérise par des stages probatoires, des stages, une reconnaissance par les Églises et les ministres du cultes déjà reconnus. La structure est nationale et dispose de représentants régionaux et nationaux.

William Joseph Seymour, homme de Dieu

Vous avez beaucoup entendu parler d’Azuza. Vous allez maintenant rencontrer l’homme qui, pendant des temps d’intercession, mit la tête entre deux caissons de lait et pria pour une puissante effusion du Saint-Esprit.

« Et vous recevrez une puissance, le Saint-Esprit survenant sur vous. »

Ce fut le 1er janvier 1901, le premier jour du siècle nouveau, qu’Agnès M. Ozman fut baptisée du Saint-Esprit avec comme signe initial le parler en langues. A Topeka dans le Kansas, il y avait une Ecole Biblique du nom de Béthel fondée par Charles Fox Parham. Cette école fut le berceau de cette effusion divine du 20e siècle aux Etats-Unis. En l’espace d’une année, le frère Parham et d’autres étudiants furent aussi baptisés et le frère Parham ferma l’école et commença à conduire des réunions de réveil dans tout le centre de la région Ouest.

Seymour à Houston au 503, rue Rusk Street

En 1905, Parham prêcha un message de réveil à Houston dans le Texas. Il fut alors approché par des croyants zélés au sujet de leur besoin de formation et d’études bibliques. En décembre 1905, Parham ouvrit une Ecole de Formation Biblique au 503, rue Rusk Street à Houston. Elle fut ouverte en tant que ministère de foi et l’école ne fit payer ni droits d’inscription ni honoraires. Elle fut si populaire qu’avant la fin de l’année 1907, quelques 13000 personnes avaient suivi une formation à l’école.

Un homme de 31 ans du nom de William Joseph Seymour assista aux cours de l’Ecole Biblique de Houston pendant une courte période, peut-être entre janvier et février 1906. Puisqu’il était noir, on ne lui permit pas de s’asseoir dans la salle de cours principale où seuls les blancs étaient autorisés à s’asseoir. Seymour écoutait les cours à travers la porte ouverte tandis qu’il s’asseyait dans une autre pièce. A cette époque de l’histoire, la ségrégation et le racisme étaient flagrants dans l’Eglise. Même si Seymour n’aimait pas cette situation, il ne voulait pas que cela l’empêchât de poursuivre Dieu. Aucun des plus grands hommes de Dieu n’a jamais permis à l’hypocrisie religieuse de les empêcher d’entrer dans leur noble appel. Ils possédaient une volonté indomptable de poursuivre Dieu et avait une faim insatiable de Lui.

Destination Los Angeles

William Joseph SeymourAprès cette courte période passée à l’Ecole de Formation Biblique de Parham, le frère Seymour reçut une lettre de Madame Neely Terry qui habitait à Los Angeles, en Californie, et qui lui demandait de considérer sa proposition de prendre en charge en tant que pasteur un groupe nazaréen dirigé par Madame Julia W. Hutchins. C’était un petit groupe noir d’environ 22 personnes qui se réunissaient dans l’adoration. Le frère Seymour donna son accord et arriva quelque temps plus tard, fin février ou début mars 1906. A son arrivée, Seymour trouva des familles qui se réunissaient au 9, rue Santa Fe Street. Le groupe se réunissait auparavant dans la maison faite de charpentes de bois de Richard et Ruth Asbery au 216, rue North Bonnie Brae Street. Très peu de temps après, le groupe grandissant s’était retrouvé sans local et avait recherché un emplacement plus grand dont Madame Hutchins prit joyeusement la suite de la location au 9, rue Santa Fe Street.

Le frère Seymour fut bien reçu et prêcha souvent la sainteté et la guérison divine. A un moment donné, en mars, peu de temps après son arrivée, Seymour commença à prêcher sur le baptême du Saint-Esprit avec comme signe le parler en langues. A ce moment-là, il n’avait pas lui-même expérimenté ce baptême, néanmoins il prêcha avec ferveur s’attendant pleinement à ce que ce don fût libéré dans son église qu’il venait de trouver. Ce nouvel enseignement choqua complètement l’assemblée et Seymour se retrouva, comme l’apôtre Paul, au milieu d’un tumulte. Un dimanche soir, en avril, le frère Seymour trouva la porte menant à l’église étroitement verrouillée avec un cadenas. Seymour était maintenant mis à la porte sans pouvoir entrer et était bloqué. Une Julia Hutchins épouvantable et enragée avait mis à la porte le nouveau pasteur.

216, rue Bonnie Brae

AFM_on_azusa_streetDorénavant, Seymour se retrouvait à la rue et sans issue possible, sans savoir où aller. Toutefois, par la grâce de Dieu, la famille Lee, qui autrefois assistait aux réunions de Santa Fe, le prit en charge et mit à sa disposition une place dans leur maison où il put demeurer.

Quelque temps plus tard, les Asbery invitèrent le pasteur Seymour à venir chez eux au 216, rue Bonnie Brae Street, pour diriger quelques réunions évangéliques dans leur maison. Aujourd’hui cette maison est connue sous le nom de la Maison 216 Bonnie Brae et demeure toujours debout. Les théologiens, chercheurs et historiens religieux du monde entier reconnaissent cette maison comme étant le lieu à partir duquel les pentecôtistes de l’époque moderne peuvent faire remonter leurs racines spirituelles.

Des signes de guérison conduisant à la Pentecôte

Certainement que Seymour continua à parler du baptême du Saint-Esprit parce que, le 9 avril 1906, quelque chose d’historique eut lieu. L’hôte de Seymour, Monsieur Edward Lee, avait été malade et avait demandé au pasteur Seymour de prier pour lui – non seulement pour sa guérison, mais pour qu’il reçoive aussi le baptême du Saint-Esprit. Alors que Seymour commença à prier, Lee fut glorieusement rempli du Saint-Esprit et commença à parler en d’autres langues selon que l’Esprit lui donna de s’exprimer. Le soir même, les deux hommes se rendirent à la maison des Asbery où il avait été prévu que se tînt la réunion du soir.

Ce soir-là, avec une foi forte, sept personnes supplémentaires furent glorieusement remplies du Saint-Esprit et parlèrent aussi en d’autres langues. Quelque chose de puissant était en train d’être enfanté dans cette petite maison au 216, rue Bonnie Brae Street. Il est intéressant de remarquer qu’à l’époque où le pasteur Seymour prêchait sur le baptême du Saint-Esprit, lui-même n’avait pas été rempli. Mais le 12 avril 1906, tard dans la nuit, le pasteur Seymour reçut le baptême du Saint-Esprit et fut rempli lui-même.

Le feu embrase Azuza et se répand dans le monde

Après que cette petite communauté de croyants commença à aller parler de leur expérience, les résidents du voisinage commencèrent à venir à la maison des Asbery jusqu’à ce qu’il n’y eût littéralement plus de place à l’intérieur de toute la maison. Durant une brève période, ils utilisèrent le porche devant la maison comme plate-forme pour prêcher aux gens réunis sur la pelouse. Ce fut à cette époque-là que le ministère déménagea au 312, rue Azuza Street.

Le bâtiment d’Azuza de 12 mètres par 18 mètres avait été autrefois utilisé comme lieu de réunion de l’Eglise Episcopale Méthodiste Africaine (AME) mais avait été restée vacante et était maintenant utilisée comme étable de livrée et endroit de stockage de matériaux de construction. Après quelques jours de nettoyage, le bâtiment fut ouvert pour les cultes et des planches de bois posées au-dessus de barils de bois servirent de sièges pour asseoir 750 personnes. Il n’y avait pas de fenêtres de verre teintées, pas de tapis sur le sol, pas de panneaux d’affichage sur la porte, et pas de climatiseur, mais l’Esprit de Dieu était là.

Peu après, le Saint-Esprit remplit le bâtiment de la gloire de Dieu et les feux du réveil se répandirent dans tout Los Angeles en Californie. Des hommes et des femmes furent attirés de tous les coins du monde vers ce simple gestionnaire du lieu que Dieu avait choisi en vue d’accomplir une œuvre puissante.

Les accusations abondent

Les reporters des journaux des médias d’information de Los Angeles écrivirent :

 » De bizarres baragouinages de langues, Nouvelle secte de fanatiques qui émerge, Scène délirante la nuit dernière à Azuza Street. Gazouillement de discours inintelligibles par une sœur.  »

 » Une nouvelle secte de fanatiques est en train d’émerger, ils émettent d’étranges balbutiements… ils ne quittent jamais l’église.  »

 » Un mélange disgracieux de races, ils crient et font d’étranges bruits en hurlant à longueur de journée et tard dans la nuit. Ils courent, sautent, se secouent de tout le long, crient à plein gosier, tournoient en cercles, tombent sur le sol recouvert de sciures en se secouant, tapant des pieds et en se roulant par terre. Certains d’entre eux perdent connaissance et ne bougent pas pendant des heures comme s’ils étaient morts. Ces gens semblent être fous, mentalement dérangés ou sous l’effet d’un envoûtement. Ils prétendent être remplis de l’Esprit. Ils ont un Nègre borgne, illettré comme prédicateur, qui reste sur ses genoux la plupart du temps avec la tête cachée entre deux caissons en bois de lait. Il ne parle pas beaucoup mais de temps en temps, on peut l’entendre hurler :  » Repentez-vous « , et il est supposé prendre en main la chose… Ils chantent indéfiniment le même chant :  » Le Consolateur est Venu.  »  »

La Foi Apostolique

Le véritable compte-rendu du réveil fut diffusé à l’étranger à travers la Foi Apostolique, un journal que Seymour envoyait gratuitement à quelques 50 000 abonnés.

Le premier supplément du journal La Foi Apostolique imprimé en septembre 1906 décrivit de la façon suivante la première réunion :

 » Les réunions commencent à environ 10 heures du matin et ont du mal à finir avant 10 heures du soir ou minuit, et quelquefois deux ou trois heures du matin, parce que tant de gens sont en recherche, et certains sont allongés par terre comme morts sous la puissance de Dieu. Les gens cherchent trois fois à l’autel… nous sommes incapables de dire combien de personnes ont été sauvées et baptisées du Saint-Esprit, et guéries de toutes sortes de maladie. Beaucoup parlent dans de nouvelles langues et certains continuent leur chemin dans des champs de mission à l’étranger, avec le don des langues. Un ivrogne fut pris de conviction dans une réunion de rue, et leva la main pour recevoir la prière. Ils ont prié pour que le démon de l’alcoolisme soit chassé et le lien partit. Il vint à la réunion et fut sauvé, sanctifié et baptisé du Saint-Esprit, et trois jours plus tard il parlait en langues et louait Dieu pour la Pentecôte. Il se reconnaît à peine.  »

 » Nous ne combattons ni les hommes ni les églises, mais cherchons à remplacer les formes et les credos morts et le fanatisme sauvage par un christianisme vivant et pratique,  » Amour, Foi, Unité  » sont nos mots d’ordre, et  » Victoire Par le Sang de l’Expiation » notre cri de bataille.  »

A partir d’Azuza Street, le pentecôtisme se répandit rapidement dans le monde entier et commença sa progression jusqu’à devenir une force majeure dans la chrétienté. Avec Charles Parham, William Joseph Seymour pourrait être appelé le fondateur du pentecôtisme mondial et son nom traversera certainement l’histoire comme celui de l’un des plus grands leaders religieux noirs-américains de l’Amérique.