James O. Fraser: la prière façonne l’histoire

Certains des serviteurs de Dieu les plus précieux ont passé la majeure partie de leur vie cachés et inaperçus. Oubliés et ignorés par les foules religieuses, ils réussissent dans l’obscurité et la solitude. Leurs vies humbles semblent chanter tout doucement ces paroles négligées d’un hymne de Charles Wesley : « Garde-nous petits et inconnus, précieux et aimés de Dieu seul. » William Jay, le prédicateur anglais écrivait : « Beaucoup de ceux qui sont grands aux yeux du Seigneur vivent actuellement dans des petites maisons de campagne et des taudis et sont rarement connus. »

James O. Fraser, de la Mission Intérieure Chinoise, était un de ces serviteurs de Dieu de choix qui éprouvaient de la satisfaction à faire son labeur dans une obscurité presque totale. Cet homme talentueux était prédicateur, linguiste, génie musical et ingénieur. Il arriva dans la province de Yunnan en Chine en 1910 avec un cœur soupirant après les âmes de la tribu oubliée des Lisu. Pendant tout le temps où Fraser se consacrait au travail missionnaire visant à atteindre les gens de la tribu des Lisu, il devint quelque peu oublié. Durant des années il vécut seul, caché derrière les vastes chaînes de montagnes de l’Ouest reculée de la Chine.

Peu de personnes connaissaient réellement James Fraser. Il y avait une atmosphère de mystère entourant cet homme talentueux qui avait choisi une vie primitive de pionniers au lieu des applaudissements d’une salle de concert en Angleterre. Certains disaient que c’était absolument déplacé que Fraser gaspillât et enterrât ses dons sur le champ missionnaire. Cependant, Monsieur Fraser fut admirablement utilisé par Dieu à travers la prière et un labeur rempli d’amour pour détourner des multitudes de Lisu de l’esclavage dû à l’adoration des démons, à la connaissance de Jésus-Christ. Après être parvenu à maîtriser la difficile langue Lisu, il développa sa propre « écriture Fraser » et traduisit les Ecritures en dialecte tribal.

Avant la fin de l’année 1916, il y eut une réelle visitation de l’Esprit parmi les Lisu, qui donna lieu à 6000 baptêmes en l’espace de seulement deux ans. L’Eglise Lisu continua à croître et devint en définitive l’un des plus grands corps tribals chrétiens du monde.

Le succès de J.O. Fraser n’était pas le résultat de ses talents impressionnants ou de son intellect gigantesque. Monsieur Fraser réussit là où d’autres échouent souvent, parce qu’il avait appris comment toucher Dieu à travers la prière. Isolé et caché aux yeux de tous derrière les montagnes, il fut contraint de chercher Dieu pour chacun de ses besoins. « Pour connaître le réel Fraser, on a besoin de l’entendre dans la prière. La prière était la respiration même de la vie pour lui, et dans la prière il semblait s’échapper du temps en direction de l’éternité. » Pour beaucoup d’entre nous, la prière n’est pas le premier choix, mais le dernier recours. Fraser avait appris, de par une absolue nécessité, à prier avec ferveur et continuellement.

« Fréquemment, les versants des montagnes étaient témoins des supplications importunées et pénétrantes de cet homme dont le temps de prière se comptait non en minutes mais en heures. » Fraser n’était pas un homme qui disait simplement des prières, mais qui ENFANTAIT dans la prière. Il connaissait la nécessité spirituelle de la lutte et de l’agonie dans la prière. Il écrit: « Combien de vos prières ont-elles la sorte de qualité que nous trouvons dans l’amertume de l’âme chez Anne, ‘lorsqu’elle pria le Seigneur ?’ Combien de fois avez-vous jamais ‘PLEURE AVEC DOULEUR’ devant le Seigneur ? Nous avons peut-être prié beaucoup, mais nos aspirations n’ont pas été profondes en comparaison des leurs. Nous avons passé beaucoup de temps sur nos genoux, c’est possible, sans que nos cœurs pénètrent dans l’agonie du désir. Mais la réelle supplication est fille du désir venant du cœur, et ne peut pas triompher sans ce dernier; un désir non de la terre ni issu de nos cœurs pécheurs, mais imprimé en nous par Dieu Lui-même. Oh, qu’il y ait de tels désirs ! Oh, qu’il y ait la sincérité d’Anne non seulement en moi-même mais en tous ceux qui se joignent dans la prière pour ces pauvres païens aborigènes. »

A notre honte, certaines des disciplines les plus élémentaires de nos pieux pères sont devenus étrangères et peu familières à beaucoup d’entre nous. L’une des armes les plus efficaces des saints priants d’autrefois était la discipline de la « prière jusqu’au bout ». « J. O. Fraser à la fois encourageait et pratiquait cette puissante réalité.

A ce sujet, Monsieur Fraser écrit : « Nous devons nous préparer à une sérieuse guerre, et ‘après avoir tout surmonté, tenir fermes’, nous devons combattre jusqu’au bout et ensuite nous tenir victorieux sur le champ de bataille. Ceci n’est-il pas un autre secret de nombreuses prières non exaucées, le fait que nous n’avons pas combattu jusqu’au bout? Si le résultat ne se voit pas aussi rapidement qu’espéré, les chrétiens sont aptes à se décourager, et s’il est encore plus retardé, à tout abandonner. Vous connaissez le nom qu’ils donnent aux lieux en Angleterre où le bâtiment (ou n’importe quelle chose d’autre) est abandonné, lorsqu’il n’a été achevé qu’à moitié – Cette chose-là est une « sottise ». Je me demande si quelques unes de nos prières ne méritent pas la même marque de disgrâce. Luc 14:28-30 s’applique aux prières ainsi qu’aux tours. Nous devons estimer le coût avant de prier la prière de la foi. Nous devons être prêts à payer le prix. Nous devons considérer les affaires. Nous devons nous apprêter à « voir les choses jusqu’au bout » (Ephésiens 6:18, « en toute persévérance »). » Lutter contre les esprits démoniaques est une réalité journalière de la survie spirituelle. Le combat spirituel ne s’apprend pas dans nos temps de loisir, mais il nous est asséné sur la tête lorsque nous commençons à menacer le royaume des ténèbres. En 1913-1914, James Fraser traversa une période de profonde oppression spirituelle qui le força à traiter des questions que beaucoup préféreraient ignorer. Alors que Fraser atteignit les Lisu spirituellement aveugles, il devint l’objet d’une intense attaque démoniaque. Il se trouva lui-même dans la situation où il glissait progressivement dans un état paralysant de dépression et de désespoir. Il commença bientôt à remettre en question les fondements même de sa foi en Dieu. « Les fondements furent profondément ébranlés dans ces jours et nuits de conflit, jusqu’à ce que Fraser réalisât que derrière tout cela, se cachaient des « puissances des ténèbres » qui cherchaient à l’écraser. Il avait osé envahir le royaume de Satan, que nul n’avait pas contesté depuis des siècles. Tout d’abord, la vengeance était tombée sur les personnes en recherche parmi les Lisu, c’étaient des proies faciles. Maintenant, il était lui-même attaqué, et c’était une guerre à mort, spirituellement parlant.

Fraser fut grandement aidé dans son combat spirituel par l’arrivée au temps propice d’un magazine produit par Jessie Penn-Lewis s’intitulant The Overcomer (Le Vainqueur). « Ce qu’il m’a montré, » écrit Fraser, « c’était que la délivrance de la puissance du malin vient à travers une résistance ferme sur la base de la Croix. Je suis ingénieur et je crois dans les choses qui marchent. Je veux les voir marcher. J’avais constaté que beaucoup d’enseignements spirituels que l’on entend ne semblent pas marcher. Mon appréhension, à quelque degré que ce fût, par rapport à d’autres aspects de la vérité avait été brisée. Le côté passif du fait de tout abandonner au Seigneur Jésus qui est notre vie, bien que vrai et plein de bénédiction, n’était pas tout ce dont j’avais besoin précisément alors même. Une ferme résistance sur la base de la Croix fut ce qui m’apporta la lumière. Car je vis que cela marchait. J’avais l’impression d’être un homme en train de périr de soif, sur lequel de l’eau froide, claire et belle avait commencé à couler.

Les gens vous diront, après une réunion utile peut-être, que telle ou telle vérité est le secret de la victoire. Non : nous avons besoin de vérités différentes à des moments différents. ‘Regardez au Seigneur’, vous diront certains. ‘Résistez au diable’ se trouve aussi dans les Ecritures (Jacques 4:7) et j’ai vérifié que cela marchait ! Ce nuage de dépression se dispersa. Je trouvai que je pouvais avoir la victoire dans le domaine spirituel toutes les fois que je le voulais. Le Seigneur Lui-même a résisté au diable en prononçant des paroles : « Arrière de moi, Satan ! » Dans mon humble dépendance à Lui, je fis la même chose. Je parlai à Satan à ce moment-là, utilisant les promesses de l’Ecriture comme des armes. Et elles marchèrent. Immédiatement après, la terrible oppression commença à s’en aller. »

Vers la fin de sa vie, James Fraser se trouva lui-même dans une autre sorte de conflit spirituel. Il commença à se sentir de plus en plus insatisfait avec ce que beaucoup considéraient comme un ministère réussi. Il reconnaissait comme jamais auparavant le grandiose besoin d’un véritable réveil sur le champ missionnaire et dans son pays. Son cœur aspirait maintenant à une puissante visitation de la gloire de Dieu. Lorsque Dieu crée en nous un tout nouveau désir, nous pouvons toujours avoir confiance qu’Il se prépare à agir.

Durant des congés, les aspirations de Fraser furent confirmées par l’opportunité qu’il eut d’entendre prêcher le missionnaire revivaliste Jonathan Goforth. Madame J. O. Fraser décrit cet événement important qui eut lieu dans la vie de Fraser. « Alors que le vieil homme de Dieu se levait pour prêcher, un sentiment écrasant de la présence de Dieu remplit la pièce, et alors qu’il parlait, nous n’étions rien d’autre que fondus sous la puissance de ses paroles, car Goforth avait été revêtu d’une onction divine venant de Dieu Lui-même, et c’était impossible de ne pas le remarquer. Fraser avait entendu parler auparavant des grands réveils dont Goforth avait été témoin dans son travail en Chine, mais de l’entendre parler fut quelque chose d’inoubliable et laissa sur son âme un profond fardeau. La grande question dans son esprit était de savoir si nous étions en train de travailler avec la puissance que Dieu nous avait promise. »

Une nouvelle fois, Madame Fraser écrit à propos du nouveau fardeau de son mari : « Il voyait les millions de Chinois non atteints qui grouillaient, et la minuscule poignée de missionnaires, mais aussi grande que fût le besoin d’avoir plus de missionnaires, il y avait un bien plus grand besoin, celui que ceux parmi nous qui étions là-bas fussent revêtus d’une bien plus grande puissance. Fraser était quelque peu sous le poids d’un fardeau parce que l’Eglise à la fois au pays et à l’étranger semblait avoir un impact réel si faible sur le monde. Il passait des heures dans la prière se demandant si nous devions retourner aux apôtres en tant qu’exemples pour nous et à la Pentecôte en tant que puissance qui nous était réservée.  »

Nous étions maintenant au début des années 1930, et Fraser n’était pas seul à désirer le réveil. Le cri de soupir après un réveil s’élevait maintenant des cœurs de nombreux missionnaires tout comme des chrétiens chinois. Soudainement, Dieu surgit, levant Ses instruments dissimulés pour propulser l’Eglise dans un puissant réveil dans le Nord de la Chine. Ce fut là que Fraser trouva quelques esprits de la même affinité que lui chez les ouvriers de réveil suivants : Andrew Gih et John Sung de l’équipe Bethel. Ils goûtèrent à de puissants moments de prière ensemble qui souvent durèrent jusqu’aux premières heures du matin. Monsieur Fraser décrit cette période comme sa plus heureuse expérience vécue en Chine. Ce furent les jours de gloire du réveil de Shantung avec Bertha Smith et Marie Monsen. Anna Christiansen de la C.I.M. et Watchman Nee du « Petit Troupeau » récoltèrent aussi le fruit du réveil à cette époque. Peu importe qui était le ministre, le message était essentiellement identique : la dénonciation du péché secret, un appel à la profonde repentance, le besoin de restitution et l’espoir de la victoire totale à travers le Sang et la puissance du Saint-Esprit.

« Le Royaume de Dieu est forcé et ce sont les violents qui s’en emparent. » – Matthieu 11:12. La vie de James Fraser fut une illustration vivante de ce verset. Comme Fraser, nous devons nous revêtir d’humilité alors que nous courons faire la guerre dans le combat de la foi. Nos prières doivent s’élever au-dessus de la simple rhétorique sentimentale et religieuse. Ce dont nous avons besoin, ce sont des gémissements et des pleurs violents de la prière d’enfantement ! Nous devons apprendre à être violents dans la prière avec Satan et avec notre propre ORGUEIL entaché de péché. Le Roi Jésus recherche un peuple qui Lui sera assujetti en toute sainteté et en toute humilité, et qui néanmoins tiendra ferme dans une foi audacieuse contre les puissances des ténèbres (Jacques 4:7). L’humilité en dehors de la foi courageuse devient du désespoir, et la foi en dehors de l’humilité dans un cœur brisé devient de la présomption. La vraie victoire de réveil viendra finalement lorsque les pauvres en esprit apprendront à marcher dans l’autorité et la puissance de l’Esprit. »

Source: The Watchword

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Frank Bartleman, un homme de passion

Frank Bartleman fut un témoin oculaire de l’effusion du Saint-Esprit en 1907 à la rue Azusa, de Los Angeles. On a pu l’appeler « le reporter du Reveil Azusa Street ». Frank Bartleman était un homme de passion portant un lourd fardeau. Ses prières ouvraient le ciel, littéralement. Mais il était plus qu’un intercesseur. Il était un homme de vision – un prophète. Il perçut la signification profonde de ce que le Saint-Esprit désirait faire lors d’un réveil et il appela le peuple de Dieu à rechercher la plénitude de cette expérience.

Frank Bartleman, certainement plus qu’aucune autre personne, portait le fardeau de la prière pour l’œuvre profonde de l’Esprit de Dieu qui se manifesta en 1906. Il participa au labeur de son enfantement, le nourrissant avec tendresse et défendant courageusement ses premiers éclats de vie. Durant l’année 1905, alors que Frank Bartleman correspondait et priait avec Evan Roberts au pays de Galles, alors que lui-même et d’autres à Los Angeles répandaient le message du réveil du pays de Galles en encourageant les gens à prier ; et par-dessus tout, alors que le peuple de Dieu recevait la vision et « accouchait » dans la prière ; l’étincelle devint l’embrasement du réveil mondial de la Pentecôte dans l’Église de Jésus-Christ.

Azusa Street, la grande Pentecôte qui préfigure le dernier réveil à venir!

William J. Seymour et Frank Bartlemen sont les deux noms qui sont le plus souvent associés aux instruments qui ont été utilisés pour déclencher le Réveil d’Azuza Street. A bien des égards, ils étaient différents l’un de l’autre mais tous les deux étaient des jeunes hommes qui avaient un désir peu commun de connaître le Seigneur et de voir Sa puissance restaurée dans l’Eglise.

Seymour était incontestablement le conducteur du réveil, et c’est lui qui détenait l’autorité sur terre, mais Bartlemen était l’intercesseur qui détenait l’autorité avec Dieu.

En 1904-1905, Bartlemen commença à désirer ardemment plus de puissance. Il reçut le lourd fardeau de voir le même genre de réveil que celui dont il avait entendu parler au Pays de Galles, qui changea non seulement des individus, mais aussi des villes entières. Plus il travaillait, plus il combattait dans la prière dans le but de voir une telle visitation de Dieu.

A Los Angeles, ainsi que dans de nombreux endroits à travers le AFM_on_azusa_streetmonde entier, les cœurs étaient préparés tout comme l’était Bartlemen. Au temps voulu de Dieu, ils allaient plus tard venir ensemble dans la petite mission fermée d’Azuza Street. Là, ils allaient former ensemble une étincelle qui allait un jour enflammer les nations.

Ceci était un des éléments uniques du réveil d’Azuza Street: il n’était pas uniquement centré sur un seul homme. De même que Paul n’aurait pas pu être libéré dans son appel d’apôtre si Barnabas n’était pas venu le rejoindre, nos propres destinées dépendent souvent de notre humilité à chercher ceux auxquels nous avons besoin d’être joints en vue d’accomplir Ses desseins. Même Jésus se soumit au ministère de Jean-Baptiste avant de rentrer dans Son propre appel. Le Seigneur a conçu ainsi Ses plans afin que nous ayons tous besoin les uns des autres. Plus nous sommes capables de nous humilier pour nous associer à d’autres, plus nous porterons du fruit en définitive.

Le 1er mai 1904, un semblant de réveil éclata dans l’église épiscopale méthodiste de Lake Avenue à Pasadena. Des intercesseurs avaient prié pour qu’un réveil survînt à Pasadena et le Seigneur exauça leurs prières. Bartlemen visita l’église et fut profondément touché. Le fait que l’autel se remplissait d’âmes en recherche l’encourageait à se déterminer à voir le Seigneur agir de la même manière à Los Angeles.

Cette même nuit, il rédigea des remarques prophétiques dans son journal. Il commença à énumérer les futurs dangers qui certainement allaient talonner de près le grand réveil à venir dont il pensait qu’il était proche. Il écrivit que: « Beaucoup d’églises passeraient à côté du réveil parce qu’elles seraient restées dans l’auto-satisfaction. »

Leur succès ou leur échec en définitive, écrivait-il, dépendrait du fait qu’elles resteraient ou non suffisamment humbles pour rechercher la grâce de Dieu. Il ressentait que si ceux qui seraient utilisés dans le réveil se laissaient emporter par le sentiment de leur propre importance, cette grande opportunité serait perdue.

Bartlemen écrivit que: « Dieu a toujours recherché un peuple humble. Il ne peut pas utiliser autre chose…. La préparation du cœur dans l’humilité et la séparation sont toujours grandement nécessaires avant que Dieu ne puisse venir par la suite. La profondeur de n’importe quel réveil sera déterminée exactement par l’esprit de repentance qui est atteint. En fait, il s’agit là de la clé de tout réveil véritable né de Dieu. »

Bartlemen lut ensuite le livre de S.B. Shaw, « The Great Revival in Wales » (Le Grand Réveil au Pays de Galles), et le feu allumé dans son cœur ne pouvait plus se contenir. Délaissant sa profession séculière afin de se consacrer à plein temps au ministère, il en était arrivé à un stade où il devait soit périr, soit voir le réveil. Il en était si affamé qu’il perdait même son appétit. « L’homme ne vivra pas de pain seulement », déclarait-il à ceux qui se faisaient du souci pour lui.

Dans son cœur, Bartlemen avait résolu qu’il était préférable pour lui de mourir que de manquer l’opportunité d’obtenir une grande visitation de Dieu. Il s’était abandonné si complètement au Seigneur qu’il n’avait rien d’autre sur quoi il pourrait se rabattre si Dieu n’agissait pas. Depuis qu’au commencement Jésus a appelé Ses disciples, ainsi a été la nature des piliers sur lesquels Il a bâti Son Eglise.

A longueur de journée, Bartlemen rendait visite aux gens, leur donnant la brochure de G. Campbell Morgan sur le réveil du Pays de Galles. La brochure toucha profondément plusieurs autres personnes. Bartlemen fut en mesure d’inscrire certaines d’entre elles sur une liste pour qu’elles prient en faveur d’une puissante effusion de l’Esprit sur la ville. Son attention se fixait si intensément sur la chose qu’il commençait à se réveiller au milieu de la nuit en élevant des louanges à Dieu.

« J’y allais maintenant jour et nuit, m’exhortant moi-même à avoir foi en Dieu pour voir des choses puissantes », écrivait Bartlemen dans son journal. « L’esprit du réveil me consumait. L’esprit de prophétie venait sur moi avec force aussi. Il me semblait avoir reçu un don bien spécifique de foi pour le réveil. Nous étions à l’évidence au commencement de jours merveilleux à venir, et je prophétisais continuellement qu’une puissante effusion allait survenir. »

« Les réunions n’avaient pas seulement lieu jour et nuit, mais souvent toute la nuit. Les gens avaient une passion presque incontrôlable pour le Seigneur, et cela continuait de se répandre. Un autre pasteur de Los Angeles (Joseph Smale) commençait aussi à prophétiser des choses merveilleuses à venir, dont « le retour rapide des dons apostoliques dans l’Eglise. » Les gens commençaient à avoir le sentiment que Los Angeles serait comme un type de Jérusalem, où l’Esprit était venu pour la première fois habiter dans les hommes. » Peu avant juin 1905, les prières étaient passées de la prière en faveur d’un autre réveil tel que celui du Pays de Galles à la prière en faveur d’une autre Pentecôte.’  »

Le 3 juillet 1905, Bartlemen et son partenaire de prière Boehmer priaient dans une salle à Pasadena lorsque le fardeau devint presque insupportable. Ils crièrent comme des femmes sur le point d’accoucher. Lorsque le fardeau se fut apaisé, ils s’assirent juste un moment, appréciant le calme qui les enveloppait. Soudain, le Seigneur Jésus Se révéla à eux, Se tenant debout entre eux deux. Ils n’osèrent pas bouger. L’amour les transperça et ils sentirent comme un feu brûlant les pénétrer. Bartlemen écrirait plus tard:

« … Mon être entier semblait s’écouler devant Lui, comme de la cire en présence du feu. Je perdis toute conscience du temps et de l’espace, n’étant conscient que de Sa merveilleuse présence. Je L’adorais à Ses pieds. Cela me semblait être une véritable Montagne de la Transfiguration. Je me perdis dans l’Esprit pur. Le Seigneur ne nous avait rien dit, mais Il avait seulement envahi nos esprits de Sa présence. Il était venu nous fortifier et nous assurer de Son soutien. Nous savions maintenant que nous étions ouvriers avec Lui, des canaux intimes de Ses souffrances, dans le ministère d’enfantement des âmes. Un réel enfantement de l’âme est tout aussi réel dans l’esprit que les douleurs humaines de l’enfantement naturel. La similitude est presque parfaite dans sa similarité. Aucune âme n’a jamais été enfantée sans cela. Tous les véritables réveils du salut viennent de cette manière. »

A partir de ce moment-là, le fardeau d’intercession possédait à tel point Bartlemen qu’il jeûnait et priait si fréquemment que sa femme commença à nourrir des craintes au sujet de sa vie. En dépit de cela, il ne pouvait pas se laisser persuader de s’arrêter. Il avait l’impression d’être à Gethsémané avec le Seigneur. L’enfantement de son âme était si intense qu’il pensait qu’il risquait de mourir avant de voir l’exaucement de ses prières. Mais il poursuivit encore ses efforts malgré cela.

Certains commençaient à croire que Bartlemen était en train de perdre la tête. Peu pouvaient comprendre ce qu’il traversait. Toutefois, ceci était l’intercession apostolique qui avait contraint Paul à risquer sa vie; à jeûner, prier et se consacrer à des « veilles » (des nuits entières de prière); à être exposé aux coups, aux lapidations ou toutes les autres choses requises pour l’avancement de l’Evangile. Paul expliquait à tous ceux qui se préoccupaient de toutes les épreuves qu’il endurait: « Et ce qui manque aux souffrances de Christ, je l’achève en ma chair pour Son corps, qui est l’Eglise » (Colossiens 1:24). Ces paroles revenaient à l’esprit de Bartlemen ravivées de façon croissante.

Aux yeux de « l’homme neutre », une telle consécration radicale semble pure folie, mais elle est fondée sur les « choses de l’Esprit » qu’une telle personne ne peut pas comprendre. Néanmoins, Bartlemen était profondément saisi par les paroles provocantes suivantes de Jésus: « Quiconque voudra sauver sa vie la perdra » (Matthieu 16:25). Et « à moins que le grain de blé ne tombe en terre et ne meure, il reste seul; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit » (Jean 12:24). Cela lui importait peu de devoir mourir, il voulait à l’heure même un réveil plus qu’il ne désirait vivre.

Bartlemen rédigea ensuite un autre article qui allait produire encore plus de ferveur. Il le concluait avec une prophétie qui allait bientôt s’accomplir: « Des héros vont se lever de la poussière des circonstances obscures et méprisées, et leurs noms seront placés sur les blasons de la page éternelle de la renommée. L’Esprit est en train de couver de nouveau notre pays comme à l’aube de la création, et le décret de Dieu est proclamé: « Que la lumière soit! » Frères et sœurs, si nous croyions tous Dieu, pourrions-nous réaliser ce qui pourrait arriver? Beaucoup parmi nous ne vivent pour rien d’autre. Une quantité de prières de la foi monte jusqu’au trône de Dieu jour et nuit. Los Angeles, la Californie du Sud, et tout le continent vont sûrement se trouver dans peu de temps en plein dans un puissant réveil, par l’Esprit et la puissance de Dieu. » (Way of Faith, 16 novembre 1905)

Après un culte à l’église New Testament Church (avec le pasteur Smale) en février 1906, Bartlemen et quelques autres furent conduits à prier pour que le Seigneur répande Son Esprit rapidement, avec des signes qui accompagnent l’effusion. Ils n’avaient pas à l’esprit les langues, et plus tard déclareraient qu’à ce moment là ils n’avaient même pas entendu parler d’une telle chose ni encore moins pensé à elle.

Quand le feu tombe … Le réveil d’Azusa Street

Le dimanche matin du 15 avril 1906, une sœur noire fréquentant les réunions de Seymour sur le porche frontal, assista à un culte à l’église New Testament Church du pasteur Smale et parla en langues. Ceci produisit un grand émoi. Presque comme pour la première effusion de l’Esprit à la Pentecôte, les gens se rassemblèrent en petits groupes sur les allées après le culte, cherchant à savoir ce que cela pouvait bien signifier. Le petit groupe du porche frontal avait réclamé avec ferveur une effusion du Saint-Esprit. Le 9 avril, l’Esprit était venu aux réunions du porche frontal d’une façon très similaire au jour originel de la Pentecôte.

Quand Bartlemen en entendit parler ce dimanche matin là, il se rendit immédiatement à ces réunions, où il trouva le Dieu Tout Puissant à l’œuvre. Plus tard, il écrirait à propos de ce jour-là:

« Nous avions prié pendant de nombreux mois afin d’obtenir la victoire. Jésus maintenant « montrait de nouveau qu’Il est vivant » à un grand nombre. Les pionniers avaient effectué une percée permettant à la multitude de suivre. »

« Il y avait un esprit général d’humilité manifesté lors de la réunion. Ils étaient transportés avec Dieu. A l’évidence, le Seigneur avait trouvé la petite compagnie enfin, en dehors comme toujours, à travers laquelle Il pouvait faire Son chemin. Dieu n’avait pas établi une mission instituée où ceci aurait pu être accompli. Ils étaient entre les mains des hommes, l’Esprit ne pouvait pas œuvrer. D’autres bien plus prétentieux avaient échoué. Ce que l’homme estime avait été une fois de plus contourné et l’Esprit enfanté de nouveau dans une humble « étable » en dehors des établissements ecclésiastiques. »

Comme pour la plupart des grands mouvements de Dieu dans l’histoire, quand le réveil de Pentecôte démarra, très peu comprirent la véritable signification de ce qui se passait, peu même parmi ceux qui avaient été utilisés pour prophétiser sa venue. Il ne commença pas comme un mouvement de foule, mais comme une petite réunion de prière.

Ceci indique une partie de l’émerveillement et de la grandeur du fait d’être chrétien. Lorsque vous êtes en relation avec le Dieu Tout Puissant, Celui qui a créé le monde par une parole, tout ce qu’Il décide de toucher par Son souffle peut avoir des conséquences bien au-delà de la compréhension humaine. Parce qu’Il est Dieu, Il peut prendre en main la réunion de prière la plus humble et l’utiliser pour remuer le monde entier. Parce qu’Il Se plaît à utiliser les humbles, les faibles et même les fous, la plus humble réunion de prière peut avoir des conséquences historiques.

Néanmoins, le Seigneur accomplit généralement de telles choses uniquement après une période de préparation. Lors du réveil d’Azuza Street, Il utilisa des hommes et des femmes qui, comme Frank Bartlemen, avaient une telle passion pour le Seigneur et Ses desseins qu’ils la communiquaient aux autres. Quand le feu fut finalement allumé, il enjamba rapidement toutes les barrières imposées par les hommes et se déplaça par delà du contrôle humain.

Tout pionnier qui a été utilisé par Dieu pour engendrer de grandes avancées spirituelles est, du moins au début, apparu imprudent et dangereux pour l’Eglise dans laquelle il avait été envoyé pour la réveiller. Bartlemen et Seymour n’étaient pas des exceptions à la règle. Tout ce qu’ils désiraient, c’était simplement Dieu et ils le voulaient si ardemment qu’ils ne se souciaient pas de ce que personne pouvait penser à ce sujet. Ils ne pouvaient pas vivre à l’intérieur des limites de leur temps, et c’est ainsi qu’ils furent utilisés pour repousser ces limites. Leur abandon spirituel servit au bénéfice de millions démultipliés de gens qui allaient suivre.

La petite réunion de prière de Seymour dut déménager du porche frontal de Bonnie Brae Street pour s’installer au 312, Azuza Street à cause du nombre croissant de visiteurs. Là, ils avaient loué un vieux bâtiment qui avait été autrefois une église méthodiste située au centre de la ville, mais devenue alors depuis longtemps inutilisable pour des réunions. Il était devenu un réceptacle de bois de charpente, de plâtre, etc.. Ils avaient fait suffisamment de place sur la poussière et les débris environnants pour pouvoir poser quelques planches au-dessus de tonneaux vides à clous, avec assez de sièges pour asseoir 30 personnes. Ceux-ci étaient disposés sur une surface carrée face à face l’un de l’autre.

Le bruit courut « comme un feu dans du bois sec » à propos de ce qui était arrivé au petit groupe de prière de Seymour. Ceci fut probablement causé par le remarquable ministère de Frank Bartlemen qui avait écrit une flopée d’articles et de tracts et qui s’était constamment déplacé dans les environs de la ville pour exhorter les églises et les groupes de prière à rechercher le Seigneur en vue d’un réveil. Ils aspirait à voir le Seigneur accomplir à Los Angeles ce qu’Il avait récemment fait au Pays de Galles. Au bout d’un moment, Bartlemen commençait à ressentir que ce qui allait survenir à Los Angeles serait différent de ce qui avait eu lieu au Pays de Galles, et il commença à prophétiser la venue d’une « autre Pentecôte ».

Le zèle de Bartlemen pour le Seigneur à ce moment-là était si grand que sa femme et ses amis commencèrent à éprouver une certaine crainte qu’il ne meure. Il manquait tant d’heures de sommeil et un si grand nombre de repas dans le but de prier qu’ils ne pensaient pas qu’il pourrait tenir beaucoup plus longtemps. Sa réponse à leurs supplications à se modérer était qu’il préférait mourir plutôt que de ne pas voir le réveil.

Là où est l’Esprit, là est la liberté

Il y a un autre aspect du remarquable leadership de Seymour à Azuza. C’était sa capacité à discerner et à faire confiance au leadership du Saint-Esprit, et à Lui donner la liberté qu’Il réclame, si nous voulons connaître Sa plénitude. En dépit de pressions pratiquement constantes de la part de responsables d’église internationalement réputés, qui venaient du monde entier pour imposer ce qu’ils percevaient comme devant être l’ordre nécessaire et la direction du réveil, pendant plus de deux ans, Seymour tint fermement le cap et permit au Saint-Esprit d’agir dans Ses propres et souvent mystérieuses voies. Comme Evan Roberts qui, au même moment était à la tête du Grand Réveil Gallois, la plus grande qualité de Seymour dans le leadership était sa capacité à suivre le Saint-Esprit.

Seymour et Roberts croyaient que le Saint-Esprit avaient besoin de liberté pour agir dans toute personne de Son choix, et non seulement parmi l’équipe dirigeante. Ils se résolurent tous les deux à permettre à n’importe qui d’être utilisé par le Seigneur, y compris même les plus humbles croyants. Ceci amenait quelquefois l’embarras, mais le plus souvent, cela permettait au Saint-Esprit d’accomplir des choses merveilleuses parmi eux. Si nous désirons réellement le Saint-Esprit au milieu de nous, nous devons Lui permettre d’être le conducteur. Il est, après tout, Dieu.

Les dirigeants du réveil d’Azuza

« Le frère Seymour était reconnu comme le conducteur nominal en charge. Mais nous n’avions ni pape, ni hiérarchie. Nous étions « frères ». Nous n’avions aucun programme humain. Le Seigneur Lui-même dirigeait. Nous n’avions pas de classe de prêtres, ni de prêtres de profession. Ces choses sont rentrées plus tard, avec l’apostasie du mouvement. »

« Nous n’avions même pas de plate-forme, ni de chaire au début. Tous étaient au même niveau. Ces ministères étaient des serviteurs, d’après la véritable signification du terme. Nous n’honorions pas les hommes pour leurs avantages, que ce soit en termes de moyens ou d’instruction, mais plutôt pour leurs « dons » accordés par Dieu… »

« Le frère Seymour s’asseyait généralement derrière deux boîtes de chaussures vides, l’une placée au dessus de l’autre. Il gardait habituellement la tête à l’intérieur de la boîte de dessus pendant la réunion de prière. Il n’y avait pas la moindre trace d’orgueil là-bas. »

Les réunions

Nous citions Frank Bartlemen:

« Au début du réveil, nous n’avions pas d’instruments musicaux. En fait, nous n’en ressentions pas le besoin. Il n’y avait aucune place pour eux dans notre adoration. Tout était spontané. Nous ne chantions même pas à partir de recueils d’hymnes. Tous les anciens hymnes bien connus étaient chantés de mémoire, ravivés par l’Esprit de Dieu. « Le Consolateur est venu » était probablement l’un des plus fréquemment chantés.

Nous le chantions à partir d’une fraîche et puissante expérience du cœur. Oh, comme la puissance de Dieu nous remplissait et nous faisait trembler.

« Les chants relatifs au « sang » étaient alors très populaires. « La vie est dans le sang », le Sinaï, le Calvaire et la Pentecôte, tous étaient à leur bonne place dans l’œuvre d’Azuza. Mais le « cantique nouveau » était tout à fait différent, et n’était pas de composition humaine. Il ne pouvait pas être contrefait. La couronne ne peut pas imiter la colombe…

« L’esprit des chants donnés par Dieu au début d’Azuza etaient comme la harpe aéolienne dans sa spontanéité et sa douceur. En fait, c’était le souffle même de Dieu qui jouait sur les cordes du cœur humain, ou les cordes vocales humaines. Les notes étaient magnifiques en douceur, volume et durée. En fait, elles étaient résolument humainement impossibles. C’était « des chants de l’Esprit ».

C’était un don de Dieu de qualité supérieure et il apparut parmi nous après le début de l’œuvre d’Azuza. Personne ne l’avait prêché. Le Seigneur nous l’avait souverainement accordé avec l’effusion du « résidu d’huile », le baptême du Saint-Esprit de la pluie de l’arrière-saison. Il était exercé, lorsque le Saint-Esprit touchait ceux qui possédaient ce don, soit en mode solo, soit collectivement. Il était quelquefois sans paroles, d’autres fois en « langues ». L’effet était merveilleux sur les gens. Il amenait une atmosphère céleste, comme si les anges eux-mêmes étaient présents et se joignaient à nous. Et il est possible qu’ils fussent présents. Quelqu’un a dit que chaque réveil fraîchement suscité amène sa propre hymnologie. Ce fut certainement le cas pour celui-ci.

« Les réunions se succédaient presque en continu. Des âmes en recherche pouvaient se trouver sous la puissance pratiquement à toute heure, nuit et jour. Le lieu n’était jamais ni fermé, ni vide. Les gens venaient rencontrer Dieu. Il était toujours là. D’où les réunions en continu. La réunion ne dépendait pas du conducteur humain. La présence de Dieu devenait de plus en plus merveilleuse. Dans ce vieux bâtiment avec ses chevrons et ses sols nus, Dieu mettait des hommes et des femmes forts en pièces et les reconstruisait ensemble pour Sa gloire. C’était un formidable processus de révision. L’orgueil et la présomption, l’importance de l’ego et l’estime de soi ne pouvaient pas survivre là-bas. L’ego religieux proclamait son propre enterrement.

« Aucun sujet ou sermon n’était annoncé à l’avance, et on ne prévoyait pas à l’avance les orateurs pour une telle heure. Personne ne savait ce qui pourrait venir, ce que Dieu ferait. Tout était spontané, selon l’ordre de l’Esprit. Nous voulions entendre Dieu parler, quelle que fût la personne qu’Il utilisait pour parler.

« Nous étions délivrés immédiatement là-bas du hiérarchisme et de l’abus ecclésiastiques. Nous désirions Dieu. Quand nous atteignions la première fois la réunion, nous évitions autant que possible les salutations et les contacts humains. Nous désirions rencontrer Dieu en premier. Nous mettions la tête sous un banc quelconque situé dans un coin et nous nous plongions dans la prière, et rencontrions les hommes uniquement par l’Esprit.

« Les réunions commençaient d’elles-mêmes, spontanément, par des témoignages, la louange et l’adoration. Les témoignages n’étaient jamais soutirés précipitamment par des appels comme pour un moment de distraction. Nous n’avions aucun programme préétabli qu’il fallait à tout prix suivre dans un temps imparti. Notre temps était celui du Seigneur. Nous avions des témoignages réels, provenant d’expériences du cœur toutes fraîches. Sinon, plus courts étaient les témoignages, mieux c’était. Il était possible qu’une douzaine de personnes se tiennent d’un coup sur leurs pieds, tremblant sous la grandiose puissance de Dieu. Nous n’avions pas à attendre un signal venant d’un certain responsable pour intervenir. Et nous étions libres de l’iniquité. Nous étions exclusivement concentrés sur Dieu dans la prière lors des réunions, nos pensées étaient centrées sur Lui… Le Seigneur pouvait se saisir de n’importe qui. Nous priions pour cela continuellement. Quelqu’un se levait alors oint pour donner le message. Tous semblaient reconnaître ce fait et lui laisser libre cours.

Cela pouvait être un enfant, une femme ou un homme. Cela pouvait venir du siège du fond de la pièce, ou de l’avant. Il n’y avait aucune différence. Nous nous réjouissions de ce que Dieu était à l’œuvre. Personne ne voulait paraître. Nous pensions uniquement à obéir à Dieu. En fait, il y avait une atmosphère divine là-bas qui empêchait quiconque hormis un fou de tenter de se mettre en avant sans la réelle onction.

Et ceci ne dura pas bien longtemps! Les réunions étaient contrôlées par l’Esprit, depuis le trône…

« Quelqu’un était peut-être en train de parler. Soudainement l’Esprit descendait sur l’assemblée. Dieu Lui-même appelait à venir à l’autel. Les hommes tombaient partout dans la maison, comme les morts dans une bataille, ou accouraient vers l’autel en foule, pour chercher Dieu. La scène ressemblait souvent à une forêt peuplée d’arbres arrachés. Une telle scène ne peut pas être imitée. Dans ces premiers jours, je n’ai jamais vu d’appel donné à venir à l’autel. A cette époque, l’appel venait de Dieu Lui-même.

« Et le prédicateur savait quand il lui fallait terminer. Quand il parlait, nous obéissions tous. Cela semblait être quelque chose d’effroyable que d’entraver ou d’attrister l’Esprit. Le lieu entier était rempli de prières. Dieu était dans Son saint temple. C’était l’homme qui devait garder silence. La gloire shékina reposait dans ce lieu. En fait, certains affirment avoir vu la gloire pendant la nuit au-dessus du bâtiment. Je n’en doute pas. Je me suis plus d’une fois arrêté entre deux immeubles du lieu pour prier afin d’être fortifié avant d’oser continuer mon chemin. La présence de Dieu était si réelle.

« Nous avons vu un certain nombre de choses magnifiques en ces jours-là. Même des hommes très bons en venaient à s’abhorrer dans la lumière plus claire de Dieu. Les prédicateurs mouraient les plus radicalement. Ils avaient tant de choses auxquelles il leur fallait mourir. Tant de réputation et de bonnes œuvres. Mais quand Dieu venait à bout d’eux, ils tournaient allègrement une nouvelle page et un nouveau chapitre. Il y avait une raison qui expliquait qu’ils luttaient de façon si acharnée. La mort n’est pas du tout une expérience agréable. Tous les hommes forts mouraient radicalement. » (fin de la citation)

Ansel Post (un prédicateur baptiste), lors d’une réunion à Azuza, écrivait à propos de cette expérience de Pentecôte:

« Aussi soudainement qu’au jour de la Pentecôte, alors que j’étais assis à environ 3 mètres et demi, juste devant l’orateur, le Saint-Esprit descendit sur moi et me remplit littéralement. Il me semblait être surélevé, car j’étais en l’air un moment, criant: « Loué soit Dieu », et instantanément je commençai à parler dans une autre langue. Je n’aurais pas pu être plus surpris que si au même moment quelqu’un m’avait tendu un million de dollars. »

Opposition

Bartlemen écrivait le 1er août 1906:

« La Pentecôte est venue à Los Angeles, la Jérusalem des Etats-Unis. On peut trouver à Los Angeles toutes les sectes, tous les credos et toutes les doctrines qui existent sous le ciel, ainsi que toutes les nations représentées. De nombreuses fois, j’ai été tenté de me demander si mes forces tiendraient jusqu’au bout pour la voir. Le fardeau de prière a été très lourd… Les hommes ont maintenant l’âme troublée partout, et le réveil avec ses phénomènes inhabituels est le thème de conversation à l’ordre du jour. Il se manifeste ainsi une terrible opposition. Les journaux locaux s’enveniment et sont particulièrement injustes et partiaux dans leurs affirmations. Les pseudo-systèmes religieux nous livrent une bataille féroce également. Mais « la grêle emportera le refuge des mensonges ».

Un flot purificateur est en train de couler à travers la ville. La Parole de Dieu prévaut. La persécution est forte. Déjà la police a été appelée pour mettre fin aux réunions. L’œuvre a été grandement entravée par les esprits fanatiques qui remplissent en trop grand nombre la ville… Les réunions brassent les foules. Il y a une grande excitation parmi les gens non-spirituels et les perdus.

Les démons sont chassés, les malades guéris, beaucoup sont sauvés avec de grandes bénédictions, restaurés et baptisés du Saint-Esprit et de puissance.

Les héros se développent, les faibles deviennent forts dans le Seigneur. Les cœurs des hommes sont sondés… c’est un temps terrible où chacun passe au tamis, non seulement au niveau des actions mais aussi au niveau des motivations intérieures et secrètes. Personne ne peut échapper au regard tout pénétrant de Dieu. Jésus est élevé, le « sang » mis à l’honneur et le Saint-Esprit honoré une fois de plus. Une grande puissance se manifeste, étendant les gens à terre comme morts.

Et c’est là la principale cause de résistance de la part de ceux qui refusent d’obéir. C’est toute une affaire en réalité… Des hommes forts sont allongés par terre pendant des heures sous la forte puissance de Dieu, fauchés comme l’herbe. Le réveil sera un réveil mondial, il n’en fait aucun doute. » (fin de la citation)

Quelqu’un écrivit dans ces jours là: « Tant que le feu de Dieu est en train de tomber, tant que la voix de Dieu appelle, frères, saisissez-vous de la flamme! »

Bartlemen écrivit:

« Des milliers sont ici venant de toute l’Union et de nombreuses parties du monde. Ceux-ci vont répandre le feu jusqu’aux extrémités de la terre. Le zèle missionnaire est dans sa blanche chaleur. Les « dons » de l’Esprit sont donnés. Certainement que nous sommes dans les jours de la restauration, « les derniers jours », des jours merveilleux, des jours glorieux… »

Nous nous rappelons l’appel que lança Spurgeon sur son lit de mort:

« La présence de Dieu dans l’Eglise mettra un terme à l’infidélité. Les hommes ne douteront pas de Sa Parole quand ils sentiront Son Esprit. Pour des milliers de raisons, nous avons besoin que Yahvé rentre dans le camp, comme autrefois Il a visité et délivré Son peuple de l’esclavage en Egypte. »

A mesure que le réveil progressait, le centre des phénomènes du réveil se déplaçait de lieu en lieu, d’église en église, et fut de nombreuses fois à plus d’un endroit en même temps. Voici ce qui arriva à Bartlemen lorsqu’il conduisait le réveil dans la mission Little Alley Mission à Pasadena:

« A cette époque, je me rendis un soir à la mission Little Alley Mission à Pasadena. J’eus un très lourd fardeau de prière pendant la réunion. Il y avait une jeune femme, un ancien officier volontaire, là, qui avait été rétrograde pendant plusieurs années. Dieu déposa dans mon cœur un lourd fardeau à son sujet et je sentais qu’elle devait être sauvée cette nuit même. La réunion était sur le point de s’achever mais elle restait toujours insensible. Il était 23 heures passées. J’allai lui parler et l’avertis que ce pourrait être sa dernière chance. Elle était toujours assise dans l’indifférence. Alors je commençai à la supplier. Les gens exprimèrent leur désapprobation alors que je la pressais de prendre une décision. Ils pensaient que j’allais trop loin. Mais une agonie de prière était sur moi concernant son âme. Je dus résister à l’opposition de la plupart des autres ouvriers, ainsi que de l’ennemi. Durant une heure complète, je combattis ainsi pratiquement seul. A certains moments, j’étais repoussé par le conflit inégal et fus même tenté de penser que je devais m’être trompé en ce qui concernait la pensée de Dieu. Finalement, je tombai au sol sous le poids d’un réel enfantement de l’âme en sa faveur. Ce fut la crise. Ma vie semblait presque sortir de moi, en faisant éclater ma poitrine… Cette sorte de prière coûte. Alors immédiatement, le fardeau me quitta, il tomba sur elle.

La conviction la saisit. Elle tomba au sol comme si on avait tiré un coup sur elle et elle commença à pleurer dans une agonie de l’âme. Et ainsi pendant presque trois heures, elle lutta et fit son chemin en pleurant, avec un cœur brisé, jusqu’au calvaire et la restauration. Il était environ trois heures du matin quand elle se releva, avec le rayonnement même d’un ange sur son visage, dans une parfaite victoire. Cela avait payé de se cramponner à Dieu et d’obéir à mes convictions, d’être obéissant à l’Esprit. Cette sœur plus tard reçut un ministère d’intercession, et fut utilisée par Dieu d’une façon merveilleuse dans son âme et dans le travail d’enfantement durant les réunions. »

Une nuit, il ne restait après la réunion que deux dames avec Bartlemen. L’une d’elle était la dame de l’incident mentionné plus haut. Tout le monde avait quitté le bâtiment excepté ces trois. Ils ressentaient tous un esprit de prière les saisir et ils intercédèrent pour les perdus. Alors qu’ils intercédaient ainsi, un gang d’hommes durs entra dans le bâtiment et se retourna presque de façon démoniaque contre eux. L’Esprit avertit Bartlemen trois fois que sa vie était en danger. Le gang était dirigé par « un Allemand, un athée très méchant ».

Le gang commença à attaquer physiquement le groupe des trois: « Finalement, l’un d’entre eux plus audacieux que le reste me saisit par l’épaule et me commanda de me lever et d’arrêter de prier. Je ne lui opposai aucune résistance mais levai les mains et invoquai Dieu. L’esprit du martyre était sur moi. Je ne ressentais aucune crainte. L’instant d’après, à ma surprise, mon assaillant s’immobilisa après quelques pas, se jeta à genoux et commença à me supplier de prier pour lui. Il était allé trop loin. Dieu l’avait frappé. »

Malheureusement, l’attaquant et le reste du gang se débrouillèrent pour repousser la conviction et ensuite « deux d’entre eux se saisirent de l’une des sœurs. Elle leva les mains et cria victoire. La puissance de Dieu tomba sur elle. La crainte tomba de nouveau sur le gang et ils la laissèrent… »

Mais de nouveau, ils se remirent du sentiment de crainte et poursuivirent les trois chrétiens de leurs assauts. Finalement Bartlemen réussit à emmener à l’extérieur la bande d’émeutiers, les faisant traverser tout le bâtiment, et referma les portes derrière eux quand ils furent tous à l’extérieur. Et même, il « serra la main des deux premiers caïds qu’il rencontra, s’échappa du leader, et passa au milieu d’eux sans une égratignure, par la miséricorde de Dieu. Ils ne pouvaient pas me toucher. Le gang s’était moqué de nos larmes et de nos prières pour eux cette nuit-là. Mais ce n’était pas de nous qu’ils s’étaient moqué mais de Christ. Je n’avais jamais vu auparavant une telle audace, et j’avais le sentiment qu’il se pourrait bien qu’ils paient pour cela… Certains avaient des parents chrétiens également, et savaient mieux…

« Quelque temps à peine après cela, plusieurs de ces mêmes jeunes hommes expérimentèrent une mort soudaine, non naturelle et horrible; l’un deux eut la tête coupée par un train, alors qu’il était en mobylette. Un autre fut brûlé jusqu’aux cendres… par un fil électrique. Un troisième se brûla à mort avec de l’essence. »

Source: Global Revival News, Crown House, Borough Road, Sunderland, SR1, 1HW, Angleterre

Citations célèbres de Charles Finney

« Le réveil n’est rien d’autre qu’un retour à l’obéissance à Dieu. Il consiste dans l’abandon, pour l’Eglise, de son relâchement et dans la conversion des pécheurs. »

« Il faut se donner beaucoup de peine pour prémunir les nouveaux convertis contre l’esprit de critique. Lorsqu’ils se sont, pour la première fois, rangés du côté du Seigneur dans toute leur ferveur, souvent ils trouvent les vieux Chrétiens si froids et si morts, qu’ils sont fortement tentés de les critiquer. Il faut y remédier immédiatement sinon l’habitude de critiquer empoisonnera leur esprit et détruira leur piété. »

« La Réunion de prière est l’indice et le thermomètre exacts de la piété dans une Eglise. »
« On peut s’attendre à un réveil, quand les chrétiens sont poussés à le demander dans leurs prières. »

« Ce que Dieu demande de l’Eglise, c’est qu’elle use des moyens adaptés à la conversion des pécheurs. »

« Il est temps de se réveiller, quand les méchants triomphent et se moquent de l’Eglise. »

« Il n’y a qu’un réveil qui puisse préserver une église de disparaître. »

« Si un Pasteur a perdu, à quelque degrés que ce soit, la confiance de son troupeau, il doit travailler à amener un réveil. »

« Les beaux sermons attirent des louanges au prédicateur, mais la prédication pénétrée du Saint-Esprit pousse les auditeurs à louer Dieu. »

« Tout prédicateur peut-être et doit être tellement rempli de l’Esprit Saint que quiconque l’entend doit avoir l’impression et la conviction que Dieu est véritablement en lui. »

Veux-tu être guéri?

Je crois que la Parole de Dieu est si puissante qu’elle peut transformer n’importe quelle vie et toutes les vies. Il y a dans un mot de Dieu une puissance qui fait apparaître les choses qui ne sont pas.
Il y a un pouvoir de réalisation dans chaque Parole qui sort de Ses lèvres.
Le psalmiste dit: « Il envoya Sa parole et les guérit » (Ps.107/20); et pensez-vous que cette Parole ait perdu quoi que soit de Sa puissance?
Je vous dit qu’aujourd’hui la Parole de Dieu peut accomplir les mêmes choses que par le passé.
Au Psaume 119/67 le psalmiste dit: « Avant d’avoir été humilié, je m’égarais; maintenant, j’observe la Parole. »
Et au verset 71: « Il m’est bon d’être humilié afin que j’apprenne tes statuts ».
Et si nos afflictions nous amène à reconnaître que nous ne pouvons pas vivre de pain seulement, mais qu’il nous faut toutes les Paroles qui sortent de la bouche de Dieu, elles auront servi à nous procurer de précieuses bénédictions.
Il y avait tout autour de cette piscine, une multitude d’aveugles, d’impotents, d’infirmes attendant le mouvement de l’eau. Jésus les a-t’il tous guéri? Non; Il n’en a guéri qu’un seul; les autres avaient leurs regards fixés sur la piscine et non sur Jésus.
Bien des gens aujourd’hui mettent leur confiance dans des choses visibles.
S’ils voulaient seulement tourner leurs regards vers Dieu au lieu de les tourner vers les choses visibles, comme ils seraient bien vite hors d’affaire.
Ici se pose une question. Y-a-t-il salut et guérison pour tous?
Oui, pour tous ceux qui viendront hardiment saisir leur portion par la foi.

Vous connaissez la femme syro-phénicienne qui demandait la guérison de sa fille possédée par un démon? Jésus lui dit: « Il n’est pas bon de prendre le pain des enfants et de jeter aux petits chiens ». Notez que la délivrance et la guérison sont présentées comme étant « le pain des enfants ».
Si donc vous êtes un enfant de Dieu, vous pouvez réclamer votre part.
Cette femme était déterminée de recevoir du Seigneur ce qu’elle demandait; elle répondit: « Oui, Seigneur mais les petits chiens sous la table mangent les miettes des enfants ».
Jésus fut ému quand il vit la foi de cette femme et il lui dit: « A cause de cette parole va, le démon est sorti de ta fille ».
Il y a aujourd’hui beaucoup d’enfants de Dieu qui refusent leur part de santé pourtant achetée pour eux par le Christ au prix de son sang; aujourd’hui il y a du pain, il y a la vie, il y a la santé pour chaque enfant de Dieu, par Sa toute puissante Parole.
Sa Parole peut chasser n’importe quelle maladie de votre corps; c’est votre portion en Christ qui est Lui-même notre pain, notre vie, notre santé, notre tout en tout!
Il y avait foule autour de la piscine de Bethesda, et l’impotent était là depuis fort longtemps; son infirmité datait de trente huit ans.
De temps à autre, un ange agitait l’eau. Si l’impotent avait pu entrer dans la piscine à ce moment là il aurait été guéri par les eaux miraculeuses, mais étant paralysé un autre descendait avant lui.
Nous pouvons nous imaginer combien il était affligé.
Mais un jour, Jésus passant par là et considérant sa triste condition, lui dit: »Veux-tu être guéri? »
Vous pouvez dire comme ce pauvre impotent: « J’ai manqué jusqu’ici toutes les occasions ».
Mais qu’à cela tienne. « Veux-tu être guéri? »

Je visitai une femme qui souffrait depuis de longues années, déformées par des rhumatismes; elle gardait le lit depuis deux ans. Je lui dis: « Qu’est-ce qui vous tient malade ainsi? »
Elle répondit: « Je suis arrivée à la conclusion que j’ai une écharde dans la chair ».
Je lui répondis: « A quel merveilleux degré de sainteté vous êtes arrivée, pour que vous ayez une écharde dans la chair. Avez-vous eu une telle abondance de révélations divines qu’il y ait pour vous danger d’être enflée d’orgueil? ».
« Je crois que c’est la volonté du Seigneur que je souffre » dit-elle.
Je répliquai: « Vous croyez que c’est la volonté du Seigneur que vous souffriez? Alors pourquoi essayez-vous tous les moyens pour vous débarrasser de votre mal le plus tôt possible? Je vois ici des fioles de médicaments partout! Cessez d’avoir une bonne opinion de vous même et confessez que vous êtes une pécheresse. Si vous voulez vous débarrassez de votre propre justice, Dieu fera quelque chose pour vous. Abandonnez l’idée que vous êtes tellement sainte que Dieu a besoin de vous affliger. C’est le péché qui cause votre maladie et non la justice. La maladie n’est pas la conséquence de la justice mais du péché. »

Par le sang de Christ, il y a guérison, il y a délivrance pour tous les captifs.
L’intention de Dieu n’a jamais été que ses enfants vivent dans la misère à cause de quelque affliction qui vient directement du diable.
Voyez ce pauvre paralytique à la piscine. « Veux-tu être guéri? » lui dit Jésus.
Mais une grande difficulté se présentait.
Cet homme regardait d’un œil vers la piscine et de l’autre vers Jésus.
Beaucoup de gens font de même aujourd’hui; ils ont un œil sur le docteur et l’autre sur Jésus.
Si vous voulez regarder seulement à christ en fixant vos deux yeux sur lui, vous pouvez être guéri entièrement, esprit, âme et corps.
C’est ici la Parole de Dieu: que celui qui croit soit justifié et libéré de toutes ces choses, et celui que le Fils libère est véritablement libre.
Vous dites: »0h ! si seulement je pouvais croire » Jésus comprend.
Jésus savait que cet homme était dans cet état depuis bien des années.
Il est plein de compassion; Il connaît votre maladie, votre infirmité. Il n’est rien que Jésus ne sache.
Il cherche seulement une occasion de Se montrer miséricordieux et plein de compassion envers vous. Il veut vous encourager à Le croire: si seulement tu peux croire, tu peux être sauvé et guéri.
Osez donc et croyez que Jésus a été blessé pour vos péchés, brisé pour vos iniquités, châtié pour que vous ayez la paix, et que par Ses meurtrissures il y a guérison pour vous.
Criez à Lui: « Seigneur, je crois, viens au secours de mon incrédulité. »

A une certaine réunion, un vieillard aidait son fils à s’avancer vers l’estrade et expliquait: « Il a des crises tous les jours et même plusieurs fois par jours ».
Puis c’était une femme malade d’un cancer. Oh ! les ravages du péché !
Lorsque Dieu emmena Son peuple hors d’Egypte, nous lisons que « nul ne chancela parmi ses tribus » (Ps.105/37). Pas de malades, tous soutenus par la puissance de Dieu !
Je crois que Dieu aimerait que Son peuple fût aussi sain et vigoureux aujourd’hui!

Après que j’eus prié pour la sœur qui avait un cancer, elle me dit: « Je sens que je suis guérie. Dieu m’a délivrée. »
Alors on m’apporta l’enfant qui avait des convulsions et je commandai au mauvais esprit de le quitter au nom de Jésus.
Ensuite, je priai pour un docteur atteint de diabète.
A la réunion suivante, je demandai au docteur où en était-il avec son diabète.
Il répondit: « c’est disparu. »
Et me tournant vers le vieillard « Comment va votre fils? » demandai-je.
« Mon fils n’a plus eu de crise depuis votre prière » déclara-t-il.

Nous avons un Dieu qui exauce les prières.
Jésus désirait que cet infirme guéri à la piscine servit de témoignage à toujours.
Quand cet homme eut rivé ses deux yeux sur le Sauveur, Jésus lui dit: « Fais la chose impossible. Lève-toi, emporte ton lit et marche! »
De même Jésus demanda à l’homme à la min sèche de faire l’impossible, d’étendre sa main et celle-ci redevint parfaitement saine. L’impotent à la piscine fait l’effort de se lever et sentit que la puissance de Dieu agissait en lui: il plia son lit et l’emporta.

Jésus savait tout ce qui concernait l’homme qu’il venait de guérir, et, le rencontrant à nouveau, Il lui dit: « Tu as été guéri, ne pèche plus de peur qu’il ne t’arrive quelque chose de pire. »

Il y a une parenté très étroite entre le péché et la maladie.
Combien de personnes savent-elles que leur maladie est le résultat direct du péché?
J’espère que celles qui vivent dans le péché ne viendront pas nous demander de prier pour leur guérison.
Mais si vous voulez obéir à Dieu, vous repentir de vos péchés et y renoncer, Dieu se manifestera à vous et vous délivrera de vos péchés et de vos maladies.

« La prière de la foi sauvera le malade et le Seigneur le relèvera, et s’il a commis des péchés, il lui sera pardonné. »

La foi est la porte ouverte par laquelle le Seigneur vient à nous.
Dieu sauve au moyen de la foi.
La guérison vient de la même manière.
Nous croyons, alors la vertu de Christ vient à nous.
La guéri son est à la gloire de Dieu.
Je suis ici parce que Dieu m’a guéri quand j’étais mourant, et j’ai fait le tour du monde, prêchant cette pleine rédemption, faisant tout mon possible pour glorifier le merveilleux nom de Jésus par la puissance duquel j’ai été guéri.
Je me rendis un jour a un certain endroit, et le Seigneur me dit: « Ceci est pour ma gloire! » un jeune homme était malade depuis longtemps, confiné au lit et dans un état désespéré.
On le nourrissait à la cuillère et on ne parvenait plus à l’habiller.
Le temps étant très humide, je dis à ceux qui le veillaient d’aérer les vêtements du jeune homme près du feu. Ils ne firent aucune attention à ma requête, mais comme j’insistai, ils sortirent les vêtements de la garde-robe, et lorsqu’ils furent bien secs, on les apporta dans la chambre.
Je m’étendis par terre, prosterné sur le plancher.
Le Seigneur me montra qu’il allait secouer la chambre avec la puissance de Sa gloire.
Le lit trembla. Au nom de Jésus, je posai mes mains sur le jeune homme et la puissance d’En-Haut descendit de telle manière que je tombais la face sur le plancher.
Après un quart d’heure environ le jeune homme se leva, marcha de long en large, louant et bénissant Dieu.
Il s’habilla lui-même et se rendit dans la pièce où se tenaient son père et sa mère.
Il leur dit: « Dieu m’a guéri. »
Tous deux tombèrent prosternés sur le plancher, car la puissance de Dieu se propageait dans toute la maison. Il y habitait une femme qui avait fait précédemment un séjour dans un asile d’aliénés et en était sortie mais depuis son état avait tellement empiré qu’on allait l’y renvoyer.
La puissance divine la guérit elle aussi.

La puissance de Dieu est la même aujourd’hui comme autrefois.
Les hommes ont besoin d’être ramenés aux anciennes voies, à la foi primitive; ils ont besoin de croire à la Parole de Dieu et à toutes les affirmations « ainsi a dit le Seigneur » que cette Parole contient.
L’Esprit du Seigneur est à l’œuvre de nos jours. Dieu se manifeste. Si vous voulez être du nombre de ceux qui suivent le courant, il vous faut accepter tout ce que Dieu dit.
« Veux-tu être guéri? » C’est Jésus qui pose la question. Donnez-Lui votre réponse.
Il vous entendra et vous exaucera.

Smith Wigglesworth

Charles Finney, homme de prière, de pureté et de passion

« Parmi les noms qui sont attachés aux réveils que Dieu a accordés à Son Eglise au cours des siècles, il en est un qui doit être cité en première ligne : FINNEY, homme entièrement de la même nature que nous, mais livré sans restriction à Dieu, pour Son œuvre. Dieu s’est servi de lui pour embraser Son peuple et pour amener une grande multitude à accepter Christ comme Sauveur et à Le sanctifier comme Roi et Seigneur de leur cœur. Finney nous a aussi procuré, par le moyen de sa plume, les principes de base de tout réveil religieux. C’est pourquoi il parle encore et n’a jamais cessé d’être en bénédiction à de nombreuses âmes. Le message de Finney, si viril, si logique et si loin de toute ambiguïté, se présente comme une réponse à ce besoin de réveil dont beaucoup d’enfants de Dieu sont aujourd’hui comme dévorés.  » (M. Weber, 1951 – préface à l’édition française des Discours sur les Réveils Religieux, Finney). Sans aucun doute possible, il fut une voix prophétique pour l’Amérique du 19e siècle. Son ministère produisit en toute logique des réveils, même dans des endroits considérés comme très durs et hermétiques à l’Evangile.

Comme le prophète Jérémie, Charles G. Finney fut oint de Dieu pour Charles Finney » arracher  » et  » planter  » dans la vigne du Seigneur (Jérémie 1 :10). C’était un homme d’intense prière, de pureté et de passion.  » Dénué de tout ego, il était rempli du Saint-Esprit. Ses sermons étaient des éclats de chaîne, déversant des sentiments de conviction dans les cœurs des sceptiques les plus endurcis. Simple comme un enfant dans sa façon de prêcher, il décontenançait parfois ses auditeurs uniquement par ses prières.  » Il pouvait clamer les jugements de Dieu sur le péché avec la force du tonnerre et dans une grande liberté, pour présenter ensuite la miséricorde de l’Evangile avec tendresse et larmes. Sans aucun doute possible, il fut une voix prophétique pour l’Amérique du 19e siècle. Son ministère produisit régulièrement des réveils, même dans des endroits considérés comme très durs et hermétiques à l’Evangile. L’autobiographie de Finney est remplie de récits relatant de puissantes manifestations du Saint-Esprit. A une certaine occasion où Finney prêchait dans un bâtiment scolaire,  » soudainement une atmosphère de solennité terrible tomba sur l’assemblée et les chrétiens de la congrégation tombèrent de leurs chaises, pleurant pour obtenir miséricorde.  » Finney déclara :  » Si j’avais eu une épée dans chaque main, je n’aurais pas pu les frapper aussi vite qu’ils ne tombèrent. Je crois que toute l’assemblée était à genoux ou dans un état de prostration au bout de deux minutes.  » Les cris et les pleurs des gens étaient si forts que l’exhortation que donna Finney à se confier dans la miséricorde de Christ n’était même pas audible.

« Finney semblait si rempli de l’Esprit Saint que les gens étaient souvent amenés à la conviction de péché rien qu’en le regardant. Lors d’une tournée d’évangélisation à Utique, New York, il visita une grande usine. En le voyant, un des employés, puis un autre et encore un autre s’arrêtèrent de travailler et pleurèrent sous la conviction de leurs péchés, et finalement le nombre de personnes qui pleuraient et gémissaient fut si important que les machines durent être arrêtées pour laisser à Finney le soin de les conduire à Christ.  »

Finney semblait détenir le pouvoir d’imprimer dans la conscience des hommes la nécessité d’une vie vécue d’une façon si sainte qu’elle devait produire des fruits durables.  » Plus de 85 % des personnes converties à Christ lors des réunions de Finney restaient attachés à Dieu, alors que 70 % de ceux qui avaient professé Christ dans des réunions tenues par un évangéliste même aussi illustre que Moody devenaient par la suite des rétrogrades.  »

De tels résultats furent le fruit d’heures et d’heures de prière. Ce n’était pas les prières de Finney seul qui assurèrent de tels réveils envoyés du ciel. Finney était soutenu par les prières de deux dons cachés de Dieu. C’était l’intercession cachée et cependant puissante du « Père Nash » et d’Abel Clary qui posa les fondements et prépara le terrain à ces puissantes visitations de Dieu.  » Abel Carry s’était convertit à peu près à la même période que Finney et avait reçu une formation qui lui permettait de prêcher également, mais il avait un si lourd fardeau de prière qu’il ne pouvait prêcher beaucoup. Tout son temps et toutes ses forces étaient consacrés à la prière. Il gémissait et soupirait dans l’agonie, incapable de rester debout sous le poids. »

« Après la mort de Clary, Finney découvrit le journal de prière de Clary. Finney s’aperçut que l’ordre exact dans lequel le fardeau avait été déposé sur le cœur de Clary correspondait à l’ordre suivant lequel s’étaient manifestées les bénédictions déversées sur son ministère. »

Le Père Nash vécut une vie d’intercession presque continue. « Il se joignait à Finney, entretenait une liste de prière et était sans nul doute le secret en grande partie du merveilleux succès de Finney. Il ne prêchait pas et bien souvent n’assistait pas aux réunions, mais il restait dans sa chambre, ou dans les bois, luttant avec Dieu dans une prière puissante. Souvent avant le crépuscule, on pouvait entendre à plus de 500 mètres à la ronde le Père Nash prier dans les bois, ou dans une église, et le sentiment de la présence de Dieu était incroyable.  »

L’Eglise doit faire plus que d’avoir de l’estime pour l’histoire d’hommes tels que Charles Finney, le Père Nash et Abel Cary.

Si nous désirons expérimenter un réveil, nous devons nous repentir et pratiquer les vérités qu’ils ont proclamées : vérités d’une vie sainte et pure ; vérités d’une intercession secrète et d’un amour inconditionnel pour Jésus !

Frank Bartlemen, le puissant intercesseur du Réveil d’Azusa Street

William J. Seymour et Frank Bartlemen sont les deux noms qui sont le plus souvent associés aux instruments qui ont été utilisés pour déclencher le Réveil d’Azusa Street. A bien des égards, ils étaient différents l’un de l’autre mais tous les deux étaient des jeunes hommes qui avaient un désir peu commun de connaître le Seigneur et de voir Sa puissance restaurée dans l’Eglise.

Seymour était incontestablement le conducteur du réveil, et c’est lui qui détenait l’autorité sur terre, mais Bartlemen était l’intercesseur qui détenait l’autorité avec Dieu.

En 1904-1905, Bartlemen commença à désirer ardemment plus de puissance. Il reçut le lourd fardeau de voir le même genre de réveil que celui dont il avait entendu parler au Pays de Galles, qui changea non seulement des individus, mais aussi des villes entières. Plus il travaillait, plus il combattait dans la prière dans le but de voir une telle visitation de Dieu.

A Los Angeles, ainsi que dans de nombreux endroits à travers le monde entier, les cœurs étaient préparés tout comme l’était Bartlemen. Au temps voulu de Dieu, ils allaient plus tard venir ensemble dans la petite mission fermée d’Azusa Street. Là, ils allaient former ensemble une étincelle qui allait un jour enflammer les nations.

Ceci était un des éléments uniques du réveil d’Azusa Street: il n’était pas uniquement centré sur un seul homme. De même que Paul n’aurait pas pu être libéré dans son appel d’apôtre si Barnabas n’était pas venu le rejoindre, nos propres destinées dépendent souvent de notre humilité à chercher ceux auxquels nous avons besoin d’être joints en vue d’accomplir Ses desseins. Même Jésus se soumit au ministère de Jean-Baptiste avant de rentrer dans Son propre appel. Le Seigneur a conçu ainsi Ses plans afin que nous ayons tous besoin les uns des autres. Plus nous sommes capables de nous humilier pour nous associer à d’autres, plus nous porterons du fruit en définitive.

Le 1er mai 1904, un semblant de réveil éclata dans l’église épiscopale méthodiste de Lake Avenue à Pasadena. Des intercesseurs avaient prié pour qu’un réveil survînt à Pasadena et le Seigneur exauça leurs prières. Bartlemen visita l’église et fut profondément touché. Le fait que l’autel se remplissait d’âmes en recherche l’encourageait à se déterminer à voir le Seigneur agir de la même manière à Los Angeles.

Cette même nuit, il rédigea des remarques prophétiques dans son journal. Il commença à énumérer les futurs dangers qui certainement allaient talonner de près le grand réveil à venir dont il pensait qu’il était proche. Il écrivit que: « Beaucoup d’églises passeraient à côté du réveil parce qu’elles seraient restées dans l’auto-satisfaction. »

Leur succès ou leur échec en définitive, écrivait-il, dépendrait du fait qu’elles resteraient ou non suffisamment humbles pour rechercher la grâce de Dieu. Il ressentait que si ceux qui seraient utilisés dans le réveil se laissaient emporter par le sentiment de leur propre importance, cette grande opportunité serait perdue.

Bartlemen écrivit que: « Dieu a toujours recherché un peuple humble. Il ne peut pas utiliser autre chose…. La préparation du cœur dans l’humilité et la séparation sont toujours grandement nécessaires avant que Dieu ne puisse venir par la suite. La profondeur de n’importe quel réveil sera déterminée exactement par l’esprit de repentance qui est atteint. En fait, il s’agit là de la clé de tout réveil véritable né de Dieu. »

Bartlemen lut ensuite le livre de S.B. Shaw, « The Great Revival in Wales » (Le Grand Réveil au Pays de Galles), et le feu allumé dans son cœur ne pouvait plus se contenir. Délaissant sa profession séculière afin de se consacrer à plein temps au ministère, il en était arrivé à un stade où il devait soit périr, soit voir le réveil. Il en était si affamé qu’il perdait même son appétit. « L’homme ne vivra pas de pain seulement », déclarait-il à ceux qui se faisaient du souci pour lui.

Dans son cœur, Bartlemen avait résolu qu’il était préférable pour lui de mourir que de manquer l’opportunité d’obtenir une grande visitation de Dieu. Il s’était abandonné si complètement au Seigneur qu’il n’avait rien d’autre sur quoi il pourrait se rabattre si Dieu n’agissait pas. Depuis qu’au commencement Jésus a appelé Ses disciples, ainsi a été la nature des piliers sur lesquels Il a bâti Son Eglise.

A longueur de journée, Bartlemen rendait visite aux gens, leur donnant la brochure de G. Campbell Morgan sur le réveil du Pays de Galles. La brochure toucha profondément plusieurs autres personnes. Bartlemen fut en mesure d’inscrire certaines d’entre elles sur une liste pour qu’elles prient en faveur d’une puissante effusion de l’Esprit sur la ville. Son attention se fixait si intensément sur la chose qu’il commençait à se réveiller au milieu de la nuit en élevant des louanges à Dieu.

« J’y allais maintenant jour et nuit, m’exhortant moi-même à avoir foi en Dieu pour voir des choses puissantes », écrivait Bartlemen dans son journal. « L’esprit du réveil me consumait. L’esprit de prophétie venait sur moi avec force aussi. Il me semblait avoir reçu un don bien spécifique de foi pour le réveil. Nous étions à l’évidence au commencement de jours merveilleux à venir, et je prophétisais continuellement qu’une puissante effusion allait survenir. »

« Les réunions n’avaient pas seulement lieu jour et nuit, mais souvent toute la nuit. Les gens avaient une passion presque incontrôlable pour le Seigneur, et cela continuait de se répandre. Un autre pasteur de Los Angeles (Joseph Smale) commençait aussi à prophétiser des choses merveilleuses à venir, dont « le retour rapide des dons apostoliques dans l’Eglise. » Les gens commençaient à avoir le sentiment que Los Angeles serait comme un type de Jérusalem, où l’Esprit était venu pour la première fois habiter dans les hommes. » Peu avant juin 1905, les prières étaient passées de la prière en faveur d’un autre réveil tel que celui du Pays de Galles à la prière en faveur d’une autre Pentecôte.’  »

Le 3 juillet 1905, Bartlemen et son partenaire de prière Boehmer priaient dans une salle à Pasadena lorsque le fardeau devint presque insupportable. Ils crièrent comme des femmes sur le point d’accoucher. Lorsque le fardeau se fut apaisé, ils s’assirent juste un moment, appréciant le calme qui les enveloppait. Soudain, le Seigneur Jésus Se révéla à eux, Se tenant debout entre eux deux. Ils n’osèrent pas bouger. L’amour les transperça et ils sentirent comme un feu brûlant les pénétrer. Bartlemen écrirait plus tard:

« … Mon être entier semblait s’écouler devant Lui, comme de la cire en présence du feu. Je perdis toute conscience du temps et de l’espace, n’étant conscient que de Sa merveilleuse présence. Je L’adorais à Ses pieds. Cela me semblait être une véritable Montagne de la Transfiguration. Je me perdis dans l’Esprit pur. Le Seigneur ne nous avait rien dit, mais Il avait seulement envahi nos esprits de Sa présence. Il était venu nous fortifier et nous assurer de Son soutien. Nous savions maintenant que nous étions ouvriers avec Lui, des canaux intimes de Ses souffrances, dans le ministère d’enfantement des âmes. Un réel enfantement de l’âme est tout aussi réel dans l’esprit que les douleurs humaines de l’enfantement naturel. La similitude est presque parfaite dans sa similarité. Aucune âme n’a jamais été enfantée sans cela. Tous les véritables réveils du salut viennent de cette manière. »

A partir de ce moment-là, le fardeau d’intercession possédait à tel point Bartlemen qu’il jeûnait et priait si fréquemment que sa femme commença à nourrir des craintes au sujet de sa vie. En dépit de cela, il ne pouvait pas se laisser persuader de s’arrêter. Il avait l’impression d’être à Gethsémané avec le Seigneur. L’enfantement de son âme était si intense qu’il pensait qu’il risquait de mourir avant de voir l’exaucement de ses prières. Mais il poursuivit encore ses efforts malgré cela.

Certains commençaient à croire que Bartlemen était en train de perdre la tête. Peu pouvaient comprendre ce qu’il traversait. Toutefois, ceci était l’intercession apostolique qui avait contraint Paul à risquer sa vie; à jeûner, prier et se consacrer à des « veilles » (des nuits entières de prière); à être exposé aux coups, aux lapidations ou toutes les autres choses requises pour l’avancement de l’Evangile. Paul expliquait à tous ceux qui se préoccupaient de toutes les épreuves qu’il endurait: « Et ce qui manque aux souffrances de Christ, je l’achève en ma chair pour Son corps, qui est l’Eglise » (Colossiens 1:24). Ces paroles revenaient à l’esprit de Bartlemen ravivées de façon croissante.

Aux yeux de « l’homme neutre », une telle consécration radicale semble pure folie, mais elle est fondée sur les « choses de l’Esprit » qu’une telle personne ne peut pas comprendre. Néanmoins, Bartlemen était profondément saisi par les paroles provocantes suivantes de Jésus: « Quiconque voudra sauver sa vie la perdra » (Matthieu 16:25). Et « à moins que le grain de blé ne tombe en terre et ne meure, il reste seul; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit » (Jean 12:24). Cela lui importait peu de devoir mourir, il voulait à l’heure même un réveil plus qu’il ne désirait vivre.

Bartlemen rédigea ensuite un autre article qui allait produire encore plus de ferveur. Il le concluait avec une prophétie qui allait bientôt s’accomplir: « Des héros vont se lever de la poussière des circonstances obscures et méprisées, et leurs noms seront placés sur les blasons de la page éternelle de la renommée. L’Esprit est en train de couver de nouveau notre pays comme à l’aube de la création, et le décret de Dieu est proclamé: « Que la lumière soit! » Frères et sœurs, si nous croyions tous Dieu, pourrions-nous réaliser ce qui pourrait arriver? Beaucoup parmi nous ne vivent pour rien d’autre. Une quantité de prières de la foi monte jusqu’au trône de Dieu jour et nuit. Los Angeles, la Californie du Sud, et tout le continent vont sûrement se trouver dans peu de temps en plein dans un puissant réveil, par l’Esprit et la puissance de Dieu. » (Way of Faith, 16 novembre 1905)

Après un culte à l’église New Testament Church (avec le pasteur Smale) en février 1906, Bartlemen et quelques autres furent conduits à prier pour que le Seigneur répande Son Esprit rapidement, avec des signes qui accompagnent l’effusion. Ils n’avaient pas à l’esprit les langues, et plus tard déclareraient qu’à ce moment là ils n’avaient même pas entendu parler d’une telle chose ni encore moins pensé à elle.