Feu de la Pentecôte à Los Angeles

On pourrait faire commencer l’histoire à la fin du XVIII° siècle avec John Wesley, pasteur méthodiste. Pendant tout le XIX° siècle, les Mouvements de Sanctification américains réfléchissent et prêchent sur la nécessité d’une expérience de sanctification qui ne peut venir que de l’Esprit-Saint.

En 1904 se déroule le grand réveil gallois qui fait une impression très profonde sur le monde chrétien. Dans un esprit d’attente et de foi en vue de plus grande choses encore, des chrétiens réveillés intercèdent alors pour que ce réveil se prolonge dans leurs pays respectifs.

Cette attente spirituelle manifestée par une partie du courant évangélique anglo-saxon envers une expérience marquante de sainteté, que certains appelaient «seconde expérience», puis «baptême de feu» et enfin «baptême du Saint-Esprit» a conduit au Réveil de Pentecôte. Ce Mouvement fut appelé «Pentecôtiste» en référence au récit des Actes des Apôtres, car il était question d’une redécouverte du baptême du Saint-Esprit et des charismes.

Dans l’histoire, on retrouve le parler en langue – phénomène particulier associé à la pentecôte – dans les réveils chrétiens de touts les temps. En divers lieux, plusieurs ont témoigné qu’ils avaient fait une expérience spirituelle accompagnée du parler en langues avant les débuts officiellement reconnus du Mouvement de Pentecôte, mais dans de nombreux cas, ce n’est que longtemps après qu’ils comprirent ce qui leur était réellement arrivé, en le rattachant aux expériences décrites dans le Nouveau Testament. En général, quand ils essaient de décrire cette expérience, ils disent qu’ils se sont sentis remplis par l’Esprit, et que cette plénitude était accompagnée par des «soupirs inexprimables» du cœur dans la louange et la prière.

Historiquement, la naissance du pentecôtisme est associée avec les évènements de Topeka en 1900 et le réveil de la Rue d’Asuza, à Los Angeles en 1906. Sûrement parce que c’est ce qui se passa là qui attira pour la première fois l’attention du public et des journalistes.

L’école Biblique de Topeka, 1900

Après s’être rendu dans de nombreuses réunions du mouvement de sanctification, le pasteur Charles Parham pressent « qu’une grande effusion de l’Esprit de puissance pour les chrétiens » va se produire avant la seconde venue du Christ. Il ouvre l’école Biblique de Topeka (Kensas) en octobre 1900. Au programme, un seul cours et un seul livre : La Bible ; deux objectifs : « sonder les Écritures et obéir à chaque commandement de Jésus »

Après avoir étudié le chapitre 2 des Actes des Apôtres, Parham et un groupe d’étudiant arrive à la conclusion qu’il leur manque le baptême du Saint-Esprit et que le parler en langues en est le signe. La nuit du 31 décembre 1900, les étudiants la passent avec Parham dans la prière et la méditation. Une certaine Miss Agnes N. Ozman demande qu’on lui impose les mains comme il est dit dans la Parole. Après quelques hésitations Parham y consent et Miss Ozman se met à parler dans une autre langue, identifiée plus tard comme du chinois. La nouvelle se répand et 12 pasteurs venant d’autres dénominations seront remplis de l’Esprit à leur tour.

Asuza Street, 1906

Un homme de couleur du nom de William Seymour, ancien étudiant de Parham, va être un moyen de Dieu à Los Angeles.

Il était venu des réunions de réveil de Houston mais lorsqu’il avait témoigné tout simplement de ce qui se passait là-bas, on lui avait claqué la porte au nez et les membres de l’Assemblée qui appartenait au Mouvement de Sainteté avaient appelé leur président pour qu’il vienne à Los Angeles, enseigner une bonne fois pour toutes que le baptême dans le Saint-Esprit se réduisait à une simple expérience de sanctification. Mais quand ce brave homme entend Seyrnour parler du Baptême de l’Esprit selon le Livre des Actes accompagné du parler en langues, il veut, lui aussi, l’expérimenter. Il est remarquable de constater que Seymour n’avait pas encore reçu ce baptême à cette époque.

Les réunions sont transférées dans une maison particulière, au 214 rue Bonnie Brae, et alors qu’un groupe de croyants jeûnent et prient pour recevoir le baptême dans le Saint-Esprit, le 9 avril 1906, « le feu tombe ». Le frère Seymour reçoit sa Pentecôte personnelle le 12 avril. De plus en plus de gens viennent aux réunions, et c’est ainsi qu’on en arrive à acheter les locaux du 312 rue d’Asuza pour pouvoir accueillir tout le monde.

Dans le réveil à Los Angeles, des évêques blancs et des ouvriers noirs, des hommes et des femmes, des Asiatiques et des Mexicains, des professeurs blancs et des indigènes noirs sont tous égaux. Il n’est pas dès lors étonnant que la presse religieuse et la presse séculière rapporte en détail ces événements extraordinaires. Des articles à sensation, dans des quotidiens, bien que publiés avec un tout autre motif, contribuent à répandre la nouvelle. Bien sûr, les journalistes insistent particulièrement sur le parler en langues et sur tout ce qui peut se produire de spectaculaire. Ils s’intéressent bien peu au travail en profondeur qui se fait, aux moments extraordinaires où les croyants sondent leur cœur et se vident de leur « moi » devant le Seigneur.

Des visiteurs commencent alors à arriver de divers coins de l’Amérique du Nord et finalement de plus loin encore. Ils viennent d’horizons différents, de confessions religieuses différentes. Des chrétiens servant le Seigneur, des pasteurs, des évangélistes, des missionnaires et d’autres viennent pour voir, par eux-mêmes. Beaucoup avaient soif de Dieu et restent pour rechercher et recevoir leur « Pentecôte » personnelle. Ils seront ensuite des « canaux » pour bien des « Pentecôtes » locales.

Parmi eux, le pasteur méthodiste norvégien T.B. Barratt se rend en Amérique en 1906 et découvre la pentecôte. C’est ainsi que démarre un grand mouvement Pentecôtiste en Norvège. En 1907, il introduit le mouvement en Angleterre et sera considéré comme l’apôtre du pentecôtisme en Europe.

Le réveil pentecôtiste dans différentes parties du monde

Les manifestations de Topeka et de Los Angeles ne sont pas les premières mais plutôt quelque uns des plus beaux épisodes.

Ainsi, dès 1830, dans les milieux évangéliques de Russie, en particulier en Arménie à Kara-Kala, se produisirent de nombreuses manifestations surnaturelles : parler en langue, prophéties, miracles… Entre 1900 et 1910, le réveil pentecôtiste se manifesta dans différentes parties du monde sans qu’il y eu de contact entre les foyers.

Les dons spirituels se sont manifestés dans toutes les Églises au cours des siècles. La naissance du pentecôtisme est due au fait que des chrétiens évangéliques ont relié l’expérience du parler en langues avec la notion de baptême du Saint-Esprit. Cela créait une rupture d’avec la théologie traditionnelle : le Saint-Esprit n’était pas donné au croyant lors de sa conversion, de son baptême d’eau ou de sa confirmation, mais lors d’une expérience distincte, totalement en dehors de la volonté humaine (Charles Parham lui-même ne fit pas cette expérience !) et en dehors de tout cadre liturgique. Ainsi on pouvait être chrétien de longue date mais ne pas avoir reçu ce baptême du Saint-Esprit.

En étudiant l’histoire du pentecôtisme, on remarque qu’il n’y a pas de fondateur. Ses leaders les plus connus ont justement été connus parce qu’ils sont entrés dans cette mouvance, non parce qu’ils l’ont créée. Les premiers pentecôtistes ne voulaient pas à l’origine former une nouvelle confession chrétienne. Ils se pensaient comme ferment de renouveau au sein de leurs Églises et avaient devant eux la vision d’un réveil qui atteindrait et inspirerait toutes les fractions de l’Église chrétienne. Les années ont passé et la formation d’Églises pentecôtistes distinctes a amené une évolution inévitable : une organisation grandissante et un Mouvement qui est maintenant reconnu comme une confession religieuse de plus.

Publicités

Azusa Street, la grande Pentecôte qui préfigure le dernier réveil à venir!

William J. Seymour et Frank Bartlemen sont les deux noms qui sont le plus souvent associés aux instruments qui ont été utilisés pour déclencher le Réveil d’Azuza Street. A bien des égards, ils étaient différents l’un de l’autre mais tous les deux étaient des jeunes hommes qui avaient un désir peu commun de connaître le Seigneur et de voir Sa puissance restaurée dans l’Eglise.

Seymour était incontestablement le conducteur du réveil, et c’est lui qui détenait l’autorité sur terre, mais Bartlemen était l’intercesseur qui détenait l’autorité avec Dieu.

En 1904-1905, Bartlemen commença à désirer ardemment plus de puissance. Il reçut le lourd fardeau de voir le même genre de réveil que celui dont il avait entendu parler au Pays de Galles, qui changea non seulement des individus, mais aussi des villes entières. Plus il travaillait, plus il combattait dans la prière dans le but de voir une telle visitation de Dieu.

A Los Angeles, ainsi que dans de nombreux endroits à travers le AFM_on_azusa_streetmonde entier, les cœurs étaient préparés tout comme l’était Bartlemen. Au temps voulu de Dieu, ils allaient plus tard venir ensemble dans la petite mission fermée d’Azuza Street. Là, ils allaient former ensemble une étincelle qui allait un jour enflammer les nations.

Ceci était un des éléments uniques du réveil d’Azuza Street: il n’était pas uniquement centré sur un seul homme. De même que Paul n’aurait pas pu être libéré dans son appel d’apôtre si Barnabas n’était pas venu le rejoindre, nos propres destinées dépendent souvent de notre humilité à chercher ceux auxquels nous avons besoin d’être joints en vue d’accomplir Ses desseins. Même Jésus se soumit au ministère de Jean-Baptiste avant de rentrer dans Son propre appel. Le Seigneur a conçu ainsi Ses plans afin que nous ayons tous besoin les uns des autres. Plus nous sommes capables de nous humilier pour nous associer à d’autres, plus nous porterons du fruit en définitive.

Le 1er mai 1904, un semblant de réveil éclata dans l’église épiscopale méthodiste de Lake Avenue à Pasadena. Des intercesseurs avaient prié pour qu’un réveil survînt à Pasadena et le Seigneur exauça leurs prières. Bartlemen visita l’église et fut profondément touché. Le fait que l’autel se remplissait d’âmes en recherche l’encourageait à se déterminer à voir le Seigneur agir de la même manière à Los Angeles.

Cette même nuit, il rédigea des remarques prophétiques dans son journal. Il commença à énumérer les futurs dangers qui certainement allaient talonner de près le grand réveil à venir dont il pensait qu’il était proche. Il écrivit que: « Beaucoup d’églises passeraient à côté du réveil parce qu’elles seraient restées dans l’auto-satisfaction. »

Leur succès ou leur échec en définitive, écrivait-il, dépendrait du fait qu’elles resteraient ou non suffisamment humbles pour rechercher la grâce de Dieu. Il ressentait que si ceux qui seraient utilisés dans le réveil se laissaient emporter par le sentiment de leur propre importance, cette grande opportunité serait perdue.

Bartlemen écrivit que: « Dieu a toujours recherché un peuple humble. Il ne peut pas utiliser autre chose…. La préparation du cœur dans l’humilité et la séparation sont toujours grandement nécessaires avant que Dieu ne puisse venir par la suite. La profondeur de n’importe quel réveil sera déterminée exactement par l’esprit de repentance qui est atteint. En fait, il s’agit là de la clé de tout réveil véritable né de Dieu. »

Bartlemen lut ensuite le livre de S.B. Shaw, « The Great Revival in Wales » (Le Grand Réveil au Pays de Galles), et le feu allumé dans son cœur ne pouvait plus se contenir. Délaissant sa profession séculière afin de se consacrer à plein temps au ministère, il en était arrivé à un stade où il devait soit périr, soit voir le réveil. Il en était si affamé qu’il perdait même son appétit. « L’homme ne vivra pas de pain seulement », déclarait-il à ceux qui se faisaient du souci pour lui.

Dans son cœur, Bartlemen avait résolu qu’il était préférable pour lui de mourir que de manquer l’opportunité d’obtenir une grande visitation de Dieu. Il s’était abandonné si complètement au Seigneur qu’il n’avait rien d’autre sur quoi il pourrait se rabattre si Dieu n’agissait pas. Depuis qu’au commencement Jésus a appelé Ses disciples, ainsi a été la nature des piliers sur lesquels Il a bâti Son Eglise.

A longueur de journée, Bartlemen rendait visite aux gens, leur donnant la brochure de G. Campbell Morgan sur le réveil du Pays de Galles. La brochure toucha profondément plusieurs autres personnes. Bartlemen fut en mesure d’inscrire certaines d’entre elles sur une liste pour qu’elles prient en faveur d’une puissante effusion de l’Esprit sur la ville. Son attention se fixait si intensément sur la chose qu’il commençait à se réveiller au milieu de la nuit en élevant des louanges à Dieu.

« J’y allais maintenant jour et nuit, m’exhortant moi-même à avoir foi en Dieu pour voir des choses puissantes », écrivait Bartlemen dans son journal. « L’esprit du réveil me consumait. L’esprit de prophétie venait sur moi avec force aussi. Il me semblait avoir reçu un don bien spécifique de foi pour le réveil. Nous étions à l’évidence au commencement de jours merveilleux à venir, et je prophétisais continuellement qu’une puissante effusion allait survenir. »

« Les réunions n’avaient pas seulement lieu jour et nuit, mais souvent toute la nuit. Les gens avaient une passion presque incontrôlable pour le Seigneur, et cela continuait de se répandre. Un autre pasteur de Los Angeles (Joseph Smale) commençait aussi à prophétiser des choses merveilleuses à venir, dont « le retour rapide des dons apostoliques dans l’Eglise. » Les gens commençaient à avoir le sentiment que Los Angeles serait comme un type de Jérusalem, où l’Esprit était venu pour la première fois habiter dans les hommes. » Peu avant juin 1905, les prières étaient passées de la prière en faveur d’un autre réveil tel que celui du Pays de Galles à la prière en faveur d’une autre Pentecôte.’  »

Le 3 juillet 1905, Bartlemen et son partenaire de prière Boehmer priaient dans une salle à Pasadena lorsque le fardeau devint presque insupportable. Ils crièrent comme des femmes sur le point d’accoucher. Lorsque le fardeau se fut apaisé, ils s’assirent juste un moment, appréciant le calme qui les enveloppait. Soudain, le Seigneur Jésus Se révéla à eux, Se tenant debout entre eux deux. Ils n’osèrent pas bouger. L’amour les transperça et ils sentirent comme un feu brûlant les pénétrer. Bartlemen écrirait plus tard:

« … Mon être entier semblait s’écouler devant Lui, comme de la cire en présence du feu. Je perdis toute conscience du temps et de l’espace, n’étant conscient que de Sa merveilleuse présence. Je L’adorais à Ses pieds. Cela me semblait être une véritable Montagne de la Transfiguration. Je me perdis dans l’Esprit pur. Le Seigneur ne nous avait rien dit, mais Il avait seulement envahi nos esprits de Sa présence. Il était venu nous fortifier et nous assurer de Son soutien. Nous savions maintenant que nous étions ouvriers avec Lui, des canaux intimes de Ses souffrances, dans le ministère d’enfantement des âmes. Un réel enfantement de l’âme est tout aussi réel dans l’esprit que les douleurs humaines de l’enfantement naturel. La similitude est presque parfaite dans sa similarité. Aucune âme n’a jamais été enfantée sans cela. Tous les véritables réveils du salut viennent de cette manière. »

A partir de ce moment-là, le fardeau d’intercession possédait à tel point Bartlemen qu’il jeûnait et priait si fréquemment que sa femme commença à nourrir des craintes au sujet de sa vie. En dépit de cela, il ne pouvait pas se laisser persuader de s’arrêter. Il avait l’impression d’être à Gethsémané avec le Seigneur. L’enfantement de son âme était si intense qu’il pensait qu’il risquait de mourir avant de voir l’exaucement de ses prières. Mais il poursuivit encore ses efforts malgré cela.

Certains commençaient à croire que Bartlemen était en train de perdre la tête. Peu pouvaient comprendre ce qu’il traversait. Toutefois, ceci était l’intercession apostolique qui avait contraint Paul à risquer sa vie; à jeûner, prier et se consacrer à des « veilles » (des nuits entières de prière); à être exposé aux coups, aux lapidations ou toutes les autres choses requises pour l’avancement de l’Evangile. Paul expliquait à tous ceux qui se préoccupaient de toutes les épreuves qu’il endurait: « Et ce qui manque aux souffrances de Christ, je l’achève en ma chair pour Son corps, qui est l’Eglise » (Colossiens 1:24). Ces paroles revenaient à l’esprit de Bartlemen ravivées de façon croissante.

Aux yeux de « l’homme neutre », une telle consécration radicale semble pure folie, mais elle est fondée sur les « choses de l’Esprit » qu’une telle personne ne peut pas comprendre. Néanmoins, Bartlemen était profondément saisi par les paroles provocantes suivantes de Jésus: « Quiconque voudra sauver sa vie la perdra » (Matthieu 16:25). Et « à moins que le grain de blé ne tombe en terre et ne meure, il reste seul; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit » (Jean 12:24). Cela lui importait peu de devoir mourir, il voulait à l’heure même un réveil plus qu’il ne désirait vivre.

Bartlemen rédigea ensuite un autre article qui allait produire encore plus de ferveur. Il le concluait avec une prophétie qui allait bientôt s’accomplir: « Des héros vont se lever de la poussière des circonstances obscures et méprisées, et leurs noms seront placés sur les blasons de la page éternelle de la renommée. L’Esprit est en train de couver de nouveau notre pays comme à l’aube de la création, et le décret de Dieu est proclamé: « Que la lumière soit! » Frères et sœurs, si nous croyions tous Dieu, pourrions-nous réaliser ce qui pourrait arriver? Beaucoup parmi nous ne vivent pour rien d’autre. Une quantité de prières de la foi monte jusqu’au trône de Dieu jour et nuit. Los Angeles, la Californie du Sud, et tout le continent vont sûrement se trouver dans peu de temps en plein dans un puissant réveil, par l’Esprit et la puissance de Dieu. » (Way of Faith, 16 novembre 1905)

Après un culte à l’église New Testament Church (avec le pasteur Smale) en février 1906, Bartlemen et quelques autres furent conduits à prier pour que le Seigneur répande Son Esprit rapidement, avec des signes qui accompagnent l’effusion. Ils n’avaient pas à l’esprit les langues, et plus tard déclareraient qu’à ce moment là ils n’avaient même pas entendu parler d’une telle chose ni encore moins pensé à elle.

Quand le feu tombe … Le réveil d’Azusa Street

Le dimanche matin du 15 avril 1906, une sœur noire fréquentant les réunions de Seymour sur le porche frontal, assista à un culte à l’église New Testament Church du pasteur Smale et parla en langues. Ceci produisit un grand émoi. Presque comme pour la première effusion de l’Esprit à la Pentecôte, les gens se rassemblèrent en petits groupes sur les allées après le culte, cherchant à savoir ce que cela pouvait bien signifier. Le petit groupe du porche frontal avait réclamé avec ferveur une effusion du Saint-Esprit. Le 9 avril, l’Esprit était venu aux réunions du porche frontal d’une façon très similaire au jour originel de la Pentecôte.

Quand Bartlemen en entendit parler ce dimanche matin là, il se rendit immédiatement à ces réunions, où il trouva le Dieu Tout Puissant à l’œuvre. Plus tard, il écrirait à propos de ce jour-là:

« Nous avions prié pendant de nombreux mois afin d’obtenir la victoire. Jésus maintenant « montrait de nouveau qu’Il est vivant » à un grand nombre. Les pionniers avaient effectué une percée permettant à la multitude de suivre. »

« Il y avait un esprit général d’humilité manifesté lors de la réunion. Ils étaient transportés avec Dieu. A l’évidence, le Seigneur avait trouvé la petite compagnie enfin, en dehors comme toujours, à travers laquelle Il pouvait faire Son chemin. Dieu n’avait pas établi une mission instituée où ceci aurait pu être accompli. Ils étaient entre les mains des hommes, l’Esprit ne pouvait pas œuvrer. D’autres bien plus prétentieux avaient échoué. Ce que l’homme estime avait été une fois de plus contourné et l’Esprit enfanté de nouveau dans une humble « étable » en dehors des établissements ecclésiastiques. »

Comme pour la plupart des grands mouvements de Dieu dans l’histoire, quand le réveil de Pentecôte démarra, très peu comprirent la véritable signification de ce qui se passait, peu même parmi ceux qui avaient été utilisés pour prophétiser sa venue. Il ne commença pas comme un mouvement de foule, mais comme une petite réunion de prière.

Ceci indique une partie de l’émerveillement et de la grandeur du fait d’être chrétien. Lorsque vous êtes en relation avec le Dieu Tout Puissant, Celui qui a créé le monde par une parole, tout ce qu’Il décide de toucher par Son souffle peut avoir des conséquences bien au-delà de la compréhension humaine. Parce qu’Il est Dieu, Il peut prendre en main la réunion de prière la plus humble et l’utiliser pour remuer le monde entier. Parce qu’Il Se plaît à utiliser les humbles, les faibles et même les fous, la plus humble réunion de prière peut avoir des conséquences historiques.

Néanmoins, le Seigneur accomplit généralement de telles choses uniquement après une période de préparation. Lors du réveil d’Azuza Street, Il utilisa des hommes et des femmes qui, comme Frank Bartlemen, avaient une telle passion pour le Seigneur et Ses desseins qu’ils la communiquaient aux autres. Quand le feu fut finalement allumé, il enjamba rapidement toutes les barrières imposées par les hommes et se déplaça par delà du contrôle humain.

Tout pionnier qui a été utilisé par Dieu pour engendrer de grandes avancées spirituelles est, du moins au début, apparu imprudent et dangereux pour l’Eglise dans laquelle il avait été envoyé pour la réveiller. Bartlemen et Seymour n’étaient pas des exceptions à la règle. Tout ce qu’ils désiraient, c’était simplement Dieu et ils le voulaient si ardemment qu’ils ne se souciaient pas de ce que personne pouvait penser à ce sujet. Ils ne pouvaient pas vivre à l’intérieur des limites de leur temps, et c’est ainsi qu’ils furent utilisés pour repousser ces limites. Leur abandon spirituel servit au bénéfice de millions démultipliés de gens qui allaient suivre.

La petite réunion de prière de Seymour dut déménager du porche frontal de Bonnie Brae Street pour s’installer au 312, Azuza Street à cause du nombre croissant de visiteurs. Là, ils avaient loué un vieux bâtiment qui avait été autrefois une église méthodiste située au centre de la ville, mais devenue alors depuis longtemps inutilisable pour des réunions. Il était devenu un réceptacle de bois de charpente, de plâtre, etc.. Ils avaient fait suffisamment de place sur la poussière et les débris environnants pour pouvoir poser quelques planches au-dessus de tonneaux vides à clous, avec assez de sièges pour asseoir 30 personnes. Ceux-ci étaient disposés sur une surface carrée face à face l’un de l’autre.

Le bruit courut « comme un feu dans du bois sec » à propos de ce qui était arrivé au petit groupe de prière de Seymour. Ceci fut probablement causé par le remarquable ministère de Frank Bartlemen qui avait écrit une flopée d’articles et de tracts et qui s’était constamment déplacé dans les environs de la ville pour exhorter les églises et les groupes de prière à rechercher le Seigneur en vue d’un réveil. Ils aspirait à voir le Seigneur accomplir à Los Angeles ce qu’Il avait récemment fait au Pays de Galles. Au bout d’un moment, Bartlemen commençait à ressentir que ce qui allait survenir à Los Angeles serait différent de ce qui avait eu lieu au Pays de Galles, et il commença à prophétiser la venue d’une « autre Pentecôte ».

Le zèle de Bartlemen pour le Seigneur à ce moment-là était si grand que sa femme et ses amis commencèrent à éprouver une certaine crainte qu’il ne meure. Il manquait tant d’heures de sommeil et un si grand nombre de repas dans le but de prier qu’ils ne pensaient pas qu’il pourrait tenir beaucoup plus longtemps. Sa réponse à leurs supplications à se modérer était qu’il préférait mourir plutôt que de ne pas voir le réveil.

Là où est l’Esprit, là est la liberté

Il y a un autre aspect du remarquable leadership de Seymour à Azuza. C’était sa capacité à discerner et à faire confiance au leadership du Saint-Esprit, et à Lui donner la liberté qu’Il réclame, si nous voulons connaître Sa plénitude. En dépit de pressions pratiquement constantes de la part de responsables d’église internationalement réputés, qui venaient du monde entier pour imposer ce qu’ils percevaient comme devant être l’ordre nécessaire et la direction du réveil, pendant plus de deux ans, Seymour tint fermement le cap et permit au Saint-Esprit d’agir dans Ses propres et souvent mystérieuses voies. Comme Evan Roberts qui, au même moment était à la tête du Grand Réveil Gallois, la plus grande qualité de Seymour dans le leadership était sa capacité à suivre le Saint-Esprit.

Seymour et Roberts croyaient que le Saint-Esprit avaient besoin de liberté pour agir dans toute personne de Son choix, et non seulement parmi l’équipe dirigeante. Ils se résolurent tous les deux à permettre à n’importe qui d’être utilisé par le Seigneur, y compris même les plus humbles croyants. Ceci amenait quelquefois l’embarras, mais le plus souvent, cela permettait au Saint-Esprit d’accomplir des choses merveilleuses parmi eux. Si nous désirons réellement le Saint-Esprit au milieu de nous, nous devons Lui permettre d’être le conducteur. Il est, après tout, Dieu.

Les dirigeants du réveil d’Azuza

« Le frère Seymour était reconnu comme le conducteur nominal en charge. Mais nous n’avions ni pape, ni hiérarchie. Nous étions « frères ». Nous n’avions aucun programme humain. Le Seigneur Lui-même dirigeait. Nous n’avions pas de classe de prêtres, ni de prêtres de profession. Ces choses sont rentrées plus tard, avec l’apostasie du mouvement. »

« Nous n’avions même pas de plate-forme, ni de chaire au début. Tous étaient au même niveau. Ces ministères étaient des serviteurs, d’après la véritable signification du terme. Nous n’honorions pas les hommes pour leurs avantages, que ce soit en termes de moyens ou d’instruction, mais plutôt pour leurs « dons » accordés par Dieu… »

« Le frère Seymour s’asseyait généralement derrière deux boîtes de chaussures vides, l’une placée au dessus de l’autre. Il gardait habituellement la tête à l’intérieur de la boîte de dessus pendant la réunion de prière. Il n’y avait pas la moindre trace d’orgueil là-bas. »

Les réunions

Nous citions Frank Bartlemen:

« Au début du réveil, nous n’avions pas d’instruments musicaux. En fait, nous n’en ressentions pas le besoin. Il n’y avait aucune place pour eux dans notre adoration. Tout était spontané. Nous ne chantions même pas à partir de recueils d’hymnes. Tous les anciens hymnes bien connus étaient chantés de mémoire, ravivés par l’Esprit de Dieu. « Le Consolateur est venu » était probablement l’un des plus fréquemment chantés.

Nous le chantions à partir d’une fraîche et puissante expérience du cœur. Oh, comme la puissance de Dieu nous remplissait et nous faisait trembler.

« Les chants relatifs au « sang » étaient alors très populaires. « La vie est dans le sang », le Sinaï, le Calvaire et la Pentecôte, tous étaient à leur bonne place dans l’œuvre d’Azuza. Mais le « cantique nouveau » était tout à fait différent, et n’était pas de composition humaine. Il ne pouvait pas être contrefait. La couronne ne peut pas imiter la colombe…

« L’esprit des chants donnés par Dieu au début d’Azuza etaient comme la harpe aéolienne dans sa spontanéité et sa douceur. En fait, c’était le souffle même de Dieu qui jouait sur les cordes du cœur humain, ou les cordes vocales humaines. Les notes étaient magnifiques en douceur, volume et durée. En fait, elles étaient résolument humainement impossibles. C’était « des chants de l’Esprit ».

C’était un don de Dieu de qualité supérieure et il apparut parmi nous après le début de l’œuvre d’Azuza. Personne ne l’avait prêché. Le Seigneur nous l’avait souverainement accordé avec l’effusion du « résidu d’huile », le baptême du Saint-Esprit de la pluie de l’arrière-saison. Il était exercé, lorsque le Saint-Esprit touchait ceux qui possédaient ce don, soit en mode solo, soit collectivement. Il était quelquefois sans paroles, d’autres fois en « langues ». L’effet était merveilleux sur les gens. Il amenait une atmosphère céleste, comme si les anges eux-mêmes étaient présents et se joignaient à nous. Et il est possible qu’ils fussent présents. Quelqu’un a dit que chaque réveil fraîchement suscité amène sa propre hymnologie. Ce fut certainement le cas pour celui-ci.

« Les réunions se succédaient presque en continu. Des âmes en recherche pouvaient se trouver sous la puissance pratiquement à toute heure, nuit et jour. Le lieu n’était jamais ni fermé, ni vide. Les gens venaient rencontrer Dieu. Il était toujours là. D’où les réunions en continu. La réunion ne dépendait pas du conducteur humain. La présence de Dieu devenait de plus en plus merveilleuse. Dans ce vieux bâtiment avec ses chevrons et ses sols nus, Dieu mettait des hommes et des femmes forts en pièces et les reconstruisait ensemble pour Sa gloire. C’était un formidable processus de révision. L’orgueil et la présomption, l’importance de l’ego et l’estime de soi ne pouvaient pas survivre là-bas. L’ego religieux proclamait son propre enterrement.

« Aucun sujet ou sermon n’était annoncé à l’avance, et on ne prévoyait pas à l’avance les orateurs pour une telle heure. Personne ne savait ce qui pourrait venir, ce que Dieu ferait. Tout était spontané, selon l’ordre de l’Esprit. Nous voulions entendre Dieu parler, quelle que fût la personne qu’Il utilisait pour parler.

« Nous étions délivrés immédiatement là-bas du hiérarchisme et de l’abus ecclésiastiques. Nous désirions Dieu. Quand nous atteignions la première fois la réunion, nous évitions autant que possible les salutations et les contacts humains. Nous désirions rencontrer Dieu en premier. Nous mettions la tête sous un banc quelconque situé dans un coin et nous nous plongions dans la prière, et rencontrions les hommes uniquement par l’Esprit.

« Les réunions commençaient d’elles-mêmes, spontanément, par des témoignages, la louange et l’adoration. Les témoignages n’étaient jamais soutirés précipitamment par des appels comme pour un moment de distraction. Nous n’avions aucun programme préétabli qu’il fallait à tout prix suivre dans un temps imparti. Notre temps était celui du Seigneur. Nous avions des témoignages réels, provenant d’expériences du cœur toutes fraîches. Sinon, plus courts étaient les témoignages, mieux c’était. Il était possible qu’une douzaine de personnes se tiennent d’un coup sur leurs pieds, tremblant sous la grandiose puissance de Dieu. Nous n’avions pas à attendre un signal venant d’un certain responsable pour intervenir. Et nous étions libres de l’iniquité. Nous étions exclusivement concentrés sur Dieu dans la prière lors des réunions, nos pensées étaient centrées sur Lui… Le Seigneur pouvait se saisir de n’importe qui. Nous priions pour cela continuellement. Quelqu’un se levait alors oint pour donner le message. Tous semblaient reconnaître ce fait et lui laisser libre cours.

Cela pouvait être un enfant, une femme ou un homme. Cela pouvait venir du siège du fond de la pièce, ou de l’avant. Il n’y avait aucune différence. Nous nous réjouissions de ce que Dieu était à l’œuvre. Personne ne voulait paraître. Nous pensions uniquement à obéir à Dieu. En fait, il y avait une atmosphère divine là-bas qui empêchait quiconque hormis un fou de tenter de se mettre en avant sans la réelle onction.

Et ceci ne dura pas bien longtemps! Les réunions étaient contrôlées par l’Esprit, depuis le trône…

« Quelqu’un était peut-être en train de parler. Soudainement l’Esprit descendait sur l’assemblée. Dieu Lui-même appelait à venir à l’autel. Les hommes tombaient partout dans la maison, comme les morts dans une bataille, ou accouraient vers l’autel en foule, pour chercher Dieu. La scène ressemblait souvent à une forêt peuplée d’arbres arrachés. Une telle scène ne peut pas être imitée. Dans ces premiers jours, je n’ai jamais vu d’appel donné à venir à l’autel. A cette époque, l’appel venait de Dieu Lui-même.

« Et le prédicateur savait quand il lui fallait terminer. Quand il parlait, nous obéissions tous. Cela semblait être quelque chose d’effroyable que d’entraver ou d’attrister l’Esprit. Le lieu entier était rempli de prières. Dieu était dans Son saint temple. C’était l’homme qui devait garder silence. La gloire shékina reposait dans ce lieu. En fait, certains affirment avoir vu la gloire pendant la nuit au-dessus du bâtiment. Je n’en doute pas. Je me suis plus d’une fois arrêté entre deux immeubles du lieu pour prier afin d’être fortifié avant d’oser continuer mon chemin. La présence de Dieu était si réelle.

« Nous avons vu un certain nombre de choses magnifiques en ces jours-là. Même des hommes très bons en venaient à s’abhorrer dans la lumière plus claire de Dieu. Les prédicateurs mouraient les plus radicalement. Ils avaient tant de choses auxquelles il leur fallait mourir. Tant de réputation et de bonnes œuvres. Mais quand Dieu venait à bout d’eux, ils tournaient allègrement une nouvelle page et un nouveau chapitre. Il y avait une raison qui expliquait qu’ils luttaient de façon si acharnée. La mort n’est pas du tout une expérience agréable. Tous les hommes forts mouraient radicalement. » (fin de la citation)

Ansel Post (un prédicateur baptiste), lors d’une réunion à Azuza, écrivait à propos de cette expérience de Pentecôte:

« Aussi soudainement qu’au jour de la Pentecôte, alors que j’étais assis à environ 3 mètres et demi, juste devant l’orateur, le Saint-Esprit descendit sur moi et me remplit littéralement. Il me semblait être surélevé, car j’étais en l’air un moment, criant: « Loué soit Dieu », et instantanément je commençai à parler dans une autre langue. Je n’aurais pas pu être plus surpris que si au même moment quelqu’un m’avait tendu un million de dollars. »

Opposition

Bartlemen écrivait le 1er août 1906:

« La Pentecôte est venue à Los Angeles, la Jérusalem des Etats-Unis. On peut trouver à Los Angeles toutes les sectes, tous les credos et toutes les doctrines qui existent sous le ciel, ainsi que toutes les nations représentées. De nombreuses fois, j’ai été tenté de me demander si mes forces tiendraient jusqu’au bout pour la voir. Le fardeau de prière a été très lourd… Les hommes ont maintenant l’âme troublée partout, et le réveil avec ses phénomènes inhabituels est le thème de conversation à l’ordre du jour. Il se manifeste ainsi une terrible opposition. Les journaux locaux s’enveniment et sont particulièrement injustes et partiaux dans leurs affirmations. Les pseudo-systèmes religieux nous livrent une bataille féroce également. Mais « la grêle emportera le refuge des mensonges ».

Un flot purificateur est en train de couler à travers la ville. La Parole de Dieu prévaut. La persécution est forte. Déjà la police a été appelée pour mettre fin aux réunions. L’œuvre a été grandement entravée par les esprits fanatiques qui remplissent en trop grand nombre la ville… Les réunions brassent les foules. Il y a une grande excitation parmi les gens non-spirituels et les perdus.

Les démons sont chassés, les malades guéris, beaucoup sont sauvés avec de grandes bénédictions, restaurés et baptisés du Saint-Esprit et de puissance.

Les héros se développent, les faibles deviennent forts dans le Seigneur. Les cœurs des hommes sont sondés… c’est un temps terrible où chacun passe au tamis, non seulement au niveau des actions mais aussi au niveau des motivations intérieures et secrètes. Personne ne peut échapper au regard tout pénétrant de Dieu. Jésus est élevé, le « sang » mis à l’honneur et le Saint-Esprit honoré une fois de plus. Une grande puissance se manifeste, étendant les gens à terre comme morts.

Et c’est là la principale cause de résistance de la part de ceux qui refusent d’obéir. C’est toute une affaire en réalité… Des hommes forts sont allongés par terre pendant des heures sous la forte puissance de Dieu, fauchés comme l’herbe. Le réveil sera un réveil mondial, il n’en fait aucun doute. » (fin de la citation)

Quelqu’un écrivit dans ces jours là: « Tant que le feu de Dieu est en train de tomber, tant que la voix de Dieu appelle, frères, saisissez-vous de la flamme! »

Bartlemen écrivit:

« Des milliers sont ici venant de toute l’Union et de nombreuses parties du monde. Ceux-ci vont répandre le feu jusqu’aux extrémités de la terre. Le zèle missionnaire est dans sa blanche chaleur. Les « dons » de l’Esprit sont donnés. Certainement que nous sommes dans les jours de la restauration, « les derniers jours », des jours merveilleux, des jours glorieux… »

Nous nous rappelons l’appel que lança Spurgeon sur son lit de mort:

« La présence de Dieu dans l’Eglise mettra un terme à l’infidélité. Les hommes ne douteront pas de Sa Parole quand ils sentiront Son Esprit. Pour des milliers de raisons, nous avons besoin que Yahvé rentre dans le camp, comme autrefois Il a visité et délivré Son peuple de l’esclavage en Egypte. »

A mesure que le réveil progressait, le centre des phénomènes du réveil se déplaçait de lieu en lieu, d’église en église, et fut de nombreuses fois à plus d’un endroit en même temps. Voici ce qui arriva à Bartlemen lorsqu’il conduisait le réveil dans la mission Little Alley Mission à Pasadena:

« A cette époque, je me rendis un soir à la mission Little Alley Mission à Pasadena. J’eus un très lourd fardeau de prière pendant la réunion. Il y avait une jeune femme, un ancien officier volontaire, là, qui avait été rétrograde pendant plusieurs années. Dieu déposa dans mon cœur un lourd fardeau à son sujet et je sentais qu’elle devait être sauvée cette nuit même. La réunion était sur le point de s’achever mais elle restait toujours insensible. Il était 23 heures passées. J’allai lui parler et l’avertis que ce pourrait être sa dernière chance. Elle était toujours assise dans l’indifférence. Alors je commençai à la supplier. Les gens exprimèrent leur désapprobation alors que je la pressais de prendre une décision. Ils pensaient que j’allais trop loin. Mais une agonie de prière était sur moi concernant son âme. Je dus résister à l’opposition de la plupart des autres ouvriers, ainsi que de l’ennemi. Durant une heure complète, je combattis ainsi pratiquement seul. A certains moments, j’étais repoussé par le conflit inégal et fus même tenté de penser que je devais m’être trompé en ce qui concernait la pensée de Dieu. Finalement, je tombai au sol sous le poids d’un réel enfantement de l’âme en sa faveur. Ce fut la crise. Ma vie semblait presque sortir de moi, en faisant éclater ma poitrine… Cette sorte de prière coûte. Alors immédiatement, le fardeau me quitta, il tomba sur elle.

La conviction la saisit. Elle tomba au sol comme si on avait tiré un coup sur elle et elle commença à pleurer dans une agonie de l’âme. Et ainsi pendant presque trois heures, elle lutta et fit son chemin en pleurant, avec un cœur brisé, jusqu’au calvaire et la restauration. Il était environ trois heures du matin quand elle se releva, avec le rayonnement même d’un ange sur son visage, dans une parfaite victoire. Cela avait payé de se cramponner à Dieu et d’obéir à mes convictions, d’être obéissant à l’Esprit. Cette sœur plus tard reçut un ministère d’intercession, et fut utilisée par Dieu d’une façon merveilleuse dans son âme et dans le travail d’enfantement durant les réunions. »

Une nuit, il ne restait après la réunion que deux dames avec Bartlemen. L’une d’elle était la dame de l’incident mentionné plus haut. Tout le monde avait quitté le bâtiment excepté ces trois. Ils ressentaient tous un esprit de prière les saisir et ils intercédèrent pour les perdus. Alors qu’ils intercédaient ainsi, un gang d’hommes durs entra dans le bâtiment et se retourna presque de façon démoniaque contre eux. L’Esprit avertit Bartlemen trois fois que sa vie était en danger. Le gang était dirigé par « un Allemand, un athée très méchant ».

Le gang commença à attaquer physiquement le groupe des trois: « Finalement, l’un d’entre eux plus audacieux que le reste me saisit par l’épaule et me commanda de me lever et d’arrêter de prier. Je ne lui opposai aucune résistance mais levai les mains et invoquai Dieu. L’esprit du martyre était sur moi. Je ne ressentais aucune crainte. L’instant d’après, à ma surprise, mon assaillant s’immobilisa après quelques pas, se jeta à genoux et commença à me supplier de prier pour lui. Il était allé trop loin. Dieu l’avait frappé. »

Malheureusement, l’attaquant et le reste du gang se débrouillèrent pour repousser la conviction et ensuite « deux d’entre eux se saisirent de l’une des sœurs. Elle leva les mains et cria victoire. La puissance de Dieu tomba sur elle. La crainte tomba de nouveau sur le gang et ils la laissèrent… »

Mais de nouveau, ils se remirent du sentiment de crainte et poursuivirent les trois chrétiens de leurs assauts. Finalement Bartlemen réussit à emmener à l’extérieur la bande d’émeutiers, les faisant traverser tout le bâtiment, et referma les portes derrière eux quand ils furent tous à l’extérieur. Et même, il « serra la main des deux premiers caïds qu’il rencontra, s’échappa du leader, et passa au milieu d’eux sans une égratignure, par la miséricorde de Dieu. Ils ne pouvaient pas me toucher. Le gang s’était moqué de nos larmes et de nos prières pour eux cette nuit-là. Mais ce n’était pas de nous qu’ils s’étaient moqué mais de Christ. Je n’avais jamais vu auparavant une telle audace, et j’avais le sentiment qu’il se pourrait bien qu’ils paient pour cela… Certains avaient des parents chrétiens également, et savaient mieux…

« Quelque temps à peine après cela, plusieurs de ces mêmes jeunes hommes expérimentèrent une mort soudaine, non naturelle et horrible; l’un deux eut la tête coupée par un train, alors qu’il était en mobylette. Un autre fut brûlé jusqu’aux cendres… par un fil électrique. Un troisième se brûla à mort avec de l’essence. »

Source: Global Revival News, Crown House, Borough Road, Sunderland, SR1, 1HW, Angleterre

Le Grand Réveil

Il est impossible de fixer une origine unique au « pentecôtisme » moderne. La premières Église qui reçut le Réveil par l’expérience de la Pentecôte furent celle de l’Arménie, en 1880 dans le plus ancien état chrétien du Monde, mais aussi et de manière plus sporadique celle des Indes, de Chine et du Chili. Les autres Réveils marquants furent celui du Pays de Galles (en 1904) puis celui d’Asuza Street dans le centre-ville de Los Angeles (en 1906) qui attira des observateurs du monde entier qui sortirent la chrétienté évangélique de sa torpeur bien que ceux-ci ne puissent être considérés comme les seules sources historiques contemporaines du mouvement de Pentecôte.
Ce mouvement se caractérise par la redécouverte de la dimension charismatique, c’est-à-dire du baptême dans le Saint-Esprit et des dons spirituels (Première épître aux Corinthiens 12:9-11), comme au jour de la Pentecôte, selon le récit du Nouveau Testament (Actes 2).
De fait, en plus des textes des Actes des Apôtres, de l’épitre aux Corinthiens, plusieurs pères de l’église parlaient eux aussi de dons spirituels et de glossolalie dans leurs écrits ou lettres tels que:
– Tertullien, « Contre Marcion », III, 239.
– Clément de Rome, Épître aux Corinthiens.
– Irénée de Lyon, Contre les Hérétiques, I, 409.
– Jean Chrysostome, Homélie sur l’Épître de Paul aux Corinthiens.

Parmi tous les différents réveils cités ci-dessus, le réveil du pays de Galles, les réveils de Topeka, Azusa Street ont contribué au véritable développement du mouvement de pentecôte.
Ces deux derniers réveils sont généralement attribués à un camp de prière organisé sous la direction de Charles Parham (pasteur méthodiste), à Bethel Bible College à Topeka, au Kansas, aux États-Unis, le 1er janvier 1901. Il s’est rapidement étendu au Missouri, au Texas, à la Californie et ailleurs. En 1906, un camp de réveil, sous la direction de William Seymour, eut lieu à la Mission d’Azusa Street à Los Angeles et a attiré des croyants du monde entier. Les aspects du réveil de la Pentecôte n’ont pas été bien accueillis par les Églises établies, et les associés au mouvement se trouvèrent bientôt forcés de quitter leurs Églises d’origine. Ces croyants ont cherché à établir leurs propres lieux de culte et fondèrent des centaines d’églises spécifiquement pentecôtistes.
En 1914, de nombreux ministres et laïcs ont commencé à réaliser combien l’implantation du réveil pentecôtiste était profond. Les dirigeants ont senti le besoin de protéger et de préserver les résultats du réveil en unissant le mouvement en une Communauté unie. En avril 1914, environ 300 pasteurs et laïcs ont été invités venant de 20 pays pour assister à une Assemblée Générale à Hot Springs, Arkansas, États-Unis, pour discuter et prendre des mesures sur ces questions et d’autres besoins pressants.
La communauté restante qui a émergé de la réunion a constitué la Conférence Générale des Assemblées de Dieu aux États-Unis (General Council of the Assemblies of God in the United States of America).
Avec le temps, des mouvements autonomes auto-financés et indépendants de la Conférence Générale ont été formés dans plusieurs pays à travers le monde, provenant soit de mouvements pentecôtistes locaux soit comme conséquence directe du travail des missions de la Conférence Générale.
Ainsi, les Assemblées de Dieu de France sont autonomes et indépendantes des Assemblées de Dieu de Finlande, d’Italie ou de Grande-Bretagne. Les Assemblées de Dieu sont l’une des plus anciennes et des plus importantes familles du mouvement de Pentecôte.
Par ailleurs, il convient de souligner que les Assemblées de Dieu de France n’ont pas été fondées par des Américains (contrairement à ce que certains aiment à penser) mais se sont développées à partir d’une église baptiste indépendante (créée en 1890) et du Ruban Bleu (avec Mlle Biolley et M. Gallice) avec le concours d’un missionnaire anglais d’origine anglicane (Douglas Scott arrivé en 1930), d’un prédicateur baptiste français (Felix Gallice), d’un Danois d’origine luthérienne (Ove Falg) et d’un prédicateur roumain d’origine orthodoxe (Cristo Doumoutchiev). Le premier président des assemblées de Dieu de France sera aussi un pasteur français d’origine baptiste (Pierre Nicolle).
Tous ces hommes ont donc été convaincus et ont expérimenté le message des Évangiles et des Actes des Apôtres et sont devenus de véritables prédicateurs de l’Évangile. Ils furent parmi les tout premiers pasteurs pentecôtistes en France. (cf http://www.add-lehavre.fr/historique-le-havre.php?lehavre)
Ces pasteurs se sont caractérisés et distingués par un message à quatre angles principaux (qui n’occulte pas les autres vérités de la confession de foi des ADD4):
– « Jésus sauve » : un accent central sur Jésus-Christ le Fils de Dieu comme moyen parfait de salut. La mort, la résurrection, l’ascension de Jésus-Christ sont pour le salut de ceux qui croient au pardon de leur péchés pour la vie éternelle. Ce salut est gratuit et ne provient pas des mérites mais s’acquiert par la repentance (changement d’attitude vis-à-vis de Dieu par Jésus).
« Car Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son fils unique afin que quiconque croit ne périsse pas mais qu’il ait la vie éternelle » (Jean 3v16, extrait des Évangiles). « Car c’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi, et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu. Ce n’est point par les œuvres afin que personne ne se glorifie. » (Épître aux Éphésiens 2:8-10).
– Jésus guérit: La guérison divine d’après les multiples récits des Évangiles et les Actes des Apôtres (Marc 16v17…) et de l’ancien testament (Isaïe 53) est encore possible aujourd’hui.
– Jésus baptise de l’Esprit: conformément à la déclaration de l’apôtre Pierre : Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus Christ, pour le pardon de vos péchés; et vous recevrez le don du Saint-Esprit. Car la promesse est pour vous, pour vos enfants, et pour tous ceux qui sont au loin, en aussi grand nombre que le Seigneur notre Dieu les appellera (Actes 2v 38 et 39).
– Jésus revient chercher son Église.
Et, lorsque je m’en serai allé, et que je vous aurai préparé une place, je reviendrai, et je vous prendrai avec moi, afin que là où je suis vous y soyez aussi. » (Évangile selon Jean 14:3) « Car le Fils de l’homme doit venir dans la gloire de son Père, avec ses anges ; et alors il rendra à chacun selon ses œuvres. » (Matthieu 16:27)
Le but de Douglas Scott n’était pas de fonder une nouvelle dénomination mais d’encourager les Églises protestantes (réformées et évangéliques) à vivre comme l’enseignaient Jésus et les apôtres et redécouvrir l’appel de Jésus à recevoir le baptême du Saint-Esprit caractérisé par la glossolalie et les dons spirituels. (Évangile selon Luc 11:5-13, Actes 1 v5-v13 à 15, Actes 2 v1-4, Actes 10 v44-47, Actes 8 v14-18, Actes 8 v17, Actes 10 v44-47, Actes 19 v5-6, 1 Corinthiens 12 et 14…).
Douglas Scott a donc été accueilli par de nombreuses Églises réformées, baptistes et évangéliques libres en France, en Belgique et en Suisse. Certaines Églises ont bien collaboré (Églises baptistes franco-belges aujourd’hui FEEBF, certains pasteurs réformés à Marseille, à Montpellier…) alors que d’autres ont fermé leur porte (Églises baptistes franco-suisses) d’où la nécessité bien souvent de créer de nouvelles Églises (Assemblées de Dieu).
D’après G. Stotts, les Assemblées de Dieu ont été choisies par les pasteurs pour le fonctionnement non centralisé et collégial (d’autres Églises évangéliques ont la même déclaration de foi que les ADD mais sont organisées quelque peu différemment). La décentralisation était ce qui semblait convenir de mieux aux premiers pasteurs français (cf G. Stotts). Toutefois, il existe une forte communion entre les Églises, un Institut de Théologie Biblique (ITB à Bordeaux) sur place ou par correspondance, et toute une formation bien structurée qui se caractérise par des stages probatoires, des stages, une reconnaissance par les Églises et les ministres du cultes déjà reconnus. La structure est nationale et dispose de représentants régionaux et nationaux.

William Joseph Seymour, homme de Dieu

Vous avez beaucoup entendu parler d’Azuza. Vous allez maintenant rencontrer l’homme qui, pendant des temps d’intercession, mit la tête entre deux caissons de lait et pria pour une puissante effusion du Saint-Esprit.

« Et vous recevrez une puissance, le Saint-Esprit survenant sur vous. »

Ce fut le 1er janvier 1901, le premier jour du siècle nouveau, qu’Agnès M. Ozman fut baptisée du Saint-Esprit avec comme signe initial le parler en langues. A Topeka dans le Kansas, il y avait une Ecole Biblique du nom de Béthel fondée par Charles Fox Parham. Cette école fut le berceau de cette effusion divine du 20e siècle aux Etats-Unis. En l’espace d’une année, le frère Parham et d’autres étudiants furent aussi baptisés et le frère Parham ferma l’école et commença à conduire des réunions de réveil dans tout le centre de la région Ouest.

Seymour à Houston au 503, rue Rusk Street

En 1905, Parham prêcha un message de réveil à Houston dans le Texas. Il fut alors approché par des croyants zélés au sujet de leur besoin de formation et d’études bibliques. En décembre 1905, Parham ouvrit une Ecole de Formation Biblique au 503, rue Rusk Street à Houston. Elle fut ouverte en tant que ministère de foi et l’école ne fit payer ni droits d’inscription ni honoraires. Elle fut si populaire qu’avant la fin de l’année 1907, quelques 13000 personnes avaient suivi une formation à l’école.

Un homme de 31 ans du nom de William Joseph Seymour assista aux cours de l’Ecole Biblique de Houston pendant une courte période, peut-être entre janvier et février 1906. Puisqu’il était noir, on ne lui permit pas de s’asseoir dans la salle de cours principale où seuls les blancs étaient autorisés à s’asseoir. Seymour écoutait les cours à travers la porte ouverte tandis qu’il s’asseyait dans une autre pièce. A cette époque de l’histoire, la ségrégation et le racisme étaient flagrants dans l’Eglise. Même si Seymour n’aimait pas cette situation, il ne voulait pas que cela l’empêchât de poursuivre Dieu. Aucun des plus grands hommes de Dieu n’a jamais permis à l’hypocrisie religieuse de les empêcher d’entrer dans leur noble appel. Ils possédaient une volonté indomptable de poursuivre Dieu et avait une faim insatiable de Lui.

Destination Los Angeles

William Joseph SeymourAprès cette courte période passée à l’Ecole de Formation Biblique de Parham, le frère Seymour reçut une lettre de Madame Neely Terry qui habitait à Los Angeles, en Californie, et qui lui demandait de considérer sa proposition de prendre en charge en tant que pasteur un groupe nazaréen dirigé par Madame Julia W. Hutchins. C’était un petit groupe noir d’environ 22 personnes qui se réunissaient dans l’adoration. Le frère Seymour donna son accord et arriva quelque temps plus tard, fin février ou début mars 1906. A son arrivée, Seymour trouva des familles qui se réunissaient au 9, rue Santa Fe Street. Le groupe se réunissait auparavant dans la maison faite de charpentes de bois de Richard et Ruth Asbery au 216, rue North Bonnie Brae Street. Très peu de temps après, le groupe grandissant s’était retrouvé sans local et avait recherché un emplacement plus grand dont Madame Hutchins prit joyeusement la suite de la location au 9, rue Santa Fe Street.

Le frère Seymour fut bien reçu et prêcha souvent la sainteté et la guérison divine. A un moment donné, en mars, peu de temps après son arrivée, Seymour commença à prêcher sur le baptême du Saint-Esprit avec comme signe le parler en langues. A ce moment-là, il n’avait pas lui-même expérimenté ce baptême, néanmoins il prêcha avec ferveur s’attendant pleinement à ce que ce don fût libéré dans son église qu’il venait de trouver. Ce nouvel enseignement choqua complètement l’assemblée et Seymour se retrouva, comme l’apôtre Paul, au milieu d’un tumulte. Un dimanche soir, en avril, le frère Seymour trouva la porte menant à l’église étroitement verrouillée avec un cadenas. Seymour était maintenant mis à la porte sans pouvoir entrer et était bloqué. Une Julia Hutchins épouvantable et enragée avait mis à la porte le nouveau pasteur.

216, rue Bonnie Brae

AFM_on_azusa_streetDorénavant, Seymour se retrouvait à la rue et sans issue possible, sans savoir où aller. Toutefois, par la grâce de Dieu, la famille Lee, qui autrefois assistait aux réunions de Santa Fe, le prit en charge et mit à sa disposition une place dans leur maison où il put demeurer.

Quelque temps plus tard, les Asbery invitèrent le pasteur Seymour à venir chez eux au 216, rue Bonnie Brae Street, pour diriger quelques réunions évangéliques dans leur maison. Aujourd’hui cette maison est connue sous le nom de la Maison 216 Bonnie Brae et demeure toujours debout. Les théologiens, chercheurs et historiens religieux du monde entier reconnaissent cette maison comme étant le lieu à partir duquel les pentecôtistes de l’époque moderne peuvent faire remonter leurs racines spirituelles.

Des signes de guérison conduisant à la Pentecôte

Certainement que Seymour continua à parler du baptême du Saint-Esprit parce que, le 9 avril 1906, quelque chose d’historique eut lieu. L’hôte de Seymour, Monsieur Edward Lee, avait été malade et avait demandé au pasteur Seymour de prier pour lui – non seulement pour sa guérison, mais pour qu’il reçoive aussi le baptême du Saint-Esprit. Alors que Seymour commença à prier, Lee fut glorieusement rempli du Saint-Esprit et commença à parler en d’autres langues selon que l’Esprit lui donna de s’exprimer. Le soir même, les deux hommes se rendirent à la maison des Asbery où il avait été prévu que se tînt la réunion du soir.

Ce soir-là, avec une foi forte, sept personnes supplémentaires furent glorieusement remplies du Saint-Esprit et parlèrent aussi en d’autres langues. Quelque chose de puissant était en train d’être enfanté dans cette petite maison au 216, rue Bonnie Brae Street. Il est intéressant de remarquer qu’à l’époque où le pasteur Seymour prêchait sur le baptême du Saint-Esprit, lui-même n’avait pas été rempli. Mais le 12 avril 1906, tard dans la nuit, le pasteur Seymour reçut le baptême du Saint-Esprit et fut rempli lui-même.

Le feu embrase Azuza et se répand dans le monde

Après que cette petite communauté de croyants commença à aller parler de leur expérience, les résidents du voisinage commencèrent à venir à la maison des Asbery jusqu’à ce qu’il n’y eût littéralement plus de place à l’intérieur de toute la maison. Durant une brève période, ils utilisèrent le porche devant la maison comme plate-forme pour prêcher aux gens réunis sur la pelouse. Ce fut à cette époque-là que le ministère déménagea au 312, rue Azuza Street.

Le bâtiment d’Azuza de 12 mètres par 18 mètres avait été autrefois utilisé comme lieu de réunion de l’Eglise Episcopale Méthodiste Africaine (AME) mais avait été restée vacante et était maintenant utilisée comme étable de livrée et endroit de stockage de matériaux de construction. Après quelques jours de nettoyage, le bâtiment fut ouvert pour les cultes et des planches de bois posées au-dessus de barils de bois servirent de sièges pour asseoir 750 personnes. Il n’y avait pas de fenêtres de verre teintées, pas de tapis sur le sol, pas de panneaux d’affichage sur la porte, et pas de climatiseur, mais l’Esprit de Dieu était là.

Peu après, le Saint-Esprit remplit le bâtiment de la gloire de Dieu et les feux du réveil se répandirent dans tout Los Angeles en Californie. Des hommes et des femmes furent attirés de tous les coins du monde vers ce simple gestionnaire du lieu que Dieu avait choisi en vue d’accomplir une œuvre puissante.

Les accusations abondent

Les reporters des journaux des médias d’information de Los Angeles écrivirent :

 » De bizarres baragouinages de langues, Nouvelle secte de fanatiques qui émerge, Scène délirante la nuit dernière à Azuza Street. Gazouillement de discours inintelligibles par une sœur.  »

 » Une nouvelle secte de fanatiques est en train d’émerger, ils émettent d’étranges balbutiements… ils ne quittent jamais l’église.  »

 » Un mélange disgracieux de races, ils crient et font d’étranges bruits en hurlant à longueur de journée et tard dans la nuit. Ils courent, sautent, se secouent de tout le long, crient à plein gosier, tournoient en cercles, tombent sur le sol recouvert de sciures en se secouant, tapant des pieds et en se roulant par terre. Certains d’entre eux perdent connaissance et ne bougent pas pendant des heures comme s’ils étaient morts. Ces gens semblent être fous, mentalement dérangés ou sous l’effet d’un envoûtement. Ils prétendent être remplis de l’Esprit. Ils ont un Nègre borgne, illettré comme prédicateur, qui reste sur ses genoux la plupart du temps avec la tête cachée entre deux caissons en bois de lait. Il ne parle pas beaucoup mais de temps en temps, on peut l’entendre hurler :  » Repentez-vous « , et il est supposé prendre en main la chose… Ils chantent indéfiniment le même chant :  » Le Consolateur est Venu.  »  »

La Foi Apostolique

Le véritable compte-rendu du réveil fut diffusé à l’étranger à travers la Foi Apostolique, un journal que Seymour envoyait gratuitement à quelques 50 000 abonnés.

Le premier supplément du journal La Foi Apostolique imprimé en septembre 1906 décrivit de la façon suivante la première réunion :

 » Les réunions commencent à environ 10 heures du matin et ont du mal à finir avant 10 heures du soir ou minuit, et quelquefois deux ou trois heures du matin, parce que tant de gens sont en recherche, et certains sont allongés par terre comme morts sous la puissance de Dieu. Les gens cherchent trois fois à l’autel… nous sommes incapables de dire combien de personnes ont été sauvées et baptisées du Saint-Esprit, et guéries de toutes sortes de maladie. Beaucoup parlent dans de nouvelles langues et certains continuent leur chemin dans des champs de mission à l’étranger, avec le don des langues. Un ivrogne fut pris de conviction dans une réunion de rue, et leva la main pour recevoir la prière. Ils ont prié pour que le démon de l’alcoolisme soit chassé et le lien partit. Il vint à la réunion et fut sauvé, sanctifié et baptisé du Saint-Esprit, et trois jours plus tard il parlait en langues et louait Dieu pour la Pentecôte. Il se reconnaît à peine.  »

 » Nous ne combattons ni les hommes ni les églises, mais cherchons à remplacer les formes et les credos morts et le fanatisme sauvage par un christianisme vivant et pratique,  » Amour, Foi, Unité  » sont nos mots d’ordre, et  » Victoire Par le Sang de l’Expiation » notre cri de bataille.  »

A partir d’Azuza Street, le pentecôtisme se répandit rapidement dans le monde entier et commença sa progression jusqu’à devenir une force majeure dans la chrétienté. Avec Charles Parham, William Joseph Seymour pourrait être appelé le fondateur du pentecôtisme mondial et son nom traversera certainement l’histoire comme celui de l’un des plus grands leaders religieux noirs-américains de l’Amérique.

Frank Bartlemen, le puissant intercesseur du Réveil d’Azusa Street

William J. Seymour et Frank Bartlemen sont les deux noms qui sont le plus souvent associés aux instruments qui ont été utilisés pour déclencher le Réveil d’Azusa Street. A bien des égards, ils étaient différents l’un de l’autre mais tous les deux étaient des jeunes hommes qui avaient un désir peu commun de connaître le Seigneur et de voir Sa puissance restaurée dans l’Eglise.

Seymour était incontestablement le conducteur du réveil, et c’est lui qui détenait l’autorité sur terre, mais Bartlemen était l’intercesseur qui détenait l’autorité avec Dieu.

En 1904-1905, Bartlemen commença à désirer ardemment plus de puissance. Il reçut le lourd fardeau de voir le même genre de réveil que celui dont il avait entendu parler au Pays de Galles, qui changea non seulement des individus, mais aussi des villes entières. Plus il travaillait, plus il combattait dans la prière dans le but de voir une telle visitation de Dieu.

A Los Angeles, ainsi que dans de nombreux endroits à travers le monde entier, les cœurs étaient préparés tout comme l’était Bartlemen. Au temps voulu de Dieu, ils allaient plus tard venir ensemble dans la petite mission fermée d’Azusa Street. Là, ils allaient former ensemble une étincelle qui allait un jour enflammer les nations.

Ceci était un des éléments uniques du réveil d’Azusa Street: il n’était pas uniquement centré sur un seul homme. De même que Paul n’aurait pas pu être libéré dans son appel d’apôtre si Barnabas n’était pas venu le rejoindre, nos propres destinées dépendent souvent de notre humilité à chercher ceux auxquels nous avons besoin d’être joints en vue d’accomplir Ses desseins. Même Jésus se soumit au ministère de Jean-Baptiste avant de rentrer dans Son propre appel. Le Seigneur a conçu ainsi Ses plans afin que nous ayons tous besoin les uns des autres. Plus nous sommes capables de nous humilier pour nous associer à d’autres, plus nous porterons du fruit en définitive.

Le 1er mai 1904, un semblant de réveil éclata dans l’église épiscopale méthodiste de Lake Avenue à Pasadena. Des intercesseurs avaient prié pour qu’un réveil survînt à Pasadena et le Seigneur exauça leurs prières. Bartlemen visita l’église et fut profondément touché. Le fait que l’autel se remplissait d’âmes en recherche l’encourageait à se déterminer à voir le Seigneur agir de la même manière à Los Angeles.

Cette même nuit, il rédigea des remarques prophétiques dans son journal. Il commença à énumérer les futurs dangers qui certainement allaient talonner de près le grand réveil à venir dont il pensait qu’il était proche. Il écrivit que: « Beaucoup d’églises passeraient à côté du réveil parce qu’elles seraient restées dans l’auto-satisfaction. »

Leur succès ou leur échec en définitive, écrivait-il, dépendrait du fait qu’elles resteraient ou non suffisamment humbles pour rechercher la grâce de Dieu. Il ressentait que si ceux qui seraient utilisés dans le réveil se laissaient emporter par le sentiment de leur propre importance, cette grande opportunité serait perdue.

Bartlemen écrivit que: « Dieu a toujours recherché un peuple humble. Il ne peut pas utiliser autre chose…. La préparation du cœur dans l’humilité et la séparation sont toujours grandement nécessaires avant que Dieu ne puisse venir par la suite. La profondeur de n’importe quel réveil sera déterminée exactement par l’esprit de repentance qui est atteint. En fait, il s’agit là de la clé de tout réveil véritable né de Dieu. »

Bartlemen lut ensuite le livre de S.B. Shaw, « The Great Revival in Wales » (Le Grand Réveil au Pays de Galles), et le feu allumé dans son cœur ne pouvait plus se contenir. Délaissant sa profession séculière afin de se consacrer à plein temps au ministère, il en était arrivé à un stade où il devait soit périr, soit voir le réveil. Il en était si affamé qu’il perdait même son appétit. « L’homme ne vivra pas de pain seulement », déclarait-il à ceux qui se faisaient du souci pour lui.

Dans son cœur, Bartlemen avait résolu qu’il était préférable pour lui de mourir que de manquer l’opportunité d’obtenir une grande visitation de Dieu. Il s’était abandonné si complètement au Seigneur qu’il n’avait rien d’autre sur quoi il pourrait se rabattre si Dieu n’agissait pas. Depuis qu’au commencement Jésus a appelé Ses disciples, ainsi a été la nature des piliers sur lesquels Il a bâti Son Eglise.

A longueur de journée, Bartlemen rendait visite aux gens, leur donnant la brochure de G. Campbell Morgan sur le réveil du Pays de Galles. La brochure toucha profondément plusieurs autres personnes. Bartlemen fut en mesure d’inscrire certaines d’entre elles sur une liste pour qu’elles prient en faveur d’une puissante effusion de l’Esprit sur la ville. Son attention se fixait si intensément sur la chose qu’il commençait à se réveiller au milieu de la nuit en élevant des louanges à Dieu.

« J’y allais maintenant jour et nuit, m’exhortant moi-même à avoir foi en Dieu pour voir des choses puissantes », écrivait Bartlemen dans son journal. « L’esprit du réveil me consumait. L’esprit de prophétie venait sur moi avec force aussi. Il me semblait avoir reçu un don bien spécifique de foi pour le réveil. Nous étions à l’évidence au commencement de jours merveilleux à venir, et je prophétisais continuellement qu’une puissante effusion allait survenir. »

« Les réunions n’avaient pas seulement lieu jour et nuit, mais souvent toute la nuit. Les gens avaient une passion presque incontrôlable pour le Seigneur, et cela continuait de se répandre. Un autre pasteur de Los Angeles (Joseph Smale) commençait aussi à prophétiser des choses merveilleuses à venir, dont « le retour rapide des dons apostoliques dans l’Eglise. » Les gens commençaient à avoir le sentiment que Los Angeles serait comme un type de Jérusalem, où l’Esprit était venu pour la première fois habiter dans les hommes. » Peu avant juin 1905, les prières étaient passées de la prière en faveur d’un autre réveil tel que celui du Pays de Galles à la prière en faveur d’une autre Pentecôte.’  »

Le 3 juillet 1905, Bartlemen et son partenaire de prière Boehmer priaient dans une salle à Pasadena lorsque le fardeau devint presque insupportable. Ils crièrent comme des femmes sur le point d’accoucher. Lorsque le fardeau se fut apaisé, ils s’assirent juste un moment, appréciant le calme qui les enveloppait. Soudain, le Seigneur Jésus Se révéla à eux, Se tenant debout entre eux deux. Ils n’osèrent pas bouger. L’amour les transperça et ils sentirent comme un feu brûlant les pénétrer. Bartlemen écrirait plus tard:

« … Mon être entier semblait s’écouler devant Lui, comme de la cire en présence du feu. Je perdis toute conscience du temps et de l’espace, n’étant conscient que de Sa merveilleuse présence. Je L’adorais à Ses pieds. Cela me semblait être une véritable Montagne de la Transfiguration. Je me perdis dans l’Esprit pur. Le Seigneur ne nous avait rien dit, mais Il avait seulement envahi nos esprits de Sa présence. Il était venu nous fortifier et nous assurer de Son soutien. Nous savions maintenant que nous étions ouvriers avec Lui, des canaux intimes de Ses souffrances, dans le ministère d’enfantement des âmes. Un réel enfantement de l’âme est tout aussi réel dans l’esprit que les douleurs humaines de l’enfantement naturel. La similitude est presque parfaite dans sa similarité. Aucune âme n’a jamais été enfantée sans cela. Tous les véritables réveils du salut viennent de cette manière. »

A partir de ce moment-là, le fardeau d’intercession possédait à tel point Bartlemen qu’il jeûnait et priait si fréquemment que sa femme commença à nourrir des craintes au sujet de sa vie. En dépit de cela, il ne pouvait pas se laisser persuader de s’arrêter. Il avait l’impression d’être à Gethsémané avec le Seigneur. L’enfantement de son âme était si intense qu’il pensait qu’il risquait de mourir avant de voir l’exaucement de ses prières. Mais il poursuivit encore ses efforts malgré cela.

Certains commençaient à croire que Bartlemen était en train de perdre la tête. Peu pouvaient comprendre ce qu’il traversait. Toutefois, ceci était l’intercession apostolique qui avait contraint Paul à risquer sa vie; à jeûner, prier et se consacrer à des « veilles » (des nuits entières de prière); à être exposé aux coups, aux lapidations ou toutes les autres choses requises pour l’avancement de l’Evangile. Paul expliquait à tous ceux qui se préoccupaient de toutes les épreuves qu’il endurait: « Et ce qui manque aux souffrances de Christ, je l’achève en ma chair pour Son corps, qui est l’Eglise » (Colossiens 1:24). Ces paroles revenaient à l’esprit de Bartlemen ravivées de façon croissante.

Aux yeux de « l’homme neutre », une telle consécration radicale semble pure folie, mais elle est fondée sur les « choses de l’Esprit » qu’une telle personne ne peut pas comprendre. Néanmoins, Bartlemen était profondément saisi par les paroles provocantes suivantes de Jésus: « Quiconque voudra sauver sa vie la perdra » (Matthieu 16:25). Et « à moins que le grain de blé ne tombe en terre et ne meure, il reste seul; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit » (Jean 12:24). Cela lui importait peu de devoir mourir, il voulait à l’heure même un réveil plus qu’il ne désirait vivre.

Bartlemen rédigea ensuite un autre article qui allait produire encore plus de ferveur. Il le concluait avec une prophétie qui allait bientôt s’accomplir: « Des héros vont se lever de la poussière des circonstances obscures et méprisées, et leurs noms seront placés sur les blasons de la page éternelle de la renommée. L’Esprit est en train de couver de nouveau notre pays comme à l’aube de la création, et le décret de Dieu est proclamé: « Que la lumière soit! » Frères et sœurs, si nous croyions tous Dieu, pourrions-nous réaliser ce qui pourrait arriver? Beaucoup parmi nous ne vivent pour rien d’autre. Une quantité de prières de la foi monte jusqu’au trône de Dieu jour et nuit. Los Angeles, la Californie du Sud, et tout le continent vont sûrement se trouver dans peu de temps en plein dans un puissant réveil, par l’Esprit et la puissance de Dieu. » (Way of Faith, 16 novembre 1905)

Après un culte à l’église New Testament Church (avec le pasteur Smale) en février 1906, Bartlemen et quelques autres furent conduits à prier pour que le Seigneur répande Son Esprit rapidement, avec des signes qui accompagnent l’effusion. Ils n’avaient pas à l’esprit les langues, et plus tard déclareraient qu’à ce moment là ils n’avaient même pas entendu parler d’une telle chose ni encore moins pensé à elle.